18.
- Oh, Algie, quel plaisir de te retrouver !
- Gander, sourit le jeune homme alors que le Mécanoïde l'étreignait doucement, mesurant sa force.
- Tu as bonne mine, assura le lhorois.
- Je me suis bien reposé. Et le doc de l'Arcadia et celui du QG de la Flotte m'ont déclaré bon pour le service. On va donc y retourner, dans quelques jours ! Je suis de retour !
- J'ai été officiellement averti peu avant que l'Arcadia ne s'arrime en orbite de la Terre. Je crois que le médecin-conseil de la Flotte était déjà convaincu par le rapport de ton Doc Surlis !
- Décidément, ce serait bien si j'étais le premier averti des infos me concernant ! grinça Alguérande en finissant de rentrer dans le château des Waldenheim à Heiligenstadt, deux valets montant ses bagages à sa chambre, même s'il ne devait demeurer que quelques jours au domaine familial. Et toi, Gander, tu restes un peu ?
- Oui. Ta mère m'a installé ici depuis hier.
- Chouette !
- Ça fait plaisir de te voir enfin détendu !
- Comment ne pas l'être alors que Madaryne vient avec les enfants pour le week-end d'avant notre départ ! ? se réjouit le jeune homme. De purs moments de bonheur, ça faisait longtemps, ils tombent à pic !
- Et moi, je te promets de ne plus te trahir, jura le second du Pharaon.
- Ce n'était pas de ta faute. C'étaient ces programmes pirates en toi ! Au fait, on t'a appris que tu aurais une assistante sur notre prochaine mission ?
- Mais je suis Mécanoïde. Mes forces et ma résistance sont infinies ! Je n'ai pas besoin de…
- Elle est vraiment particulière, gloussa Alguérande en prenant place sur la terrasse surplombant les piscines rondes en enfilades, une bonne servant des rafraîchissements et des petits canapés beurrés et garnis.
- Et elle ressemble à quoi ? Humaine, ou autre espèce ?
Le jeune homme eut un éblouissant sourire.
- Elle a comme toi une petite corne au milieu du front !
- Il n'y a plus de lhorois…
- Mais toi, tu existes. Et elle aussi a ses propres capacités spéciales !
- Une Mécanoïde !
- Je crois que vous vous entendrez très bien !
- Algie, j'ai failli te faire arracher ton commandement, renvoyer de la Flotte terrestre, et toi tu m'offres une compagne éternelle ! ?
- Je n'étais pas seul à décider.
- Tu as tellement de cœur, Alguérande Waldenheim ! Tu es un être rare et précieux !
- Si tu avais seulement idée de ce que j'ai fait, avant qu'on ne m'offre une cure de sommeil de deux semaines !
- Je suis au courant.
- Décidément, est-ce qu'il me reste seulement une décision à prendre dans cette vie ? grommela Alguérande, assez agacé.
- Oui : j'aimerais que tu appuies sur le bouton de cette télécommande, ma mise à jour alimentaire fait que je meurs littéralement de faim !
- Et moi donc, reconnut le jeune homme en avalant le dernier petit amuse-bouche salé avant d'appeler un membre du personnel pour qu'on vienne les réapprovisionner !
Arrivé pour sa part en début de soirée, Albator avait constaté qu'une partie de son petit monde avait retrouvé sa place et sa sérénité d'esprit.
- Bon, inutile de poser la question : le général Hurmonde t'a tout raconté ! ironisa Alguérande venu l'accueillir, ayant été jusqu'à son arrivée le maître des lieux !
- Evidemment ! Tu es rétabli dans tes fonctions, le Pharaon n'attend plus que toi, et tu vas repartir en mission après t'être ressourcé auprès de ta petite famille ! Tout est enfin rentré dans l'ordre ! résuma le grand brun balafré.
- Oh, mon papa, tu as tant fait pour moi, une fois encore ! fondit Alguérande en l'étreignant longuement. Sans toi, ton obstination, tes apartés avec mon général, je ne m'en serais pas sorti !
- Tu as aussi accompli quelques nouveaux miracles ces dernières semaines, et tu as apporté une paix éternelle à une âme qui n'aurait jamais dû être noire… Je commence à le réaliser. Mais je n'aurais jamais pu avoir ton abnégation ! Léllanya est une Elite mais toi tu es le cadeau de pureté à ces univers !
- Je n'irais pas jusque-là… Je suis sacrément frappé dans mes domaines…
- Le brin de génie allié à la folie. Ceux au chromosome de la famille sont toujours sur le fil du rasoir, mais pour le Bien. Et il faut ces élans suicidaires, cinglés, pour l'emporter, bataille après bataille.
Albator sourit.
- Mais ne soyons pas chagrins ce soir. Ta mère a fait préparer un savoureux menu et nous avons à nous réjouir, en famille et entre amis. Et dans quarante-huit heures, ta petite famille sera là !
- J'ai très hâte ! Je me réveille d'un long cauchemar. Je vais avoir besoin de vous tous !
- Et nous sommes là !
- Vas te rafraîchir, papa, nous devrions passer à table d'ici une heure !
- Mais, à vos ordres, maître de céans ! Je m'incline bien bas !
- Papa ! rit Alguérande en le prenant par les épaules pour qu'ils montent le grand escalier à impérial de l'entrée monumentale du château familial.
