Chapitre 17
Love and distrust
Love and Distrust est un film américano-britannico-australien sorti directement en vidéo en 2010, qui regroupe cinq courts-métrages tournés de 2000 à 2008, avec Robert Pattinson
Le titre signifie « amour et méfiance ».
Carlisle PDV
Il est à peine 7 heures du matin, quand, comme tous les matins depuis 15 jours, je me lève et prend ma voiture pour aller prendre un canoë et me diriger vers l'embarcadère où je commence à douter voir un jour le signe tant attendu.
Quand Esmée m'a raconté avoir obligé Jasper à la conduire à notre fils, et les événements qui ont suivis, je n'en revenais pas. On en a même ri, pour faire retomber la pression. J'admire encore plus ma femme. Elle mon ancre, ma bouée de sauvetage dans l'enfer qu'est devenu ma vie depuis que mon fils me rejette…
Et ce matin, je reste immobile, n'arrivant pas à y croire.
Le foulard jaune est là.
Accroché à la branche du séquoia, comme j'ai tant de fois espéré qu'il le soit enfin. Je sais que je ne rêve pas, parce que dans mes rêves le foulard volait glorieusement au vent alors que là il pend assez lamentablement le long du tronc. Mais ça n'a pas d'importance: il est là.
J'accoste et saute hors du canoë.
Je sais à peu prêt où est Cold Creek Manor, mais pour plus de sureté je siffle le chien.
Mauvaise pioche: Heidi accourt et m'aboie dessus.
Elle n'est pas réellement hargneuse mais elle ne me connait pas vraiment, et elle me faire clairement comprendre que je n'ai pas intérêt à avancer.
Heureusement, très vite Bella arrive.
Elle porte un tee shirt appartenant à Edward, et des baskets. Et c'est tout, si on oublie de compter le suçon dans son cou…
Elle rougit en m'apercevant et balbutie:
« Déjà? Comment vous avait su si vite? »
« Je viens tous les matins pour vérifier… »
« Oh… Venez, Edward dort encore, je vais le réveiller »
Je suis peut-être supposé protester, dire qu'on le laisse dormir mais je suis incapable d'attendre encore.
Elle ressort de la tente et me sourit:
« Il arrive. Vous voulez une tasse de café? »
« Volontiers »
Elle allume le réchaud, remplit une casserole d'eau que nous regardons bouillir en silence. Edward sort de la tente, torse nu, barbu et mal réveillé.
Il s'installe en silence à mes côtés, non sans avoir déposé un bisous sur la bouche de Bella.
Elle remplit 2 tasses d'eau, ajoute dans chacune 3 cuillers de café instantané et une de sucre et nous les tend.
Elle s'empare alors d'un savon, d'une serviette et nous informe qu'elle va faire sa toilette à la rivière.
Je regarde Edward;
Il attend, les yeux rivés sur le réchaud désormais éteint.
Je crois que j'ai encore plus le trac que lors de mes examens de médecine.
Je me lance, conscient de jouer au moins une partie de ma vie:
« C'était il y a 17 ans et demi. J'étais de garde aux urgences. Emmett avait un an et demi et j'étais épuisé parce qu'il m'avait fait passer la nuit précédente, occupé à sortir des molaires, avec une grosse poussée de fièvre. J'étais père célibataire, et j'enchainais les nounous, mais aucune ne restait, j'avais des horaires de dingue et un salaire minable qui m'empêchait de les payer correctement. On m'a envoyé suturer une jeune femme. Quand je suis entré dans le box je me suis tout de suite senti très mal. Elle avait environ 25 ans et elle était très belle; Mais elle avait la lèvre fendue, un œil au beur noir et elle pleurait, repliée sur elle-même. Je devais mettre des points près de son oreille, elle avait une balafre assez importante. Elle m'a servi le baratin habituel, avec les portes qui se referment et les escaliers dévalés par accident; Je n'y ai pas cru un instant, j'avais vu trop de femmes battues dans ma carrière pour ne pas savoir en reconnaitre une quand elle était en face de moi. Je lui ai fait passer des radios, et prescrit un bilan sanguin standard. Puis je suis passé à autre chose et en fin de matinée j'ai reçu les résultats. Alors je suis retourné dans le box. Elle s'était rhabillée et elle avait un air de soumission qui m'a mit en rage. Les radios montraient d'anciens traumatismes, elle était battue sévèrement, et depuis plusieurs mois.
J'ai tapé sur la table d'examen avec la feuille de résultats et je lui ai dit : « Vous êtes enceinte. D'environ 3 mois. Vous le saviez? »
Elle a ouvert de grands yeux et m'a dit que non; Je l'ai crue parce que ses yeux ne mentaient pas. Elle a d'abord affiché un air incrédule, puis ses mains sont venues se poser sur son ventre , comme pour le protéger. Et son regard a changé. J'y ai lu de la peur, et de la détermination. Alors je lui ai demandé si elle savait qu'il allait faire pareil avec l'enfant. Ou bien la battre devant le bébé. S'il n'interrompait pas la grosses avec ses coups, bien sur. Elle s'est mise à pleurer et j'ai du résister à l'envie de la serrer dans mes bras. Elle m'a regardé dans les yeux pour la première fois. Je l'ai presque suppliée de le quitter. Elle a finit par y consentir même si elle crevait de trouille. Ils n'étaient mariés que depuis huit mois et il la battait depuis six…J'ai appelé moi-même un foyer pour femmes battues où la police l'a amenée. J'ai accepté de cacher sa grossesse, pour que son mari ne sache pas, pour le bébé. Le lendemain, je suis retourné la voir, au foyer. Et je lui ai proposé de s'occuper de mon fils. Elle a hésité au début, parce qu'elle avait peur de tout le monde, et que malgré tout elle était fière et refusait la pitié. Mais elle est venue. Elle a prit mon fils en charge. En une semaine, Emmett a changé du tout au tout. Il avait ce qui ressemblait le plus à une maman. Il a grandit, a grossit et a prononcé ses premiers mots. Il a cessé de hurler la nuit, et a accepté de manger de la nourriture solide. Quand je rentrais il y avait un bon repas qui m'attendait , soit sur la table, soit dans le frigo, avec un petit mot scotché dessus, pour m'indiquer comment le réchauffer. J'ai gardé chacun de ces mots. Je te les montrerais, si tu veux. Au bout d'une semaine à peine je savais que j'étais irrémédiablement amoureux d'elle. Et encore une semaine plus tard elle est venue m'accueillir à la porte à mon retour, avec Emmett dans les bras. J'ai embrassé le bébé et puis spontanément je l'ai embrassée elle aussi. Sur la bouche. Elle a rougit, moi encore plus et on en a pas reparlé. Mais après avoir couché Emmett on a passé la nuit ensemble. Son ventre se voyait déjà et je pensais que ça me gênerait mais pas du tout. Son divorce a été prononcé un mois plus tard, et on a déménagé. On a quitté Chicago pour Seattle. On s'aimait comme des fous…Un soir elle m'a demandé si je voulais bien que le bébé m'appelle papa. Bien sur que je voulais! Le lendemain nous sommes allés faire la reconnaissance anticipée de paternité. Et j'ai acheté le nounours. J'étais là pour toutes les échographies. J'étais là quand le bébé a bougé pour la première fois sous mes doigts, j'étais là pour les séances d'haptonomie. J'étais là pour tapisser la chambre et pour choisir des vêtements. J'étais là pour écouter ses peurs et la rassurer quand elle cauchemardait la nuit. J'étais là pour lui jurer que jamais son ex-mari ne nous enlèverait le bébé. J'étais là pour l'accouchement, j'étais là pour la soutenir, pour me faire massacrer la main et pour me faire mordre. J'étais là quand le monitoring a commencé à biper et qu'il a fallu terminer par une césarienne en urgence. J'étais là pour maintenir le masque à oxygène sur son visage et j'étais là pour choisir dans l'urgence entre Edward et Anthony. J'étais là quand la sage femme nous a montré un bébé un peu bleu, qui ne respirait pas bien et j'ai pleuré quand ils t'ont aspiré et que tu as enfin crié. J'étais là pour exiger que la couveuse dans laquelle il t'ont mit 24 heures par précaution soit mise dans la chambre de ta mère. J'étais là quand l'infirmière a écrit « Edward Cullen » sur le petit carton scotché à ton berceau. J'étais là pour ton premier bain, et pour soutenir ta mère dans son allaitement. J'étais là pour prendre nos fils en photos, et pour recevoir les félicitations. J'étais là pour ton premier sourire, pour tes premiers pas, ton premier jour d'école. Pour tes maladies, tes cauchemars et tes caprices (et Dieu sait que tu en as fait…) J'étais là quand tu piquais des crises de jalousie monumentales après la naissance d'Alice. J'ai toujours été là, et ça fait très, très, très longtemps que j'ai sincèrement oublié que nous ne sommes pas père et fils biologiquement. Ton père c'est moi Edward, tu n'en as jamais eu d'autre. »
