Helloow!

Alors me revoilà pour le premier chapitre de Paint It Black -et sachez que tous vos commentaires m'on vraiment motivé et fait plaisir! Je suis heureuse que mon prologue ai suscité autant d'enthousiasme. :D

Le deuxième chapitre est en partie bouclé et je pense publier une à deux fois par semaine -peut-être plus si j'arrive à m'avancer assez.

J'ai oublié de le dire en publiant PIB mais tous les personnages cités appartiennent à J.K Rowling - le titre fait référence à une chanson des Stones. Je me console avec le reste. Sur ce, bonne lecture! ô/


CHAPITRE 2

One more shot.

Le lendemain, Harry fut réveillé par une sonnerie stridente. De celles qu'il entendait déjà chez les Dursley...

Un réveil ?!

Ron, son compagnon de chambrée, avait bien effectivement réglé le sien sur 7:30 tapantes. De quoi bien commencer la journée... Dring ! Dring ! Dring ! Le roux ne semblait même pas dérangé par le bruit et continuait à dormir comme un bienheureux. Etait-ce humainement possible ? Si Harry trouvait déjà Ron étrange hier, ses doutes étaient aujourd'hui confirmés.

Voilà presque deux jours qu'il n'avait rien pris -et il ne se rappelait pas s'être autant privé depuis... Il ne s'était jamais privé comme cela; près de deux ans qu'il ne passait pas un jour sans sa cocaïne. Douce cocaïne... Il aurait donné n'importe quoi pour s'enfuir d'ici et partir la retrouver au coin d'une rue. Pouvoir serrer dans ses mains son ticket première classe pour le Paradis.

Mais pour l'heure, Harry était prostré sous sa couette, tentant tant bien que mal d'étouffer le bruit de ce putain de réveil en enfonçant les doigts dans les oreilles jusqu'à s'en crever les tympans. Et sa dame toute de blanc vêtue s'éloignait lentement de lui.

« ETEINS CE PUTAIN DE REVEIL ! » cria finalement Harry, à bout de nerfs.

Ron ne broncha pas.

Harry vit rouge.

D'un bond il sorti de ses couvertures pour saisir celle de son colocataire – d'un coup, il tira. Fort.

« Hey mec, s'quiss'passe ? » marmonna le roux depuis le sol, à peine conscient de sa position.

« Il. Se. Passe. Que. » rester calme. « Ta saloperie de réveil sonne depuis plus de DIX. PUTAIN. DE. MINUTES ! »

Son visage devrait sûrement être rouge brique, en y repensant. Voilà que ses membres recommençaient à trembler... En temps normal, le brun se serait sûrement contenté d'aiguiller Ron d'une pique sèche à son réveil. Son sevrage l'avait néanmoins rendu légèrement plus agressif.

« Ahh, ça ! » le plus naturellement du monde Ron s'assit en tailleur face à lui, tirant ses couvertures pour se recouvrir. Parce que monsieur dormait évidemment nu. Harry n'avait pas réellement remarqué ce détail dans sa vendetta mais... Cette situation devenait de plus en plus gênante. Il détourna précipitamment le regard. « En fait j'me dit toujours que j'vais me réveiller tôt, pour espérer croiser Hermione. Genre, au détour d'un couloir, par hasard tu vois ? Alors chaque matin je mets mon réveil... Mais ça n'a jamais marché. »

Le roux lui offrit un pauvre sourire penaud.

Se calmer, se calmer.

« Je vais me doucher. » annonça simplement Harry. Puisqu'il était réveillé, autant faire avec.

« Euh... Okay mec. »

Sans tirer un regard supplémentaire pour Ron, Harry saisit ses affaires puis se dirigea vers la porte de leur chambre; les douches étaient malheureusement communes. Il ne fallait pas trop en demander à un institut financé par l'état...

Au passage, il prit soin de saisir le réveil de Ron puis de l'éclater contre le mur d'un geste violent.

Les débris s'éparpillèrent un peu partout dans la chambre sous les cris indignés de son colocataire.

P.I.B

Sur le chemin du réfectoire, quelques personnes lui sourirent. Foutue thérapie de groupe. Maintenant, les gens savaient à peu près qui il était – et viendraient sûrement vers lui. A cette pensée, Harry frissonna d'horreur. Lui se considérait déjà -malgré son intelligence- suffisamment foiré du fait de sa dépendance. Qu'en serait-il des autres ? Etres déjà stupides et bruyants à la base pour la plupart, leur toxicomanie aura de toute manière terminé d'exploser son seuil de tolérance.

Si Harry avait su s'éloigner du reste du monde depuis sa plus tendre enfance, continuer sur cette voie pour deux mois ne devrait, en théorie, pas lui poser de problèmes.

Avant d'aller prendre son petit déjeuner, il devait d'abord passer voir les infirmières pour obtenir ses médicaments -puis revenir à midi, puis en soirée. On ne lui donnait que le strict nécessaire. Sûrement l'institut avait-il déjà eu des problèmes avec quelques patients suicidaires. Madame Pomfresh était agréable et, tout comme Hermione Granger, semblait prendre son travail ici très à cœur. Ce qui n'est pas le cas de tout le monde... Se dit-il en croisant Severus Snape, l'un des psychiatres de l'institut. Cet homme, qu'il avait croisé pour la première fois à son arrivée au centre lui faisait réellement froid dans le dos. Snape paraissait toiser de son regard méprisant tous ceux qu'il croisait. Comment ses patients faisaient-ils pour se sentir en confiance avec lui ? On lui avait expliqué que les services du psychiatre n'étaient requis qu'en dernier recours, et ce pour les patients les plus « compliqués ».

Que voulait-ils dire par compliqué ? Et les méthodes utilisées par cet homme étaient-elles orthodoxes ?

Il préférait ne pas y penser.

« Alors Harry, comment ça se passe ici ? »

Il se senti obligé de forcer un sourire -en majorité pour éviter les questions gênantes et indiscrètes que l'infirmière serait susceptible de poser.

« C'est un peu dépaysant mais... Je pense que je m'y ferait vite. »

« C'est bien ! » répondit Pomfresh en lui remettant deux petits comprimés bleus. « Un avant ton petit-déjeuner, un après. »

Harry hocha la tête puis s'éloigna vers le réfectoire. Le long du chemin, il fixa presque désespérément ses pauvres médicaments – comme si cette simple action pourrait les transformer en poudre blanche. Alors, c'était comme cela qu'ils procédaient ? En usant de substituts pour se donner bonne conscience puis en les relâchant après, pensant avoir réglé le problème ?

Il était tellement profondément plongé dans ses pensées qu'il ne prit même pas gare à la personne qui marchait droit sur lui et se retrouva à foncer droit dedans.

La personne en question était plutôt grande... Harry dû lever la tête pour croiser son regard. Oh. C'était encore ce « Tom ». Il leva un sourcil, attendant sûrement des excuses quelconques.

Harry n'avait absolument pas l'intention de s'excuser –et, le toisant avec toute la hauteur dont il pouvait face à un gars qui devait bien faire une tête de plus que lui il se dégagea, puis continua son chemin.

Comment une de ces créatures stupides et bruyantes avait-elle presque pu lui faire lâcher des excuses ? Même Rabastan n'y était jamais arrivé. Ce devait être ses yeux, trop intenses. Et l'effet du manque, sûrement.

P.I.B

En vérité, Tom n'était pas si bruyant que cela. Les thérapies de groupe avaient lieu le mardi, le jeudi et le samedi dans un premier temps, puis exclusivement le mercredi dans la seconde partie de la cure. Ils étaient environ une quinzaine à être présents dans leur groupe – et durant ces sessions, seulement trois restaient obstinément silencieux. Tom qui, toujours assis à la droite de Harry se contentait de fixer un point imaginaire ou la fenêtre en attendant que l'heure passe, un blond à l'allure peu sympathique du nom de Dolohov qui regardait tout le monde tour à tour sans jamais lâcher un mot puis Harry lui-même, enfermé dans son mutisme. La thérapeute -qui voulait absolument qu'on l'appelle Hermione, sûrement dans une pauvre tentative de mettre les gens plus à l'aise- ne les avait pas une seule fois forcés à parler, et il lui en était infiniment reconnaissant pour cela. « Ils parleront quand ils seront prêts ! » disait-elle toujours.

Il y avait donc leur trio muet suivi du reste du groupe qui, en général, s'exprimait plus ou moins selon les jours et les humeurs.

Puis il y avait Ron.

Ron qui s'agitait sans cesse dans tous les sens dans l'espoir d'enfin attirer l'attention d'Hermione. Oh ! Cela marchait. Restait à savoir si elle le remarquait positivement...

« Bien, de quoi avez-vous rêvé cette nuit ? »

« D'une belle thérapeute brune. » répondait alors rêveusement le roux.

Ceci n'était qu'un exemple parmi tant d'autres. La quintessence d'une espèce à la subtilité et au bon-goût absents selon Harry. Le soir, il avait droit à ses trente-six odes à la beauté d'Hermione. La nuit, les ronflements de Ron l'empêchaient tout bonnement de dormir – si Harry avait déjà le sommeil léger, il en devenait totalement insomniaque. Même Tom l'impassible avait un jour roulé des yeux à la vue de tant de bouffonnerie. Dolohov, lui, ricanait régulièrement -à chaque prise de parole de Ron en fait.- Les autres soupiraient, exaspérés, ou se taisaient tout simplement, comme lui.

Aujourd'hui, le sujet était – Pourquoi surmonterez-vous votre addiction ?

Parce que oui, Hermione croyait dur comme fer à leur rétablissement.

Une fois n'est pas coutume, Harry avait laissé échapper un ricanement amer à l'entente de la chose. A ce moment-là, Tom -comme beaucoup d'autres- avait tourné la tête pour lui jeter un coup d'oeil. Une fois de plus, il s'était retrouvé plongé dans son regard impassible – et une fois de plus, il n'en avait rien tiré. Hermione, quant à elle, irritée par le mépris clairement visible de son patient avait lancé d'un ton sec :

« Harry a peut-être quelque chose à redire sur cela ? »

Trop heureux de cette perche qu'on lui tendait, Harry répondit au tac-o-tac.

« Ici, nous sommes quinze; admettons que sur ces quinze personnes, huit sont là par contrainte et sept de leur plein gré. Nous avons donc environ 60% de cette salle qui retombera de manière quasi-sûre dans son « addiction » en sortant d'ici. Vous ne vous adressez, déjà, qu'à 40% de votre public. Vous ne posez donc pas les bonnes questions- »

« Suffit ! » cria soudainement Hermione.

Harry l'écouta et se tut, un sourire cynique sur les lèvres. Le silence dans la salle se fit religieux. Même Ron cessa ses singeries pour un instant pour devenir complètement sérieux. C'était, depuis l'arrivée de mademoiselle Granger dans le service l'année dernière, la première fois que celle-ci haussait la voix. Pourtant, se dit Harry en haussant un sourcil, elle devait avoir l'habitude des patients récalcitrants, non ?

En sortant de la thérapie de groupe, ce fut un Harry vaguement songeur qui se fit violemment plaquer contre un mur par une boule de nerfs rousse.

« T'aurais pas pu la fermer non ? »

Wow.

« Hey mon pote... » répondit le petit brun dans une pitoyable tentative d'imiter le ton habituel de Ron « Calme toi, qu'est-ce que t'as ? »

Voilà pourquoi Harry avait toujours évité les confrontations physiques de toute sorte – n'importe qui aurait pu ne faire qu'une bouchée de lui. Et Ron, avec sa masse et sa force, était plutôt bien placé pour le réduire en morceaux.

« Tu l'as blessée ! Putain elle se tue pour tenter de sauver tout un tas de gens foutus dans votre genre et toi tu viens lui balancer qu'elle sert à rien ! »

L'insulte ne lui fit, à vrai dire, pas grand-chose. Harry agréait volontiers sur ce point; il était foutu depuis longtemps. En revanche, les oreilles du roux étaient tellement rouge qu'on aurait pu penser que de la fumée en sortirait d'un instant à l'autre... Si ses os n'étaient pas broyés contre ce putain de mur il en aurait sûrement rit.

Et merde. Il pouvait voir le poing partir. Qui lui disait que ce coup ne le tuerait pas ? Avec sa constitution pitoyable, il se demandait parfois si une bourrasque de vent trop puissante ne l'arracherait pas du sol.

Harry ferma les yeux. Fort. Il avait beau s'auto-détruire tous les jours, il détestait la douleur physique et ne la supportait absolument pas.

Mais rien ne vint – à la place, une voix douce se fit entendre.

« Si j'étais toi, je m'arrêterai là. »

Le souffle court, le petit brun rouvrit les yeux -son visage était sauf mais Ron continuait de l'épingler contre le mur. Tom se tenait juste derrière le roux, affichant un visage toujours aussi indéchiffrable.

« Sinon quoi, tu vas me pousser au suicide hein ? »

Tom roula des yeux.

« Ce n'est pas un secret que tu n'es pas vraiment aussi « foutu » que nous.. Ironie du sort Granger semble être la seule qui ignore encore la véritable raison de ta présence ici. »

La menace était suffisamment claire.

« Salaud. » grogna Ron entre ses dents. Il lâcha pourtant Harry et l'agressa d'un dernier « Toi, fais gaffe ! » avant de finalement partir sans demander son reste.

Ne restait plus qu'Harry et Tom, face à face. Etait-il sensé dire quelque chose ?

« J'attends toujours des excuses – et un remerciement. » fit remarquer d'une voix neutre le grand brun.

« Pourquoi ? » demanda simplement l'adolescent.

« J'attends. »

Harry soupira, puis roula des yeux -une mimique qui rappelait étrangement celle de son homologue un peu plus tôt-.

« Pardon, merci. » répondit-il sur un ton assassin. « C'est bon ça te va ? »

« Oui. »

Et sans demander son reste, Tom s'éclipsa.

C'est quoi son problème à ce mec ?

P.I.B

Harry devait se l'avouer à lui-même; il avait peur. Il était traumatisé.

Lorsque Ron avait faillit le frapper, ce n'était pas lui qu'il voyait – c'était Vernon. Pendant l'espace d'un instant il s'était vu de retour à Privet Drive, acculé contre l'un des murs du salon. Et si il errait actuellement dans les couloirs du centre alors qu'il aurait théoriquement dû être couché depuis vingt minutes...

Les insultes, le mépris, l'indifférence tout cela, il savait gérer. La violence ? Fuir était une option beaucoup plus sûre. Harry avait honte et voulait se dire qu'il n'arrivait simplement pas à dormir -ce qui était également vrai-. Mais quelque part au fond de lui, on lui criait « Lâche ! »

Harry n'était pas encore prêt à faire face à son esprit brisé.

Il trouva bien quelques infirmières sur son chemin – qu'il esquiva avec brio, résultat de ses années d'expérience à Johnmore avec Rabastan. Harry se rendit soudainement compte que ce dernier avait réellement fait part intégrante de sa vie; et c'était effrayant de se dire qu'il avait laissé quelqu'un s'immiscer dans son quotidien à ce point. Ici, finalement détaché de tout ce qu'il avait jamais connu, Harry se sentait terriblement seul. L'absence de sa cocaïne laissait un horrible vide en lui. Il repensa à cette stupide question que Granger avait posé plus tôt : « Pourquoi surmonterez-vous votre addiction ? »

Pour rien au monde, songea Harry. Elle me maintient en vie.

C'était idiot c'était mauvais, c'était politiquement incorrect, malsain, destructeur, mortel. Mais tellement jouissif.

Harry ne croisa personne d'autre dans les couloirs – et ce n'était pas plus mal. Il aurait presque pu se croire de retour à Johnmore sans cette odeur aseptisée flottant dans l'air. La première fois qu'Harry avait senti cette odeur, c'était après l'incendie; quand on l'avait traîné à droite à gauche pour finalement annoncer la mort de son père, à l'hôpital. Sauvé des flammes, il avait ironiquement succombé d'un AVC quelques heures plus tard. A l'époque, l'enfant ne réalisait pas bien ce qu'il se passait. Tout s'était enchaîné bien trop vite.

Lassé, le brun secoua la tête, chassant ces pensées parasites.

« Vous feriez mieux de retourner dans votre chambre, Mr. Potter. » tonna une voix sinistre derrière lui. Instantanément, le concerné se retourna pour trouver... Snape, enveloppé dans une cape noire -un choix vestimentaire douteux...-, le toisant de toute sa hauteur.

« Les chambres du personnel ne se trouvent-elles pas dans un autre bâtiment ? » demanda Harry, curieux de connaître la raison de la présence du psychiatre ici.

« Allez vous coucher. » répondit simplement le Dr. Snape.

Son ton -et son regard assassin- ne souffraient d'aucune réponse. La fatigue commençant à poindre, et ayant déjà eu suffisamment de problèmes pour aujourd'hui, Harry soupira et passa devant l'homme aux cheveux... Gras ? Connaissait-il le shampoing ? sans rien dire. L'adolescent savait avec qui jouer et à qui céder et Snape faisait, pour lui, parti de cette dernière catégorie.

De retour dans sa chambre, Harry fut accueillit, sans surprise, par les ronflements de Ron tant mieux, il n'avait plus la force de lui faire face une seconde fois.

Une fois de plus, il ne dormit pas, ou très peu.

P.I.B

Le lendemain, pas de réveil pour le tirer d'un sommeil qu'il avait finalement trouvé aux aurores – Ron avait, semble-t-il retenu la leçon. A son grand soulagement, Harry se réveilla seul.

Aujourd'hui, mercredi, pas de thérapie de groupe ! Cependant, il avait rendez-vous dans l'après-midi avec celle qui serait son psychologue attitré, une certaine « Dolores Ombrage ». Un nom pour le moins accueillant... L'horloge digitale -donc silencieuse, Dieu merci- affichait 10H45. Le petit déjeuner étant servi seulement entre huit heures et dix heures, Harry pouvait d'ores et déjà faire une croix dessus... Et il serait extrêmement chanceux si il lui restait de l'eau chaude pour se doucher.

Institution financée par l'Etat, pensa-t-il avec ironie.

Son estomac gronda désagréablement – de plus, il n'aurait pas l'occasion de prendre ses substituts avant midi. D'après Pomfresh, les médicaments l'affecteraient négativement en les prenant à jeun. Harry avait bien tenu des années avec une consommation de drogues excessive et quasi-quotidienne et on allait lui dire que quelques malheureuses pilules l'achèveraient ? Tout simplement stupide.

Mais Harry avait sous-estimé l'effet de ses médicaments – sans eux, il se sentait encore plus fébrile que d'habitude. Son corps, véritablement sevré depuis hier soir commençait à réclamer sa dose ou du moins quelque chose pour y palier.

Les murs de sa chambre commençaient à se déformer, constata le petit brun avec horreur. Et son esprit, trop pris dans son hallucination ne faisait plus le distinguo entre la réalité et la fiction – mais à quoi pouvait-il s'attendre d'autre ? Cela faisait seulement trois jours qu'on l'avait placé en cure -de force de surcroît. Du violet, du vert, du rouge. Les yeux écarquillés, Harry tentait de suivre ces éclats de couleur serpentant autour de lui, ne se rendant pas un instant compte qu'ils étaient le fruit de son imagination. Un serpent pourpre s'approcha de lui, ouvrant la gueule. Terrifié, Harry recula d'un bond sur son lit, plaquant son dos contre le mur. Cette fois c'était un lion doré qui marchait vers lui, ses pattes s'enfonçant dans le matelas à chaque pas. Une pie ! Une araignée géante, un dragon... Paralysé il les regardait se succéder, se tassant progressivement sur lui-même.

Ca y est, c'est la fin ?

Sans s'en rendre compte, il avait commencé à sangloter. S'il s'était vu ainsi, Harry aurait eu pitié de lui-même. Foutu jusqu'au bout. Son corps criait pour quelque chose qu'il ne pouvait lui donner; il aurait préféré passer par la case prison plutôt que de vivre sept semaines de plus sous ce supplice. Toutes ces paires d'yeux qui le fixaient en riant. Tous ces doigts qui se pointaient sur lui. Leur mépris, leurs jugements. Tous ces bien pensants qui se pensaient supérieurs à lui parce qu'eux se noyaient dans leur putain de monotonie, l'alcool ou les jeux au lieu de se payer des rails. Et leurs murmures le rendait fou.

« DEGAGEZ ! » hurla Harry. « FOUTEZ LE CAMP PUTAIN ! »

Il se trouvait entrain de courir dans les couloirs avant même de s'être senti bouger; et le corps en sueur et les yeux fous il fuyait ses démons à la recherche d'un échappatoire à cette réalité. Sa drogue, sa drogue. Où était-elle passée ? Il devait y en avoir quelque part. Il y en avait tout le temps. Il en trouvait toujours. Toujours. Quelque chose lui saisit le bras – profitant de sa carrure ridiculement petite il se faufila entre cette mer de bras musclés pour continuer sa quête. Des cris et des pleurs venaient de tous les côtés. Ou était-ce les siens ? Il ne savait plus et s'en fichait. Seul importait sa course pour enfin fuir ce bâtiment et retrouver la familiarité des rues, où là il trouverait. A ce moment précis, Harry aurait été capable de faire à peu près n'importe quoi pour avoir sa dose. Il n'était plus à ça près.

Ce fut finalement... Tom qui l'arrêta. Tom qui n'avait rien vu venir et qui se dirigeait tranquillement vers le réfectoire pour le repas du midi. Harry lui fonça une fois de plus dedans et cette sensation de se retrouver contre un corps devenu, par un coup du sort, familier l'arrêta un instant dans ses délires. Une demi-seconde qui fut suffisante pour que les deux infirmiers courant derrière lui le rattrapent puis lui injectent une solution tranquillisante.

Harry était une fois de plus revenu à Privet Drive – et avant de sombrer, il vit Vernon, son visage rouge de colère, le poing serré, prêt à venir le percuter une fois de plus.

Non s'il vous plaît s'il vous plaît.

P.I.B

Le réveil d'Harry ne fut pas particulièrement violent – les tranquillisants avaient merveilleusement fait effet. Il se sentait planer, un peu comme après un rail même si la sensation était moins bonne. Il se souvenait vaguement avoir déliré, avoir foncé dans quelque chose – quelqu'un, sûrement. Autre chose qu'on lui administrait, puis plus rien.

Lentement, Harry tourna la tête pour découvrir son nouvel environnement, qui ressemblait de manière plutôt flagrante à une chambre d'hôpital. A sa gauche se trouvait une grande fenêtre par laquelle on pouvait voir les fades jardins du centre, composés presque exclusivement de buissons et d'arbres. Le soleil se couchait. Harry n'avait du être inconscient que quelques heures. La pièce était assez petite -y faire entrer plus de trois personnes rendrait vite l'espace étouffant.

A sa droite se tenait l'infirmière Pomfresh. Dès que celle-ci compris qu'il était finalement réveillé elle parla;

« Nous t'avons donné quelques tranquillisants pour te calmer tout à l'heure... J'imagine que tu as sauté le petit-déjeuner ? » elle ne lui laissa pas le temps de répondre. « Faire l'impasse sur une prise de tes médicaments ne devrait pas t'affecter à ce point – nous avons peut-être sous-estimé l'ampleur du problème... Je t'ai prescris des calmants pour empêcher ce genre d'incidents de se reproduire par la suite. Le temps que ton corps s'habitue. Puis nous diminuerons les doses... »

Pomfresh elle-même n'y croyait pas – Harry pouvait le voir dans ses yeux. Oui, elle,comme les autres, pensait qu'il retomberait une fois sorti. Et elle avait probablement raison.

« … Bref. » continua la vieille femme. « Tu as dormi toute la journée d'hier -ils ont un peu forcé les doses... Mais ton état était vraiment inquiétant. Tu es dispensé de thérapie de groupe aujourd'hui, » jeudi ? Un jour entier ? « -mais comme de toute façon elle est déjà passée... Comme tu as également manqué ton rendez-vous avec le Dr. Ombrage, celui-ci a été reporté à demain. »

« D'accord. » répondit simplement Harry.

« Et comme je doute que tu aies assez d'énergie pour bouger -ils auraient vraiment dû se modérer!-, tu passeras la nuit ici. Si jamais tu as un soucis, appuie sur le bouton rouge à côté de ton lit pour appeler une infirmière. Compris ? »

Harry hocha la tête et Pomfresh parti sans demander son reste. Autant voir le bon côté des choses... Il avait une chambre pour lui tout seul ce soir et pourrait une fois de plus esquiver Ron et donc, ses réminiscences.

… Cela dit, éviter son coloc' de chambre ne les avait pas empêché de revenir hier matin.

Il avait pourtant vécu des années en mettant son passé de côté – et voilà que celui-ci revenait insidieusement au pire moment de sa vie pour le hanter ?


Voilà voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu! N'hésitez pas à dire si vous avez apprécié -ou pas-, ou à me poser des questions si vous en avez j'y répondrai avec joie! :D

Prochain chapitre - Rencontre avec Ombrage (eheh), du Tom et un nouvel élément d'intrigue... Krrkrr.