Chapitre 21

In the land of women

In the Land of Women est un film américain réalisé par Jon Kasdan en 2005 et sorti en 2007, avec Kristen Stewart.

La traduction du titre est « au pays des femmes ».

Bella PDV

En fait c'est plutôt facile d'être une peste. C'est même assez agréable.

Je suis ici depuis 15 jours et je pense que ma mère est sur le point de craquer.

J'applique une méthode très simple: celle du silence.

Quand ma mère et son nouveau mari sont venus me chercher à l'aéroport je ne leur ai même pas dit bonjour.

Ca les a un peu douché, mais il en faut plus que ça à ma mère.

Elle m'a serrée contre elle (de force) m'a dit que j'avais grandi (forcément, en 8 ans) et m'a assommée avec ses babillages. Mais ses mains tremblaient et j'ai comprit qu'en fait elle n'en menait pas large.

Elle ne m'a pas menti: j'ai une chambre et une salle de bain à moi. Très girlie. Le genre que je déteste.

Quand elle me l'a montré j'ai daigné desserré les dents:

« Je suis pas Paris Hilton moi. Je déteste »

Ma mère a tiqué mais elle m'a proposé de tout refaire.

Je me suis contentée de poser mon sac en levant les yeux au ciel.

Ma mère l'a ouvert pour « m'aider à m'installer ».

Elle m'a regardée après avoir inspecté le contenu:

« Tu n'as rien d'autre?

« Si. Chez moi »

« Bon, demain on ira faire du shopping! »

J'ai pas répondu .

Mais on a effectivement fait du shopping et j'ai choisi des tas de choses. Bien entendu elle m'a dit que je ne pouvais pas tout avoir alors je lui ai balancé les habits au visage et je l'ai plantée en plein milieu de H&M et je suis partie.

Elle a passé un bon moment à me chercher dans tout le centre commercial. Elle a même demandé de l'aide aux vigiles et moi je suis tranquillement rentrée chez elle.

A pied.

Ce qui m'a permit de récolter un joli coup de soleil.

Renée a débarqué en fin d'après-midi, échevelée et paniquée. Je l'attendais assise devant la porte, puisque je n'ai pas les clés.

Elle a hululé en voyant mon coup de soleil et j'en ai rajouté en disant me sentir très mal.

Elle m'a trainée chez le médecin et quand ce dernier m'a examinée j'ai pleurniché, à tel point qu'il a fait sortir ma mère pour me demander ce qui m'arrivait. Je lui ai tout raconté et il était bien ennuyé.

Il n'a pas dit à ma mère de quoi on avait parlé et quand elle m'a interrogée dans la voiture, je lui ai dit que j'avais raconté que Phil me viole. Elle a bien faillit prendre un poteau de face et s'est mise à hurler.

Ce n'est qu'une fois arrivées à la maison que je lui ait dit:

« Je rigolais, t'es trop naze, sérieux… »

Après ça je suis allée m'enfermer dans « ma » chambre et j'ai appelé Edward. Il a rigolé quand je lui ai raconté et on a parlé longtemps. A tel point que ma mère, puis Phil, sont venus me demander de raccrocher, parce que mes bavardages les empêchaient de dormir.

Je me suis contentée de souffler en levant les yeux au ciel.

Ma mère va bien finir par craquer!

Comme, du coup, je n'ai acheté aucun vêtement, je crois que Renée tente une autre approche: ce matin elle vient me voir pendant que je prends mon petit déjeuner et elle me dit qu'elle va m'emmener au centre commercial, qu'elle me donnera une somme d'argent et qu'avec je vais pouvoir m'acheter ce que je veux.

Parfait. J'en ricane d'avance. En même temps, si elle tend le bâton pour se faire battre, hein…

Elle hésite et d'une voie tendue me dit:

« Tu débarrasseras chérie »

Je ne réponds pas, mais je ne débarrasserai pas, bien entendu, comme depuis que je suis arrivée.

Je me lève, m'étire et fais volontairement tomber de miettes, du lait et des céréales par terre. Puis je marche dedans consciencieusement.

Je vais m'habiller et on part. Renée me fait tout un laïus, que je n'écoute pas vraiment: j'ai mon MP3 dans les oreilles.

Mais j'entends quand même certaines phrases:

« Tu es grande à présent…Te fais confiance…Ton père m'a juré hier au téléphone que tu es très mure…T'habituer…Nous laisser une chance »

Les conneries habituelles quoi…

Je descends et Renée me dit:

« Je te récupère ici à 11h30! »

Elle me tend alors 300 dollars et je ne remercie PAS.

Je rentre dans le centre commercial et en moins de 10 minutes j'ai dépensé les 300 dollars.

Alors je vais m'asseoir sur un banc, un peu à l'ombre parce que je pèle encore, avec mon nouveau copain et j'appelle Edward, puis Alice.

Ils sont morts de rire.

Je fais exprès d'arriver au RDV avec 20 minutes de retard. Je vois ma mère fulminer, debout à côté de sa voiture mais j'arrive derrière elle et elle me voit au dernier moment.

Je jure que je vois sa mâchoire se décrocher en nous apercevant. Du coup elle en oublie son retard:

« B-Bella? Qu'est-ce que c'est que ça?! »

« Ben tu vois bien! C'est une peluche Winnie l'ourson! »

« Mais…Elle est énorme! »

« 2 mètres de haut. Pour un ours c'est plutôt dans la moyenne basse… »

« Mais…Il a du couter une fortune! »

« 295 dollars . Avec les 5 dollars restant je me suis payée une glace et une gaufre, parce qu'avec ta bouffe je crève la dalle moi… »

« Et les vêtements alors? »

« Quels vêtements?! Tu m'as donné de l'argent en me disant que je m'achète ce que je veux et ça fait longtemps que j'ai envie d'un gros Winnie comme ça! Par contre il va quand même falloir m'acheter des fringues parce que j'en ai marre d'alterner 2 tenues moi! »

Elle me gifle.

Je la regarde et recule.

Je sors mon téléphone et appelle mon père:

« PAPA! RENEE VIENT DE ME FRAPPER! »

Du coin de l'œil je vois que ma mère téléphone elle aussi.

Mon père garde son calme, du moins en partie:

« Elle t'a frappée comment? »

« Une gifle! »

« Et pourquoi? »

Je lui raconte toute l'affaire et il alterne entre le rire et les larmes. Néanmoins il me demande de me calmer.

Je monte en voiture, à l'arrière à côté de mon Winnie.

Renée finit par monter et nous retournons chez elle, dans un silence de mort seulement coupé par ses reniflements.

Elle va craquer.

C'est imminent même je pense…