Ce matin, lorsque j'ouvrais les yeux, parfaitement reposée, j'étais plus que déterminée à obtenir les réponses dont j'avais besoin. Je me levais et regardais par la fenêtre. La voiture de Charlie n'était déjà plus là, cela ne m'étonnais pas mais j'aurais voulu commencer mon investigation avec celui dont j'étais le plus à même d'obtenir des réponses. Je me préparais au plus vite et descendais à la cuisine afin de prendre un petit déjeuner rapide. Je me servais un bol de céréale et commençais à l'engloutir lorsque l'on frappa à ma porte. Je posais mon bol et me dirigeais vers la porte d'entrée, l'ouvrais et restais bouche bée là, en face de moi, se tenait mon ami avec un large sourire et des yeux cernés.
- Jacob ?...
- Salut Bella !
- Qu'est-ce que tu fais là ? Lui demandais-je, non sans exagérer mon mécontentement.
Après tout, la dernière foi que je l'avais vu, il m'avait pratiquement bousculée en m'abandonnant sous une pluie naissante en marmonnant je ne sais quoi. Je m'étais ouverte à lui et lui m'avait planté là, une fois de plus.
- Je suis venu te chercher !
- Quoi ?!
- Je me suis dit que ça serait une bonne idée.
- Et bien tu t'es trompé. Dis-je en grimaçant.
Je m'apprêtais à refermer la porte lorsque celle-ci butta contre quelque chose, je baissais les yeux et vis que son pied bloquait la porte.
- Jacob...
- Il faut qu'on parle.
Je le laissais entrer et allais me rasseoir dans la cuisine afin de finir mes céréales, Jacob s'installait en face de moi, me fixant du regard. Je ne voulais pas parler, j'étais bien trop en colère contre lui. De tous mes amis de Forks, c'était le seul en qui j'avais vraiment confiance et je me sentais blessée par sa fuite. Je finissais mon bol, il me fixait l'air sérieux mais ne parlait pas. Je me levais et allais à l'évier afin de laver mon bol, pour que tout reste propre. Il n'avait pas l'air de vouloir parler, je soupirais, exaspérée. Je me saisit de mon sac et de mes clés, il se leva aussitôt et m'emboîta le pas je claquais la porte derrière moi et me dirigeais vers mon pick-up. Je n'eus pas le loisir d'ouvrir la porte, qu'il s'emparait déjà des mes clés.
- J't'emmène !
Ce n'était pas une question, je le savais, tout en soupirant je me dirigeais vers sa Golf et m'installais coté passager un sourire s'étirait sur ses lèvres. Ce que je pouvais aimer ce sourire, une telle chaleur s'en dégageait. Une musique assez criarde retentit au moment ou Jacob mettait le contact, je me bouchais les oreilles.
- Désolé. Me dit-il tout en baissant le volume pour ne laisser la musique qu'en sourdine.
- C'est quoi ce bruit ? Dis-je en désignant le poste de radio.
- Ça ? C'est Embry, il voulait me faire écouter un nouveau groupe. Je suis pas vraiment fan à vrai dire.
- Hum...
Je retournais dans mon silence, la voiture démarrait et s'engageait sur la route, je ne sais pas s'il le faisait exprès mais je trouvait qu'il roulait lentement, la chaussée était certes humide mais je l'avais connu plus téméraire. Je ma raclais la gorge pour la énième fois.
- Écoute Bella... je suis désolé. Tu vas me répliquer que c'est la seule chose que je sache te dire en ce moment mais je ne le pense vraiment.
- Vraiment ?!
- Oui, quoi que tu en penses.
- Tu veux vraiment savoir ce que j'en pense ?!
Ce n'était pas une question et je ne lui laissais pas le loisir de répondre. J'étais déjà trop en colère et je sentais les larmes me piquer les yeux.
- J'en ai raz le bol de tes sautes d'humeur. Un moment tout va bien et deux minute après tout part en vrille. Je ne sais pas si tu as toujours été comme ça et si je le supportais auparavant mais là c'est trop pour moi !
- Je m'excu...
- Oui, je sais, tu t'excuses. Comme d'habitude. Mais c'est quoi ton problème Jacob ? Je croyais que je pouvais compter sur toi, que tu étais mon ami.
- Et c'est le cas. Ce n'est pas facile pour toi et j'en suis parfaitement conscient, je fais ce que je peux pour t'aider, mais je traverse ce qu'on pourrait appeler une crise d'ado même si c'est pas vraiment ça. Je fais des efforts pour me contenir et t'épauler au maximum, je te promets. À l'avenir je ne partirais plus comme un voleur, je te le jure...
Je ne répondais pas, je fulminais mais sentant la chaleur de sa main se poser sur mon bras je m'apaisais aussitôt, je glissais un regard vers lui, je croisais son regard aussi profond que la nuit mais aussi brûlant que les braises. Je plongeais mon regard dans le sien et réalisais soudain qu'il ne daignait pas regarder la route, prise de panique je lui hurlais dessus.
- Jacob ! Regarde la route ! On va avoir un accident.
Il ne faisait plus jour mais nuit noire, la voiture filait à une allure ahurissante, je distinguais à peine les arbres qui bordaient la route, on aurait plutôt crut à un mur recouvert de mousse. L'habitacle n'était plus le même, il était plus confortable, les sièges étaient recouvert de cuir et il y faisait agréablement chaud, presque un peu trop. Je me tournais vers Jacob mais ce n'était plus lui qui tenait le volant à sa place était assis une jeune homme plutôt pâle à l'air très sérieux, le visage fermé, on aurait pu penser qu'il était en colère. Je voulais parler mais ne sachant quoi dire je me résignais et contemplais cet adonis qui n'était qu'à quelques centimètre de moi.
« - Dis-moi quelque chose, empêche moi de retourner là-bas... »
Était-ce à moi qu'il s'adressait ? Sa voix, si rauque et enivrante, me glaça le sang. Je ne savais quoi lui dire l'empêcher de retourner où ? J'allais parler, lui demander qui il était, ce que je faisait dans sa voiture. Il se tourna vers moi et ses yeux d'un onyx froid me transpercèrent tels deux lames chauffées à blanc.
« Bella ! Bella ! Ouvre les yeux... » Me criait-il.
J'ouvrais les yeux et me retrouvais de nouveau dans la voiture de Jacob, l'air frais venait me caresser le visage, Jacob se tenait à ma droite, et me tenait pas les épaules.
- Ça va ?
- Oui... qu'est-ce... qu'est-ce qui s'est passé ?
- Ben tu m'as hurlé dessus de regarder la route et l'instant d'après tu t'es évanouie ? T'es sûre que ça va ?
- Oui, je vais bien. J'ai dû avoir une trouille bleue pour tomber dans les pommes.
- C'est clair ! J'te ramènes chez toi.
- Non ! Je vais bien, emmènes moi au lycée.
- T'es sûre ?
Je lui lançais un regard qui lui signifiait que ça allait et qu'il pouvait repartir. Je ne lui dis rien de mon rêve, si s'en était un. Je ne voulais pas le mettre en colère alors que nous venions de nous réconcilier. J'avais en effet remarqué que dès que je parlais à Jacob de mes flashs, il se mettait aussitôt sur la défensive et devenait aussitôt irritable. Nous fîmes le reste du trajet dans le silence mais il n'était pas gênant, juste apaisant. Ce qui me laissa tout le loisir de songer à mon rêve. Même si ce garçon avait l'air furieux, il n'avait pas l'air de l'être après moi. Mais ce regard, ses yeux d'un noir tellement profond et froid et en même temps j'avais eu la sensation qu'il me couvait du regard. J'étais perdue dans mes pensées lorsque Jacob tournait dans l'allée du lycée. En observant le parking, je constatait qu'il n'y avait plus beaucoup d'élève, ils étaient quasiment tous rentré. Une berline noire au milieu de celui-ci attira mon attention, une Mercedes.
Jacob ralentit et me déposa juste en bas des marches qui menait au bâtiment principal. Je me saisis de mon sac et ouvrait la portière, je fis un signe à mon chauffeur pour lui signifier ma gratitude de m'avoir emmené et claquais la portière. La hache de guerre était bel et bien enterrée.
- A ce soir ! Me cria mon ami.
Je me retournais et l'interrogeais du regard.
- Si ce n'est pas moi qui viens te chercher ce soir, tu compte rentrer comment ?
Je n'y avait effectivement pas penser.
- A ce soir !
Je me dépêchais d'intégrer la classe, j'avais science en première heure, ce qui ne m'arrangeait guère car juste après j'avais anglais et j'allais devoir courir dans les couloirs afin de pouvoir m'asseoir avant Jessica à cotés d'Angela. Le cour de science me paraissait bien long, Mike avait insister pour se mettre avec moi, prétextant un exercice en binôme qu'il ne pouvait évidement pas me laisser faire toute seule, au détriment du pauvre Tyler. Monsieur Molina nous laissa seul dans la salle, j'avais déjà fini de remplir ma feuille ainsi que celle de Mike, celui-ci profitait de la situation pour meubler le silence qui c'était installé entre nous, je ne voulais pas paraître impolie mais je ne l'écoutais que d'une oreille, quelque chose me chiffonnait. J'eus, tout le long du cours, la sensation qu'il n'était pas à sa place, qu'il n'aurait jamais dut s'asseoir ici, près de moi. Une émotion étrange m'envahissait chaque fois que je tournait la tête dans la direction de Mike.. J'étais tellement concentrée sur ce détail que je n'entendis pas la cloche sonner, Mike me secouait gentiment lorsque je sortais de ma torpeur. Et zut ! Jamais je n'arriverais en salle d'anglais avant Jessica maintenant, j'en étais sûre. Je me mis à courir comme une dératée malgré tout, ne faisant pas attention aux gens que je bousculais dans les couloirs, je franchis la porte du bâtiment et longeais le bloc. Alors que je m'apprêtais à franchir le seuil de l'édifice, j'aperçus au loin deux silhouettes familières, un grand blond et une petite brune. Je m'arrêtais net Éric, qui ne m'avait pas vu, me bouscula et provoqua un ralentissement dans le couloir. Le monde se massait dans celui-ci, je tentais de retrouver mes silhouettes fantomatique à travers les nombreuses têtes mais je ne les voyais plus.
- Hé Bella ! Ça va, je t'ai pas fait mal ?
- Hein ?! Oh ! Non, ça va. Désolé...
- Pas de problème, c'est moi qui ne regardait pas où j'allais. On y va !
Avant même d'avoir eu le temps de répondre, il m'empoignait le bras et me tirait vers le prochain cours. En entrant dans la salle d'anglais je constatait que Jessica était déjà assise aux cotés d'Angela, je maudissais mon esprit fantasque d'avoir imaginé la présence de ces deux là. Tout logiquement, Éric s'assit derrière la table d'Angela et Jessica et m'indiquait la place à ses cotés. Je traînais les pieds en direction du fond de la classe. Le cours passa rapidement, malheureusement je n'aurais plus l'occasion de me retrouver seule avec Angela nous n'avions plus qu'un seul cours ensemble en fin de journée et ce n'était pas mon préféré. Je passais le reste de la matinée à rêvasser, ne me concentrant qu'à moitié sur ce que disaient les professeurs. En littérature, on finissait d'étudier « Roméo et Juliette », je détestais cette pièce, je ne savait pas pourquoi mais je ne pouvais pas la voir, vivement qu'on en finisse.
À l'heure du déjeuner, alors que je faisais la queue, l'effervescence s'empara de la foule. Je remarquais qu'Angela et Jessica trépignaient en rejoignant la table où les garçons étaient déjà installés, ceux-ci paraissaient mécontent. Je les rejoignais Mike marmonnait à l'oreille de Tyler qui lui répondait sur le même ton.
- Qu'est-ce qui se passe ? Demandais-je en tirant une chaise.
- T'as pas vu ?! Me demandait Jessica en me toisant.
- Non. Quoi ? Dis-je en regardant Angela qui me couvait d'un regard rempli de compassion, trop à mon goût.
- Ils sont de retour... me souffla t-elle en me désignant une table dans un coin de la cafétéria.
Je me tournais légèrement afin d'avoir une meilleur vu sur la fameuse table, à ce moment je me figeais en apercevant le petit lutin en compagnie de son fantomatique compagnon blond je manquais de m'étouffer en les voyant. Je voulais aller la rejoindre mais l'angoisse de me retrouver de nouveau face à son compagnon me figeait sur place. Alice se levait et il lui emboîta le pas, elle me faisait un signe de la main en sortant. J'eus à peine le temps de me lever qu'ils avaient déjà disparu.
- Bella ? Bella ? Ils sont de retour ? M'interrogeait Jessica d'un air dédaigneux.
- Hein ? Quoi ?
- Est-ce que les Cullen sont de retour ? Articula-t-elle exagérément.
- Les Cullen tu dis ?Je... heu...je ne... sais pas.
- Jessica ! l'interpella Angela
- Ben quoi ?!
Qu'est-ce que je pouvais répondre, je ne les connaissais pas ou si peu. Les Cullen, c' était donc eux dont Paul avait parlé. J'avais perdu l'appétit, je me contentais juste d'un jus de pomme et allais poser mon plateau. Il ne me restais pas assez de temps pour leur courir après, je décidais donc de gagner ma prochaine salle de cours. Plus que trois heure et je retrouverais Jacob, ça me changera les idées.
Finalement les heures filèrent plus rapidement que je l'avais espéré, même la gym me paru facile. Après avoir pris ma douche, je récupérais mes affaires et sortais du gymnase, une légère pluie commençait à tomber, je cherchais Jacob du regard sa voiture était garée mais elle était vide.
- Tiens ! Faut croire que ton ange gardien est en train de mettre les points sur les i avec tes amis !
Jessica se tenait juste derrière moi et me désignait un coin du parking. Jacob y était et se dressait devant Alice, elle paraissait si petite face à lui, Jasper se tenait juste derrière elle le regard rivé sur Jacob. Je me dirigeait vers eux, en me rapprochant je constatais que tout le corps de Jacob tremblait comme s'il était transit de froid, Alice, elle ne bougeait pas d'un pouce, une expression pleine de détermination.
- Je vous avais pourtant dit de repartir... vous n'avez plus rien à faire ici.
- Je ne crois pas... nous resterons le temps que nous voudrons ! Ah Bella !
- Bella, va dans ma voiture. Son ton était autoritaire.
- Pardon ? Depuis quand tu me donnes des ordres ?
- S'il te plaît, ne commence pas à discuter, je finis de régler ça et je te rejoins.
- Bella rentrera avec nous. En plus je ne crois pas que tu sois en position de discuter. Rentre dans la voiture Bella.
Malgré sa voix angélique, je me sentais offusquée qu'elle aussi s'adresse à moi comme si je n'avais pas mon mot à dire. Qu'est-ce qu'ils avaient tous à agir comme si j'étais invisible. Je sentais les larmes, éternelles traîtresses, me piquer les yeux, je serais les poings, furieuse.
- Vous savez quoi ! Je ne sais pas ce qu'il y a entre vous et la tout de suite je ne veux pas le savoir mais je ne rentrerais avec aucun d'entre vous.
Je leur tournais le dos et me dirigeais vers la voiture d'Angela presque en courant, une main puissante et chaude m'attrapa le bras. Je me retournais et mon regard se planta dans celui de Jacob, son regard incandescent et suppliant me transperça le cœur.
- Attends. Laisse moi te raccompagner.
- Lâche moi Jacob...
Je voulais mon ton dur et froid mais au lieu de ça il se fit plaintif et suppliant. Il relâcha sa prise, derrière lui, je voyais Alice et Jasper regagner leur voiture et démarrer. À son tour, Jacob regagnait son véhicule et quittait le parking non sans un dernier regard et un crissement de pneu.
La pluie s'intensifiait et je rejoignait la voiture d'Angela mais en levant les yeux, je constatais qu'elle était déjà partie. Jessica était encore à traîner avec Mike et Tyler mais plutôt rentrer à pieds que demander à l'un d'entre eux de me déposer chez moi Jessica refuserait probablement pour je ne sais quelle raison et Mike et Tyler s'imagineraient tout un tas de choses.
Je sortais du parking et commençais à longer la route en direction de la maison, la pluie devenait encore plus forte, à ce rythme j'allais arriver trempée jusqu'au os à la maison, j'accélérais la cadence. Le ciel s'obscurcissait, un éclair zébra le ciel suivi juste après d'un bruit de tonnerre assourdissant, malgré moi je sursautais c'était d'un ridicule, ce n'était pas la première fois que l'orage tonnait pourtant. Tout en marchant je scrutais l'orée des bois et aperçue une flamme orange danser au cœur de la forêt et se rapprocher rapidement et stopper net. À ce même moment, une voiture manqua de me renverser, elle me frôla à vive allure. Je ne l'avais jamais vu auparavant, un magnifique berline argent, une Volvo. Je me retournais vers les bois et la flamme avait disparue. Je rentrais au plus vite à la maison, franchissant la porte, je manquais de percuter de plein fouet Charlie qui lui s'apprêtait à sortir.
- Bella ? T'es toute trempée, pourquoi n'as tu pas pris ta voiture ?
- Hum... Jacob est venu me chercher ce matin et on s'est disputé alors...
- Hala la... vous deux. Bon j'y vais ! Ne m'attends pas pour manger.
- Tu vas où ?
- Chez Billy.
- Je sais pas pourquoi j'ai posé la question.
- Ça va aller ?
- Oui, vas-y !
- Bonne soirée !
Charlie enfila sa veste et sortit de la maison, je montais les escaliers quatre à quatre pour rejoindre ma chambre, je jetais mon sac sur mon lit et allais ouvrir ma fenêtre, maintenant il pleuvait averse et je faillis ne pas voir Jacob se garer en bas de chez moi. Je redescendais lui ouvrir, bizarrement je n'arrivais pas à lui en vouloir encore pour la scène de tout à l'heure. Lorsque j'ouvris la porte, il se tenait planté là, les cheveux détrempés, son sourire si parfait et étincelant, son t-shirt mouillé plaqué sur son torse musclé, son regard brillant emplit de malice, ne pouvant résister plus longtemps, je lui ouvrais grand la porte afin de l'inviter à entrer.
- Tu m'invites ?
- Comme si tu en avais besoin, y'a que les vampires qui ont besoin d'une invitation !
- Quoi ? Il s'était brusquement retourné et me tenait par les bras, son regard de nouveau noir et froid.
- Aie Jacob ! Tu me fais mal.
- Qu'est-ce que tu as dis ?
-Mais rien, qu'il n'y avait que les vampires qui avaient besoin d'une invitation, tu regardes pas la télé, c'est ce qu'ils disent dans Buffy contre les Vampires.
-Ooh...
Il relâcha son emprise aussitôt et se dirigea vers le divan soudain plus détendu. Il s'affala quasiment dans celui-ci.
- Quelle mouche te piques Jacob ?
- Rien... c'est juste que...
- Quoi ? Tu crois vraiment à ces bêtises, les vampires et tout le reste... ça m'étonne de toi.
- Ben... tu sais... dit-il en me souriant et en levant les épaules.
Je lui balançais un coussin en pleine face, il n'eut aucun mal à l'éviter. Je décrochais le téléphone pour commander une pizza.
- Une méga géante avec supplément pepperoni et sans poivron s'il te plaît. Me criait Jacob.
Je passais la commande et allais chercher du soda dans la cuisine, revenais avec deux verres en mains.
- Bon, en attendant la pizza, j'ai une ou deux questions à te poser.
- Oulà... j'aime pas ça.
- T'inquiète, on va commencer facile.
- Ok
- T'as débarqué parce que t'as vu mon père chez toi ?
- Yep !
- Et tu t'es dis que j'avais besoin de compagnie ?
- Exact !
- Plus compliqué maintenant, c'était quoi le cinéma que t'as fait devant le bahut ce soir ?
Le visage de Jacob se métamorphosa de nouveau, je sentais qu'il se refermait sur lui. Il serrait les poings.
- Écoutes Bella, pour une raison que je ne peux pas t'expliquer, il vaut mieux pour toi de pas approcher de ces deux là.
- Tu sais quoi Jacob, j'en ai raz le bol qu'on me réponde ça tout le temps alors maintenant tu vas me dire ce que je veux savoir sinon c'est plus la peine de revenir.
- D'accord, mais promet moi de m'écouter jusque la fin.
Je hochais la tête pour lui indiquer que c'était d'accord du moment que j'apprenais enfin certaines choses je pouvais bien me taire quelques instants. Jacob m'appris qu'effectivement Alice ne m'avait pas menti lorsqu'elle m'avait dit qu'ils avaient habité ici elle et sa famille. Visiblement, il ne les portait pas dans son cœur et d'après ses dires c'était à peu près les cas de tous à Forks. Il m'expliqua que le père d'Alice avait eu une meilleure proposition ailleurs et que c'est pour cette raison qu'ils sont partis. Il m'indiqua aussi que je les aurais un peu fréquenté mais que je m'était rendu compte qu'il n'étaient pas fréquentable et donc j'aurais coupé les ponts, ce que j'avais du mal à avaler, cette fille me paraissait tellement gentille, comment se pouvait-il qu'elle ne soit pas de bonne compagnie. Je ne disais rien pour le moment, j'avais trop de questions et Jacob était dans de bonnes conditions pour me répondre.
- C'est bizarre quand même ! Ils sont si jeunes et ont l'air d'avoir les moyens. Que fais leur père ? Et leur maison ! Wahou !
- Bella, tu es allé chez eux ?
- Oui, je suis tomber sur l'allée qui mène chez eux par hasard.
- Promets-moi de ne plus y retourner s'il te plaît. On ne sait pas ce qu'ils pourraient te faire.
- Arrête Jacob ! Et en plus je ne suis pas sûre de pouvoir retrouver le chemin alors pas de panique.
- Tant mieux... Tiens la pizza est là !
Au même moment on frappait à la porte, le livreur avait fait vite, tant mieux je mourrais de faim. Nous nous installâmes dans la cuisine, Jacob enfourna une énorme part de pizza dans sa bouche, j'en profitais pour lui poser une autre question.
- Sam, c'est qui pour toi ? Un genre de chef ? J'ai remarqué que vous tourniez tous autour de lui comme des toutous.
Jacob manqua de s'étouffer et ses yeux étaient exorbités. Il voulait me répondre mais je ne comprenais rien de ce qu'il disait.
- Avale... après tu pourras t'exprimer.
Il avala difficilement sa bouchée et bu une gorgée de soda pour faire descendre le tout.
- Qu'est-ce que tu racontes ! On est pas les toutous de Sam. C'est juste que c'est notre aîné et...c'est tout.
- Si c'est le cas, alors pourquoi est-ce que tu réagis comme ça ?
- Comme quoi ? Je vois pas de quoi tu parles. Écoutes, nous sommes respectueux des nos aînés et Sam en fait partit, point à la ligne.
- Ok...
- C'est terminé.
- Oh non ! Loin de là ! Pourquoi m'avoir dit que tu ne les connaissais pas ?
Il me regarda d'un air interrogateur.
- Les Cullen ! C'est comme ça qu'ils s'appellent non ?
- Oh ! ça... je ne pensais pas qu'il reviendraient alors comme tu ne t'en souvenais plus, j'ai pas trouvé utile de te parler d'eux.
- Tu m'as quand même menti. Tu as de la chance d'être séduisant sinon je crois que...
Je plaquais mes mains sur ma bouche, j'en avais trop dit c'était le problème avec Jacob, j'avais toujours tendance à en dire trop. Il me fixait, les yeux ahuris.
Avant que je n'ai eu le temps de dire quoi que se soit, les lèvres de Jacob s'écrasaient sur les miennes. Une chaleur électrisante me traversa tout le corps. Malgré la brutalité du geste, le baiser était étonnamment doux, ses lèvres se moulaient parfaitement aux miennes et la chaleur qui irradiait d'elles me parcourut l'échine. Ses mains vinrent envelopper mon visage qui, s'il ne l'était pas déjà, aurait viré au rouge écarlate tant elles étaient brûlantes. Jacob pressait ses lèvres un peu plus et d'une main me saisit la taille et me rapprocha de son torse, j'étais au bord de la suffocation tant j'avais chaud mais en même temps je n'avais pas envie d'interrompre ce moment. Finalement, c'est lui qui interrompit notre baiser, il posa un ultime baiser léger, on aurait dit un papillon sur mes lèvres et son regard me transperça, je savais quoi dire, je restais coite.
- J'attends ce moment depuis tellement longtemps. Si tu savais…
Je ne pipais mot tant j'étais encore électrisée par cet instant qui n'appartenait qu'à nous. J'aurais voulu parler, lui dire que moi aussi j'avais aimé, que j'avais envie qu'il recommence mais pour je ne sais qu'elles raison les mots ne franchissaient pas le seuil de mes lèvres.
- Bella ? ça va ? T'as l'air bizarre.
Je n'arrivais toujours pas à parler, voyant que l'inquiétude gagnait Jacob, je me décidais et me penchais vers lui et posais un nouveau baiser sur ses lèvres. Il ne lui en fallait pas plus, il me rendit mon baiser non sans la même fougue que tout à l'heure. Je sentais que mon corps flottait, ce n'est que lorsque Jacob libéra mes lèvres que je rendais compte que nous étions dans ma chambre il me posa délicatement sur mon lit et s'installa à mes côtés. Il recommençait à m'embrasser tout en faisant parcourir ses mains le long de mon dos et se glisser sous mon chemisier. Sa main chaude se posa sur le creux de mes reins, je sentais son pouce faire des petits cercles sur ma peau. Nos baisers se faisaient de plus en plus intenses, la suite des événements était évidente. Jacob commençait à défaire un à un les boutons de mon chemisier tout en embrassant tendrement sur chaque partie de mon visage.
« Et le lion s'est éprit de l'agneau… » encore cette voix, je sursautais légèrement et poussais légèrement Jacob.
- Attends…
- Quoi ?
- Il ne faut pas…
- Pourquoi ?
- C'est trop tôt, je ne veux pas précipiter les choses. Tu comprends ?
- Oui, je crois que tu as raison même si, je le reconnais, j'aurais aimé que tu ne fasses pas preuve de bon sens pour une fois.
Je lui souriais, il posa un doux baiser sur mes lèvres et se redressa. Il était assis sur le bord du lit, je me rapprochais de lui, l'enlaçais et posais mon menton dans le creux de son cou.
- Tu m'en veux ?
- Bien sûr que non Bella. Mais là, j'essaie de me calmer et de remettre mes idées en place alors si tu pouvais arrêter de me souffler dans le cou, ça m'arrangerais.
J'éclatais d'un rire tonitruant et m'affalait sur mon lit, laissant Jacob à ses idées. Dix minutes plus tard, il se levait et me regardait de son regard qui ferait fondre un iceberg.
- On devrait redescendre, rester ici ne m'aide pas à me calmer. Y'a trop de toi.
Il me tendit la main, j'y glissais la mienne et sans difficulté aucune il me souleva et me porta jusque dans le salon.
- Tu sais que j'ai des jambes ?!
Je sais mais tu es tellement maladroite que tu risquerais de trébucher et c'est tellement agréable de te sentir contre moi.
Je ne pipais mot, il me posa dans le vieux fauteuil de Charlie et se rendit dans la cuisine, il en revint avec les reste de pizza. Il m'en proposa un morceau mais je déclinais l'offre.
- Voilà, ce qu'il te faut ! Bisous et Pizza !
- Non, il me faut bien plus que ça mais je n'y ai pas droit pour l'instant
- Jake !
Je lui lançais un des coussins poussiéreux du canapé, il l'évita et le coussin atterrit sur la lampe de salon qui se fracassa par terre.
- Bravo ! T'as gagné !
- Je n'ai rein fait, c'est toi qui as lancé le coussin.
Je me levais et allais chercher le balai et la pelle, lorsque je revenais la porte d'entrée s'ouvrit et Charlie apparut. Il posa son arme et sa veste sur le porte manteau et me questionna du regard en fixant mes mains.
- C'est de la faute Jacob !
- Je n'ai strictement rien fait !
Charlie tourna la tête et ne sembla pas étonné de trouver Jacob assis dans notre salon. Il avançait vers celui-ci et constatait les dégâts.
- Bella...
- Quoi ?
- J'y tenais à cette lampe.
- C'est de sa faute !
Je pointais furieusement le doigt en direction de Jacob, il levait les mains en l'air et Charlie inclinait la tête pour lui signifier qu'il n'était pas dupe.
- Je vais y aller !
- Je te raccompagne, je nettoierais après.
- Bonsoir Charlie !
- Salut fils.
Charlie s'affalait dans le canapé tout en saluant Jacob de la main sans même tourner la tête. Je suivais Jacob jusque sa voiture. Il se tourna et me saisit par les hanches, il se pencha et posa un baiser sur mes lèvres.
- Bonne nuit...
- Bonne nuit.
- Je passe te prendre demain matin pour le lycée.
- Ok
Il grimpait dans sa voiture pendant que je reculais de quelques pas il démarra et la voiture s'éloigna. Je rentrais et grimpais les escaliers.
- Bonne soirée ?
Je sentais le sous-entendu dans sa phrase, Charlie était très intuitif et je savais qu'il avait compris.
- Bonne nuit Charlie.
Je savais qu'il enragerait mais il l'avait bien cherché je fermais la porte de ma chambre et ne ressentit pas le besoin d'ouvrir ma fenêtre. Je me changeais et me couchais, un sourire accroché à mes lèvres.
