Chapitre 6 : Sauver le Docteur

Lyria : J'ai vraiment cru que tu t'étais faite tuée !

Moi : Je vais bien…Même si j'avoue que je comprends pas trop comment c'est possible… Docteur…

Je m'approchai du Seigneur du Temps, recroquevillé sur lui-même, yeux fermés et sourcils froncés. Je m'accroupis près de lui et le retournai sur le dos. Il ouvrit difficilement les yeux, un petit sourire au coin des lèvres. Il était vraiment en sale état le pauvre…

Docteur : Hey.

Moi : Hey.

Ten : Toujours pas roux à ce que je vois. Bah… Il y a encore une chance. Où est Rose ?

Clara : Toujous dans les pommes, dans le fond de la cellule.

Il lui lança un rapide regard avant de s'accroupir près de moi. J'observai la barre de fer. Le Docteur avait bien vu mon regard et c'était mis à secouer énergiquement la tête, pour m'empêcher de le toucher. Le Dixième croisa mon regard, compris ce qu'il devait faire et plaqua ses deux bras au sol. J'attrapai l'objet à deux mains et tira de toutes mes forces dessus, l'éjectant du ventre du Docteur, qui hurlait à s'en décrocher les poumons.

Lyria : Oriane, il perd beaucoup de sang !

Moi : Chut, j'essaye de me concenter. Il faut juste que je me souvienne comment on fait.

Clara : … Tu… brille. C'est normal ?

Ten : Reculez ! Tout le monde recule !

Mes mains brillaient doucement. Je les posai sur le ventre du Docteur, sur la plaie, et la lumière nous recouvrit tous les deux, avant de faiblir et de s'éteindre. Je m'effondrai sur la poitrine de mon père, extenuée et m'évanouis. Je repris conscience quelques heures plus tard, la veste en tweed du Docteur, ou tout du moins ce qu'il en restait, me recouvrant. Lyria me tenait la main, soucieuse et rassurée à la fois.

Lyria : Ca va ?

Moi : 'Me sens bizarre…

Docteur : Tu es complètement folle. Tu as bousillé la moitié de tes régénérations pour me sauver.

Moi : Ca valait le coup, non ?

Docteur : Je sais pas comment tu as réussi à convaincre le Dixième de venir, mais bravo. Par contre, le paradoxe…

Moi : J'avais besoin d'un Tardis.

Ten : Elle a su trouver les bons arguments…

Moi : Ouais, et il est toujours vivant. Traitez-moi de psychopathe si vous voulez, je fais des progrès.

Ten : … Pardon ?

Je me relevai, aidée par Lyria. Les deux Docteurs m'observaient du coin de l'œil, tandis que je retombai sur le sol, essouflée.

Ten : Reste assise quelques minutes, tu as utilisé beaucoup d'énergie, faut le temps que tout remarche.

Moi : Ca fait sacrément longtemps que j'ai pas utilisé le cadeau d'Oméga, c'est surtout ça… La dernière fois ça avait pas fait aussi mal.

Docteur : Tu manques juste d'entraînement. Evite de l'utiliser devant les Seigneurs du Temps, on est toujours en Guerre du Temps de leur point de vue. Ils risquent de t'utiliser.

Moi : Il est bien le temps de le dire…

Je tournai la tête et remarquai soudain une forme sombre, étalée sur le sol. L'esquisse d'un sourire pointa sur mon visage.

Moi : Est-ce que c'est le Maître ?

Ten : Oui… Il est dans un piteux état…

Docteur : Ils l'ont torturé, de ma faute. S'il ne s'était pas interposé au procès, je serai mort à l'heure qu'il est. Comme quoi, les temps changent.

Léo : Il a sauvé votre ancien vous aussi, non ?

Docteur : Spoilers, c'est pour plus tard ça.

Moi : Il en est même pas encore à Doomsday.

Ten : Doomsquoi ?

Moi : Pas pour maintenant.

Je m'approchai du Maître, prudemment. Oui, c'est toujours le Maître après tout et il est toujours aussi imprévisible. Il avait été battu, à la vue des marques de fouets ou de bâtons le long de ses côtes et de son dos. Je sursautai lorsqu'il m'attrapa violement le poignet, le serrant de toutes ses forces. Il ouvrit les yeux et me bondit dessus, plaçant ses deux mains autour de mon cou, appuyant lentement, dans le but évident de me tuer. Pour une première rencontre… Deux paires de bras tentèrent de lui faire lâcher prise, ce qu'il finit par faire, épuisé par son effort. Je me mis à tousser, heureuse de retrouver l'oxygène.

Clara : Ca va Oriane ?

Moi : Ouais. C'est pas de sa faute. Je connais ça.

Jack : Il a quand même tenté de tuer. Qui est-ce qui disait qu'il avait changé ?!

Moi : Jack, c'est bon.

Les deux Docteurs retenaient le Maître au sol. Il se débattait, grognant et hurlant, leur donnant bien du mal. Je n'avais pas dit mon dernier mot. Je fis signe aux deux hommes de le mettre assis et de le lâcher.

Moi : Koscheii, calme-toi, tu n'arranges pas ton cas là. Je ne suis pas ton ennemie.

Maître : … Ca fait longtemps qu'on m'a pas appelé comme ça.

Docteur : Deux jours… T'as été destitué de ton titre je te rappelle.

Maître : Toi aussi. Et pourtant on t'appelles toujours Docteur. C'est qui celle-là ? Encore une de tes humaines ?

Moi : Celle-là c'est la fille du Docteur. Et non je suis pas humaine.

Le Maître me dévisageait, silencieux, ses deux yeux gris visiblement surpris. Il regarda les deux Docteurs.

Maître : … Sérieusement ?

Ten : Quoi ?

Maître : Vous. Aussi coincé que vous êtes, vous avez une fille ?

Moi : Attention à ce que vous dites.

Lyria : Tu parles, tu parles mais tu as vu ta tête ? Tu jubiles pas vrai ?

Moi : Bien sûr que je jubile.

Docteur : … De quoi vous parlez ?

Lyria : Voyons Docteur, entre vous et lui, elle choisit le Maître sans hésiter. C'est son fantasme depuis toujours.

Moi : En même temps, entre psychopathes…

Maître : Votre fille est une psychopathe et rêve de mon corps. Vous êtes sûr que c'est votre fille ?

Docteur : Koscheii !

Lyria : Mais sans rire, comment t'as réussi à soigner le Docteur ?

Je passai une main à mon cou, légèrement violacé. Très bonne question. Je ne le contrôlai pas, c'était plus fort que moi, bien plus fort. Sa question, c'était comme demandait à un singe pourquoi il avait perdu ses poils pour évoluer en humain. J'en avais strictement aucune idée. Mon Docteur posa une main sur mon épaule, me sortant définitivement de mes pensées.

Docteur : Est-ce que ça va ?

Moi : Oui, j'étais juste en train de réfléchir.

Docteur : Bon, il faut te sortir d'ici rapidement.

Moi : Je ne vais pas vous abandonner !

Ten : Il le faut. Ils vont te tuer dans le cas contraire. Nous n'avons pas le choix.