Chapitre 15 : Chasse à l'homme
Nous voici donc, le Maître et moi, rôdant dans la poudreuse à la recherche de possibles sbires de Rassilon trop curieux. C'était surtout un prétexte pour me retrouver en tête à tête avec Koscheii, sans le Docteur pour surveiller tous mes faits et gestes. Il était parfois trop collant, même si, en fin de compte, ce n'était pas réellement sa faute. Le Maître humait l'air, à la manière d'un loup traquant sa proie.
Maître : Il y a du monde dans les environs, c'est difficile de différencier qui est qui. Si ça se trouve on a même des espions dans notre propre camp.
Moi : Pour l'instant, la rébellion se propage, il va forcément y avoir des erreurs. Lorsque les batailles commenceront, on pourra les séparer.
Maître : Ouais. Les batailles. Je n'ai pas envie de retourner me battre. Pas après tout ce qui s'est passé durant la Guerre du Temps.
Je restai silencieuse. J'avais assisté à une grande partie de la Guerre du Temps. J'avais toujours vécut dedans en fin de compte. Dès ma naissance. Les enfants de la Guerre. C'est comme ça qu'on nous appelait, avant qu'ils ne se rendent compte de ce que j'étais. Je ne comprenais pas à l'époque, pourquoi j'avais dû fuir, pourquoi on avait exterminé ma famille, alors qu'ils n'avaient strictement rien à voir avec le fait que j'étais une descendante d'Oméga. La malchance, sans doute. Quand j'étais petite, le Docteur m'avait appris à exploiter la furtivité, j'avais un don naturel au cache-cache. C'est en parti grâce à ça que j'avais réussi à leur échapper, le jour de mon initiation. J'avais bien fait de ne pas vouloir y allait. Je maudissais ce jour où Oméga m'avait adressé la parole pour la première fois.
Maître : Oriane ?
Moi : Hum ? Désolée, je réfléchissais.
Maître : Ils sont là.
Je rejoignis le Maître, accroupi derrière un rocher. Les ennemis étaient reconnaissables à leurs robes rouges, et au sceau de Rassilon recouvrant les jambières. Le Maître sortit une arme, puis sembla réfléchir.
Maître : Tu crois que tu peux le refaire ?
Moi : … Refaire quoi ?
Maître : Te transformer.
Moi : Je… Je ne sais pas si j'en aurais la force. Et si ça se passe mal, comme la dernière fois ?
Maître : Je suis là pour couvrir tes arrières.
Moi : Ils vont te tuer !
Maître : Moins fort ! On va se faire repérer.
Je soupirai et me concentrai, comme Oméga me l'avait appris. Je me mis rapidement à luire, puis à me transformer. Ca se passa mieux que la fois passée. Je savais à quoi m'attendre. Une fois sous forme animale, je rampai près des « proies ». Le Maître m'observait, derrière son rocher, prêt à tirer au moindre problème. Je me mis à grogner, faisant sursauter les trois Seigneurs du Temps qui se tournèrent vers moi. L'un d'eux pointa immédiatement le symbole d'Oméga sur ma hanche. Tous trois pointèrent leurs armes sur moi. Je voulais tenter quelque chose. Je fermai les yeux, tandis que le vent se mit à me fouetter le visage. Ca fonctionnait. La tornade au dessus de moi figea les trois hommes sur place. Je pris appui sur le sol et réussit la manœuvre que je n'avais pas encore réussi à faire. J'en plaquai un au sol, les deux autres prirent la fuite, terrorisés. Le Maître déboula, attachant les mains de ma proie dans son dos.
Maître : Tu peux te retransformer au moins ?
Ah. Très bonne question. Je tentai de redevenir humaine. Pas moyen. Je commençai à paniquer. Le Maître capta mon regard et se frotta la nuque.
Maître : On va demander à Oméga.
Time Lord : Votre rébellion va être rapidement dissipée, avec un malade mental et un loup qui fait des tornades.
Maître : Ouais, bah si tu ne veux pas que le loup qui fait des tornades t'ouvre en deux comme une huître, t'as plutôt intérêt à suivre le malade mental.
L'autre déglutit. Nous gagnâmes rapidement l'entrepôt, où Oméga et le Docteur attendaient. Le Lord Président haussa un sourcil en me voyant entrer, sous forme de loup, avant de sourire. Le Docteur eut un mouvement de recul, inquiet suite à ce qu'il s'était passé la dernière fois.
Maître : On a eu un petit problème…
Oméga : Comment est-ce que tu as fait pour la convaincre alors qu'elle a manqué de me tuer lorsque je lui ai redemandé gentiment ?
Je grondai. Comme si j'allais résister à un ordre du Maître. Le Seigneur du Temps prisonnier me lança un regard peu rassuré.
Maître : Je ne l'ai pas forcée en tout cas.
Docteur : T'es sûr ?
Maître : Bien sûr ! Je ne vais pas la tuer ta fille ! Pour une fois qu'une de tes compagnes n'est pas complètement idiote, j'en profite !
Lyria : … Les autres compagnes vous remercient.
Maître : Bref ! Elle n'arrive pas à se retransformer.
Oméga secoua la tête. Il se plaça face à moi. Je relevai la tête vers lui, méfiante. Qu'est-ce qu'il avait encore en tête celui-là ? Il plaça une main sur ma tête. Je m'illumina, sans comprendre ce qui m'arrivait, puis, avant que je n'ai pu dire ouf, j'avais de nouveaux bras et jambes. Le prisonnier haussa un sourcil.
Prisonnier : Quoi, c'est ça votre meilleure arme ?!
Moi : Si vous ne voulez pas que j'écourte votre vie, fermez-la.
Oméga : Tu vois, je t'avais dit que ça irait mieux la deuxième fois. Fais-moi un peu confiance.
Moi : Il y en a deux en liberté, qui ont vu ce qu'il s'est passé.
Oméga : Et bien… Tant pis. De toute manière, ils ne vont pas tarder à attaquer, autant qu'ils sachent tout de suite à quoi ils vont avoir à faire.
Docteur : Il faut faire attention, des tornades se préparent, j'en ai vu une tout à l'heure.
Moi : Hum… C'était moi, ça.
Docteur : … Comment ça c'était toi ? T'as vu la taille de la tornade ?!
Oméga : Il va falloir vous y habituer Docteur !
Oméga lui donna une tape amicale sur l'épaule, le faisant sursauter. Pauvre Docteur. Il avait encore beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses à apprendre. Difficile d'être père d'un extraterrestre impossible à contrôler lui-même. Lyria s'approcha du prisonnier.
Lyria : Et lui, on en fait quoi ? Jack voulait s'en charger mais… En fait il ne vaut mieux pas, vous l'avez pas vu au lancer de couteaux tout à l'heure.
Docteur : Vous n'allez pas encore remettre la torture sur le tapis !
Maître : Mais quelle quiche celui-là ! Tu vas m'écouter, espèce de chamallow, cet homme, d'ici quelques semaines, va tenter de nous tuer, il ne mérite que la torture, et la mort.
Moi : … D'accord, on ne le laisse pas non plus dans les mains du Maître. Lyria, viens, on va s'en charger à deux.
Lyria : Moi ?
Moi : Celui-là a visiblement un gros problème avec les dames, on va lui apprendre les bonnes manières.
Je récupérai le prisonnier des mains du Maître, avant qu'il ne se mette à le tuer à mains nues. Le prisonnier nous regarda de haut, un sourcil levé, méfiant. S'il croyait qu'il n'avait rien à craindre avec nous, il se mettait le doigt dans l'œil.
