Chapitre 1 : Meeting Torchwood

Je me relevai doucement, non sans mal. Une des poutres m'était tombé dessus et je pouvais déjà sentir l'échymose naissant sous mon T-Shirt. J'étais désorientée, ma tête me tournai, mais surtout, je remarquai très rapidement le sang sur mes mains. Un bruit suraïgu me vrillait les oreilles et je me mis à en chercher la source. Je la localisai rapidement. La colonne de verre était éventrée, laissant échapper un long filet blanc. Du gaz. Je me mis à tousser, c'était toxique visiblement, mes deux cœurs se serraient sous le manque d'oxygène. Mais ce n'était pas ce qui m'inquiétait le plus. Il n'y avait pas un bruit.

Moi : Docteur ? Lyria ?! Il y a quelqu'un ?

Lyria : Oriane ! Sors de là, on est dehors !

Je me dégageai de la poutre et escaladai les débris, pour gagner la sortie. Le gaz commençait sérieusement à me gêner et je craignais de retomber dans l'inconscience sous peu. Deux bras me saisirent soudain et je me retrouvai sous un soleil terrien éblouissant, en opposition parfaite avec les ténèbres du Tardis. Eblouie, je ne réagis même pas lorsqu'un masque à gaz se posa sur mon nez, tandis qu'une autre main tripotait mon front. Un homme au long manteau bleu, style militaire du XXème siècle, referma les portes de la cabine téléphonique. Sa démarhe, son manteau, tout chez lui me semblait familier. J'écarquillai les yeux en réalisant.

Léo : Tu es blessée ?

Je l'ignorai totalement, absorbée dans le regard bleu horizo du Capitaine Jack Harkness, le seul et l'unique, le leader de Torchwood Trois. Je retirai le masque, jugeant que j'allais très bien en fin de compte et me remis sur mes jambes.

Moi : C'est… C'est…

Cécile : Le Captain Jack, oui.

Moi : Mais c'est Jack quoi ! LE Jack !

Jack : … Enchanté.

Léo : Pourquoi il faut toujours que les hommes que l'on rencontre soit sexy ?

Moi : Où est le Docteur ?

Je le cherchai autour de moi, subitement inquiète de ne pas l'avoir entendu ou même vu. Mon regard se posa sur mes mains et le sang qui les recouvraient. Tout cela, ajouté au silence de mes compagnons ne me mettait pas spécialement à l'aise.

Moi : Je ne suis pas blessée… Il est déjà à Torchwood ? Il est blessé ?

Jack : J'aimerai que ce soit le cas… Mais nous sommes arrivés trop tard, il a été kidnappé.

Moi : Pas une minute à perdre alors.

J'étais déjà partie en direction de l'ascenceur magique, caché par un filtre de perception basique, pour humains, Jack et les autres sur les talons. Lyria dévisageait le Capitaine, tandis que la plaque de béton commençait à vibrer.

Lyria : Nous sommes en quelle année ?

Jack : 2007. Le 18 Novembre.

Moi : Okay. Pas de spoilers sur la fin de la saison deux et la suite.

Léo : C'est celle avec les enfants ?

Lyria : … Non, c'est celle avec John Hart. Les enfants c'est la saison d'après.

Léo : Je le savais…

L'ascenceur entama sa descente, dévoilant le grand hub de Torchwood Trois. Myfanwi, le ptérodactye, nous frola, poussant un long cri suraïgu. Jack fut le premier à descendre de la plateforme. Ianto Jones et Gwen Cooper nous surveillaient, suspicieux et inquiets à la fois. Le Capitaine fit rapidement les présentations. Je rougis très fortement lorsque Ianto me fit la bise, m'obligeant mentalement à me dire qu'il était amoureux de Jack.

Gwen : Alors, comme ça, vous voyagez avec le Docteur ? Vous êtes suicidaires pauvres fous.

Moi : Je suis de la même espèce que lui, en fait.

Jack : Vraiment ? Vous êtes une Seigneur du Temps ?

Ianto : Seigneur de quoi ?!

Moi : Je trouve ça pompeux. Gallifréenne ça suffit largement.

Ianto : Vous êtes une alienne ?!

Moi : Yep.

Ianto : Mais… Vous ressemblez à une humaine. En quoi vous êtes différente, en fait ?

Moi : J'ai deux cœurs et mon cerveau est plus développé que vous. Oh, et ma température corporelle est beaucoup plus basse que la votre, ça nous aide à tenir dans le froid.

Jack : Je ne dirais pas à quoi je pense…

Moi : Moi non plus. Et puis pense à ce pauvre Ianto, il serait contre.

Lyria : Arrêtez de flirter, bon sang !

Jack et moi : Je disais juste bonjour !

Nous nous lançèrent un petit sourire de coin. Jack laissa Ianto distribuer les tasses de café. Il méritait bien sa réputation, mais la pause fut de courte durée, nous avions du pain sur la planche.

Jack : Ianto, occupe-toi d'eux, Gwen, appelle Owen et Tosh', fin des vacances. Oriane, avec moi.

Moi : Bien, chef !

Léo : Toujours les Time Lords…

Moi : Ianto va vous dorloter, c'est moi qui devrait être jalouse.

Nous prîmes le chemin du bureau de Jack, passant devant divers armes et artefacts aliens, même des sèche-cheveux, bien que la petite équipe d'humains ne devait pas soupçonner cette utilité. L'immortel me fit entrer dans son bureau et ferma la porte, ne me mettant pas spécialement à l'aise. Il balança négligemment son long manteau sur le canapé, puis me tendit une chaise. Nous nous installèrent devant l'ordinateur.

Jack : Vous avez dû être sacrément secoués vu la violence de « l'atterissage ».

Je fis une grimace en effleurant le bleu qui recouvrait désormais une grosse partie de ma poitrine. C'était une chance que je n'ai rien eu de casser.

Moi : Il y a eu une défaillance du système, le temps que l'on réagisse, il était déjà trop tard. J'ai essayé de stabiliser le vaisseau mais… mais…

Sur l'écran d'ordinateur, nous pouvions clairement voir le Docteur, rampant hors de sa boîte, une longue traînée de sang à sa suite. Il tira une grimace en portant la main à son ventre, il semblait grièvement blessé. Le sang sur mes mains… Mes cœurs se serrèrent tandis qu'il luttait contre la douleur et la perte de sang. Soudain, deux hommes en robe rouge apparurent de nulle part, visiblement par téléportation. Ils donnèrent quelques coups dans le visage et la poitrine du Docteur, ne s'arrêtant que lorsqu'il eut perdu connaissance. Ils lui saisirent chacun un bras et disparurent, téléportés de nouveau, emmenant mon père Dieu seul sait où. Je tremblais sur ma chaise, les doigts crispés sur le bureau. Ma voix se mit à trembler.

Moi : Leur… Leur robe… Tu peux zoomer ?

Jack s'executa. Je tressaillis en découvrant ce que je redoutais. Des motifs gallifréens se dessinait sur les brodures des vêtements. C'était impossible.

Moi : Il… Il faut les localiser ! Ce sont des Seigneurs du Temps !

Jack : J'ai déjà tenté de le faire, ils sont introuvables. Je n'avais que mon manipulateur de vortex à disposition, mais peut-être qu'avec le Tardis on aura une meilleure chance, non ?

Moi : Sexy est certainement en reconstruction, on pourra pas rentrer à l'intérieur. Mais… S'il y a des Seigneurs du Temps, ça signifie qu'ils viennent de Gallifrey, et si c'est le cas et qu'ils peuvent sortir à leur guise, nous sommes vraiment dans la panade.

J'ouvris la porte du bureau, dévoilant Léo, Clara et Cécile, entassés les uns sur les autres dans un mélange de corps complexe. Seule Lyria attendait en bas, avec Ianto et Gwen, exaspérés. Je levai les yeux en l'air et me fraya un passage, rejoignant ma meilleure amie, Jack sur les talons.

Lyria : On part quand ?

Moi : Quand on aura notre équipe de sauvetage.

Lyria : Torchwood ?

Moi : Non, ce serait trop simple, on va aller chercher un autre Docteur, j'ai besoin du Tardis.

Lyria : Et où est-ce que tu vas le trouver ?

Je lui souris et agita mon téléphone devant elle. Je le reliai en quelques minutes à la tour Torchwood et tapa un « Bad Wolf » que j'envoyai à travers l'univers. C'était une mauvaise idée, ça pourrait attirer des aliens, mais j'avais vraiment besoin du Docteur. Une heure plus tard, un bruit de souffleur de feuilles rouillées retentit dans le hub tandis que les contours d'une grosse boîte bleue apparaissait lentement.