Chapitre 7 : Fuir
Je dévisageai longuement les deux Docteurs. Ils semblaient tous deux résignés à m'évincer de la partie. Mais pas moi. Le Onzième se radoucit devant ma tête. Il croyait que j'allais partir juste parce qu'il me faisait les yeux doux ? Mais bien sûr ! J'allais tous les laisser mourir ici voyons.
Docteur : Il n'y a pas d'autre solutions.
Moi : Si ! Il y en a tout le temps. C'est vous qui me l'avez appris. J'en ai rien à faire de Rassilon et de ses sbires, je pourrais les atomiser à mains nues si je le voulais. S'ils nous tuaient à la naissance, c'était justement parce que les descendants d'Oméga deviennent invincibles une fois adultes. Et je ne suis plus une enfant.
Ten : Peut-être. Mais ils sont quatre milliards, tu es seule.
Moi : Très bien.
Les deux Docteurs se lancèrent un regard inquiet tandis que je m'approchai de la porte. Mes mains se mirent à luir, puis un rayon sorti de mes mains fit voler la porte dans la cellule d'en face, de même que les gardes appuyés dessus.
Moi : Vous fuyez d'abord.
Docteur : C'est du suicide, tu le sais très bien. Va t-en, rejoins le Tardis et retourne à l'abri dans le vortex temporel.
Moi : Il reste six heures avant votre exécution. Il nous a fallu deux jours pour venir. Je ne pourrai pas venir vous chercher. Vous. Passez. Devant.
Lyria : Elle a raison Docteur.
Nous furent interrompus par un éternuement. Le Dixième sourit en voyant Rose enfin réveillée, grelottant dans le long manteau brun de ce dernier. Le Onzième fit un drôle de geste avec sa machoîre, nerveux. D'accord. Ramener Rose, ce n'était peut-être pas une bonne idée en fin de compte.
Rose : J'ai dormi longtemps ? J'ai raté quoi ?
Lyria : Oh, pas grand-chose. On s'est fait kidnappés par des Renégats, qui se sont fait exécutés, puis on a été jetés dans cette cellule pourrie, on a sauvé le Docteur, le Maître a manqué de tuer Oriane et maintenant ils se disputent pour savoir qui va fuir le premier…
Rose : C'est lequel le Docteur, le blond ou… l'autre ?
Clara : L'autre.
Rose : Ah.
Le Docteur prit une moue faussement vexé et se mit à bouder. Le comparer lui, le plus grand Seigneur du Temps de l'univers, à son nemesis. Le Maître lui lança un sourire malsain, jubilant dans son coin. Néanmoins, il retrouva rapidement le sourire lorsque Rose se mit à lui tirer sa mèche.
Rose : Toujours pas roux ?
Docteur : Peut être la prochaine fois, qui sait.
Léo : Non, pas du tout.
Lyria et moi : Léo ! On a dit PAS de spoilers !
Docteur : …
Ten : Hum… MA compagne.
Rose contourna le Onzième et bondit dans les bras de son Docteur. Le regard de cocker du Onzième me fit sourire. Et bam. Un point pour le dixième. Il me lança un regard assassin, sachant parfaitement le fond de ma pensée. Le Dixième était toujours en mode bisounours, continuant à faire tournoyer sa compagne sous le regard exaspéré de Lyria, qui adore énormément Rose, vous n'imaginez pas à quel point. C'est précisément la raison pour laquelle je feignis de ne pas avoir vu le pied du Maître qui fit tomber le Docteur à la renverse. Je détestais le fluffy. Tant mieux pour lui.
Maître : Et si on en revenait à notre fuite ?
Jack : On a pas besoin de votre avis.
Maître : Regardez ça, l'immortel m'en veut encore.
Jack : Vous avez tué toute mon équipe et avez baladé leurs cadavres sous mon nez. Comment ne pas vous en vouloir ?
Maître : Dans une année qui n'a jamais existé. Et en plus je suis mort, c'est déjà une vengeance.
Moi : On va en rester là, j'ai pas envie de vous menotter tous les deux…
L'homme au nœud papillon lançait des coups d'œil nerveux vers la porte grande ouverte. Il fallait bouger rapidement, les sbires de Rassilon ne tarderait pas à arriver.
Moi : Qu'est-ce qu'on fait alors ?
Ten : J'ai plus le courage de réfléchir.
Docteur : Il ne faut pas que tu restes ici. Tu vas te faire tuer.
Moi : Vous aussi.
Lyria : BON ! On part tous ensemble, et, arrivés dehors, on se sépare en deux groupes et on se retrouve au Tardis. Ten, Rose, Jack et Clara d'un côté,Oriane, Eleven, le Maître, Léo, Cécile et moi de l'autre.
Léo : On fait comme ça ?
Docteur : De toute manière, tu ne lâcheras pas le morceau, pas vrai ?
Moi : Nope.
Docteur : Très bien, faison ce que Lyria dit…
Lyria sourit au Docteur, fière d'elle. Nous voici donc dans les couloirs, longeant les murs le plus rapidement possible, tentant d'éviter les trop nombreuses caméras. Les Docteurs étaient devant, moi, derrière, couvrant le Maître qui était encore assez faible et à la traîne. Léo nous lançait des coups d'œil nerveux. Quand soudain…
Time Lord : HALTE !
Moi : Et zut. On cours, séparez-vous !
J'entrainaî le Maître dans une nouvelle rangée de cellules. Des Seigneurs du Temps nous hurlaient de les libérer, secouant les barreaux de leurs cellules comme des poiriers, dévoilant surtout notre position plus qu'autre chose. Nous nous retrouvâmes rapidement encerclés. Les soldats s'amusèrent à nous ramener dans notre nouvelle cellule, et, en une heure à peine, nous étions tous de nouveau réunis. Bien sûr, ils nous enchaînèrent, confisquèrent les tournevis soniques et doublèrent la garde. Conclusion, foirage total sur toute la ligne. Génial.
Le Dixième tirait nerveusement sur ses chaînes, il ne supportait pas de ne pas pouvoir bouger, marcher, se déplacer quoi. Léo poussait des soupirs bruyants, de temps à autre, ce qui avait pour effet de m'exaspérer au plus haut point. Mais, à part ça, un silence amer régnait dans la cellule. Quelques heures plus tard, tous les humains dormaient, exténués par cette journée, et le Maître tentait tant bien que mal de garder les yeux ouverts. Rose avait pris la jambe de Jack comme doudou. D'ailleurs ce n'était pas la seule. Lyria et Cécile étaient collées à lui, elles aussi. Le Onzième se traîna soudain jusqu'à moi, et je me blottis dans ses bras. Au moins il était un peu plus chaud que le sol de cette foutue cellule. Je finis par m'endormis contre lui à mon tour.
S'il y a bien une chose que je déteste chez les Seigneurs du Temps, c'est qu'ils sont pour le moins matinaux. La porte s'ouvrit violemment, nous faisant tous sursauter. Trois Seigneurs du Temps se tenaient dans l'encadrement de cette dernière, tandis qu'un quatrième retirait les chaînes de mes chevilles. Je restai accrochée au Docteur, méfiante. Ce n'était pas bon ça.
Time Lord : Veuillez nous suivre. Rassilon veut vous parler.
Moi : Vous allez dire à votre très cher président que s'il veut me parler, il n'a qu'à bouger son royal fessier de son trône et de venir lui-même.
Les gardes se lançèrent un regard surpris, mêlé à la colère, avant de se ressaisir. Celui qui avait parlé reprit, plus fort.
Time Lord : SUIVEZ-MOI ! Ou j'execute un de vos amis.
Docteur : Elle a dit non.
Time Lord : Très bien. Employons la force.
Les trois Seigneurs du Temps en attente rentrèrent dans la cellule. L'un d'eux envoya son poingt dans le visage du Docteur. Il ne bougea pas d'un cil, même si tous ses muscles s'étaient contractés. Il continuai à leur tenir tête, de nouveaux coups pleuvirent sur son visage.
Lyria : Mais vous êtes malades !
Moi : Lyria, reste là.
Ten : Oriane, n'y va pas.
Moi : Il veut juste parler. Je reviens vite. Promis.
Docteur : Tu te jettes dans la gueule du loup !
Moi : Ca va aller, je suis plus une gamine.
Je me levai et me laissai emporter par les gardes. La porte se referma sur Lyria, examinant le visage du Docteur, tandis que le Maître me fixait intensément.
