Chapitre 14
Twilight
Twilight est un film réalisé par Catherine Hardwick, sorti en 2008, avec Kristen Stewart et Robert Pattinson.
Twilight se traduit par « crépuscule » en français.
Ndla: On reprend au moment où Seth, Jacob, Alice et Jasper s'en vont, donc AVANT la visite secrète d'Esmée (la veille au soir pour être plus précise).
Edward PDV
Ca fait bizarre de se retrouver seuls à nouveau.
Juste elle et moi.
Ils s'éloignent le long de la rivière, et je prends la main de Bella pour remonter à notre campement.
Je me souviens avoir lu une fois que la solitude met l'âme à nu.
C'est vrai.
Nous sommes deux, enfin trois en comptant le chien, mais il n'y a rien pour nous distraire.
Pas de TV, d'ordinateur, de tablette ou de console de jeux…
Juste elle, moi et la nature.
Pas de faux semblants ou de distractions.
J'ai faim. J'ai franchement la dalle. C'est peut-être ce qu'il y a de plus difficile.
Bien sur on a des provisions mais il faut y faire attention; Et on a pas de frigo ni de congélateur.
Bella met le quelques produits frais dans la glacière et dans la rivière, mais ça ne durera pas longtemps et on en a pas beaucoup.
Je me rends compte à quel point j'ai l'habitude d'ouvrir le frigo et d'y prendre un yaourt, ou de manger une glace hâtivement sortie du congélateur, sans même y faire attention…
Là les menus c'est chips/poisson/ riz ou pates. Un fruit pas très frais en dessert et les jours de fête un yaourt tiédasse.
Et des biscuits secs.
Bon sang j'ai envie de viande. D'une bonne salade aussi, alors que je râle comme un putois quand ma mère en fait.
Par contre je suis moins fatigué. On dort plutôt bien ici, une fois qu'on s'est habitué à la nuit noire et aux bruits des animaux nocturnes.
J'ai toujours le paquet de préservatifs que Jazz m'a donné dans la poche. Je dois les planquer sans que Bella ne me voit.
Il n'y a rien entre nous pour le moment, alors…
Je me faufile dans la tente pendant qu'elle a le nez dans un bouquin que lui a amené Alice.
Je décide de mettre les préservatifs dans la poche avant de mon sac à dos, normalement elle n'ira pas fouiller dans mes affaires.
Je tombe sur mon portable, auquel je n'ai pas touché depuis ce moment terrible où j'ai su la vérité.
Mais là, à genou sur mon duvet, je ne peux pas m'empêcher de le rallumer.
J'ai 51 messages, plus de 200 appels en absences et 358 SMS…
La plupart proviennent de mes parents, dans les heures qui ont suivi mon départ. Je ne peux entendre leurs voix mais j'ouvre quelques textos au hasard:
« Je t'aime, rentre, on va parler, ce n'est pas ce que tu crois maman »
« Edward tu es mon fils je t'aime reviens ,papa »
Ils sont tous du même acabit. Je voudrais qu'ils ne me fassent aucun effet.
Ils sont des lâches et des menteurs.
Mais mon cœur bat trop fort, tout d'un coup, et je regarde quels autres messages j'ai.
Ah flute, un texto de la banque. Je suis à découvert.
C'est vrai, j'ai fait un chèque le matin de …Ce jour-là, pour payer l'acompte de la commande des nouveaux pneus de ma Volvo et je devais faire un virement de mon compte où je mets mes économies à mon compte courant ce que je n'ai pas fait puisque je suis parti…
Argh, j'envoie un texto à Emmett:
« Stp Frangin fait un virement de mon compte à mon compte chèque, j'ai oublié de le faire avant de partir, mets 300 dollars, le code secret d'accès c'est 248966 »
Il répond en moins de 10 secondes, alors que je lis quelques SMS de copains.
« Pas la peine, la banque a appelé papa parce que tu allais être en interdit bancaire il a renfloué ton compte. Tu me manques. T'es mon frère, oublie jamais ça »
« Ok merci Edward »
Je me mords la lèvre.
Il a renfloué mon compte…
Je…Je ne dois pas réfléchir, je pianote:
« Merci pour le compte en banque. T'étais pas obligé. Edward. Au fait ne dis rien à maman, je ne reviens pas maintenant alors qu'elle ne se fasse pas de fausse joie »
Je veux éteindre ce putain de téléphone , ne pas attendre une réponse mais je reste à genoux comme un imbécile, à fixer le téléphone dans mes mains, incapable de bouger, incapable de ne pas attendre.
La réponse arrive en 2 minutes 38. Oui j'ai aussi regardé ma montre.
L'écran s'allume d'un coup
« Vous avez reçu un message de PAPA »
J'ouvre, le cœur au bord des lèvres:
« Je t'aime , ta mère et moi nous serons patient. Papa »
J'éteins.
Je ne sais même pas comment je sors de la tente.
On n'y voit plus grand-chose.
Bella est en train d'allumer la lampe tempête, qu'elle accroche à une branche, en se mettant sur la pointe des pieds.
Son tee shirt se soulève, dévoilant son ventre et le creux de ses reins.
Je n'aime pas ce moment là. Le crépuscule. Entre chien et loup.
On n'y voit pas grand-chose, mais ce n'est pas encore la magie de la nuit.
C'est une heure angoissante.
Mais ce soir la pénombre naissante et la luminosité particulière de la lampe tempête éclairent Bella d'une façon presque irréelle.
Alors je m'approche d'elle et la prends dans mes bras.
Elle sursaute mais se laisse aller contre mon torse.
On reste un moment ainsi, puis elle lève la tête et je baisse la mienne.
On se regarde un court instant et nos lèvres se trouvent toutes seules.
Ce n'est pas la première fois que j'embrasse Bella, je l'ai déjà fait, une fois quand j'avais 11 ans et elle 9: elle voulait savoir ce que ça fait d'être grand, et une autre fois, 1 ans plus tard, en réponse à un défi d'Emmett.
Mais là, malgré le fait que nous soyons deux adolescents, c'est un vrai baiser d'adulte.
Parce qu'ici nous ne sommes plus des enfants, parce que nous sommes responsables de nous-mêmes.
Et parce que je suis amoureux de Bella Swan.
Je me suis trompé.
J'aime le crépuscule, et surtout le courage qu'il nous apporte, pour passer à l'acte.
