Chapitre 9 : Corruption

Lyria : Il est hors de question que tu te sacrifie pour nous.

Moi : Et il est hors de question que je vous laisse mourir ! Lyria, écoute-moi. Partez. Voyagez avec le Docteur, faites comme avant. Je ne serai juste plus là. C'est tout.

Lyria : Je t'interdis de dire ça ! Docteur, dites quelque chose, je vous en supplie ! C'est votre fille !

Les deux intéressés étaient silencieux, les yeux dans le vague. Je soupirai doucement, fatiguée de me battre avec ma meilleure amie. Le Dixième lançait des regards nerveux vers Rassilon, comme si sa présence le gênait. Je pris une grande inspiration et me dirigea à grandes enjambées vers le Lord Président.

Moi : Relâchez-les. Tous. Maintenant.

Rassilon : Pourquoi ? Vous ne voulez pas qu'ils vous voient mourir ?

Moi : Non. Je vous connais. Dès que je serai morte, vous continuerez à le traquer. Et je n'invoquerai pas Oméga tant qu'ils ne seront pas à l'abri dans le Tardis. Vous avez plutôt intérêt à les téléporter, si vous ne voulez pas attendre.

Il sembla réfléchir quelques instants. Je savais parfaitement qu'il ne pouvait pas se permettre de perdre le Docteur de vue, mais il ne pouvait également pas se permettre d'attendre pour Oméga. Il fit un signe aux gardes attendant à la porte.

Rassilon : Téléportez-les à leur vaisseau. A la minute où ils sont partis, vous l'invoquez.

Docteur : Oriane, ne fais pas ça. S'il te plaît.

Moi : Je suis désolée.

Je le pris dans mes bras. Il s'agita, surpris, avant de se laisser faire. Je lui chuchotai rapidement les dernières recommandations.

Moi : Refermez la bulle temporelle. Je me débrouillerai très bien toute seule, je vous le promets.

Il me sourit faiblement, puis me lâcha. Léo et le Dixième tentaient de tirer Lyria, hurlant toutes les insultes qu'elle connaissait, dans toutes les langues possibles, me brisant les cœurs. Je n'osai même plus croiser son regard. Je restai un moment à contempler les portes fermées, le moral à plat.

Rassilon : Donc ! Comment comptez-vous faire ? Vous avez besoin de matériel ?

Moi : Juste le schisme temporel.

Rassilon : Très bien. Gardes, emmenez-la.

Deux gardes me plaquèrent les bras dans le dos et me menottèrent avant de m'emmener. Cette fois, je ne pouvais définitivement plus reculer.

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Dans le Tardis, très loin de la citadelle, les deux Docteurs étaient en pleine dispute, sous les yeux fatigués et exaspérés de leurs compagnons de voyage.

Ten : On doit refermer la bulle ! Si elle invoque Oméga, Gallifrey sera de nouveau libre, et on court droit à une nouvelle guerre du Temps !

Docteur : Je ne l'abandonnerai pas ! Elle compte sur moi. Elle retardera l'invocation aussi longtemps qu'elle le peut, elle sait autant que nous ce que le retour d'Oméga implique ! Ca ne prendra que quelques minutes.

Ten : Et si on arrive trop tard, qu'est-ce qu'on va faire ?!

Lyria : MAIS VOUS ALLEZ VOUS TAIRE OUI ?!

Les Seigneurs du Temps se retournèrent vers la jeune femme, poings sur les hanches, visiblement en colère. Tous deux baissèrent les yeux, tels deux gamins pris en train de faire une grosse bêtise.

Lyria : Docteur, je suis vraiment vraiment désolée. Mais le Dixième a raison. Si Gallifrey et les Seigneurs du Temps s'échappent, ça va être un massacre.

Ten : Enfin quelqu'un de censé !

Lyria : C'est exactement ce qu'ils attendent. Ils vous attraperont si vous allez la sauver.

Docteur : Et elle va mourir si on ne va pas la chercher. Avec tous les Seigneurs du Temps. Encore une fois.

Jack : Calmez-vous tous les trois, on va trouver un arrangement.

Jack s'était placé entre les deux Docteurs, avec la crainte que les deux se sautent à la gorge. Le Onzième serra les poings nerveusement, ne sachant pas quoi faire pour aider sa planète tout en préservant la sécurité de sa propre fille. Il se laissa tomber sur un des fauteuils, à côté du Maître, bien plus actif depuis sa sortie de prison.

Léo : On ne peut pas juste remonter le temps, la récupérer et partir ?

Maître : Bien sûr que non, sombre idiot. Il va y avoir paradoxe, on ne peut pas croiser nos propres lignes temporelles.

Léo : Pourquoi pas ? Les Seigneurs du Temps ont d'autres chats à fouetter là.

Ten : On risque de faire exploser l'univers, voilà pourquoi.

Le silence prit place dans la salle de contrôle. L'homme au nœud papillon gardait les yeux rivés sur ses pieds, semblant réfléchir.

Ten : Qu'est-ce qu'on fait alors ? On referme et on part ?

Docteur : Je ne peux pas. Laissez-moi ici et partez.

Cécile : Quoi ?! On n'a pas fait tout ce chemin pour vous abandonner maintenant !

Le Docteur lui lança un de ses indéchiffrables regards tristes qui parlait tellement plus que des mots. Il ne pouvait pas se résoudre à abandonner sa fille, pas si peu de temps après l'avoir retrouvée.

Maître : Je pars avec lui.

Ten : Certainement pas. Tu viens avec moi, on a quelques comptes à régler tous les deux.

Maître : Je sais, vous allez ENCORE me dire de venir voyager avec vous, que ce serez votre honneur, que vous voulez me faire des bébés. Retiens-ça, Thêta : Si je viens avec toi, dans deux jours, tu seras en lévitation dans un joli trou noir pendant que je détruirai ta planète chérie. Est-ce que c'est clair ? Et en plus, ce n'est pas lui qui m'a balancé dans ce trou à rat.

Lyria : … Ce n'est pas lui non plus, il est trop jeune.

Maître : Je fais ça parce que je ne veux pas avoir une dette à lui rendre. Je suis un psychopathe renommé, moi, et puis je dois ma libération à sa fille. Comme si j'allais faire ça pour le Docteur.

Ten : Ouais, comme si…

Le Docteur observait son ancien meilleur ami les yeux brillants. Koscheii qui voulait l'aider de son plein gré, c'était une première. Tout au fond de lui, il cherchait un moyen de le faire venir avec lui et non pas avec le Dixième. Ce rêve idiot de voyager avec dans les étoiles… Mais pour le coup, ils allaient certainement mourir ensemble.

Docteur : Laissez-nous deux jours. Juste deux jours. Garez-vous dans une grotte, à l'abri, pas trop loin de la Citadelle. Si on ne revient pas, vous pourrez partir. D'accord ?

Ten : De toute manière je ne part pas sans le Maître.

Maître : Rappelle-moi de me suicider avant de revenir.

Ten : …

Maître : De toute manière, vos lignes temporelles sont désynchronisées. Quand tout sera fini, tu ne te souviendras même pas que tu m'as pris avec toi. Avec un peu de chance, tu m'auras enfermé dans une chambre et je crèverai de faim tout seul. Je pars avec le Docteur suivant. Point.

Docteur : Tu veux dire que…

Maître : Si on survit, oui. Je vais pas pourrir sur cette planète encore une fois.