Chapitre 14 : Réveil difficile

Je me réveillai je ne sais combien de temps plus tard, avec un mal de tête impossible. Je tentai de me relever, paniquée à l'idée d'avoir atterri chez Rassilon. Je ne me souvenais quasiment de rien. C'était étrange. Une douleur au ventre me fit me courber et je m'écroulai sur le sol, en fronçant les sourcils. Lyria entra dans la chambre, inquiète et me remis sur le lit.

Lyria : Le Docteur voulait arrêter les antidouleurs. Je t'en remets une dose.

Je me détendis doucement, la douleur s'apaisa. Je lui lançai un regard de coin, ne comprenant pas du tout ni où est-ce que j'étais, ni ce qu'il s'était passé. Le Docteur rentra à son tour, un petit sourire au coin des lèvres.

Docteur : Espèce de marmotte. Ca fait deux jours que tu dors.

Lyria : Tu nous as fait une sacré peur tu sais !

Moi : Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Mes deux compagnons se lancèrent un regard surpris.

Docteur : Tu ne te souviens pas ?

Moi : Nan, la dernière chose dont je me souviens c'est Oméga qui s'est transformé en tigre, tout le reste est flou.

Lyria : Tu t'es transformé en loup, t'as dévalé le Mont Perdition, tu as terrorisé la moitié des soldats et le Maître a dû t'envoyer une fléchette tranquillisante pour te calmer. Oméga ne semble même pas inquiet. Il dit que c'est normal.

Docteur : Tu t'es blessée durant ta descente. T'as un joli bleu autour du ventre.

Moi : … Un loup ?

Docteur : Ouaip. Un loup blanc. Avec un Oméga sur le dos. C'est comme ça qu'on a su que c'était toi.

Un toquement à la porte me fit sursauter. Oméga et le Dixième Docteur entrèrent. Je le dévisageais, méfiante. Il le remarqua, lui aussi, et sourit faiblement, comme pour s'excuser. J'avais très envie de l'exterminer quand même à cet instant.

Oméga : Finalement, ça c'est plutôt bien passé, non ?

Moi : …

Oméga : Bon d'accord, on aurait peut être pas dû tester ça en haut du Mont Perdition, tu as manqué de te tuer. La prochaine fois ça ira mieux. La première fois il faut laisser le temps à ton organisme de s'habituer. On continuera demain, repose-toi.

Moi : Je vous ai dit que je n'étais pas prête. Mais non, vous vouliez absolument le faire à la minute. Un apprentissage ne se fait pas en quelques heures, j'ai besoin de temps, vous pouvez comprendre ça ?

Oméga : La guerre arrivera bientôt à nos portes, il faut que tu sois prête. Ils ont besoin d'un symbole.

Je préférai le silence à toutes les insultes auquel je pensais à cet instant. Son « symbole » avait besoin de temps pour digérer tout ça, et il refusait de le comprendre. Je ne veux pas devenir une machine de guerre, je déteste tuer presque autant que mon père. Une des rares choses que j'ai héritées de lui. Je ne laisserai pas Oméga me prendre ça. Le Lord Président me lança un dernier regard et quitta la pièce, me laissant seul avec les deux Docteurs et Lyria.

Ten : Oriane, je sais que tu n'es pas d'accord avec lui, mais il a raison. Rassilon se doute de quelque chose, il est en train de rassembler ses troupes. Contrairement à nous, ils n'auront aucune pitié. Nous sommes en nombre inférieur, sans ton aide et celle d'Oméga, je suis certain que nous allons nous faire massacrer. Prouve à ton vieux père qu'il a eu raison de te sauver la vie, prouve que tu peux changer les choses.

Et bien, si même lui s'y mettait… Je ne savais plus dans quelle direction est-ce que je me dirigeais. Entre la guerre, mon père et Oméga, je commençais très légèrement à avoir la pression. Lyria était silencieuse, me tenant toujours la main. Le Onzième s'apprêta à parler, puis se ravisa.

Moi : Quoi ?

Docteur : Rien. Je pensais à un truc stupide.

Moi : Dites toujours. Dans ces temps, rien n'est à écarter.

Docteur : On pourrait demander au Neuvième Docteur de venir.

Moi : Lequel ? Celui de la guerre du temps ou l'autre ?

Docteur : Celui de la Guerre du Temps. Il s'y connait plus que nous tous en guerre.

Lyria : Mais il va peut être essayé de mettre fin à cette guerre de la même manière que la précédente. Et vous avez dit que la période de la Guerre du Temps est bloquée.

Docteur : Pas faux. Il faut trouver autre chose.

Moi : On en viendra à appeler vos anciens vous si la situation est complètement désespérée. Pour l'instant, vous êtes déjà deux, essayez de faire de ça un avantage.

Ils hochèrent tous deux la tête. Je sortis du lit, fit quelques pas, puis, constatant que je tenais debout, en fin de compte, me dirigeai vers la porte.

Ten : … Pour une blessée…

Moi : Je me suis régénérée toute seule. Allez, venez, on a du travail !

Docteur : Tu veux dire…

Moi : S'il faut que je maîtrise ce foutu don avant que ça devienne trop compliqué, il vaut mieux que je m'y mette maintenant.

Nous traversâmes rapidement les couloirs du Tardis pour rejoindre l'entraînement. Oméga me lança un regard. Rose et Clara me saluèrent du stand de tir à l'arc, où le Maître et Léo s'entraînaient. Je les rejoignis, parce que pour fantasmer sur le Maître, autant être à côté. Ils étaient en pleine discussion.

Maître : Vise le cœur plutôt que la tête. La tête il y a des fois où ça perce pas et après ce n'est pas beau à voir. Ou vise l'œil.

Léo : Mais si tu rates le cœur, l'autre a tout le loisir de se tourner. Puis vous avez deux cœurs vous, c'est plus simple la tête. On ne peut même pas se régénérer, nous autres, pauvres humains que nous sommes.

Maître : Fallait être un Time Lord.

Léo : … Facile à dire.

Le Maître lui sourit de toutes ses dents, avant de se tourner vers moi. Il me tendit un arc que je pris. Je le pointai dans la direction de la cible et tirai… Droit dans les parties intimes. Léo me lança un regard surpris.

Moi : Quoi ?

Maître : Ouah. Au moins, ça a le don de paralyser pour quelques temps. Voir plus. Il y en a qui ne se sont jamais remis de ne plus avoir de…

Léo : Ouais, on a compris…

Maître : C'est quand même dingue. Le Docteur a une fille du même niveau psychopathe que moi. C'est… flippant.

Léo : Bah… Vu toutes les fictions qu'elle écrit sur vous et le Docteur, c'est même pas étonnant que ça ait pu arriver en vrai.

Maître : … Pardon ?

Moi : Je ne vois pas du tout de quoi il parle.

Je lançai un regard assassin à Léo qui le fit se taire. Mes fantasmes ne regardaient que moi et moi seule. Et Lyria, de temps en temps. Le Docteur se contentait de m'observer, un sourcil levé. Je lui souris, gênée. Il s'en doutait de toute manière. Enfin, je pense. Un Seigneur du Temps arriva en courant dans notre direction, essoufflé.

Time Lord : Général, des hommes de Rassilon ont été aperçu à proximité du camp, nous attendons vos ordres.

Moi : Ils ont dû me voir. Qu'est-ce qu'on fait ?

Docteur : Hum…

Maître : Mettez des hommes aux entrées du hangar, personne ne doit rentrer. Ensuite dispersez vous en trois patrouilles, d'une vingtaine d'hommes, relai toutes les deux heures, autour des zones stratégiques et envoyez quelques hommes en couverture à la citadelle, il nous faut des espions.

Docteur : C'est moi le général… Mais faites ce qu'il dit, c'est très bien.

Le Seigneur du Temps fit un salut militaire puis se dirigea vers les soldats, attendant les ordres. Je me tournai vers le Maître.

Moi : Et si nous allions nous occuper des rôdeurs pendant ce temps-là ? Si on en kidnappe un, on trouvera bien le moyen de le faire parler.

Ten : On ne va pas commencer à torturer les gens !

Maître : Non, on va leur promettre des bonbons et ils vont parler…

Docteur : Maître…

Maître : C'est lui qui a commencé.

Moi : Vous savez quoi, je vais m'en charger avec le Maître, vous avez qu'à… menacer des Time Lords avec des bonbons.

Docteur : …

Je lui souris, l'embrassa sur la joue et entraîna le Maître, ravi, vers la sortie du hangar. La chasse est ouverte.