Chapitre 3 : Gallifrey
La porte du Tardis s'ouvrit lentement sur un ciel brun-orangé, se reflétant imperturbablement sur le sommet d'une immense montage enneigée. Le paysage était à couper le souffle. Nous étions au beau milieu d'un désert de sable rouge sang, couvert ici et là de bruns d'herbe grisâtres.
Rose : C'est vraiment magnifique.
Clara : C'est bizarre, ça ne ressemble pas du tout à la description du Docteur.
Notre Seigneur du Temps, quant à lui, se contentait d'observer l'horizon, étrangement silencieux. Il cherchait sans doute à se repérer dans cette immensité désertique. Léo fronça soudain les sourcils.
Léo : Où est la Citadelle ?
Moi : Tu vas râler.
Léo : Dis toujours.
Moi : Elle est de l'autre côté du Mont Perdition, la grosse montagne là.
Léo : … Je vois.
Je lui donnai une tape amical sur l'épaule. Lyria et Cécile était accroupies dans le sable, analysant sa composition en se le balançant à la figure l'une de l'autre. Je me tournai vers le Docteur, le regard perdu vers l'étendue rouge. Il semblait un peu chamboulé.
Moi : Docteur, ça va ?
Ten : Hum ? Oui ! Oui, ça va. On va devoir y aller à pied. Et il ne faut pas traîner, on est au beau milieu de la zone zéro.
Jack : Qu'est ce que c'est ?
Ten : En quelque sorte, c'est une peine de mort. Le Seigneur du Temps est téléporté au milieu du désert, et, généralement, il n'a pas d'autres choix que de mourir. Tué par les prédateurs, par le climat ou encore par un Time Lord qui l'attend s'il réussit à s'en sortir.
Cécile : Charmant… Moi qui croyais que vous étiez plus évolués que les humains…
Ten : Toute planète a ses brebis galeuses… Chez nous c'est Rassilon et son gouvernement. Sans eux, Gallifrey serait bien plus belle et certainement encore dans notre univers aujourd'hui.
Lyria : C'est pour ça que vous êtes parti ?
Le Docteur resta silencieux un petit moment puis secoua la tête.
Ten : Oui et non. Depuis que je suis petit, je rêvais de partir visiter l'univers. Lorsque j'ai raté mon permis Tardis, j'ai décidé que je n'avais pas besoin de personnes pour dicter ma vie et mes gestes. J'ai changé de nom et je me suis enfui. Avec Susan.
Moi : J'aurai certainement fait la même chose si je n'avais pas dû partir de force.
Lyria : Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu ne nous as jamais vraiment dit…
Je soupirai. Je détestais me souvenir de ça. Mais bon, j'avais plus de chance qu'ils ne m'embêtent plus avec ça si je leur racontais tout maintenant.
Moi : C'est assez compliqué. C'était le jour de mon initiation.
Cécile : C'est l'épreuve du vortex, c'est ça ? Le truc qui a rendu fou le Maître.
Moi : Oui, c'est ça. Sauf que ça ne s'est pas réellement bien passé. Personne ne savait que j'étais une descendante d'Oméga. Moi-même y compris. Quand j'ai regardé dans le vortex, Oméga est venu à moi, en me disant de me méfier, et de courir dès que j'aurais relever la tête. Je n'ai pas compris ce qu'il a voulu dire jusqu'à ce que je croise le regard de Rassilon. Ils m'observaient tous, yeux exorbités. Et j'ai là que j'ai remarqué qu'ils détenaient le Docteur, baillonné par leurs mains. Rassilon s'est approché de moi, épée à la main. Mon esprit de descendante a pris le dessus. Je l'ai blessé, je me suis mis à courir, tous les Time Lords à ma suite et j'ai été me planquer dans une grotte. Et ensuite, le Docteur m'a retrouvé, il m'a changé en humaine et la suite vous la connaissez…
Jack : Comment ça se fait que le Docteur soit revenu ? Il ne regarde jamais derrière lui…
Ten : Oï ! C'est pas vrai !
Jack : Si, c'est vrai.
Moi : Je pense que c'était un coup du hasard. Ou mon subconscient l'a appelé à la rescousse dès que j'ai vu que la Terre était en danger. Il ne nous a jamais vraiment dit.
Le Docteur sembla soudain sortir de sa torpeur. Il frappa dans ses mains, tourna sur lui-même puis frappa dans ses mains.
Ten : On a de la chance, nous ne sommes qu'à deux ou trois kilomètres du Mont Perdition. La nuit va bientôt tomber, on doit avancer. Allons-y !
Cela faisait bientôt deux heures que nous marchions. Le soleil avait laissé place à la lune depuis un bon moment. Nous avions atteint la montagne en environ une demi-heure. Le Docteur était en tête de file, nous instaurant un rythme soutenu, que seul Jack parvenait à peu près à suivre. Néanmoins, depuis que nous avions commencé la montée de l'immense montagne, plus rien n'allait. La température dégringola soudainement, un peu trop brutalement pour les humains qui s'étaient mis à tremblotter. Même le Docteur avait été touché, visiblement essouflé d'un seul coup, mais, comme d'habitude, il ne laissai rien paraître. Clara fut la première à nous lâcher, s'effondrant dans la poudreuse comme un gros rocher, inconsciente. Jack fut le premier à réagir en la mettant sur son dos, afin d'éviter qu'elle ne prenne froid.
Ten : Il va falloir accélérer la cadence et trouver un abri pour la nuit.
Moi : Ca se rapproche, je le sens.
Ten : Essayons de ne pas trop y penser.
Lyria : Qu'est ce qui se rapproche ?
Moi : La tempête électrique qui balaie la planète tous les soirs. C'est principalement pour ça que les villes sont sous dômes. Elle dure deux minutes mais tue tout ce qui n'est pas à l'abri. Et bien souvent, même une régénération ne suffit pas pour survivre.
Ten : Barbecue…
Léo : D'accord… Et c'est pour quand ?
Ten : Dans environ deux heures. Il faut vite trouver une caverne.
Nous trottions désormais, essouflés comme jamais par l'altitude. La température atteignait pas loins de moins vingt degrès et, même pour des Seigneurs du Temps habitué au climat rude de la planète, c'était glacial. Jack traînait de la patte, Clara toujours sur le dos, tandis que le dixième était à bien trente mètres devant. Rose se laissa soudain tomber sur un gros rocher, aussi rouge que le désert lointain représenté par une ligne dans l'horizon. Le Docteur revint vers nous en quelques sauts, scannant rapidement sa compagne avec son tournevis.
Ten : Ca va ?
Rose : Arrive pas… à respirer.
Jack : C'est l'altitude, c'est… Rose ?
Moi : Elle vire au cramoisi… Et voilà, trop tard.
Rose venait de s'effondrer dans les bras d'un Docteur complètement paniqué, au bord de la crise d'angoisse même. Léo nous rejoignit, essouflé.
Léo : J'ai trouvé une caverne !
Jack : Enfin ! C'est qu'elle pèse la demoiselle !
Moi : Elle va te le faire regretter, Jack.
Léo : Il y a juste des Time Lords à l'intérieur.
Ten : Tant pis, nous n'avons pas le choix.
Léo aida le Docteur à soulever Rose et tous les deux la portèrent à l'intérieur de la grotte. Les deux Seigneurs du Temps déjà à l'intérieur les installèrent sur des sacs de couchage assez abimés, certainement là depuis quelques mois. Le Docteur leur serra la main, les remerciant de les avoir accueillis. Je gardai un œil sur eux, méfiante. Ca me semblai louche des Seigneurs du Temps au milieu de la montagne, enfin bon.
Ten : Et… Qui êtes vous au fait ?
