Helloow!

Tout d'abord, merci encore pour toutes vos review et votre soutien, ça fait vraiment plaisir. :D Me revoici donc avec le second chapitre de Paint It Black! Du Tom, de la purée, du roux et du Shakespeare (non, pas dans cet ordre.) ô/

Bref, les persos appartiennent à notre vénérée J.K Rowling, le titre du chapitre à une chanson des Pixies, Hey (que je vous invite à aller écouter si vous ne connaissez pas déjà et que vous aimez le rock alternatif btw) et je me contente du reste. Bonne lecture! ^^


HEY! BEEN TRYING TO MEET YOU.

Chapitre 2.

Cette porte, n'avait, en soi, rien de bien extraordinaire, sinon le mauvais goût évident de la plaque rose bonbon affichant Dr. Dolores Ombrage, psychologue.

Harry toqua à la porte. Une fois. Deux fois. Un strident « Entrez ! » lui répondit.

Il prit une grande inspiration puis rentra dans...

Un univers parallèle.

C'était le mot.

Ici, tout était rose – le bureau, les sièges, les murs, le sol. De part et d'autre d'horribles tableaux entourés de fioritures dorées représentant des chats étaient alignés. Harry n'avait rien contre les chats, non... Mais toute cette ignoble combinaison lui donnait tout simplement envie de vomir.

Se tenait assise en face de lui la créature la plus rose qu'il ait jamais vu.

Dolores Ombrage fut peut-être une belle femme dans son jeune âge – mais tout ce qu'il restait d'elle n'était qu'un vague amoncellement de rides, de boucle et... De rose, encore une fois. Comment s'y était-elle prise pour dénicher un costume d'aussi mauvais goût ? Cet immonde amas de fourrure, de perles, de velours... Horreur et damnation. Si c'était cela qui était sensé remettre Harry sur le droit chemin, autant le renvoyer à Johnmore tout de suite.

« Eh bien, qu'attendez-vous Mr. Potter ? Prenez un siège. » fit-elle d'une voix doucereuse en désignant l'une des deux chaises roses de style victorien faisant face à son bureau.

Harry ne put s'empêcher de remarquer l'absence de politesses usuelles – lui n'en avait jamais été friand mais savait au minimum se comporter correctement. Ce qui n'était pas le cas de cette femme... Lourdement, il s'assit donc sur sa chaise, fixant d'un regard peu amène sa nouvelle psychologue. Que tout cela se finisse le plus vite possible, s'il vous plaît.

« Bien ! » continua celle-ci d'un ton joyeux en ouvrant un petit classeur... Je vous laisse le soin de deviner la couleur. Même sa voix était insupportable; beaucoup trop aiguë à son goût. La voix rauque, même brisée de Rabastan était bien plus agréable. Ou encore le ton soyeux de Tom. Mais pas ce chipmunk ambulant.

« Nous avons donc ici... Arrêtez moi si je me trompe. Harry Potter, 16 ans, orphelin à 10 ans après un incendie dans lequel meurent ses deux parents; envoyé chez sa Tante après cet accident et... Fugue trois ans plus tard et est retrouvé à Londres par les autorités locales. Refuse de communiquer son adresse et déclare ne plus vouloir rentrer chez lui. Après enquête des services sociaux, confirmation de maltraitance de la part de Vernon Dursley puis décision de placer le jeune Potter à Johnmore. Est finalement arrêté il y a un peu plus d'une semaine en possession de stupéfiants et, après un procès à huit-clos, envoyé en cure de désintoxication pour une durée de deux mois avant remise en liberté surveillée. Est-ce bien cela? »

Harry était sonné; jamais personne ne lui avait parlé des services sociaux. Après tout, cela n'aurait à l'époque pas changé grand-chose – quoi qu'il arrive Harry ne serait pas retourné chez les Dursley. Cela dit, il se sentait trahi. Lui qui pensait avoir gardé le secret pendant des années -avant la semaine dernière- découvrait que n'importe qui pourrait y avoir accès en ouvrant un classeur.

Une brique supplémentaire à rajouter à l'édifice de sa haine envers le genre humain et sa propension au mensonge.

« Oui. »

« Magnifique ! Nous nous verrons donc tous les mercredis à partir de la semaine prochaine et ce, jusqu'à la fin de votre séjour ici ! »

Magnifique.

Voyant qu'Harry ne partageait pas son enthousiasme, le Dr. Ombrage s'avança légèrement sur son siège pour se rapprocher de son patient.

« Dites-moi, vous plaisez-vous ici ? »

« Autant qu'un junkie placé de force en désintoxication peut l'être. » ironisa Harry.

Son ton cassant ne sembla pas la démonter, loin de là.

« J'ai entendu parler de votre « crise », mercredi dernier. Savez-vous ce qui l'a déclenché ? »

« Le manque. » répondit le brun d'un ton neutre. Que voulait-elle qu'il dise d'autre ?

« Faux ! » tonna Ombrage. « C'est une illusion. Votre esprit se sert du manque comme moyen de vous communiquer ses tracas. »

Harry n'aimait pas le ton définitif que sa psychologue prenait n'était-elle pas supposé l'écouter avant tout ? Avant d'asséner ses vérités ?

Par dépit, il cessa donc tout simplement de s'exprimer – et cela ne sembla pas déranger le Dr. Ombrage qui se lança dans une tirade magistrale sur son fonctionnement et les choses qu'il était sensé faire, ne pas faire. Par exemple, se droguer le déréglait. Non, sans déconner ?

A la sortie de sa séance, Harry n'avait apprit qu'une chose sur lui même.

Il détestait le rose.

P.I.B

La purée avait l'air vaguement mangeable et rien qu'en piquant le bout d'une saucisse avec sa fourchette il était sûr de voir des petits bouts de gras en ressortir. Un personnel incompétent, des repas qui n'en portaient que le nom, des douches communes – si le directeur de cet établissement faisait du détournement de fond pour se payer une aile privée avec jacuzzi, Harry n'en serait que moyennement étonné.

Le petit brun releva la tête de son plat pour balayer le réfectoire des yeux, cherchant une table -vide, de préférence. A sa droite, Ron lui adressait de grands gestes de la main pour l'inviter à venir manger avec lui. Culpabilité, Weasley ? Il l'ignora laborieusement puis parti résolument s'attabler dans le coin opposé. Plutôt manger avec Tom et Dolohov que de se retrouver au milieu du roux et de ses singes. Ou, pire, d'une bataille de nourriture. Avec ces gens-là, mieux valait toujours s'attendre au pire.

« Puis-je m'asseoir ? » demanda poliment Harry.

« Si tu veux. » lui répondit Dolohov en lui lançant un regard sceptique. Harry devina que peu de gens venaient manger avec eux; les deux semblaient presque être en zone de quarantaine tellement les autres évitaient religieusement leur table. Harry pouvait sentir leurs regards.

Si rester avec ces deux-là pouvait lui éviter un acte de sociabilisation inutile il voulait bien en faire ses meilleurs amis.

Tom n'avait pas touché à son assiette remarqua Harry; il avait repoussé son plateau pour lire un livre à la place. Vu ce qu'on leur donnait à manger il ne pouvait pas lui en vouloir...

La tablée était relativement silencieuse. Tom semblait totalement absorbé par son bouquin -l'avait-il seulement remarqué?-, Dolohov avait l'air de vouloir battre un record en enfournant le plus vite possible la purée dans sa bouche et Harry... Eh bien Harry s'amusait à dessiner avec la sienne. Un triangle. Puis un cercle. Qu'il coupait ensuite en deux.

Il ne s'était pas rendu-compte que Tom avait relevé la tête pour observer son dessin.

Un signe que toute bonne âme souillée par le vice et la bassesse londonienne connaissait. Il ne faisait pas exception à la règle.

Harry savait ce qu'il traçait et savait qu'à partir du moment où ses pensées convergeaient dans ce sens, plus aucun retour en arrière n'était possible.

D'un geste lent il effaça son œuvre. Son ventre criait famine. Si cette purée était là la seule chose que ce putain de centre pouvait lui proposer, autant faire avec.

« Hey, c'est vrai que t'as essayé de t'enfuir l'autre jour ? »

Parce qu'il fallait bien qu'un idiot pose la question un jour ou l'autre.

« T'sais... » continua Dolohov, « Ils le disent pas mais c'est rare les gens dans ton genre qui font des crises comme ça. C'est pas la première fois que je viens ici – et si tu veux mon avis, tu ferais bien de faire le bon garçon avec eux et d'éviter les débordements si tu veux sortir d'ici le plus vite possible. Crois-moi : ils sont aussi bien capables de te rallonger le séjour que de te le raccourcir... Ou pire, d'envoyer ton dossier pour te ficher définitivement. »

« Je crois qu'il n'est pas idiot, Dolohov. » coupa Tom. Avait-il seulement relevé la tête de son livre depuis son arrivé celui-là ?

Les yeux d'Harry naviguèrent entre Tom et Dolohov. Tom et Dolohov. Dolohov et Tom. Qui semblait avoir une certaine emprise sur l'autre homme qui n'insista pas. A moins qu'il ne soit naturellement soumis ? Non, sa gestuelle était bien trop agressive pour cela. La voix soyeuse de Tom semblait définitivement contenir quelques pouvoirs mystiques. D'ailleurs, pourquoi avait-il daigné rabaisser celui qui avait l'air de partager son quotidien au profit d'Harry ?

Il aurait été tellement plus simple de pouvoir s'évader l'espace de quelques secondes pour se faire un rail puis revenir et planer haut, si haut que plus rien n'aurait d'emprise sur lui. Les relations humaines étaient bien trop compliquées pour lui. Beaucoup de ses paramètres lui échappaient, apparemment.

« Merci pour le conseil. » répondit néanmoins le brun. Tout en lançant un regard de défi dans la direction de Tom qui le fixa de manière neutre en retour, faisant passer un message silencieux. Je n'ai besoin de personne pour prendre la parole à ma place. Encore moins d'un inconnu.

Enfin, inconnu... Avec la propension qu'avait Harry à toujours se retrouver avec lui, il pourrait bientôt lui passer la bague au doigt, pensa-t-il en quittant son siège, son plateau quasi-intouché dans les mains. Cette purée ne passait définitivement pas.

P.I.B

Quoi qu'il en fut, Harry avait décidé de suivre les conseils -pas si idiots que ça- de Dolohov. Une fois arrivé à la séance de groupe il avait pris soin de s'asseoir sur une chaise ou la thérapeute aurait des difficultés à le voir. Comme à son habitude nouvellement reprise, il n'avait pas ouvert la bouche. Même quand Granger leur demanda Que ferez-vous en sortant de votre cure ?

Et pourtant, Dieu sait que cela lui démangeait. A la place, il s'arrangeait pour se concentrer sur le sol, les murs ou bien le fond de salle. Mais surtout pas sur les deux prunelles à la couleur presque carmine qu'il sentait sur lui. Tom, à présent assis juste en face de lui -ils se disposaient en cercle- avait trouvé une nouvelle chose à fixer. Une chose qui ne cessait de s'agiter nerveusement sur sa chaise, gênée par cette nouvelle attention et qui portait le nom banal d'Harry.

Il avait tout essayé pour supprimer cette sensation désagréable. Même se concentrer sur l'ennuyante tirade d'un certain Neville :

« […] Et je pense que je retournerai en Ecosse pour revoir ma grand-mère. Oh bien sûr elle me claquera sûrement la porte au nez en me traitant de suppôt de Satan mais.. Je camperai devant sa porte s'il le faut ! Et quand elle m'aura enfin ouvert je lui montrerai que je suis guéri et je reprendrai la ferme familiale […] »

Mais tuez moi. Plutôt plonger dans le regard troublant -et, s'il se l'avouait, plutôt fascinant- de Tom que de continuer à écouter les élucubrations de ce paysan.

Aucun des deux ne baissa le regard, nota Harry. Et pourtant, il le faisaient souvent face à lui; peu de gens résistaient longtemps sous ses émeraudes perçantes. Même Rabastan avait sa limite -qui était tout de même assez élevé pour sa défense- du temps où ils se disputaient pour savoir qui testerait leurs achats en premier. Il gagnait toujours. Mais Tom... Tom semblait avoir trouvé quelque chose chez lui dont il rechignait à se détourner. Harry, de son côté, tenter de percer le secret de la couleur presque inhumaine de ces yeux. C'était peut-être une combinaison particulière de marron et de doré ? Ou alors une illusion d'optique ?

Avant de trouver la séance prenait déjà fin.

P.I.B

Harry devait bien admettre qu'il ne pouvait pas éviter Ron indéfiniment.

« Hey mon pote écoute... »

Mais il pouvait encore choisir de l'ignorer.

Sans lui accorder un regard Harry se déshabilla puis ayant fini de plier soigneusement ses affaires pour les placer dans la petite corbeille de linge sale à l'angle de la chambre se coucha immédiatement – et qu'importe la lumière encore allumée ou les excuses boiteuses de Ron.

« J'me suis vraiment emporté... Et tu sais Hermione, elle a cet oncle qui était tombé dans la drogue et en le découvrant sa première réaction a été de l'envoyer en cure mais... Ca a pas trop marché tu vois ? Mais le dit pas hein ! » paniqua soudainement Ron en se rendant compte de la portée de ses informations « J'lai entendue en parler à la directrice l'autre jour. Elle prend vachement à cœur son job et toi t'arrives et tu fous la merde d'un coup... Fin euh, voilà quoi. Je regrette vraiment. Ca serait vraiment cool qu'on oublie tout ça et- »

Quelque chose dans le ton de sa voix faisait pitié à Harry.

Ou peut-être refusait-il toujours d'admettre qu'il n'était peut-être pas si mauvais qu'il le laissait croire.

Toujours est-il qu'il fit finalement taire la tirade pathétique du roux d'un soupir, lâchant finalement un « C'est bon. » ennuyé.

« C'est vrai ? »

« Oui. »

« On repart de zéro ? »

« Oui. »

« On est amis alors ? »

« … Tais-toi et éteins la lumière je suis fatigué. » menti Harry pour palier à la question gênante – et, accessoirement, avoir enfin le silence.

Une heure plus tard, Ron ronflait et Harry n'avait toujours pas trouvé le sommeil. Ses draps l'étouffaient et ses idées noires lui revenaient avec plus de force que jamais. C'était toujours comme ça la nuit. Habituellement, il avait sa drogue pour mettre en pause son cerveau. Mais, ici... Peut-être qu'une petite ballade lui ferait du bien.

Cette fois-ci, il ne croisa réellement personne. Un signe ?

Il marcha – parcouru encore et encore le bâtiment en long, en large et en travers. Fit irruption dans la salle commune qu'il voyait pour la première fois -la simple appellation salle commune l'ayant rebuté lors de son arrivée-, en profita pour saisir quelques livres choisis aléatoirement dans sa bibliothèque, histoire de faire autre chose que de regarder les murs de sa chambre durant son temps libre; puis découvrit finalement qu'il pouvait accéder au toit du centre.

Assis dans un coin, avoir l'horizon à portée de main, presque oublier qu'il était ici contre sa volonté... Harry se sentait mieux qu'il ne l'avait été depuis des jours à vrai dire, depuis son arrivée en cure. Sans tous ces gens ennuyants et leurs regards sur son dos. Sans sa thérapeute et son complexe du héros. Sans sa psychologue et son rose vomitif. Sans Ron et ses ronflements, sans paysans pour l'ennuyer, sans Tom pour... Le regarder -?-, sans substituts à prendre.

Lui ne voulait rien d'autre qu'on lui foute la paix et qu'on le laisse s'enfoncer tout seul comme un grand au lieu de jouer les hypocrites à essayer de le remonter pour ensuite aller se vanter de ses bonnes actions. S'ils voulaient aider, qu'ils aillent donner au secours populaire ou jouer les bons samaritains dans quelques pays sous-développés, ce genre de conneries. Pas forcer des personnes totalement conscientes de leurs mauvais choix à la rédemption.

Harry imaginait que construire ce centre et embaucher quelques psychologues à la volée devait coûter moins cher que d'aller donner de son temps en Afrique pour aider à la mise sur pieds d'une école. Sûr que là-bas devait se trouver des personnes motivées et prêtes à mettre les bouchées doubles pour réussir – pas comme lui.

« Mr. Potter... »

Harry lança un regard surpris dans la direction de Snape. Il ne l'avait pas entendu arriver.

« Bonsoir à vous aussi Dr. Snape. » répondit-il obligeamment.

« Je pense qu'il serait inutile de ma part de vous demander de retourner dans votre chambre ? »

« Vous supposez bien. »

Puis ce fut tout. Snape s'approcha du bord alors qu'il sortait une cigarette de son paquet de Gitanes – choix intéressant. A ses pieds s'étalaient une petite mer de mégots. A leur vue Harry devina que ce n'était pas la première fois qu'il venait ici qu'il s'y trouvait probablement souvent. Lui restait assis en tailleur contre le mur, regardant distraitement la silhouette noire du psychiatre se découper dans la nuit.

Le Dr. Snape écrasa son mégot au sol d'un coup de talon. Puis un second. Un troisième. Un cinquième. Combien de temps passèrent-ils dans le silence le plus complet ? Harry ne fit rien pour y remédier lui voulait seulement se perdre ici, se dématérialiser et s'élever de manière à ce qu'il ne puisse jamais plus redescendre.

Qu'avait-il pour cela, sinon quelques petites pilules bleues ?

« Parfois je me demande pourquoi ils s'obstinent encore à envoyer des gens comme vous ici. » cassa finalement Snape. « Il est évident que certains cas sont et resterons désespérés. »

Harry ne pouvait qu'approuver.

P.I.B

Au centre, le dimanche et le lundi faisaient office de week-end, sauf en cas d'urgence et pour la routine quotidienne; le personnel et leurs patients pouvaient enfin souffler et s'offrir un semblant d'insouciance.

Harry se retrouva à mettre les pieds dans la salle commune pour la seconde fois de sa vie. Et cette fois-ci, elle était pleine. Pleine de gens. Marquant une pause sur le pas de la porte, il avait longuement hésité à entrer. Il devait y avoir au moins... Dix personnes là-dedans. Mais pour atteindre les quelques étagères servant de bibliothèque à l'établissement il lui fallait obligatoirement passer par là. La série de mauvais polars qu'Harry avait volé hier soir sans vérifier ce qu'il avait dans les mains était, comment dire... Légèrement ennuyante. Et mal écrite. Bref, indigeste. Harry s'en était servi pour caler sa table de chevet bancale. Ces bouquins ne manqueraient à personne.

Sans surprise, il retrouva Ron et sa bande d'indigènes bruyants. Il avait eu droit aux présentations ce midi lorsque le rouquin l'avait pratiquement traîné de force à sa table, l'empêchant de rejoindre le havre de paix que représentait la table de Tom et de Dolohov à ce moment-là.

Bien sûr, il devait se douter qu'il les retrouverait tous ici. Quel meilleur endroit pour afficher son mauvais goût et/ou sa stupidité ?

A vrai dire, ils n'étaient que trois – mais faisaient autant de bruit qu'un troupeau de chèvres furieuses. Un roux, un brun, un noir. Comme quoi, l'idiotie ne se limitait pas à un seul groupe ethnique.

Le brun lui lança un sourire malicieux en l'apercevant. Seamus Finnigan de son nom était un irlandais plutôt -trop- fier de ses origines qui gardait apparemment plusieurs kilts dans son placard. Harry ne voulait même pas penser à l'imaginer porter quelque chose de la sorte. Finnigan était, bien entendu, tout aussi exubérant que son compère roux – cependant, Dean Thomas, le dernier membre du trio semblait être le seul possédant un QI à trois chiffres. De ce qu'il avait vu à midi, lui semblait savoir quand s'arrêter et calmait légèrement les deux autres avec son ton tranquille. Harry aurait presque pu l'apprécier s'il n'était pas limite marié à l'autre irlandais. Cela dit, il ne pensait pas que les deux soient engagés dans une réelle relation mais le simple fait d'être inséparable de Finnigan faisait baisser Thomas dans son estime.

Heureusement le trio semblait déjà absorbé dans quelque jeu vidéo insipide et n'alla donc pas déranger Harry. Tant mieux. Faire des efforts pour paraître sociable et donc, plus susceptible aux yeux des autres d'être prêt à sortir du centre, il pouvait. Mais il avait ses limites.

A vrai dire, Harry ne lisait jamais. Quel intérêt ? Un rail valait bien mieux que toutes les librairies du monde réunies. Cependant, il sentait que s'il ne trouvait pas bientôt un moyen de s'occuper durablement l'esprit celui-ci finirait par exploser. Ici, jouer aux jeux vidéos ou regarder la télé impliquait d'interagir avec les autres choses qu'il voulait être amené à faire le moins possible. La solution la plus viable de tuer le temps restait donc de lire. En admettant que son esprit atrophié suivrait.

Et ici, service minimum. Pas de gentille bibliothécaire pour l'aider à trouver la perle rare... Rapidement, Harry scanna les étagères. Les reliures étaient vieilles et certains livres semblaient carrément partir en morceau. De la littérature française, russe, espagnole... Le seul nom qu'il pouvait repérer dans ce pèle-mêle sans sens était Shakespeare. En fait, ses références théâtrales se limitaient à Shakespeare. Parce ce que sa première fois avait été avec Ophélie d'Hamlet. Ou du moins son actrice. Rien de romantique dans tout cela; elle cherchait désespérément à ramener du public dans sa salle de spectacle miteuse. Totalement défoncé -et Rabastan étant parti Dieu-ne-sait-où- il avait accepté de la suivre. Ce soir-là, la troupe jouait Hamlet.

Harry n'avait jamais vu de pièce plus mal jouée. Et même si celle-ci était la première de sa vie, il s'imaginait que le standard habituel devait être bien plus élevé que... Cette parodie. Les costumes étaient mal cousus. Le décor partait en morceau. Ils devaient être moins de dix dans le public.

Et pourtant, son actrice avait été éblouissante. Dans cet environnement misérable, Sibyl avait été la seule chose qui l'avait retenu de partir. Il imaginait que les autres spectateurs ressentaient la même chose.

Mais au final, il avait été le seul à l'avoir. Posséder une si belle femme l'une des seules choses réellement gratifiantes que le brun se souvenait avoir accompli dans sa courte vie. Il avait quinze ans, elle devait avoisiner les dix-neuf.

Et il l'avait retrouvée, Sibyl. Dans la rue. Détruite, enlaidie par sa déchéance, étoile qui malgré son talent ne brilla jamais. Elle mourut deux mois plus tard. Harry n'avait jamais su, ni cherché à connaître les circonstances de sa mort. Lui préférait garder le souvenir sans tâche de sa première nuit.

En sa mémoire -et également par simple curiosité-, il choisi un vieil exemplaire défraîchi d'Hamlet, heureusement suffisamment moderne pour avoir été imprimé en anglais contemporain.

« Bon choix. »

Harry commençait sérieusement à se sentir espionné. Entre Ron et Tom... Ils se passaient le mot ou quoi ? Quoi qu'il en soit, l'autre brun avait apparemment adopté la même technique que lui pour passer son séjour au vu des quelques livres qu'il sélectionnait silencieusement -jusqu'alors- à côté de lui. Il ne l'avait même pas entendu arriver ! Harry se demandait tout simplement si en fin de compte Tom n'était pas réellement inhumain.

« Bonjour à toi aussi. » railla Harry.

Un sourcil levé, Tom abandonna les étagères pour se tourner vers lui. « A ce propos... Nous n'avons jamais réellement été présentés, n'est-ce pas ? »

« Je ne crois pas. » répondit le petit brun.

« Bien. Dans ce cas... Je me présente. Tom Riddle. »

« Harry Potter. »

Aucun des deux ne fit un seul geste pour serrer la main de l'autre; Riddle semblait tout aussi mal à l'aise avec le contact physique que lui. C'était... Troublant. Le léger sourire que l'homme affichait semblait assez sincère – cependant, ce qui le précédait ne l'était pas. Le hasard de cette situation semblait feint. L'expression que l'autre avait eu -semblant tout d'un coup se rappeler qu'il était d'usage de se présenter- l'était aussi. Harry aurait pu jurer que Tom était venu ici dans le seul et unique but d'arriver à ce moment précis. Mais c'était un raisonnement plutôt tordu. Tom était sûrement tout simplement terriblement maladroit avec les interactions sociales. Mais son sourire, son ton, le choix de ses mots... Le reste transpirait l'aisance et l'assurance. De plus, le ton cassant et relativement froid qu'Harry avait employé aurait tôt fait d'effacer le sourire de n'importe qui. Pas celui de Tom. Au contraire, celui-ci semblait... Amusé ?

Bon. Tous les goûts étaient dans la nature après tout.

« Eh bien... Je vais m'enchanter pour deux j'imagine. » continua Tom en voyant le visage impassible de son vis-à-vis. « Au plaisir, Harry. » vers la fin, son sourire avait pris une teinte presque... Carnassière ?

Puis, une fois de plus, il disparu.


Si vous vous posez la question c'est bien le signe de Grinderwald -ou des Reliques si vous préférez- qui était mentionné. Mais à quoi fait-il référence ici? Mystère... :D

Alors qu'avez-vous pensé d'Ombrage et du reste? J'attends vos avis avec impatience! Je n'ai pas encore commencé à écrire le chapitre 3 mais je pense vite m'y mettre ô/

Bonnie-Unicorn.