Chapitre 12 : Oméga
Tout le monde était silencieux. L'homme qui était rentré également. Il se contentait de nous dévisageait. Ses yeux couleur or brillaient dans l'obscurité. Il n'y avait aucun doute sur l'identité de cet étranger, habillé tout en noir, les cheveux courts, une barbe naissante. Oméga. Oméga était définitivement de retour. Il s'approcha de nous, d'un pas nonchalant. Je baissai les yeux, légèrement impressionnée. C'était comme si un prince Daedra sortait de Skyrim.
Oméga : Lequel de vous m'a invoqué ?
Sa voix était forte, autoritaire. Mais en même temps, elle avait ce quelque chose de rassurant que l'on retrouvait chez le Docteur. Je levai les yeux vers lui.
Moi : Enchantée, Lord Président.
Oméga : Appelle-moi Oméga. Je déteste être surestimé. Ravi de voir que vous êtes toujours vivant, Docteur.
Docteur : Moi de même. J'espère que ma fille n'a pas fait tout ça pour rien. Vous savez parfaitement ce que votre retour implique.
Oméga : Votre fille ? Ma descendante est votre fille ? Ca explique pas mal de chose.
Il se tourna vers moi, sourire aux lèvres. Je l'observai, méfiante, prête à le tuer au moindre faux pas. Lyria me pris la main, comme pour m'encourager.
Oméga : J'ai suivi ton parcours. Depuis le schisme temporel. Je suis ravi que tu es réussi à survivre. Le dernier descendant s'est fait assassiné. Il avait deux ans.
Moi : C'est grâce au Docteur. Sans lui, ça ferait longtemps que je serai morte.
Docteur : Et inversement…
Oméga : Tu as certainement commencé à exploiter tes pouvoirs. Tu es encore jeune, beaucoup de choses à apprendre. Mais il y a une chose que je ne m'explique pas. Pourquoi as-tu épargné Rassilon ?
Aïe. Je l'attendais celle-là. Le Docteur me regardait, la tête légèrement penchée sur le côté. Cette entrevue devenait assez étrange. J'étais stressée, Lyria le sentait, je serrai sa main, tellement fort que la sienne était devenue rouge. Je réfléchissais rapidement.
Moi : Parce que je ne suis pas une meurtrière. Et que mon père est assez catégorique sur la manière dont on traite des meurtriers. Il n'est pas nécessaire de tuer. J'ai déjà eu de la chance de sortir vivante.
Oméga : Bien parlé. Le Docteur t'a bien éduquée. Le dernier à qui j'ai parlé voulait exterminer toute forme de vie sur Gallifrey. J'ai vu ce qu'il s'est passé, dans la cellule. Tu n'as pas cédé à la panique, même lorsque le serpent l'a mordu. Ton sang-froid est exemplaire.
Je rougis sous le compliment. Les chevilles du Docteur allaient exploser. Il était tout sourire. Oméga savait comment se le mettre dans la poche. Oméga souffla, relevant la tête.
Oméga : Je vais avoir besoin de votre aide. A tous.
Moi : Vous voulez reprendre le trône, je suppose.
Oméga : Oui. Mais pas n'importe comment.
Lyria : Vous n'avez pas intérêt à la mettre en danger, sinon vous allez avoir d'autres problèmes.
Oméga : Promis. C'est étonnant, de la part d'une humaine de tenir tête à un Seigneur du Temps. Beaucoup se sont fait exécutés pour moins que ça.
Moi : Croyez-moi, tant que je serai en vie, le premier qui touchera à un de mes amis est mort. C'est ma meilleure amie. Donc ! Vous avez un plan ?
Oméga sourit, ravi. S'il croyait pouvoir dicter ma conduite, c'était raté. Je n'étais pas du genre à me soumettre.
Oméga : Il nous faut un symbole. Quelqu'un en qui les gens pourront se reconnaître. Quelqu'un pour qui les gens seront prêts à se battre.
Moi : Pourquoi pas le Docteur ? Tout le monde le connaît et ils ont tous plus ou moins connaissances de ses voyages.
Oméga : Mais ils le connaissent. Et il fait trop drama-queen. Comme le Maître.
Léo : Vous voyez, je ne suis pas le seul à le penser.
Moi : Je n'ai pas une tête de symbole, je suis incapable de défier Rassilon.
Oméga : Tu manques encore un peu d'entraînement. Il y a des choses que tu ignores encore, des pouvoirs inexploités.
Je réfléchis. Ca allait impliquer le fait que je devienne un soldat. Le Docteur avait raison. Il y allait avoir une guerre civile. Et il allait falloir mobiliser un maximum de monde. Et voilà que je me mettais à penser comme Oméga. C'était mal. Très mal. Oméga me força à relever la tête, à le regarder dans les yeux.
Oméga : Les gens doivent savoir ce qu'il a fait, pour garder le pouvoir. Et ça devra passer forcément par la guerre. Je sais que tu n'en a pas envie. Lui non plus, en particulier après cette Guerre du Temps difficile. Mais si on ne se bat pas, rien ne changera jamais. Et puis, une fois que tout sera terminé, il se peut que tu ait une place au Parlement.
Moi : Je n'ai pas l'étoffe d'une Lord Présidente. S'il y en a un qui doit y accéder c'est le Maître.
Maître : Pourquoi moi ? Pas le Docteur ?
Moi : Nan, pas le Docteur. Il tient trop à sa liberté, il n'arrivera jamais à assumer la responsabilité d'une planète. Tu as passé beaucoup de temps sur cette planète, et, même si tu le nie, t'as beaucoup plus étudié que Thêta, et donc tu es beaucoup plus apte à devenir Lord Président que lui.
Docteur : Je ne suis pas du même avis. Tu représentes exactement ce qu'un Lord Président devrait être.
Je lui souris, gênée. C'était normal pour lui, j'étais sa fille. Quoi que je fasse, il serait toujours fier de moi. Je secouai la tête.
Moi : Avant de parler de ça, si on arrêtait Rassilon ? Ce serait déjà pas mal. Vous parliez d'un entraînement.
Oméga : Intéressée ?
Moi : Bien sûr que oui. Si je dois vivre avec ce foutu don jusqu'à la fin de ma vie, il vaut mieux que je sache m'en servir.
Oméga : Tu as exploité quels côtés pour l'instant ?
Moi : J'arrive à soigner, et à arrêter les projectiles à grande vitesse malgré moi.
Oméga : Tu as vraiment beaucoup de choses à apprendre dans ce cas. Ce n'est qu'une infime partie de ce que tu peux faire.
Moi : Je ne veux pas devenir une machine à tuer. Je vous préviens.
Oméga se mit à tourner autour de moi, m'examinant. Le Docteur était étonnamment silencieux. Je commençai à me demander à quoi il pensait. Il leva les yeux vers Oméga, qui s'était stoppé face à lui.
Oméga : J'ai besoin de votre consentement.
Docteur : Pardon ?
Oméga : Vous êtes son père, vous avez votre mot à dire. Elle va devenir importante pour la société gallifréenne, elle aura bientôt presque autant de pouvoirs que moi.
Docteur : Quoi que l'on veule, la guerre est inévitable, pas vrai ?
Oméga : Nous n'avons pas le choix.
Docteur : Koscheii, tu es partant ?
Maître : Partant pour quoi ?
Docteur : Je vais avoir besoin d'un entraînement moi aussi. On va devoir ressortir les armes.
Rose : Vous aussi.
Ten : Je… Je peux pas Rose. Je n'y arriverai jamais.
Clara : Mais bien sûr que si. Puis nous aussi on va se battre, on vous tiendra la main si vous avez peur.
Les deux Docteurs se tournèrent comme un seul homme vers leurs compagnons. Ouais, à mon avis, ils ne voulaient pas les embarquer dans ça. Mais maintenant, ils n'avaient plus vraiment le choix.
Lyria : Oriane, t'as intérêt à revenir vite.
Oméga : On en aura pour environ deux jours. J'ai déjà rassemblé une armée, ils sont en route.
Docteur : Ils viennent par ici ?
Oméga : Oui. C'est un endroit isolé. Docteur, vous êtes le Commandant des troupes, ils sont déjà prévenus de votre grade. Préparez des ateliers d'entraînement. Il va nous falloir un cuisinier et un médecin aussi. Je vous laisse vous occuper des recrutements.
Moi : Où est-ce qu'on va ?
Oméga : Dans une grotte du Mont Perdition.
Le Docteur me serra dans ses bras, en me rappelant d'être prudente et de faire attention à moi avant d'aller donner un coup de main à Lyria et Cécile, transportant des cibles de tir à l'arc. La guerre est déclarée.
