Bonjour tout le monde !

Voilà la suite! désolée mes délais de parutions sont assez longs... Mais j'ai pas mal de fics en écriture en même temps (dont une en collaboration étroite avec Larmes-Noire), plein plein de boulot avec la reprise des cours... Et une attelle au pouce (non, je plaisante pas. C'est troooop galère pour tapre XD)

Enfin voilà, j'espère qu'elle vous plaira quand même ! Bonne lecture ;)


Le métis ouvrit un œil péniblement le lendemain matin avant de regarder son réveil. Six heures trente. A cette heure-ci, même Sanji n'était pas encore debout pour commencer à cuisiner… Il soupira alors que les évènements de la veille lui revenaient en mémoire. Alors comme ça, il était papa. A à peine 20 ans. Il ne se souvenait même pas de la maman, parce que la petite avait été conçue alors qu'il était complètement ivre. Cette situation était tellement absurde…

Il s'assit sur son lit en baillant, avant de poser les pieds au sol. Tant qu'à faire, autant se lever maintenant vu qu'il ne parviendrait pas à se rendormir. Et puis ce serait peut-être l'occasion de parler avec Iléria seul à seul, sans les autres membres de l'équipage à côté.

Le sniper arriva donc sur le pont, humant avec un sourire les embruns qui fouettaient son visage, revigorants de fraîcheur. C'était une des choses qu'il appréciait le plus avec le fait de prendre le large. Le calme de l'eau qui s'étendait à l'infini.

Il tourna la tête et vit qu'une autre personne était éveillée. Assise au niveau des mandariniers, le regard tourné vers la mer, Iléria lui tournait légèrement le dos. Il prit une grande inspiration avant de se diriger vers elle. Le moment était venu.

- Iléria ?

Elle tourna la tête dans sa direction avec un faible sourire. Son visage était creusé par les cernes, signe qu'elle non plus n'avait pas beaucoup dormi cette nuit.

- Bonjour, Usopp.

- Est-ce qu'on peut discuter, tous les deux ?

Elle lui fit signe de s'asseoir.

Une fois en face d'elle, il se rendit compte qu'elle était en train d'allaiter sa petite. Il ne put s'empêcher de rougir fortement à la vue de ce sein dénudé que la gamine tétait goulûment et il détourna le regard, mal à l'aise. La maman eut un petit sourire mais décida de ne pas relever.

- De quoi voulais-tu que l'on parle ?

- Oh, et bien…

Il osa la regarder à nouveau, tâchant de garder les yeux fixés dans ceux d'Iléria, pour ne pas descendre plus bas.

- Je voulais m'excuser, pour t'avoir si mal parlé, reprit-il d'une voix qu'il voulait posée.

Elle continua de le regarder, attendant la suite patiemment.

- Je ne voulais pas te blesser, ni te traiter de menteuse hier. J'ai tout oublié de notre rencontre, absolument tout et j'en suis désolé. C'est de ma faute. Du coup, lorsque tu m'as dit qu'on avait… et que j'étais père, je n'ai pas voulu te croire. Ça me paraissait juste impossible, par rapport à ce que je savais de moi.

Il prit une grande bouffée d'air pour se redonner du courage.

- Il faut me comprendre, je déprime depuis un an parce que mon premier amour n'a pas attendu mon retour pour faire sa vie. Ma vie auparavant était centrée sur cette relation et je me suis retrouvé sans rien du jour au lendemain. Alors entendre dire que j'étais père du fait d'une nuit trop arrosée alors que je m'étais réservé uniquement pour Kaya toutes ces années, ça m'a fait perdre les pédales. Je n'y ai pas cru, je ne pouvais pas y croire puisque je ne me souvenais même pas de toi.

Il y eut un nouveau temps mort alors qu'il cherchait ses mots.

Mais ma réaction était tout ce qu'il y avait de plus excessif et… et… je te demande pardon. Pardon pour mon emportement, pardon pour ne pas t'avoir crue, et surtout pardon pour t'avoir oubliée. Tu ne méritais pas cela et c'est absolument dégueulasse de ma part. Tu m'as cherché pendant un an en espérant me retrouver et cela a dû être une déception énorme quand tu as compris que tu n'étais rien pour moi, même pas un souvenir. Je ne voulais pas te faire mal et crois-moi cela me frustre de ne plus me souvenir… Je suis sincèrement désolé.

Elle eut un sourire triste.

- Merci de t'être excusé. Cela ne change rien au fait que je sois affreusement déçue, mais au moins je sais que ce n'est pas de ta faute si tu m'as rejetée après ce qu'on a vécu.

Elle eut un petit rire aigre.

- Moi qui m'étais fait tant de films sur nos retrouvailles… Il faut croire que cela ne restera qu'un rêve.

- Je suis navré, Iléria.

- Ne le sois pas. C'est la vie qui en a décidé ainsi.

La gitane regarda à nouveau la mer, pensive.

- Que vas-tu faire à présent ? lui demanda Usopp après quelques instants. Tu fais partie de l'équipage, mais si cette situation entre nous deux te pèse trop et que tu préfères partir, je comprendrai, ce serait tout à fait justifié. Et on fera comprendre à Luffy qu'il ne doit pas insister.

- Ton équipage et surtout ton capitaine ont l'air d'être des gens vraiment bien. Je n'ai nulle part où aller à présent alors ici ce sera mieux qu'ailleurs, même si ça ne sera pas tout à fait comme je l'espérais. Mais et toi ? Ne souhaites-tu pas que je m'en aille ?

- Non et même si c'était le cas je n'ai aucun droit de te l'imposer, objecta-t-il. Nous sommes dans cette situation perturbante uniquement par ma faute, je dois en assumer les conséquences. Et puis si tu t'en vas je dis au revoir à ma fille, que j'ai à peine eu le temps de voir… Je ne veux pas qu'elle grandisse sans père. Je sais ce que ça fait et je ne tiens pas à ce qu'elle ressente le même vide que moi. Je ne veux pas te laisser l'élever toute seule et te faire galérer. Si elle est là, on y est tous deux pour quelque chose, alors moi aussi j'ai mon rôle à jouer dans sa vie.

Il soupira.

- Ça me fait très peur d'être papa. Je ne serai certainement pas à la hauteur… Mais si tu le permets j'aimerais essayer, faire de mon mieux pour t'aider. J'ai envie d'être là pour ce petit bout de chou… Vraiment.

Elle eut un sourire discret. Le Usopp qu'elle avait connu, pataud, très peu sûr de lui mais néanmoins plein de bravoure était revenu. Elle jeta un regard à leur fille, qui avait fini de téter. Elle réarrangea ses vêtements et la fit roter avant de la lui tendre.

- Tiens, Usopp. Prends-la.

- Mais… tu… tu es sûre ? bégaya-t- il d'une voix légèrement paniquée. Tu n'as pas peur que je la fasse tomber ?

- Tu es là pour apprendre, non ? lui fit-elle d'un air malicieux.

Elle se redressa sur les genoux et s'approcha de lui alors qu'il prenait la petite, fébrile.

- Tiens, cale sa tête dans le creux de ton coude… Oui, comme ça. Ton autre bras sert à la stabiliser si elle gigote trop. Tu peux raffermir ta prise, continua-t-elle en riant, elle n'est pas en sucre ! Et puis respire et détends-toi, tu te débrouilles très bien. Regarde comme elle est curieuse…

Effectivement, leur fille regardait Usopp, intriguée de voir que ce Monsieur qu'elle ne connaissait pas la prenait dans ses bras. Le métis arrêta de respirer un instant, complètement déstabilisé par ce regard vert. Puis la gamine lui fit un grand sourire avant de lui attraper le pouce et de jouer avec. Le sniper sentit des larmes d'émotion lui monter aux yeux. C'était… sa petite fille. A lui. Sa gamine. Ça lui faisait tout drôle… mais il se sentait heureux, pour la première fois depuis longtemps.

Iléria regardait la scène avec un sourire attendri. Usopp était si beau comme ça ! Sa maladresse et sa peur de mal faire étaient si touchantes… Malheureusement, songea-t-elle douloureusement, elle n'avait rien à espérer de plus. La tendresse qu'il lui avait montrée la fois où ils étaient devenus amants s'était effacée en même temps que l'alcool qui avait été éliminé de son organisme. Il ne la rejetait pas, mais il ne recherchait pas son affection non plus. Il pensait toujours à cette Kaya elle ne devait pas se faire d'illusion. Le seul lien qui les unissait à présent, c'était leur fille et elle devrait se contenter de cela même si elle ne pourrait jamais s'empêcher de vouloir plus. La prophétie était peut-être fausse, finalement… Ou bien elle l'avait mal interprétée.

- Comment s'appelle-t-elle ? Lui demanda le métis, la sortant de ses pensées.

Tout concentré qu'il était sur la petite, il n'avait pas remarqué le trouble de la jeune maman.

- Elle n'en a pas, finit-elle par dire.

- Quoi ? fit-il en relevant la tête.

- C'est… dans mon clan, c'est au père de choisir le prénom de ses enfants dans les six premiers mois de leur vie. Passé ce délai, c'est la mère qui le fait. C'est aussi pour ça que je te cherchais, je voulais que ce soit toi qui lui donne son prénom.

Il resta un instant interdit. C'était un grand honneur qu'elle lui faisait. A tous les endroits du monde où il était allé, c'était toujours la mère qui choisissait le nom de ses enfants.

- Quel âge a-t-elle ? murmura-t-il.

- Trois mois depuis hier.

Il reporta son attention sur le bébé, réfléchissant sérieusement.

- Amaya (1), finit-il par dire en caressant la joue de la petite. Je t'ai rencontrée pour la première fois par une nuit pluvieuse, cela me semble être le prénom le plus approprié pour toi, petite princesse…

- Amaya, répéta doucement Iléria pour le retenir. Oui, c'est un beau prénom.

Ils restèrent un moment à la regarder, comme hypnotisés. Fatiguée par toute cette attention qu'on lui portait, la petite Amaya s'endormit finalement dans les bras de son père. Pendant ce temps, des yeux qui avaient bourgeonné au niveau d'un mandarinier disparurent. Dans sa cabine, Robin arborait un sourire mystérieux. La situation semblait s'être améliorée pour les deux jeunes parents. Tant mieux. Il ne restait plus qu'à voir comment le temps allait agir sur eux.

Sur le navire, on apercevait de plus en plus de mouvement. Le reste de l'équipage se réveillait progressivement.


Tous avaient été très heureux de voir que ça s'était arrangé entre le sniper et la bohémienne. L'ambiance à bord du Thousand Sunny était nettement plus joyeuse aujourd'hui.

- Ce soir, s'écria Luffy avec un sourire gigantesque alors que le soleil déclinait à l'horizon, on fait la fête ! On célèbre l'arrivée d'Iléria et d'Amaya dans l'équipage !

Tous poussèrent des exclamations de joie à cette nouvelle. La fête, c'était quelque chose dans cet équipage ! Tous mirent donc la main à la pâte pour donner au Thousand Sunny des allures festives et les filles aidèrent Sanji à faire un banquet digne de ce nom, pour son plus grand bonheur.

Iléria était restée avec Chopper, qui voulait vérifier qu'elle et sa fille étaient en parfaite santé avant qu'ils ne prennent le large. Quand elle sortit du cabinet du médecin avec sa fille dans les bras, ils commencèrent la fiesta. Tous mangèrent, burent, firent les pitres et chantèrent jusqu'à ce qu'ils n'en puissent plus, chacun à leur manière.

- Eh Iléria ! s'exclama Luffy avec des baguettes dans le nez et un panier d'osier dans les mains. Tu ne veux pas essayer ? C'est troooooop marrant !

- Non mais ça va pas Luffy de faire des propositions aussi avilissantes à cette pauvre jeune femme ! s'exclama Sanji en le faisant valdinguer à l'autre bout du pont. Iléria, je t'en supplie, lui fit-il avec les yeux en cœur puis de chien battu, ne suis pas notre capitaine dans ses bêtises !

Iléria pouffa de rire tandis qu'Usopp levait les yeux au ciel. Sanji ne pourrait jamais s'empêcher de draguer toutes les filles passant à côté de lui… Et il redoublait d'ingéniosité pour la cour de la gitane. Il digérait sans doute mal le fait que son charme n'ait aucun effet sur elle alors que le sniper avait découvert toutes les courbes de son corps magnifique… Et le pire, ragea Sanji intérieurement en saignant du nez, c'est qu'il ne s'en souvient même pas !

Brook s'approcha doucement d'Iléria avant de s'incliner devant elle, ignorant le blond qui tentait de calmer son saignement.

- Si tu veux voir ma culotte, c'est non, Brook, lui fit-elle avec un clin d'œil.

- Hum non chère Iléria, pas cette fois. Mais ne t'en fais pas je reviendrai à la charge un jour ou l'autre, quand ma chair le réclamera avec trop d'insistance... Oh mais c'est vrai je n'ai pas de chair ! Bref, j'ai entendu dire que les gitans étaient des experts dans l'art de la danse et du chant.

- Nous aimons beaucoup cela, en effet.

- Pourrais-tu m'accompagner sur un morceau, dans ce cas ? J'ai fort envie d'avoir une démonstration de ton art…

- Connais-tu l'air de Sur la route qui va ?

- Bien entendu ma chère, même si cela fait un long moment que je ne l'ai pas jouée. Allons-y alors !

Il commença à jouer la mélodie. Le reste de l'équipage écouta, intrigué de ne pas reconnaitre l'air. La voix d'Iléria s'éleva, fraîche et pimpante.

Bravant la vie et son fardeau
Sans lui courber le dos
Sous le vent froid, sous le vent chaud
Qui glace et cuit ma peau oh, oh, oh
Je poursuis l'éternelle ronde
Des Gitans qui parcourent le monde
oh, oh, oh oh, oh, oh

C'était tellement beau… songea Usopp. Elle semblait née pour chanter.

Sur la route qui va, qui va, qui va,
Et qui ne finit pas
Dans un bruit de chevaux
Un frisson d'oripeaux
Je suis celle qui passe
Tant pis si mon cœur bat
Tout bas, tout bas
Au rythme de mes pas
Mon désir vagabond
Fuyant vers l'horizon
Ne s'emprisonne pas

Tout le monde écoutait, hypnotisé par la voix claire de la bohémienne. Brook n'avait pas menti en disant que les gitans avaient fait du chant leur art. Iléria ne chantait pas, elle donnait vie à la chanson. C'était juste magnifique.

J'ai connu de beaux jours
Sans lendemains
J'ai laissé mon amour sur le chemin
Je suis ma route et chante, chante,
Chante au vent du destin.

Après la route et ses cahots
C'est la hâte à nouveau oh ! oh ! oh !
Mais on repart toujours trop tôt
Et ce n'est pas mollo ! oh! oh! oh !
Dans la vie où rien ne s'achève
Les maisons sont des prisons sans rêves
oh ! oh ! oh ! oh ! oh ! oh ! (2)

Et ils l'écoutèrent jusqu'au dernier refrain, avant de la saluer ainsi que Brook par un tonnerre d'applaudissements.

- Tu ne nous avais pas dit que tu chantais si bien ! fit Chopper avec des étoiles dans les yeux.

- C'est trop suuuuuper, s'exclama Franky, en plus du musicien on a une chanteuse maintenant !

- Merci, répondit Iléria en baissant les yeux, légèrement gênée.

Elle n'avait pas l'habitude de recevoir des compliments. Pour elle et ceux qui l'écoutaient en général, chanter était juste son gagne-pain, on ne voyait pas la beauté et la volonté qu'elle y mettait… Cet équipage était vraiment différent. Ils ne semblaient pas avoir de préjugés…

- Tous les gens du voyage sont ils aussi bons que toi ? lui demanda Zoro.

- Disons que j'ai été particulièrement gâtée par mère Nature, souffla-t-elle en détournant le regard. Mais il y a beaucoup de très bons chanteurs parmi les miens, comme l'a expliqué Brook.

- ça parle trop là, arrête de l'embêter Zoro faut qu'on continue la fiesta ! hurla Luffy avant d'engloutir un énorme morceau de viande.

Les festivités reprirent et se terminèrent tard, très tard dans la nuit. Demain, ils prendraient le large, vers de nouvelles aventures.


(1) : nuit de pluie

(2) : Une partie de la chanson de Tino Rossi appelée Chanson Gitane (Sur la Route qui va)


ça vous a plu ? N'hésitez pas à mettre une review pour me donner votre avis :)

Prochain chapitre dans une durée complètement indéterminée, mais sûrement dans deux semaines.

A bientôt !

minimilie