Salut salut! je sais, ça fait très longtemps... je n'ai pas vraiment d'excuse, à part le manque de temps et un peu d'inspiration...
Bref, voici le nouveau chapitre, j'espère que vous l'apprécierez... n'hésitez pas à laisser vos coms, ça me fait toujours plaisir!
Enjoy!
Je courais, aussi vite que je le pouvais, ma respiration se faisant de plus en plus courte, je tentais tant bien que mal de ne pas m'empêtrer dans les racines qui se trouvaient sur mon passage. Je tentais de regarder en arrière afin d'apercevoir mon poursuivant mais ne voulant pas trébucher, je ne tournais que très peu la tête. Les branches griffues meurtrissait mon visage, pourtant je ne voulais pas ralentir, je ne devais pas ralentir.
Enfin, j'apercevais la clarté du jour, il y avait donc une sortie à ce bois inextricable, j'allouais le peu d'énergie qu'il me restait et forçais sur mes jambes déjà endolories, repoussant les ramures de mes mains déjà blessées. Je sortais du bois et m'arrêtais juste sur le bord d'une falaise escarpée. J'inspectais le rebords et constatais la hauteur impressionnante qui me séparait de l'eau. Si je sautais, je courais le risque de me briser le cou et risquais de ne pas m'en tirer cette fois. Mais en même temps si je ne sautais pas...
Je pesais le pour et le contre, finalement je préférant encore faire face à mon agresseur plutôt que de sauter, je fis volte-face et attendait en garde, les poings levés. Une silhouette se formait à l'orée du bois, elle se déplaçait lentement mais en sautillant comme si elle dansait. La forme devenait de plus en plus précise, un corps menu surmonté de multiples épis noirs de jais c'était le petit lutin que j'avais vu l'autre nuit en compagnie de Jacob. Elle me souriait, elle avait l'air amical, mais son visage se transforma en un rictus, elle fixait quelque chose dans mon dos, c'est à ce moment précis que je sentis une présence derrière moi. Je n'eus pas le temps de me retourner que déjà une forme se saisissait de moi et m'entraînait vers l'océan. Le choc était violent, je tentais de retenir ma respiration mais c'était sans compter sur mon assaillant qui compressait ma cage thoracique, expulsant le peu d'air qu'il me restait. L'eau s'engouffrait dans mes poumons, je tentais de m'échapper afin de remonter vers la surface mais il était fort et moi si faible, je ne me sentais plus la force de me battre, je baissais les bras et me laissais couler...
J'ouvrais les yeux, haletante, en sueur et morte de froid, la pièce était encore sombre, ça n'avait été qu'un horrible cauchemar, il devait être très tôt pour qu'il fasse si sombre, les rideaux avaient été tiré, certainement Charlie. Je me levais et allais jeter un coup d'œil à la fenêtre une lumière aveuglante pénétra dans ma chambre, en fait il faisait incroyablement beau aujourd'hui et j'avais dormi plus tard que je ne l'avais pensé. J'ouvrais ma fenêtre et respirais l'air pur, laissant le soleil réchauffer ma peau petit à petit. Je fermais les yeux mais l'ombre de mon mauvais rêve refit surface, je les rouvrais quasi instantanément. Mon estomac gargouillait alors je me décidais à aller dans la cuisine afin de me prendre un petit en-cas, passant préalablement par la salle de bain afin de m'asperger le visage d'eau et de retirer la fine pellicule de sueur. Une odeur de nourriture me titilla les narines lorsque j'arrivais dans la cuisine,Charlie posait un plat de pan-cakes sur la petite table déjà surchargée de nourriture.
- On fête quelque chose ? Demandais-je intriguée.
- Bonjour ma chérie. Non, mais j'ai pensé qu'après avoir autant dormi, tu aurais faim. J'allais justement venir te réveiller.
- J'ai fait une grasse matinée pas un marathon du sommeil.
- Tu en es sûr. Parce que moi je le croyais, ça fait deux jours que tu dors.
- Quoi ?
Je me ruais sur le calendrier et constatais qu'effectivement deux pages de l'éphéméride avait été arrachées. Je regardais Charlie incrédule, il me fixait les yeux brillants.
- Tu me fais une blague ?
- Non, pourquoi veux-tu que ça soit le cas ? Tu avais l'air si paisible et tu avais beaucoup de sommeil à rattraper.
- C'est vrai que j'étais crevée mais tout de même, deux jours…
- On mange ?
Il s'installait à table et je le rejoins, finalement j'avais plus faim que je ne l'avais pensé et dévorais les différents mets posé sur la table, œufs brouillés, bacon, pain perdu, jus d'orange Charlie les avait ramené de chez le traiteur, je me délectais de cette abondance. Charlie picora ci et là accompagné d'un café noir, contrairement à moi, lui avait mangé.
- Alors ? Programme de la journée ? Tu vas à La Push ? Demanda-t-il le nez plongé dans son journal.
- Non… je vais essayer… enfin, je vais retrouver une amie.
- Oh. Qui?
Qu'allais-je lui dire, il connaissait tout le monde et je ne connaissais pas le nom de celle que j'allais m'appliquer à trouver. Je réfléchissais à une personne susceptible de m'aider et la seule personne qui me vint à l'esprit devait certainement se trouver aux bassins de marée avec son amoureux.
- Angela.
- Weber ?
- Oui. On doit se retrouver et aller se balader.
- Ok mais fais attention, les loups sont partis mais on ne sait jamais.
- Quoi ? Des loups ?
- Oui, avec tout ce qu'il t'est arrivé, je n'ai même pas eu la présence d'esprit de t'en parler. Il y avait des loups dans les bois mais ils ont pris la fuite lors d'une battu. On ne les a pas revu dans les parages depuis.
- Oh ! De toute façon, je n'ai pas l'intention d'aller dans les bois. Je ferais attention, promis.
Je savais que c'était un mensonge, j'irais forcément, à un moment ou à un autre dans la forêt, ne serais-ce que pour retrouver la clairière où Jacob m'avait emmené, évidemment l'idée m'avait traversé l'esprit au moment même où Charlie m'avait demander de ne pas y aller. Je ne sais pas pourquoi mais c'est devenu une évidence qu'il fallait que j'y retourne. J'aurais peut-être dû être terrifiée, ce fût tout le contraire, mais mon aventure dans cette partie de la sylve serait pour plus tard, pour l'instant j'allais éplucher tous les hôtels, motels et chambres de la région pour trouver cette « amie ». Je montais, prenais une douche rapide et me séchais sommairement, j'eus du mal en enfilé mon jean à cause de l'empressement et la moiteur de ma peau, j'enfilais un pull et descendais les escaliers quatre à quatre. Charlie était à l'extérieur, vérifiant les pneus de sa voiture, j'en profitais pour appeler Angela sur son portable.
- Hé ! Salut Angela, c'est Bella. Tu pourrais me rendre un immense service. Si on te demande si j'ai passé la journée avec toi, tu pourrais répondre que oui... merci, je te le revaudrais. Non, ne t'inquiète pas, tout va bien. Je te raconterais plus tard. Bonne journée.
Je raccrochais juste à temps, j'entendais déjà les pas lourds de Charlie sur le perron. Je prenais mes clés, inutile de traîner ici plus longtemps, embrassais mon père en passant à ses côtés et démarrais le pick-up. Première étape, aller à la maison du tourisme pour trouver une carte avec la liste de tous les endroits où l'on pouvait dormir. Je ne mis pas longtemps à gagner le centre et trouvait facilement l'office. J'entrais discrètement, heureusement l'hôtesse était occupée avec un groupe de Français venu visiter le coin, que pouvait on venir voir par ici, cela me dépassait que l'on puisse faire tant de kilomètre pour cette minuscule bourgade même si elle avait son charme. Je me saisis de plusieurs cartes et ressortais tout aussi silencieusement que lorsque j'étais entrée, remerciant ma maladresse qui pour une fois me laissa tranquille. Je reprenais la Chevrolet et démarrais en quête d'un endroit tranquille où je pourrais consulter les différentes cartes. Je roulais sur la nationale à l'allure, si cela avait été possible, d'un escargot. Je trouvais un petit coin assez calme et suffisamment caché pour qu'on ne repère pas mon pick-up, j'allais pourvoir étudier les cartes à loisir, je me garais et coupais le moteur, il n'y avait plus qu'un immense silence. Je me saisis de la première carte, c'en était une de randonné, une de celle que l'on vendait chez les Newtons, elle ne répertoriait que les bivouacs. D'après ce que j'avais pu observer, la fille et son compagnon étaient vêtu avec style, il n'avait pas l'air de deux randonneurs. Je changeais des cartes mais les deux suivantes ne me donnèrent pas plus de satisfaction, ça commençait mal. Je pris la dernière carte et un immense sourire se dessina sur mon visage, j'avais enfin ce que je voulais, une carte avec toutes les références des bars, restaurants et hôtels de la région. Avec mon stylo je marquais chaque bâtiments et analysais chaque trajet, je décidais de commencer par le plus éloigné, mais ignorait Port Angeles, cela me paraissait trop loin et la jeune femme avait admonesté Jacob de me laisser seule, et qu'ils resteraient près de moi, donc je l'éliminais d'office. Il ne me restait plus qu'à parcourir Forks et ses alentours. Je remis le contact et allais à l'extérieur de la ville après trois quart d'heure de trajet j'arrivais enfin à destination, une petite auberge tout en bois, je me garais le plus loin possible, ne voulant pas me faire remarquer par les pensionnaires et évidemment pas de ceux que je recherchais. Je me présentais à l'accueil, une dame aux joues roses se tenait derrière le comptoir, son chignon blond se défaisait par endroit, elle relava la tête au moment où un carillon signala mon entrée, ses traits étaient tirés, signe d'une grande fatigue, elle se composa un sourire de circonstance .
- Bonjour Mademoiselle ! dit-elle sur un ton qui se voulait enjoué, un peu trop.
- Bonjour.
- Que puis-je pour vous ? Vous désirez une chambre ?
- Euh...Non. Voilà, j'ai des amis qui sont venus me rendre visite mais ils ont oublié de me donner le nom de leur hôtel.
- Et ?
- Eh bien, je voulais savoir si parmi vos clients vous aviez vu un couple plutôt élégant elle, est une petit brune plutôt expansive et lui, un grand blond assez discret.
- Je suis navrée mademoiselle mais aucun de mes clients ne correspond à votre description.
- Tant pis, merci.
- Au revoir.
Je ressortais déçue, forcément, mais ce n'était que le premier, je n'espérais tout de même pas les trouver du premier coup. Je continuais sur ma lancée et démarchais tous les sites que j'avais marqué. À chaque fois, on me répondait la même chose, ils n'étaient pas là avaient-ils été là ou alors était-ce mon imagination qui les avait planté en dessous de ma fenêtre ?
Les choses se corsaient un peu, je me rapprochais du centre de Forks, si je ne les trouvais pas maintenant cela signifiait qu'ils étaient dans l'un des quatre hôtels du centre. Si on m'apercevait à fouiner dans les parages, Charlie ne tarderait pas à être au courant, il allait me poser un tas de questions et mon excuse ne tiendrait plus la route. Il me restais une auberge à visiter avant de regagner la ville. J'avançais à une allure réduite, j'avais peur de louper l'allée qui menait au gîte. Je dût faire plusieurs allés-retours tant je ne trouvais pas l'entrée.
Je repérais une bifurcation, si je n'avais pas roulé aussi lentement et que je n'étais pas repassé à maintes reprises je ne l'aurais probablement pas vu, l'entrée était masquée par de hautes fougères. Si c'était bel et bien l'entrée, elle n'était pas vraiment mise en évidence. Je m'engouffrais sur le petit chemin, c'est à peine si on le voyait, toutefois elle était plutôt bien définie même s'il n'était fait que de terre. Je roulais un moment m'interrogeant sur l'itinéraire, je m'enfonçais un peu plus dans la forêt mais la vue se dégagea, les arbres se firent de moins en moins denses et je déboulais sur une immense villa blanche, elle était magnifique et malgré l'endroit elle ne semblait pas abandonnée. Je coupais le moteur et descendais de la voiture, je contemplais cette immense demeure, des frissons parcouraient mon échine, un sentiment de bien être m'envahis. J'avançais doucement, je ne voyais aucune pancarte ni affiches, ce n'était donc pas l'auberge que je cherchais. Je me postais devant le pavillon, j'aperçus une ombre se déplacer à l'intérieur qui me fit sursauter quelqu'un occupait les lieux. Je ne me sentais plus aussi à l'aise que lors des dix minutes précédentes.
Je m'apprêtais à sonner mais avant que je n'ai le temps d'appuyer sur la sonnette, la porte s'ouvrit à la volée.
Je restais bouche bée, face à moi se tenait l'objet de ma convoitise, celle que j'avais cherché toute la sainte journée, je la détaillais des pieds à la tête. Elle était habillée avec goût, des vêtements griffés à coup sûr. Je fus frappée par sa beauté, ,parfaite, c'est le mot que je cherchais,ses nombreux épis noirs de jais encadraient un visage facétieux, sa peau était très pâle, on aurait dit de la porcelaine, deux grands yeux dorés cernés de noir me fixaient plein de malice. Je la regardais, elle me souriait et je me figeais. Ses yeux… les même que ceux que j'avais vu dans mes songes, que ceux de ce garçon. Avait-elle un lien avec lui ? La panique s'empara de moi et je voulu faire machine arrière, je commençais déjà à reculer et à bafouiller une misérable excuse mais brusquement je me sentais beaucoup plus détendue, comme si on venait de m'injectait une dose de narcotique
- Bonjour ! me dit-elle d'une voix cristalline.
Je souriais, malgré moi, envoûtée par sa merveilleuse voix, on aurait pu l'associer au chant ultime du rossignol mais même là, la comparaison était bien fade face à ce mélodieux soprano.
- Je m'appelle Alice ! Elle me fixait, un petit sourire pincé se dessinait sur ses lèvres.
Alice, ce prénom m'était familier, je l'avais déjà entendu mais où ? Je tentais de rechercher au fond de ma mémoire mais rien ne venait, j'étais frustrée.
- Bon… bonjour. Je suis Bella.
- Ravie de de rencontrer Bella. Que puis-je pour toi ?
Qu'allais-je lui dire ? Que je l'avais entendu se disputer avec mon meilleur ami hier soir sous ma fenêtre, que j'avais perdu la mémoire et que ses yeux me remémoraient étrangement ceux d'un garçon que je ne vois qu'en rêve. Que je l'ai cherchée désespérément toute la journée afin de..., de quoi ? je ne sais même pas.
- Et bien… euh… rien. Je me suis trompée. Je dois y aller.
Je reculais et trébuchais mais avant d'avoir touché le sol, une paire de mains se saisirent de moi et me retinrent. Elles étaient fraîches, pour ne pas dire glacées.
- ça va ?
- Oui, merci. Je suis d'un naturel maladroit. Désolée.
- Y'a pas de mal. Tu veux venir boire un thé ?
Je n'eus pas le temps de répondre qu'elle m'entraînait déjà à l'intérieur de la villa, tout y était immaculé, l'arrière de la maison était ouvert sur d'immense baie vitrées. Quelque chose clochait mais je n'arrivais pas à mettre la main dessus. Elle se dirigeait vers ce qui me semblait être la cuisine, je la suivais sans bruit, cette maison me paraissait irréelle. Lorsque je pénétrais dans la cuisine, je restais estomaquée, la pièce devait faire trois fois la misérable cuisine de Charlie, tout y était rangé avec soin, pas un ustensile ne dépassait, la cuisine de mes rêves. J'observais Alice qui s'y déplaçait comme si elle dansait un ballet.
- Tu as une préférence pour le thé ?
- Euh… non, ce que tu as, me conviendra.
- D'accord.
Elle ouvrait un placard et je découvrais une quantité phénoménale de boite de thé, même le salon de thé de Port Angeles n'était pas aussi fourni. Elle se saisit d'une boite rouge et à l'aide d'une cuillère en porcelaine en versa dans une théière transparente. Elle se saisit de la bouilloire avant qu'elle n'ait eu le temps de siffler et versa l'eau chaude sur les feuilles de thé. A ce moment, une odeur de fruit rouge et d'écorce d'agrumes emplirent mes narines, l'eau se colora en brun et les feuilles tourbillonnaient tout en libérant leurs arômes.
- Je t'en prie.
Alice m'indiquait un tabouret de bar juste à côtés du siens, une tasse de même inspiration que la théière trônait sur le bar. Je m'installais et constatais que le plan de travail devant elle était vide.
- Tu n'en prends pas ?
- Non. Je ne suis pas une grande fan de thé ! Du sucre ?
Je secouais la tête pour lui signifier que non, elle emplit ma tasse du fameux breuvage. Je fixais ma tasse fumante, ne sachant quoi dire, à chaque fois qu'une idée de conversation me venait, je me ravisais la trouvant idiote. Je jetais de temps en temps un regard à mon hôtesse, elle me fixait avec un grand sourire. Je n'osais regarder plus haut que son nez, de peur de croiser son regard, et d'être une fois de plus prise de panique. Je commençais à me demander si cette peur panique n'était pas une deuxième nature chez moi. Je plongeais mes lèvres dans le divin breuvage qu'elle m'avait préparé, comme je l'avais senti plus tôt, il y avait effectivement des fruits rouge et des écorces d'agrumes mais aussi du bleuet et le thé noir n'était pas trop agressif.
- Hum… c'est très bon !
- J'étais sûre qu'il te plairait. Alors ? que cherchais-tu dans les parages ? L'accès à la maison n'est pas très évident.
- Oui, je sais… je l'ai trouvé par accident disons…
- Hun hun. Tu as faim ?
- Non, merci. Dis-moi, ça fait longtemps que tu habites ici ?
- Oh ! eh bien, à vrai dire oui et non.
- Comment ça ?
- On habitait ici, il n'y a pas si longtemps, c'est une de nos résidences secondaire mais nous avons dû déménager il y a peu.
- Tu dis « on »…
- Je parle de ma famille et moi, mais j'ai oublié de faire quelque chose par ici donc je suis revenu provisoirement afin de régler cette affaire.
- Tu peux me parler de ta famille, vous êtes les seuls que je ne connaisse pas par ici.
Alice me parlait de sa famille, de son père Carlisle, de sa mère Esmée et de son frère Emmett. Ainsi que de son amoureux qui, avec sa sœur, avait été recueilli par son père et que une chose en entraînant une autre ils avaient fini par former un couple. Je trouvais ça un peu bizarre mais ne pipais mot, après tout qui étais-je pour juger quelqu'un et s'ils étaient heureux et amoureux, ça les regardait. Leur fratrie comptait six membres, tous unis. Elle en parlait avec une telle ferveur qu'il était difficile de ne pas voir qu'elle les aimait profondément même si de temps en temps une ombre venait entacher son visage. Après ma troisième tasse, ma vessie ne tenant plus, je lui demandais de m'indiquer les toilettes.
- A l'étage, troisième porte sur ta gauche !
Je grimpais les marches, fascinée par la beauté des lieux, chaque détail, chaque objet. Sans m'en rendre compte, j'atterrissais devant une porte blanche, j'étais montée plus haut que ce qu'Alice m'avait indiqué curieuse, je poussais la porte. Je pénétrais dans la pièce, intriguée, comme le reste de la maison, le mur de derrière n'était qu'une immense vitre donnant sur la forêt de l'autre côté, le mur était couvert de CD de tout genre, un canapé trônais dans un coin de la pièce. Je m'approchais de la chaîne stéréo et appuyais sur « lecture », je reconnus immédiatement le morceau qui traversa la pièce, c'était le même morceau que j'écoutais continuellement « le clair de lune de Debussy ». Des voix résonnaient dans ma tête, des échos plutôt « Qu'est-ce que tu imaginais ? Des cercueils et des douves ?... », « Tu ferais bien de t'accrocher Spider-monkey … »
Je me rapprochais de la baie vitrée, la tête me tournait, je posais mon front sur le verre glacé.
- Je pense que tu t'es trompé de pièce. Dit un ténor dans mon dos.
Je sursautais et fis volte-face, dans l'encadrement de la porte se tenait un jeune homme, blond, assez séduisant avec les mêmes yeux que ceux d'Alice, ses prunelles était malgré tout moins vive et il était plus cerné que celle-ci. Il avait l'air de souffrir, lorsque je fis un pas, il recula.
- Oui, je… je suis désolée. Cette maison est tellement, euh…, envoûtante. Je vais descendre et aller là où je voulais me rendre à l'origine.
Je redescendais quatre à quatre et m'enfermait dans l'immense salle de bain, j'ouvrais le robinet et laissait couler l'eau, m'en aspergeant le visage. Comme si ce n'était pas suffisant de dérailler, il fallait en plus qu'il me fiche une trouille bleue. On frappa à la porte.
- Bella ? Tout va bien ?
- Oui, oui. Y'a pas de mal.
- Désolée si Jasper t'as fait peur, il ne le voulait pas.
- Ce n'est pas grave… c'est entièrement de ma faute.
Je cherchais quelque chose pour m'essuyer, en vain. J'ouvrais la porte violemment et sortais, Alice s'écarta de mon chemin.
- Il faut que j'y aille.
- Non, attends Bella. Tu n'es pas obligée de partir pour ça.
- Il se fait tard et mon père va s'inquiéter. Merci pour le thé.
Je sortais de la grande villa et me dirigeais vers mon pick-up, je mis le contact et démarrais en trombe. Je ne faisais plus attention aux nids de poule et autre, tout ce qui comptait pour l'instant c'était de m'éloigner le vite possible ce cette maison. Je regagnais la route principale rapidement et ce n'est qu'au bout de quelques minutes que je me rendis compte que je n'y voyais rien. Je me garais sur le bas-côté et essuyais les larmes qui inondaient mon visage. J'avais été ridicule et ça me faisait enrager, les larmes coulaient de plus belle. Je tentais de me calmer en respirant profondément. Mon portable sonna ce qui provoqua un nouveau sursaut, je regardais l'écran, c'était Jacob. Je n'avais pas envie de décrocher, je séchais mes larmes et regagnais la maison et poussant le moteur au maximum. Charlie n'était pas encore rentré, je passais un rapide coup de fil à Angela, histoire de la remercier et de la rassurer. Je mis deux steak à mariner et emballait des pommes de terre dans du papier aluminium. Je les enfournais et lançait la cuisson, je n'aurais plus qu'à faire les steaks lorsqu'il arriverait. J'allais à l'étage et décidais de me glisser sous une douche. Je me délassais sous le jet brûlant, j'avais la sensation de n'être plus qu'un morceau de guimauve, mes muscles se détendait au fur et à mesure que l'eau brûlait mon épiderme. « Tu ferais mieux de t'accrocher Spider-monkey… » Je sursautais en ouvrant les yeux, elle avait résonné de façon beaucoup plus clair cette fois-ci. Cette voix, ce ténor, si enivrant et captivant, je l'avais entendu aussi clair que si on venait de me la murmurer à l'oreille. J'en étais certaine maintenant, je connaissais ce timbre, elle avait souvent résonné au creux de mon oreille. Je sortais hâtivement de la douche et m'essuyais au plus vite, enroulais mes cheveux dans ma serviette et enfilais mon pyjama. En arrivant dans ma chambre, je constatais que ma fenêtre était ouverte, je m'y précipitais et regardais à l'extérieur mais ne vis personne évidemment. Je retournais vers mon lit, m'y allongeais j'en avait raz le bol de me poser ces mêmes questions. Demain, j'allais cuisiner Angela en cours d'anglais, il fallait que j'obtienne des réponse quitte à harceler tout ceux qui m'entouraient.
