Salut a tous! Merci pour vos reviews, ça fait vraiment plaisir de les lire.

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez! gros bisous a vous!

Heli n'ai crainte, c'est bien Edward/Bella mais que serait leur histoire sans Jacob!


Nous étions vendredi soir, j'étais attablée avec Angela, Mike et les autres. Jessica, comme d'habitude, monopolisais toute la conversation. Depuis que j'avais retrouvé les bancs du lycée, elle n'avait cessé d'accaparer les autres comme voulant me priver d'eux. Cela ne me gênais pas, je n'avais pas pour habitude d'être le centre d'attention. Lorsque l'on nous apporta nos plats, la serveuse se trompa entre le mien et celui d'Angela, nous échangeâmes un regard complice avant d'intervertir nos assiettes. J'appréciais beaucoup Angela, nous n'avions pas besoin de parler pour nous comprendre, elle ne posait jamais de questions embarrassante et j'aimais cela. La soirée se déroulait dans la joie et la bonne humeur, je n'avais pas passé une soirée avec eux depuis que j'étais sortis de l'hôpital. J'avais été le plus clair de mon temps avec Jacob mais en ce moment il était très peu disponible pour une raison que j'ignorais, ça me brisait le cœur, finalement je m'étais attaché à lui plus que je ne le croyais. Lorsque je rentrais, mon père était endormi devant l'écran enneigé, il m'avait attendu. Je le secouais, il se réveilla et se frotta les yeux.

- Déjà ?

- Tu t'es endormi sur ce canapé inconfortable et tu me demande si je suis déjà rentrée ? Il est tard, tu devrais faire comme moi et aller te coucher.

- Tu as raison, je ne vais pas tarder à y aller. Bonne nuit ma chérie.

- Bonne nuit papa...

Je montais, allais dans la salle de bain, me rafraîchissais et gagnais ma chambre. Je me dirigeais vers ma fenêtre et l'ouvrais puis je me glissais dans mon lit. Je songeais beaucoup à Jacob, souvent j'essayais de m'imaginer dans ses bras mais quelque chose venait obscurcir le tableau, une ombre, toujours la même, celle qui m'avait appelé dans mon rêve, je n'arrivais pas à me débarrasser d'elle. Je passais une nuit agité, encore, toujours ce cauchemars qui revenait sans cesse. La forêt obscure, l'ombre m'appelant et Jacob me retenant. Le pire c'était la douleur qui mettait fin à mes songes, toujours aux mêmes endroits, ma poitrine puis mon bras pour finir sur mon poignet. J'avais d'ailleurs essayé de chercher quand je m'étais fait cette coupure mes elle n'était sur aucunes photos de quand j'étais petite ni sur celles de mon adolescence; jusque mon arrivé à Forks, il n'y avait rien. J'en déduisis donc que je m'étais fait ça l'année dernière, peut-être lorsque je m'étais cassée la jambe mais alors pourquoi Charlie ne l'avait-il jamais remarqué.

Malgré la soirée et mon cauchemars, je me levais aux aurores le lendemain matin, j'étais toute excitée, Angela et moi avions prévus d'aller faire du shopping à Port Angeles, juste elle et moi. Une fois n'était pas coutume, nous n'avions pas prévenu Jessica.

Nous voulions partager un moment ensemble pour réapprendre à se connaître, Angela avait compris ma détresse de ne me remémorer personne. C'était aussi un bon prétexte pour me trouver de nouveaux vêtements, mes jeans commençaient à être un peu trop usés. Nous avions mis environ une heure à arriver, Angela m'indiqua le centre commerciale et l'on s'y engouffra. Toute la matinée avait été consacrée aux repérages, nous voulions faire en sorte de passer toute la journée ensemble. J'appréciais ces moments avec elle, c'était agréable elle me parlait d'Éric, de leur histoire qui se déroulait sans anicroches, qu'elle était heureuse que je l'ai poussée à faire le premier pas. Apparemment, j'étais douée pour donner des conseils coté cœur. A midi, on optait pour un petit restaurant pas très loin d'ici, le « Bella Italia », cela me fît sourire. Lorsque je pénétrais dans la salle, tout me parût familier, l'ambiance, la décoration, même les tables. Je me dirigeais automatiquement vers une table au fond de la pièce, une table discrète, Angela suivait sans dire un mot. Une fois assise, elle me regardait avec curiosité.

- Quoi ? Demandais-je.

- Hé bien, tu t'es dirigée directement sur cette table !

- Et alors ?

- Bella, c'est forcément lié à tes souvenir. Ce n'est pas la première fois que je viens là et je n'avais jamais remarqué cette table.

- Ah bon. Elle m'a semblé évidente pourtant.

- C'est bien ce que je dis ! Tu te rappelles de cette table ! Mais attends un instant c'est ici qu'on devait manger après notre shopping pour le bal de promo. Tu y es venu avec E...

Elle posait sa main sur sa bouche et rougit, je l'encourageais d'un regard, elle savait quelque chose sur mon passé et j'allais lui faire cracher le morceau.

- Angela ? Quoi ?

- Oh zut... j'aurais aimé que ça ne soit pas moi. Souffla-t-elle.

- Vas-y !

- Bien, écoute, on nous as demandé de te laisser retrouver la mémoire toute seule. Le médecin ne voulait pas que tu subisse un éventuel choc psychologique trop violent.

Elle tenait sa tête entre ses mains et inspirait fort. Relevant la tête, elle m'implorait presque de son regard.

- Surtout ne dis à personne que je t'ai parlé de ça, ok ?

- Promis.

- Voilà, l'année dernière tu avais un petit ami, le plus beau qui soit. Toutes les filles en étaient folles.

- Ah bon ? T'es sûr ?

Elle hochait la tête pour me signifier que oui. La serveuse arrivait à ce même moment afin de prendre notre commande. Je pris le premier plat qui me sautait aux yeux, j'étais trop pressée d'entendre la suite. À peine Angela eut-elle fini de commander que je la questionnais de nouveau.

- Donc, tu disais que j'avais un petit ami, et ?

- Malheureusement, il est parti, à l'automne dernier. Oh, je suis tellement désolée Bella.

- Il est mort ? Demandais-je d'un ton qui se voulait le plus neutre possible. C'était peut-être ça, mes cauchemars, l'ombre. Peut-être allais-je avoir une réponse.

- Non, non Bella. Il est juste parti, il a quitté Forks. Personne ne sait pourquoi mais tu en as été très affectée et c'est un doux euphémisme. Mais je t'en pris ne dis à personne que je t'en ai parlé.

- T'inquiète, je ne le dirais pas. De tout façon, je ne me rappelle pas, donc pour l'instant ça ne m'affecte pas.

Pour l'instant...mais si Angela disait vrai, lorsque je m'en souviendrait, j'allais certainement être affligée. Je baissais les yeux sur mon plats, qu'entre temps la serveuse nous avait apporté, des raviolis aux champignons,. Je contemplais l'assiette, une impression de déjà vu s'emparait de moi. Avais-je déjà manger ça ? Est-ce que si je le mangeais à nouveau, cela me ramènerait-il en arrière ? Je plantais ma fourchette dans un des petits carrés de pâtes et avec appréhension le portais à ma bouche. Je mâchais délicatement, appréciant chaque saveurs, je fermais les yeux. Un regard intense se figeait dans mon esprit, des yeux d'une couleur que je n'avais jamais vu, des yeux couleur or. J'en frémis et ouvrais les yeux aussi instantanément. Je devais avoir l'air ahuri, parce qu'Angela me saisit la main automatiquement.

- Ça va ?

- Oui, tout va bien. Je crois juste que c'est un souvenir mais ce n'était pas très clair. Ça va...

Le déjeuner continua dans la bonne humeur, je tâchais de paraître enjouée même si j'avais été perturbée par ce que je qualifierais d'un flash. Après avoir mangé, nous décidions d'aller acheter ce que nous avions repéré plus tôt. J'étais assez contente de mes emplettes deux jeans, deux pulls et un petit chemisier bleu, j'aimais cette couleur. Angela, elle, avait opté pour une petite robe d'été en mousseline qu'elle avait l'intention de mettre lorsque les beaux jours arriveraient Éric et elle avaient déjà prévu une ballade aux bassins de marée de La Push et deux petits tops à fine bretelle. Je me demandais si elle aurait réellement l'occasion de les porter, il ne faisait que rarement beau et chaud à Forks. Il devait être dans les environ de quinze heure lorsque nous nous dirigions vers la voiture pour rentrer à Forks, le téléphone d'Angela sonna.

- Tu m'excuses, c'est Éric.

- Pas de problème.

Je décidais de m'éloigner pour lui laisser un peu d'intimité. Me promenant sur la jetée afin de faire passer le temps, je marchais sans vraiment regarder où j'allais. Au bout d'un moment, je déboulais dans une voie sans issue, je me sentait immédiatement comme prise au piège, je revenais sur mes pas mais je n'arrivais pas à retrouver le chemin par lequel j'étais venu, je devais l'admettre j'étais perdue. Non seulement j'étais maladroite mais en plus je n'avais pas le sens de l'orientation. Je n'avais pas beaucoup été gâtée par la nature. Je bifurquais sur ma droite et arrivais dans une autre allée, plus vaste, j'étais tétanisée, mes yeux se flouèrent de larmes, ma tête me faisait atrocement mal, comme si je recevais des décharges électriques. Je revoyais ce regard, celui-là même qui m'avait terrorisé tout à l'heure. Mon souffle se faisait de plus en plus court et des vertiges m'assaillirent, je décidais de m'asseoir et de mettre ma tête entre mes jambes afin de reprendre le dessus mais rien n'y faisait, me laissant aller, je me roulais en boule. Je ne sais combien de temps c'était écoulé entre le moment où je me suis perdu et celui où j'ai entendu un merveilleux ténor murmurer mon prénom. Cette voix était tellement agréable, tellement apaisante et chaude. Je me laissais aller à imaginer un jeune homme grand, la peau fine, presque transparente, un regard doré profond, il m'appelait.

« Bella... Bella... » sa voix, sa magnifique voix, elle n'était plus comme la première fois, que se passait-il.

- Bella ! Bella !

J'ouvrais les yeux et le visage d'Angela apparut face à moi. C'était sa voix que j'entendais à présent.

- Bella ! Est-ce que ça va ?

- Angela... je... je me suis perdu. Je sanglotais.

- Tout va bien, je suis là. Tu as paniqué. Tu n'étais pas perdu, regarde nous somme garés juste là.

Tout en me disant cela, elle m'aidait à me relever et à marcher, nous avions contourné un bloc et effectivement nous étions juste à cotés de l'endroit où je m'étais trouvé plus tôt. Je respirais à la vue de mon pick-up. Nous avons regagné Forks dans le silence, Angela me jetant quelque regards suspicieux de temps en temps, n'osant me demander pour la énième fois si j'allais bien. Et moi, voulant la rassurer mais ne sachant quoi dire. Arrivé devant chez elle, alors qu'elle prenait ses paquets, je tentais ma chance.

- Angela ?

- Hum ? Elle relevait la tête.

- Écoutes, je... je suis désolée si je t'ai fait peur.

- Bella... je comprend, tu es très fragile en ce moment et je suppose que tu t'es sentie perdue. Il n'y a pas de mal.

- Oui... peut-être. Peux-tu éviter d'en parler aux autres, ça arriverait forcément aux oreilles de Charlie.

- Ne t'en fait pas. Ça sera notre petit secret.

Elle me fit un clin d'œil en prenant ses paquets et s'éloigna de la camionnette. Ce n'est qu'après qu'elle eut franchit le seuil de sa porte que je me décidais à rentrer à mon tour. En arrivant chez moi, je vis la voiture de Billy garée juste derrière celle de patrouille de mon père, soirée base-ball en perspective. Jacob était peut-être là, je retirais mes paquets le plus vite possible de l'habitacle et me précipitais à l'intérieur. Je déboulais dans notre salon en un fracas. Charlie et Billy étaient assis dans le minuscule fauteuil et regardaient le match des Mariners.

- Salut les gars !

- Salut ma puce ! Bonne journée ? Me demandais Charlie sans même détourner la tête de l'écran.

- Ouais, ça allait. J'ai trouvé ce que je voulais.

Je fus déçue de ne pas voir Jacob, je soupirais et fis demi-tour pour me rendre dans la cuisine, je me fixais. Il était là, sur une des chaises dépareillées de la cuisine, son large sourire se dessinant sur son visage. Il se levait, je me jetais dans ses bras, il ne cilla pas, pourtant le choc m'avait paru violent vu que mon souffle avait été coupé.

- Jacob !

- Salut ma belle ! Dit-il en me faisant tournoyer, envoyant valser pas la même occasion une des chaises dans un coin.

- Oups ! Désolé.

Il me posait et me souriait, de ce sourire qui m'avait plus la première fois que je l'avais vu, quand il s'était précipité vers moi sans aucune retenu alors que je ne me souvenais pas de lui. Je ne sais pourquoi, mais lorsqu'il était près de moi, je me sentais entière comme s'il était la partie qui me manquait.

- Vous restez pour le dîner ?

- Je crois que oui. On commande des pizzas ?

- Ah non ! Je suis trop contente que tu sois là. Je vais faire à manger, surtout que Charlie a ramené du saumon !

Je sortais la moitié d'un saumon du réfrigérateur et l'installais sur le plan de travail, je me saisis du grand couteau et commençais à découper de jolie darnes.

- Je peux faire quelque chose ?

- Oui, tu pourrais éplucher les patates s'il te plaît.

Il se posta à mes cotés et entrepris de peler les pommes de terre.

- Alors ? Où étais-tu ?

- Occupé.

- Je m'en doute... mais que faisais-tu de si important pour ne plus venir me voir ?

- J'ai aidé Sam à chasser des sangsues !

- Quoi ?

- Des chauves-souris ! Il en avait plein sa grange.

- Oh ! Je déteste de ces bestioles. Beurk !

Il rit, d'un rire tonitruant, ce qui attira l'attention de Charlie et Billy sur nous. Ils se dévièrent la tête de leur écran et nous contemplaient les yeux brillant.

- Ça va le enfants ?

- Laisse-les donc Charlie, tu vois bien que les tourtereaux s'amusent !

Je piquais un fard, Jacob me regardait, un regard espiègle illuminant son visage. Je posais mon couteau et sortais par la porte de la cuisine. Je m'éloignais un peu, la porte claqua dans mon dos mais je n'entendis pas l'herbe bruisser et sursautais lorsqu'une main se posa sur mon épaule. Jacob se tenait à ma droite, m'enlaçant de son bras.

- Jacob ?...

- Oui ?

- Est-ce que... toi et moi...enfin je veux dire...euh

- Non. Pour être honnête, ça n'aurait pas été pour me déplaire mais... Bella ne fait pas gaffe à ce que mon père peut dire.

- Est-ce que tu me l'as dis ?

- J'ai essayé... mais...

- Mais je n'étais pas prête.

- On va dire ça... pourquoi toutes ces questions ?

- Parce que je …

Je mettais tournée vers lui, je fixais ses yeux noirs et profondément intense, si différents de ceux que j'avais vu dans mon « flash » je n'avais pas d'autres termes pour désigner ce que j'avais vu. Je posais ma main sur la poitrine de Jacob, mon cœur s'accélérait. Sa main se posa sur ma joue, son pouce la caressant, je me hissais sur la pointe des pieds, me retrouvant dangereusement proche de ses lèvres. Jacob prit mon visage en coupe et inclina son visage, ses lèvres frôlant à présent les miennes, je fermais les yeux et de nouveau ce regard topaze flamboyant me fixait.

« Bella... »

Je sursautais en entendant un merveilleux ténor murmurer à mon oreille, je rouvrais les yeux et constatais que Jacob me fixais étrangement. Je reculais d'un pas et trébuchais sur un caillou, je tombais les fesses les premières sur l'épaisse pelouse verte et humide.

- Bella, ça va ?

- Tu as entendu ?

- Quoi ?

- Non, rien... laisse tomber.

- Qu'est-ce que c'était ? Dis-moi.

- J'ai entendu une voix...et... j'ai eu comme un flash. J'ai vu... tu vas me prendre pour une folle.

- Non, si ça peut t'aider, dis m'en plus.

- Je ne sais pas qui c'était mais j'ai vu un visage, un garçon au regard doré...

Je sentais le feu s'emparer de mes joues, j'avais été sur le point d'embrasser Jacob et voilà que je lui parlais d'un autre. Jacob fixait le sol, je voyais son visage se durcir au fur et à mesure, sa mâchoire se contractait par à-coup, ses yeux s'assombrirent.

- Même là, il se met entre nous... murmura-t-il.

- Qu'est-ce que tu racontes ?

- Rien... je dois y aller.

- Mais où ? Tu viens juste d'arriver.

- J'ai quelque chose à faire.

Il s'en alla, me laissant là, la pluie commençait à tomber, je restais plantée dans le jardin. La porte de la cuisine s'entrebâilla et Charlie m'interpella. Je rentrais à l'intérieur et finissait de préparer le repas. Charlie m'interrogea sur le départ de Jacob, je leur expliquais qu'il était partit et Billy argumenta en supposant qu'il avait dû rejoindre Sam et les autres. Nous dînions dans un silence quasi religieux, j'étais pressée d'en finir avec ce repas qui s'éternisait. A peine Charlie avait-il finit et posé ses couverts que je me levais afin de débarrasser et de faire la vaisselle. Une fois celle-ci faite et les restes emballés et mis au frigo, je souhaitais une bonne soirée à Billy, embrassais Charlie et montait me réfugier dans ma chambre. J'ouvrais la porte et actionnais l'interrupteur mais le noir persista, je m'avançais en tâtonnant, cherchant ma lampe de chevet. J'avais la sensation que l'on m'observait, pour la première fois depuis mon retour à la maison, j'avais peur. Un frisson parcouru mon échine, je m'empressais d'aller à mon lit et tâtonnais afin de trouver l'interrupteur de ma lampe. Lorsque je trouvais enfin celui-ci et que la lumière luit, je soufflais en découvrant ma chambre vide, mon cœur ne se calma pas pour autant. Comment aurait-il pu en être autrement. Qui se serait risqué à rentrer chez nous par effraction alors que nous étions présent. Même si nous avions été absent, il faudrait être fou pour rentrer chez nous. Forks était une petite bourgade, Charlie était au courant de tout ce qu'il se passait. J'inspectais la pièce, faisant un inventaire mental de ce qu'il s'y trouvait, au cas ou. Rien ne manquait, naturellement, je me tournais et constatais que ma fenêtre était ouverte, j'étais pourtant persuadée de l'avoir fermée plus tôt. Il faisait froid ce soir, j'allais la fermer, enfilais mon pyjama et me glissais dans mon lit. J'étais toujours angoissé pour je ne sais quelle raison, je décidais de me replonger dans l'écoute du seul et unique morceau qui m'apaisait en ce moment et laissais la lumière. Je sombrais rapidement dans la mélancolie et en même temps le sommeil s'empara de mon être. Je m'éveillais, il faisait encore nuit noire, j'entendais Charlie ronfler dans sa chambre, étrangement c'était un son qui m'apaisait et pour une fois je n'avais pas fait de cauchemars donc je n'avais pas hurler et ne l'avais pas réveillé. Il faisait chaud, j'allais dans la salle d'eau afin de me rafraîchir, quelle ironie, avoir chaud dans une des régions les plus froide du pays. Je faisais couler l'eau et aspergeais mon visage, mes avants-bras et ma nuque, ma gorge était sèche, je bus à même le robinet de grandes gorgés du liquide frais. Je regagnais ma chambre, le plus discrètement possible pour ne pas réveiller Charlie, me glissais dans mon lit et tentais de me rendormir, en vain. Je décidais de faire la seule et unique chose qui me permettais de dormir ces derniers temps, écouter de la musique je tâtonnais ma table de chevet en quête de mon lecteur mais ne le trouvais pas. Sortant de mon lit, je me dirigeais vers mon bureau, il ne pouvais être que là. Un bruit à l'extérieur attira mon attention, je me rapprochais doucement de la fenêtre. Un couple se disputait sur ma pelouse, je ne distinguais pas très bien l'homme qui était de dos, mais je pouvais aisément observer la jeune femme. Elle était toute petite, avec des cheveux très court noirs, et malgré une nuit sans lune, sa pâleur tranchait dans l'obscurité.

- Vous n'avez rien a faire ici. Repartez sur le champ. Dit le jeune homme d'un ton agressif.

Je mis un moment à le reconnaître, je n'avais jamais entendu ce timbre avant, mais finalement je distinguais parfaitement la voix de Jacob. Que faisait-il ici ? Qui était cette fille avec qui il se disputait ? Je ne l'avais jamais vu, que se soit ici ou à La Push. Jacob se mut sur la droite, la jeune femme qui me donnait l'impression d'être un lutin suivit le mouvement et ce n'est qu'à cet instant que je remarquais un mouvement coordonné au sien, il y avait une autre personne. Je tentais de la distinguer, je ne pus qu'apercevoir une silhouette élancée, avec une chevelure blonde et la même pâleur que le petit lutin. Tous les trois bougeaient en simultané, comme si chacun anticipait le mouvement de l'autre.

- Nous n'irons nul part. Argua le petit elfe.

Sa voix cristalline résonna aussi clairement que si elle avait été à mes cotés, pourtant elle ne criait pas, je me laissais envoûter par le son mélodieux qui tranchait avec le son de celle de Jacob.

- Je vous dis de repartir. Jacob était plus menaçant.

- Nous ne bougerons pas. Je ne la laisserais pas seule, pas maintenant.

- Nous nous occupons d'elle.

- En la laissant seule ? Toi et ta pathétique meute vous...

- Nous quoi ?...

Il s'était avancé d'un pas vers le lutin, c'est à ce moment que j'aperçus l'homme qui s'était tenu tout le temps en arrière, il était à présent aux cotés du lutin, je ne l'avais pas vu approcher. Il se tenait légèrement accroupi, son bas devant la petite brune comme pour la protéger.

- Elle est en danger ! Je...

- On s'en charge, vous lui avez fait suffisamment de mal.

Le grand blond saisit le feu follet par la taille et lui glissa quelques mots à l'oreille. Les poings tendus de Jacob se détendirent.

- Nous ne partirons pas jusqu'à ce que Bella soit en sécurité. Et vous ne pourrez pas nous en empêcher mais ne t'inquiète pas, elle ne saura pas que nous somme là.

Jacob semblait se résigner, le couple recula doucement et gagna les bois à proximité Jacob s'en alla à son tour. Mon corps s'était mis à trembler sans que je m'en rende compte. Qui étaient-ils ? Pourquoi Jacob leur avait demandé de partir ? Et pourquoi avait-il été si vindicatif ? Une chose est sûre, ils avaient parlé de moi, ils avaient dit que j'étais en danger...