Chapitre 16

The cake eaters

The Cake Eaters est un film américain réalisé par Mary Stuart Masterson et sorti en 2007, avec Kristen Stewart.

En français, le titre se traduit par « les mangeurs de gâteau »

Edward PDV

On est bien.

J'ai apprit à aimer les odeurs de la nuit. Les bruits également.

Ils ne sont plus étranges ou dangereux, ce sont justes les bruits de la nature, stridents ou sourds, ils font désormais partie de mon quotidien, tout comme Bella.

Comme le fait de ramasser du bois pour se chauffer ou cuisiner, ou d'aller aux toilettes au fond des bois, derrière un tronc d'arbre (avec parfois des petits lapins comme spectateurs), comme de laver nos fringues à la main.

J'ai apprit à pêcher et même à vider un poisson!

Je me suis même fait au goût du poisson, enfin, un peu.

Je me suis très bien fait au goût de Bella par contre. Sans aucun problème!

Bella est bien sûr plus à l'aise que moi dans cet environnement mais j'ai moins l'impression d'être inutile qu'avant.

On ne s'ennuie plus du tout, depuis qu'on est en couple. On passe beaucoup de temps à s'occuper du quotidien, mais tout le reste du temps on le passe à s'embrasser et à flirter. Les préservatifs de Jasper n'ont pas encore servi, on y va à notre rythme mais c'est génial. Très sincèrement, sans ça, on serait rentré chez nous depuis longtemps.

On commence à en parler. De rentrer.

Bella a mit 2 jours à me parler de la visite de ma mère. Au début j'étais très en colère après ma mère, je voulais changer d'emplacement, mais Bella m'a calmé, et on a beaucoup parlé de la situation.

Elle m'a donné le foulard jaune de ma mère et depuis il est dans la poche de mon pantalon.

Quand je me change je le transfère de pantalon. Souvent je le sors de ma poche, je le regarde, je le hume, pour retrouver le parfum de ma mère. Mais il ne sent pratiquement plus.

Mes amis sont là, pour mon anniversaire et ça me fait un bien incroyable. On mange, tous ensemble. Il y a du poulet, il y a de la viande! Plein! Je pourrais faire canoniser mon frère et Jacob, qui ont amené la viande et le poulet!

Je suis tout près de Bella, tout le long du repas.

Tout le monde parle et rit. C'est presque un anniversaire normal. Il suffit d'un peu d'imagination pour penser qu'on est simplement venu là pour faire la fête. A la fin du repas Alice et Rose s'éloignent et reviennent avec un gâteau recouvert de bougies.

Tout le monde se met à me chanter joyeux anniversaire et je souffle mes bougies d'un seul coup, déclenchant les rires et les applaudissements.

Ils restent longtemps, et j'aime entendre Bella rire contre moi. Elle a besoin, tout comme moi, d'une certaine normalité, et de voir du monde aussi. Côtoyer la nature c'est génial, mais on a besoin d'un minimum de vie sociale.

Ils repartent vers 5 heures du matin.

On les ramène à l'embarcadère et je les serre tous très fort dans mes bras. Spécialement Alice et Emmett. Em, qui ne m'appelle plus jamais autrement que « frangin », sans aucun doute pour me montrer que pour lui rien n'a changé. Et c'est vrai: entre lui et moi, tout comme entre Alice et moi tout est comme avant.

Je commence à espérer que ça puisse revenir aussi comme avant avec les parents.

Je ne suis plus autant en colère. Je suis surtout triste, maintenant, quand je repense à tout ça.

On remonte à notre campement, quand ils sont tous partis; Bella pose une grosse part du gâteau dans une assiette on s'installe pour la déguster, fatigués mais heureux.

Puis mon regard tombe sur le paquet. Le cadeau de Carlisle.

Je n'y résiste pas et me penche pour l'attraper. Bella, qui prenait une grosse bouchée de gâteau avec sa cuiller s'interrompt pour me regarder, l'air grave.

Je déballe.

C'est mon doudou.

C'est mon ours en peluche, marron délavé, avec son oreille en lambeaux parce que je la tétais dans mon sommeil quand j'étais bébé, son museau que ma mère a refait plusieurs fois, et sa pate un peu plus courte, parce qu'elle a été arrachée lors d'un jeu avec Emmett. Je me souviens de mon désespoir et de mes pleurs. Mais papa m'avait fait installer mon doudou sur la table de la cuisine, l'avait « anesthésié » avec un entonnoir, et avait soigneusement recousu la pate.

Après il lui avait même fait une gros pansement, qu'on changeait tous les jours, juste lui et moi.

Ensuite il avait du aussi soigner le lion d'Emmett et le chien d'Alice, qui étaient eux aussi « malades »…

Il y a une carte scotchée sur mon doudou. Je l'ouvre:

« Edward, j'ai acheté cet ours en peluche le jour où j'ai su que j'allais être ton père. Tu n'étais pas encore né, et je t'aimais déjà de tout mon être. Mes sentiments n'ont pas changé d'un iota depuis ce jour-là. Papa »

Le chagrin m'étouffe.

Je tends la carte à Bella et je cours, dans la lumière blafarde du petit matin.

Je cours jusqu'à l'embarcadère et enfin je sors de ma poche le foulard jaune de ma mère, tandis que les premiers rayons du soleil illuminent la rivière qui gronde, m'invitant à prendre le canoë et à rejoindre ma maison. Mais je ne suis pas seul dans cet galère.

Alors je noue le foulard à la branche et remonte vers Bella.

Elle a lu la carte et ce n'est qu'en voyant ses larmes que je me rends compte que je pleure moi aussi.

Elle se jette dans mes bras.

Pas besoin de lui dire ce que je viens de faire: elle l'a comprit.

« Tu as bien fait Edward, tu es prêt, je suis fière de toi! »

« Je t'aime Bella… »

« Moi aussi »

« Qu'est-ce que tu vas faire? Hors de question que tu restes ici seule… »

« Je ne sais pas…On s'en moque pour le moment, d'accord? Viens j'ai un cadeau d'anniversaire pour toi… »

Elle me tire par la main vers la tente, on y rentre et elle se jette sur moi pour m'embrasser, encore et encore. Mais ce n'est qu'en la voyant ôter son tee shirt que je comprends la nature du cadeau. Oh oh…