Salut!
Merci pour vos coms, ça m'a fait vraiment plaisir. j'ai mis du temps pour mettre le deuxième chapitre mais entre le boulot et mon envie de bien faire, il fallait bien ça!
J'espère que vous aimerez celui-ci!
Enjoy!
Nous étions partis.
Le lendemain de son anniversaire, nous nous étions réunis dans la salle à manger qui nous servait uniquement lors des réunions de famille. La discussion avait été houleuse, Rosalie ne voulait pas partir, pas encore, pour une fois qu'elle se sentait bien quelque part. Emmett ne se prononçait pas, mais il était évident qu'il suivrait Rose, qu'importe l'endroit où elle irait. Carlisle et Esmée ne disaient mot, écoutant les arguments d'Edward et Rose. Mes visions changeaient du tout au tout, en fonction des pensées des uns et des autres.
- J'ai juré de rester auprès d'elle tant que ça ne la mettrait pas en danger... Carlisle, comprends-moi, ce qu'il s'est passé hier soir...
Jasper s'était raidi, Edward lui adressa un regard compatissant, nous savions tous que Jasper s'en voulait.
- Ne t'en fais pas Jasper, je ne t'en tiens pas rigueur. Ce qu'il s'est passé n'était rien de plus que ce que j'anticipais. Nous aurions dû partir déjà, juste après cette histoire avec James. J'ai été égoïste, je ne voulais pas l'admettre mais aujourd'hui, je sais. Nous devons partir, pour son bien.
C'est à ce moment que ma vision fût clair, nous allions partir. Carlisle avait arrêté se décision, Rosalie allait râler un peu mais finalement se joindrait à nous. Je ne voyais pas Edward.
- Tu ne viens pas avec nous n'est-ce pas.
Ce n'était pas une question et il n'avait pas besoin de répondre, nous avions tous compris. Il ne nous laissait pas le choix. La décision prise, nous avions passé la nuit à préparer notre départ, heureusement que nous étions rapides, nous avions beaucoup de chose à faire car nous devions effacer toute trace de notre passage. Nous avions recouvert les meubles et chargé les voitures de nos affaires. Edward nous avait demandé de partir au petit jour. Non sans peine, nous avions dû abandonner Bella...
Après être arrivé en Alaska, nous avions plus ou moins repris le cours de nos vies. Carlisle avait trouvé un poste au Providence Alaska Médical Center à Anchorage et nous étions tous retourné au lycée mais il nous restait un vide. Edward était parti de son coté, il s'était exilé. Il appelait rarement et je donnais des nouvelles de lui à ma famille par le biais de mes visions. Cela allait sans dire, rien n'était plus comme avant Jasper s'en voulait terriblement, il s'accablait de notre départ. Emmett,lui, ne souriait plus, j'avais l'impression qu'il avait perdu son enthousiasme naturel, comme si on le lui avait ôté en même temps que nous l'avions abandonnée,elle. Il restait souvent seul ou en compagnie de Rosalie qui n'exprimait ni ne montrait quelconques sentiments à part son mécontentement d'être partie. Elle retrouva vite le sourire et oublia Forks lorsqu'elle devint le centre d'attention du bahut, comme ça avait toujours était le cas lorsque nous arrivions dans une nouvelle ville. Carlisle s'était plongé dans le travail, il avait demandé à avoir le maximum de garde possible, et lorsque celles-ci n'étaient pas suffisante, il faisait du bénévolat au dispensaire, lorsqu'il rentrait enfin à la maison, il consolait la pauvre Esmée du mieux qu'il le pouvait. Régulièrement elle sanglotait, des pleurs sans larme ce que ça pouvait être frustrant parfois d'être un vampire. Ce n'était pas facile pour elle, elle avait perdu son fils et celle qu'elle considérait dorénavant comme sa fille, elle n'avait même plus goût à décorer la maison. Elle aussi s'isolait régulièrement dans la salle de musique, elle s'asseyait au piano, à la place de son fils et caressait les touches. Le son de celui-ci ne résonnait plus dans la villa. Parfois, nous percevions ses pleurs, cela me fendait le cœur alors j'allais la voir pour la consoler mais elle se ressaisissait aussitôt qu'elle m'entendait arriver. Quant à moi, je tentais de paraître au mieux mais personne ne s'y laissait prendre, surtout pas Jasper. Ma sœur me manquait, car elle était bel et bien devenue ma sœur. Je crois que j'en voulais à Edward, pas tant de nous avoir fait quitter Forks mais d'avoir mis Bella sur notre route, dans nos vies. Parfois j'en arrivais à souhaiter qu'il n'ait pas réussi à dominer la situation, parfois même qu'il ait succomber à la tentation en s'abreuvant d'elle. Mais je regrettais instantanément mes pensées. Régulièrement j'avais sondé le futur de Bella, je l'avais vu désespérée, pleurant notre départ, son départ. Elle s'était coupée du monde extérieur et restait prostrée devant sa fenêtre qui donnait sur le départ du sentier où Edward l'avait abandonnée elle espérait sans doute qu'un beau matin ensoleillé, il surgirait, étincelant et souriant. Qu'il grimperait à sa fenêtre et l'embrasserait, lui faisant oublier tout ce qu'il s'était passé mais elle comme moi savions que ça n'arriverait jamais. Il ne reviendrait pas, Edward pouvait être une vraie tête de mule. Elle m'écrivait une lettre par jour m'expliquant comment elle se sentait, qu'un immense vide s'installait à mesure que les jours passaient mais ses mails étaient toujours renvoyés à leur expéditeur. A chaque vision, je voyais ce qu'elle écrivait et une immense boule se formait dans ma gorge. Au lycée, elle était assise à notre table, regardant dans le vide, ne mangeant pas ou peu. Elle ne faisait plus d'effort en cours et en biologie c'était pire elle passait son temps à contempler le siège vide qui se trouvait à sa gauche et le resterait. Je souffrais à chaque fois que je la voyais ainsi mais le pire c'est quand je la voyais se réveiller en hurlant de douleur, suffocante et en sueur. Quels cauchemars pouvait-elle faire pour être dans cette état ? Je n'en parlais à personne, d'une parce que je ne voulais pas accabler ma famille et de deux parce que Edward ne devait pas savoir que j'espionnais la vie de celle dont il était épris. Parce qu'il était évident qu'il était fou d'elle, comment avait-elle pu croire qu'il en était autrement. Je la pensais plus pertinente. Je l'avais vu rentrer chez sa mère sur décision de son père mais visiblement elle avait réussi à le faire changer d'avis et resta à Forks. Un soir, alors que toute la famille était allé chasser, je la vis dans le noir, elle était avec cette peste de Jessica. Elle l'abandonna et se dirigeait déterminée vers un bar et rejoignait un homme sur une moto, je fus effrayé lorsque je la vis sur cette même moto, fonçant à toute allure. Elle avait l'air ahuri et enfin elle fût effrayé, ce n'était pas trop tôt. Elle retrouva Jessica, elle avait aimé les premiers instant, l'adrénaline que lui avait procuré ces sensations. Lorsque les autres rentrèrent je ne leur en parlais pas, ils n'avaient pas besoin de savoir. Jasper avait vu que je n'étais pas dans mon assiette mais ne pipa mot . Après ce soir-là, je la voyais de moins en moins, je ne comprenais pas. Il m'arrivait de me concentrer des jours entiers pour apercevoir un bout de son futur mais rien n'y faisait. Je ne le voyais plus que lorsqu'elle était au lycée, à son travail ou chez elle mais pour d'obscures raisons je ne lisais plus son avenir. Peut-être avait-elle décidé de tourner la page, qu'elle s'était faite une raison pourtant elle continuait à faire ces affreux cauchemars. Elle avait repris contact avec ses anciens camarades, c'était une bonne chose. Il devait aller au cinéma, c'était bon pour elle. Mais une fois de plus son avenir se brouilla. Je commençais à me poser de sérieuses questions concernant mon don. Je décidais d'en parler à Carlisle, je montais dans son bureau et entrais sans frapper. À quoi bon, il savait que j'étais là.
- Oui Alice, que puis-je pour toi? Dit-il sans relever la tête de l'ouvrage qui prenait toute la place sur son bureau.
- Excuse-moi de te déranger Carlisle mais j'aurais besoin de ton avis...
Il me fixait et je lui expliquait la situation, non sans omettre volontairement certains détails. Il m'écoutait attentivement sans m'interrompre, lorsque j'eus fini, il se rapprocha de moi.
- Depuis combien de temps ?
- Ça doit faire deux mois.
- As-tu envisagé la possibilité que c'était l'éloignement.
- Oui, mais ça ne peut pas être ça, je continue à percevoir les décisions des Volturi et nous ne les avons pas vu depuis ce que je qualifierais d'un bail.
- Tu as raison... je suis désolé Alice mais là je ne peut rien pour toi.
- C'est pas grave. Mais il fallait quand même que je te pose la question.
J'aimais la discrétion de Carlisle, il n'avait pas posé de question sur le fait que je continuais à observer Bella, lui mieux que personne savait ce que je pouvais ressentir.
Un matin, alors que nous nous apprêtions à aller chasser, je le vis, Edward, il venait nous rendre visite. Il ne resta pas longtemps, juste le temps de rendre un peu de sa joie de vivre à Esmée, de discuter de son éternelle culpabilité avec Carlisle et de me sermonner parce qu'il avait vu dans l'esprit de celui-ci que je n'avais pas vraiment couper les ponts. Il tenta de lire en moi, mais j'avais fait en sorte qu'il ne puisse pas en récitant le tableau périodique des éléments dans différentes langues. Deux jours à peine après sa venu, il était reparti, déjà...
Mal grès moi, je continuais à espionner Bella. Mes visions étaient de plus en plus flous, cela m'agaçait au plus haut point. C'était la première fois que je perdais le contact avec une personne et il a fallu que cette personne soit Bella. Cela m'était inconcevable,, je décidais de m'exiler à mon tour, prétextant une escapade amoureuse avec Jasper, pour pouvoir me concentrer au maximum afin de l'apercevoir, en vain. Après trois semaine, n'ayant toujours aucun résultat, je rentrais retrouver ma famille, déçue.
Quelques temps après, alors qu'avec Rose nous pistions un troupeau d' élans, je stoppais ma course, beaucoup trop heureuse de la voir enfin de façon clair, mais ma joie fût de courte durée lorsque je constatais qu'elle était à nouveau déprimée, de nouveau cloîtrer dans sa chambre, le regard vide, elle souffrait une fois de plus. Que lui arrivait-il ? J'avais pourtant l'impression que ça allait mieux, et là rien n'allait plus. Je rentrais à la maison, il fallait que j'en discute avec Jasper. Cela faisait un moment que j'avais envie de l'appeler, juste pour savoir si tout allait bien. Mais je me raisonnais en me disant que nous avions tous juré de ne plus interférer dans sa vie et c'est ce que j'allais faire. Jasper usait de son don pour me calmer, il sentait bien que je bouillais de l'intérieur.
Mes visions claires ne persistèrent guère longtemps, à peine avais-je retrouvé le contact avec Bella que je la perdais de nouveau. Je la voyais, mais tout ce qui se trouvait autour d'elle était flou, comme brouillé. J'avais l'impression d'être une pauvre humaine sous une pluie battante et ne voyant pas plus loin que le bout de son nez.
J'étais allongée sur mon lit, me délectant des caresses de Jasper sur mes épaules, j'aimais ces moments qui n'appartenaient qu'a nous, ces moments où j'avais l'impression d'être seule au monde, je sentais ses lèvres se poser sur ma nuque et remonter doucement vers mon oreille, je compris qu'il était d'humeur polissonne, nous échangions quelques baisers passionnés, c'est à ce moment précis que je fus prise d'horreur, mon souffle se fit court, et si mes yeux avaient pu, j'aurais certainement eu le visage baigné de larmes je la voyais, elle sautait d'une falaise. Jasper s'éloigna de moi, il avait perçu mon désarroi.
- Alice, qu'est-ce qui ne vas pas ?
- Elle... elle va sauter.
- Quoi ? Qui ?
- B... Bella va se jeter d'une falaise. Je ne la vois plus. C'est fini.
Il n'ajoutait rien, si mon cœur ne battait plus, je n'en ressentais pas moins une immense douleur au fond de ma poitrine asséchée. Je me levais et allais jusque mon armoire, je pris ma valise, y fourrais machinalement quelques affaires, Jasper prit le relais. Ce qui était bien avec lui, c'est que je n'avais pas besoin de parler, il agissait comme s'il lisait mes pensées.
- Je dois y aller... Être sûre. Pas un mot aux autres, pas tout de suite. Il pourrait faire une gaffe et je veux l'annoncer moi même à Edward.
Il hocha la tête et nous descendîmes dans le salon, toute la famille y était réunie, tant mieux, je n'aurais pas à me répéter. Jasper usa de son don afin de les rendre moins suspicieux à notre égard lorsque je leur annoncerais que nous partions de nouveaux. Nous n'avions pas l'habitude de partir aussi fréquemment. Nous empruntâmes la Mercedes de Carlisle, elle nous permettrait de rouler jour et nuit. Jasper prit le volant afin de me laisser la liberté de concentrer sur l'avenir de Bella mais rien n'y fit.
Il nous a fallu deux jours pour rejoindre Forks, une fois arrivé, nous avons gagné la maison, l'odeur de Bella se mêlait à celle de la poussière, elle était passé ici récemment. Jasper posait les valise dans le hall alors que découvrais les fauteuils. Je m'assis, Jasper me rejoint.
- Je vais y aller ! Attends-moi ici.
- Où vas-tu chercher en premier ?
- Chez elle...
Je quittais la maison, sautais par dessus la rivière, j'en étais presque euphorique j'étais de nouveau chez moi. Je courrais aussi vite que je le pouvais, je gagnais le domicile des Swan, il n'y avait pas de lumière. Je pénétrais dans la maison et me dirigeais directement dans la chambre de Bella. Rien n'avait bouger depuis notre départ, à part les vêtements qui s'étaient empilé dans un coin, la poussière qui y régnait en maître. Aucune trace de Bella, je ressortais de la maison. Je courais, aussi vite que je le pouvais, contournant les arbres, sautant par dessus les rochers, humant l'air afin de capter la moindre effluve. J'arrivais devant le cimetière, je cherchais toutes les tombes fraîchement refermée, lisant sur chaque stèle un nom qui n'était pas celui d'Isabella Swan, j'expirais à chaque découverte, mais il me restais une dernière chose à faire. Je pris le chemin de l'hôpital en passant par les sous-bois, je me faufilais derrière le bâtiment et y pénétrais discrètement. Je pris les escaliers, plus discrets, et descendis au sous-sol de l'immeuble, c'est là que se trouvait la morgue. Si Bella était morte mais pas encore enterrée, c'est là que je la trouverais. La pièce était vide, le médecin légiste avait dû s'absenter. Il y faisait très froid, l'odeur de désinfectant industriel se mêlait à celle des produits d'embaumement, je plissais le nez. Je me dirigeais vers le fond de la salle d'autopsie et commençais à ouvrir les alvéoles, aucune ne contenait le corps de Bella. Charlie l'aurait-il incinérée ? Ou alors, l'avait-il rapatriée à Phœnix ?
Je ressortais de la salle et remontais par l'escalier de service, perdue dans mes pensées. Devais-je aller voir Charlie pour lui demander ce qu'il s'était passé ? Nous en voudra-t-il ? Il en aurait tous les droits. Après tout c'était en partie notre faute. Devions-nous aller à Phœnix avant d'appeler Edward? Appeler Edward...
Je levais la tête et constatais que j'étais montée un étage trop haut, l'inscription « TRAUMATOLOGIE » y était inscrite en gros caractères blanc. Je la repérais instantanément, l'odeur de Bella elle n'était pas morte. Je me glissais à l'intérieur du service et me faufilait en suivant cette merveilleuse odeur qui pour une fois ne me desséchait pas la gorge mais me procurait une joie immense. Je stoppais net devant une porte bleue, je la poussais et la vit, branchée à une machine qui indiquait son rythme cardiaque, un tube passait sous son nez, certainement de l'oxygène, elle dormait paisiblement. Elle avait un gros bandage autour de la tête, je pris son dossier et l'examina, on lui avait injecté de la morphine, c' est pour cette raison que je ne l'avais pas sentie plus tôt. J'approfondissais ma lecture. Amnésique. Elle ne se souvenait de rien, mais jusqu'à quel point ? Se souvenait-elle de nous ? d'Edward ? Ou bien, avait-elle tout oublié ? Quelque part cela n'était pas plus mal qu'elle nous ai oublié, au moins elle ne souffrirait plus Je décidais de rester près d'elle un moment, je posais un gros fauteuil avec deux larges accoudoirs en simili cuir marron près de son lit. Je n'en avais pas besoin mais il servirait certainement à Charlie à sa prochaine visite. Je m'asseyais et fixais Bella, espérant qu'elle se réveille et me surprenne là, dans sa chambre, même si je savais que ça n'arriverait jamais.
Je décidais de rentrer, j'avais passé une bonne partie de la nuit à la veiller et le personnel n'allait pas tarder à faire sa ronde, il fallait aussi que je rassure Jasper, ma joie de retrouver Bella en vie m'avait complètement fait oublier l'amour de ma vie. Je rentrais; à peine avais-je franchi le lit de la rivière que Jasper m'accueillait dans ses bras, il avait senti mon humeur et souriait.
- Elle est en vie. Me dit-il simplement.
J 'hochais la tête plus par bonheur de le faire que pour lui confirmer, il m'embrassa et m'entraîna à l'intérieur de la maison. Il monta dans notre chambre et me posa sur notre lit. Il embrassait chaque centimètre carré de ma peau tout en défaisant un à un les boutons de mon chemisier. Il n'avait pas besoin d'être plus explicite...
Enlacés et enroulés d'un drap, nous profitions de l'instant. Je faisait vagabonder un doigt sur le torse de mon adonis alors qu'il jouait avec une mèche de mes cheveux ? Je me délectais de cet instant, cela faisait un moment que je ne mettais pas sentie aussi sereine, et il en allait certainement de même pour Jasper. Le carillon de l'horloge du salon sonna midi et Jasper me sortit de ma plénitude.
- Quand rentrons-nous ?
- Pas tout de suite. Soupirais-je.
- Alice, tu sais qu'on ne peut pas rester, nous ne sommes que deux et si les loups apprennent que nous sommes là. Qui sait ce qu'il pourrait advenir.
- Juste une journée ou deux. S'il te plaît mon amour ?
Je lui demandais la permission mais je savais déjà qu'il ne me le refuserait pas. Je me jetais à son son cou avant qu'il ai fini de répondre. J'appelais Carlisle, histoire de noyer le poisson, de dire que tout allait bien. Nous avions beau être indestructible, Carlisle et Esmée nous traitaient souvent comme des gamins. Ils s'inquiétaient trop à notre sujet. J'appris que Rosalie et Emmett avait eux aussi pris la poudre d'escampette, ils étaient parti en Europe. Rose voulait faire du shopping.
Dans l'après-midi, nous étions allé chasser, nous ne nous étions pas nourris depuis notre départ d'Alaska et je ne voulais pas être tentée une fois confinée dans la chambre de Bella. Sur les coups de vingt-deux heure, je quittais Jasper, celui-ci préférant rester loin de la civilisation. Je gagnais la chambre de Bella, l'odeur de Charlie imprégnait le fauteuil, quelqu'un lui avait fait parvenir un bouquet de fleur, il y avait une carte, je la lisais.
Reviens-moi vite...
Jacob
Jacob, apparemment il était plus proche d'elle qu'auparavant. Je repris ma place dans le fauteuil, glissais ma main dans celle de Bella et la caressais doucement. Elle émit un petit soupir de contentement et souriait. Elle avait l'air paisible. Comme d'ordinaire la nuit fut calme, à l'aube je me levais et consultais le dossier de Bella. Elle sortait aujourd'hui, j'étais ravie elle rentrait enfin chez elle. Je sortais de la chambre et regagnais le bois, j'attendais la venue de Charlie, il ne devrait pas tarder.
En fin de matinée, la voiture de patrouille se garait devant l'hôpital. Charlie entrait dans le bâtiment et une heure plus tard en ressortait en poussant le fauteuil où Bella se trouvait. Je les suivait jusque chez eux, Charlie aida Bella à sortir.
« Je suis amnésique, pas impotente... »
Le sarcasme était vraiment son meilleur compagnon, je souriais à cette idée. Elle montait dans sa chambre, visiblement elle avait tout oublié, ses habitudes, ses proches même son père. Il ne subsistait rien de nous non plus. Je décidais d'aller rejoindre Jasper, je repasserais plus tard, lorsqu'elle dormira. Sur le chemin du retour, je songeais à Edward, s'il savait qu'elle avait tout oublié, nous permettrait-il de revenir ? Je me complaisais à imaginer notre retour sur Forks, comme si tout avait été effacé. Bella ne se souvenant pas de nous, Edward contrôlant sa soif et son désir du mieux qu'il pouvait, il aimait souffrir alors il serait servi. Carlisle reprenant son poste à l'hôpital, Esmée retrouverait le sourire ainsi qu'Emmett. Les arbres défilaient aussi rapidement que ma rêverie je souriais, imaginant chaque détail de cette perspective, lorsque je franchissais la rivière, mon rire cristallin résonna à travers toute la forêt. Comme à son habitude, Jasper était là et me lovait dans ses bras, il avait certainement ressentit mon humeur plus que joyeuse.
- Qu'est-ce qui te mets autant en joie ?
- J'imaginais qu'on pourrait revivre à Forks !
- Quoi ?
Je racontais à Jasper ce que j'avais découvert, l'amnésie de Bella, et la possibilité de revenir. A mesure que je lui exposais la situation, le visage de mon bien-aimé s'obscurcissait.
- Que se passe-t-il mon amour ?
- Alice…ma chérie, je ne pense pas que nous allons revenir. Tu sais, Edward est quelqu'un de têtu, il ne voudra sûrement pas revenir même si Bella a tout oublié. Il aurait trop peur de la mettre de nouveau en danger.
- Tu as probablement raison mais je me dois de lui dire. Tu ne crois pas ?
- Si… peut être. Mais prépare-toi à ce qu'il sorte de ses gonds.
- Ça lui passera…
Je lui fis un clin d'œil et l'encourageais à me suivre à travers les gigantesques séquoias, il comprit que je ne céderais aucune place à sa platitude et me suivit volontiers. Nous nous enfoncions de plus en plus dans cette sylve où un humain se serait perdu en un rien de temps, je décidais de sauter sur une des branches du frêne qui se trouvait à une centaine de mètre de moi. Jasper me suivait de très près, notre escapade se transforma rapidement en jeu du chat et la souris, alors qu'il me poursuivait je stoppais net, prise d'une vision qui ne me plût guère.
Victoria, en pleine forêt, penchée sur un corps, se relevant le sourire aux lèvres, contemplant sa victime,celle-ci se baignant dans une mare de sang. Le mien se serait glacé d'effroi si j'en avais eu. Elle donna un coup de pied dans le flanc de sa victime qui se retourna. Bella...
- Non !
J'étais pétrifiée, Jasper me secouait afin de me sortir de ma torpeur mais j'étais trop focalisée sur le visage sanglant de Bella.
- Alice ? Qu'as tu vu ?
- On ne peut pas partir, il... il faut la protéger.
- Bella ?
Je hochais la tête, je me sentais impuissante, si inutile. J'avais vu ce qui allait lui arriver mais comment changer ça ? Comment aller à l'encontre de ce qu'il doit se passer?
- Alice, raconte moi.
Je me ressaisissais et relatais les faits à Jasper. Comme à son habitude, il resta calme, me pris part la main et me guida à travers les arbres. Nous rejoignîmes la maison en un rien de temps et il me laissa dans le salon, j'étais tournée vers la baie vitrée qui me laissait le loisir d'observer les bois et de me remémorer le pire. Quelques instant après Jasper était à nouveau à mes cotés, il téléphonait.
- Ne lui dites rien pour l'instant. Nous on reste ici, on vous attend.
Carlisle et Esmée allait venir nous rejoindre, nous ne serions pas trop de quatre pour la protéger. Il serait là dans deux jours, en attendant nous allions devoir effectuer une surveillance sans discontinuer. Victoria n'approcherait pas de la maison des Swan. J'y veillerais personnellement...
