chapitre 19
On the road
Sur la route (titre original : On the Road) est un road movie franco-américano-canado-brésilien réalisé par Walter Salles, adapté du roman homonyme de Jack Kerouac, sorti en 2012. avec Kristen Stewart.
Edward PDV
On range tout. C'est long, plus que je ne le pensais. Il y a pas mal de chose dans notre petit campement finalement.
Je regarde Bella marcher et bouger. Je la connais suffisamment pour savoir qu'elle minimise sans aucun doute son inconfort. Même si notre tout premier rapport a été maladroit et malhabile, je n'en garde pas un mauvais souvenir. Au contraire, c'était un moment de complicité et d'intimité que j'ai adoré. Qu'on a adoré, tous les deux.
J'ai toujours eu une vie paisible, et pour tout dire facile.
Je suis passé à travers plus d'émotions ces 3 dernières semaines qu'en 17 ans de vie.
Surtout depuis hier, d'ailleurs.
Faire l'amour avec Bella, puis apprendre la vérité sur ma naissance, mais aussi mesurer l'amour que mon père me porte c'est juste génial.
Je me sens toujours le même en un peu mieux.
Je suis heureux, c'est peut-être tout simplement ça.
On porte tout jusqu'au canoë mais un seul voyage ne suffira pas, alors on embarque que les trucs les plus importants, dont bien sûr Heidi. On rame en silence jusqu'à l'embarcadère.
Et Bella appelle Jacob.
« Hey, Jake c'est moi, on rentre chez nous, tu peux venir nous chercher? »
Il va bientôt pleuvoir et je ne suis pas mécontent d'y échapper.
Bella m'aide à tirer notre embarcation au sec puis on se laisse tomber à terre, elle entre mes jambes, pour un long baiser.
Puis je la regarde composer un autre numéro.
Son visage est fermé, plus dur, plus farouche.
Je connais cette Bella là, mais ça faisait un moment que je ne l'avais pas vue.
« Allo, maman? C'est moi. Je t'appelle pour te dire que tu es une horrible personne. Tu m'as abandonnée il y a plus de 8 ans, tu m'as laissée chez papa, sans jamais venir me voir une seule fois. Et j'y suis bien figure toi. A présent tu veux te racheter une conduite, mais ne compte pas sur moi pour t'y aider. Je n'ai pas oublié notre vie d'avant tu sais. Je me souviens parfaitement que tu ramenais des gars presque toutes les nuits, rarement le même. Tu crois que ça m'amusait de vous entendre vous envoyer en l'air? Je comprenais tout tu sais; Et le nombre de fois que j'ai du t'attendre durant des heures, seule à la maison, ou dans la voiture, pendant que tu fricotais je ne sais quoi avec je ne sais qui…J'étais 100 fois mieux avec Charlie et tu le sais, c'est bien ce qui te rend jalouse, je le sais. Je t'aimais pourtant, j'ai longtemps espéré que tu serai un jour une vraie maman. Mais maintenant c'est terminé, je sais à quoi m'en tenir à ton sujet. Je me moque que tu ais eu une révélation ou je ne sais quoi, que tu ais découvert que tu as une fille et que tu veux me retrouver. Si ta démarche n'était pas purement égoïste tu aurais commencé par venir me voir, m'emmener en vacances et me proposer de venir vivre avec toi. Mais tu t'accordes tous les droits, bien que cela fait longtemps que tu ais perdu celui d'être ma mère. Je vais arriver le 1° aout, comme la loi m'y oblige, mais je peux te jurer que tu vas le regretter. Je ne te déteste pas, c'est pire que ça: je ne t'aime pas. Au revoir, profite bien du mois d juillet, le mois d'aout risque d'être ton pire cauchemar »
Et elle raccroche. Je suis soufflé. Bella tremble dans mes bras, même si elle ne pleure pas.
Je lui caresse l'épaule et lui dit, pour essayer de détendre l'atmosphère:
« Rappelle moi de ne jamais te contrarier ma chérie… »
Elle rit et se retourne pour m'embrasser.
On ne s'arrête que quand les voitures stoppent derrière nous.
Sam et Jacob sortent.
Ils sont tout sourire.
Ma gorge se serre. C'est bon de les voir. Et, parce que j'ai reproché à mon père ses mensonges, et que Bella vient de me montrer un sacré exemple, je me lève et les serre dans mes bras (ndla: le fameux « hug » américain^^):
« Merci d'être là les gars, vous êtes de vais amis! »
Ils sont contents de me l'entendre dire, visiblement.
Sam part chercher le reste de nos affaires, pendant qu'on bavarde avec Jacob.
Ils doivent bien voir qu'on est crevé, Bella et moi.
Je ne l'ai pas lâchée. Elle est toujours dans mes bras et soudain quelque chose me frappe: personne ne va essayer de nous éloigner. Physiquement si, puisque sa mère va la reprendre (ce qui, connaissant Bella comme je la connais, ne va pas durer) mais dans cette aventure on a gagné de la légitimité. On a prouvé à tout le monde que malgré notre jeune âge on est capable de prendre soin de nous, seuls.
On ne va pas nous traiter comme des gamins qui sortent ensemble, on va nous voir comme le vrai coule que nous formons. Nous sortons grandi de cette histoire. Et j'en suis heureux.
Sam revient avec le reste de notre bardas et on embraque dans la voiture de Jake, tandis que Sam nous suit avec son pick-up.
On va chez moi. La main de Bella est dans la mienne. Je me sens mal à l'idée qu'on va se quitter, dans quelques minutes. Mais on va se revoir. On ne va pas retourner à l'école, du moins pas avant septembre. Mon père m'a dit qu'il nous a fait des certificats médicaux: on est censés avoir la rougeole, et forte.
Quand Jake se garde devant chez moi je trouve ma maison belle. Vraiment très belle.
La porte s'ouvre sur Alice. Le cri de joie que pousse ma sœur en me voyant vaut toutes les thérapies du monde.
Elle rentre un instant dans la maison avant de courir vers moi. Je sors de la voiture et elle me tombe dans les bras. Presque aussitôt j'entends la voix de ma mère et elle m'étreint à son tour. Papa et Emmeet arrivent aussi et on se fait un câlin collectif un long moment.
Quand je reprends un peu mes esprits je regarde mes parents. On s'est déjà tout dit avec mon père, mais je m'adresse à maman:
« Je suis désolé, je te demande pardon… »
« C'est moi mon chéri, on aurait du vous dire la vérité plus tôt… »
Je l'entraine à l'écart pendant que mon père, Emmett et Alice parlent avec Bella, Jake et Sam, parce que mon cœur doit savoir:
« Maman…Est-ce que je lui ressemble? »
Elle me sourit, avec ce sourire si particulier qui mêle les larmes à la joie:
« Oh non. Pas du tout. Tu as toujours ressemblé à Carlisle mon chéri, même si physiquement tu me ressembles surtout à moi! »
Je la serre dans mes bras puis je rebrousse chemin et empoigne Jacob, l'emmène lui aussi à l'écart et lui pose la question franco:
« Est-ce que je ressemble à mon père, je veux dire, Carlisle, le vrai! »
Il parait surpris mais me répond tout de suite:
« Pas physiquement, puisque tu es roux aux yeux verts comme ta mère, encore que ton père et toi vous avez les mêmes mimiques, mais oui, tu lui ressembles énormément, vous êtes tous les deux assez fiers, presque arrogants, un peu précieux, mais aussi foncièrement gentils et généreux! Et vous avez la même intelligence. D'ailleurs tu vois, j'ai toujours pensé que tu ressembles à ton père et qu'Emmett ressemble à ta mère, alors tu vois…Quand à Alice, je ne sais pas à qui elle ressemble mais… »
Il prend l'air effrayé et je lui confirme: « Alice ne ressemble à personne, heureusement! »
Ma sœur a entendu et arrive, sourcils froncés:
« Vous avez dit quoi là? »
Je lui souris de toutes mes dents:
« Que Jasper a bien de la chance »
Elle grogne un assentiment, pas dupe.
Ma mère vient me prendre par le bras et je cherche Bella du regard: elle parle avec mon père.
Je m'approche d'elle mais c'est elle qui me parle:
« On doit tous se reposer je crois. Et je crève d'envie d'un bain chaud! »
« Oui moi aussi! Mais on se voit demain, Ok? »
« Oui, on s'appelle! »
Je les regarde s'éloigner puis je me tourne vers ma famille:
« Bella et moi on est ensemble. Et ce n'est pas négociable. »
Ils ne répliquent rien et je rentre chez moi.
Chez moi. J'ai bien cru , à un moment, avoir perdu le droit d'appeler cet endroit ma maison, et mon père par ce nom mais je me trompais. Je suis ici chez moi, et ma famille le sera toujours.
