Chapitre 7
Cold creek manor
Cold Creek Manor est un film américain de Mike Figgis, sorti en 2003, avec Kristen Stewart.
En français, Cold creek manor se traduit littéralement par « le manoir du ruisseau froid ».
Bella PDV
C'est presque l'été. Les nuits sont longues et pas trop froides.
Partir a été facile.
Edward était censé dormir sur un matelas par terre dans le chambre de mes frères mais en fait il est venu dans la mienne, pour me parler.
Il était révolté, bien sûr, et en voulait à la terre entière, sauf à moi. Parce que j'ai mon lot de problèmes maternels, sans doute.
Je l'ai écouté un long moment, et puis je ne sais pas comment ni pourquoi, mais l'idée de partir est née dans mon esprit.
Edward y a tout de suite adhéré. Il s'est montré enthousiaste et pressé. Comme je m'y attendais, Jacob et Seth nous ont aidés à rassembler ce qu'il fallait en urgence et à partir.
J'ai pagayé avec détermination et Edward m'a aidé mais je reconnais qu'aujourd'hui j'ai mal aux mains.
Quand on descend la rivière Quileute, il y a, quelques kilomètres après l'endroit où nous mouillons les canoë , mes frères et moi, un repli où il est aisé de mettre pied à terre. L'endroit est assez broussailleux, un peu plus haut, ce qui nous a permis de cacher le canoë.
En remontant quelques centaines de mètres en prenant garde de toujours aller vers la gauche, direction sud/sud-est, on tombe sur les ruines du Cold Creek Manor.
Ce ne sont vraiment que des ruines, : le plus haut des murs m'arrive à la poitrine, mais ce n'est pas grave.
Quand on était enfants on venait souvent jouer là.
Alice adorait jouer à être une châtelaine et Seth se retrouvait toujours à être son mari. Il était le seul à avoir suffisamment bon caractère pour la laisser faire tout ce qu'elle voulait.
Bref, ce lieu a le goût des souvenirs d'enfance.
On a monté la tente à l'abri entre ce qu'il reste du plus haut des murs et un immense séquoia.
La matinée a été occupée, entre le montage de la tente, le repérage des lieux, décider où poser les affaires…
Edward était assez calme, sans doute fatigué.
On a presque pas parlé.
Puis on a mangé. Des chips et du pâté avec du pain déjà trop mou.
Puis on s'est endormis.
Je viens de me réveiller.
Le soleil commence tout juste à descendre dans le ciel et je tord ma tête pour réussir à lire l'heure sur ma montre au poignet d'Edward, qui dort encore profondément.
Il est 16h30. J'ai faim, mais gaspiller toutes les provisions d'un coup n'est pas la meilleure des idées.
Jake et Seth nous amèneront de quoi manger mais je ne sais pas quand.
Quand ils pourront, et au début mon père risque de les avoir à l'œil.
Je rassemble le couteau et les verres dont on s'est servi et je rejoins la rivière pour les laver.
L'eau est fraîche et c'est agréable.
De retour au camp je dépose la vaisselle silencieusement parce qu'Edward dort toujours.
Puis je retire mes baskets et mon jean. Je passe un short en coton bleu et rassemble mes cheveux en queue de cheval. J'ai oublié ma casquette et je chipe celle d'Edward, posée sur son ventre. Il dort comme un bébé, la bouche entrouverte.
Edward a un peu plus de 2 ans de plus que moi et il m'a toujours paru être très mur, vraiment plus âgé. Mais là il me donne surtout envie de le protéger. Il est beau également, mais ça, ce n'est pas nouveau…
Je m'empare de ma canne à pêche et retourne à la rivière avec l'intention de me procurer notre repas du soir.
Je m'installe sur un gros rocher et lance ma canne puis j'attends.
Je réussis à concentrer mes pensées sur mes souvenirs d'enfance, et à éviter mes sujets d'angoisse présents.
Edward me rejoint au bout de 10 minutes. Je retiens mon rire, il a un air encore endormi et ses cheveux sont totalement ébouriffés.
Il mange un carré de chocolat et il m'en tend un .
« La pêche est bonne? »
« Pas encore mais ça va venir, la rivière est pleine de truites »
« Ok, au moins on ne mourra pas de faim! »
Il s'installe sur le rocher d'à côté et lève le visage vers le soleil.
Il en a bien besoin: il est encore plus pâle que moi.
« A ton avis, ils vont dire quoi au Lycée les parents? »
Je lui souris:
« Bah ton père nous fera certainement un certificat, on va avoir attrapé la varicelle ou un truc dans le genre… »
Le visage d'Edward s'assombrit:
« C'est pas mon père ».
