Helloooow! :D

Merci encore pour tous ceux qui ont pris le temps de commenter le précédent chapitre, vous êtes adorables. ;_;

Liliana: Aloors, mon rythme de publication devrait continuer à osciller entre un et deux chapitres par semaine - jamais moins. Quant à la trame de l'histoire, elle est très claire dans mon esprit, mais quelques points sont encore à déterminer tandis que d'autre seront à voir sur le moment; mais ce ne sont que des légers détails car comme j'ai dis, je sais exactement où je veux en venir. Et pour finir... Une deathfic? Hm, pour dire la vérité j'hésite toujours. Ce ne sera sûrement pas un happy-end, mais de là à en arriver à la mort...? D:

Je pense que jusqu'à ce que tout soit révélé le destin des personnages restera en suspension. Mais nous n'en sommes pas encore là. :p

Bref bref, je ne vous retiens pas plus longtemps. Tout est à J.K Rowling, sauf un OC, l'histoire et le titre du chapitre qui vient d'une chanson des Velvet. Bonne lecture!


A WALK ON THE WILD SIDE

Chapitre 4.

« Quoi ? » répéta Harry, abasourdi.

Il mentirait s'il ne s'attendait pas à un événement de ce genre – ce qu'il s'était passé toute à l'heure avec Ombrage lui avait déjà mis la puce à l'oreille, en quelque sorte. Mais un suicide ? Dolohov, qui plus est ?

Il aurait été prétentieux de dire qu'il l'avait suffisamment connu pour être certain qu'il n'était pas le type de personne suicidaire; combien de fois avait-il parlé avec lui ? Une fois ? Mais il s'en souvenait encore parfaitement : après tout, Dolohov avait été la seule foutue personne dans ce putain d'établissement à lui donner un conseil réellement viable. A demi-mots, il avait même reconnu avoir été dans sa situation à un moment donné. Mais il s'en était sorti et comptait sûrement en refaire de même – Harry n'était pas particulièrement doué pour interagir avec les autres mais il savait observer. Et pendant leurs thérapies ? Il était toujours resté obstinément muet, suivant ses propres conseils. Il n'attendait qu'une chose – sa sortie du centre. Et il devait être bien parti pour atteindre cet objectif.

Alors pourquoi se suicider ?

Tout cela n'avait aucun sens.

« On sait pas encore comment mais... D'après l'infirmière il y avait du sang. Beaucoup de sang. » repris la dénommée Hannah sur un ton conspirateur – et Harry la détesta immédiatement pour cela. Il était clair qu'elle tirait parti de cette situation, qu'elle en profitait pour se mettre délibérément en avant.

Et toi ? murmura une voix maligne dans sa tête.

Harry l'ignora.

« Il s'est peut-être ouvert les veines ! » suggéra Dean.

« Ouais sûrement... » continua Seamus. « Mais ça colle pas, le personnel est très strict sur l'utilisation des lames de rasoir depuis... L'autre incident. »

« Oh c'est bon il lui suffisait juste d'en voler une ! » soupira une brune assise par terre en roulant des yeux; il ne connaissait pas son nom et ne l'avait jamais vu ici jusqu'alors. Harry supposait qu'elle devait suivre un type de cure différent. « Ne soyez pas stupides, ils ferment les yeux dès que possible sur ce que nous faisons. »

Harry lui accordait volontiers ce point... Considérant qu'il se baladait tranquillement depuis deux jours avec son paquet de Gitanes sur lui. Vu l'inconscience des infirmières, voler ici semblait horriblement simple.

Mais quelque chose ne collait toujours pas. En volant un rasoir -ou quoique ce soit d'autre d'ailleurs-, Dolohov aurait planifié son suicide. Cela impliquait donc qu'il ai été suicidaire depuis quelques temps au moins. Harry savait reconnaître un véritable suicidaire quand il en voyait un – ainsi qu'un bon acteur. Dolohov n'était ni l'un, ni l'autre.

« Peut-être bien... » concéda finalement Seamus avec une moue. Il n'avait pas l'air convaincu.

« Puis de toute façon... » continua la fille « C'était à prévoir, hm ? Souvenez-vous avec qui ce pauvre Dolohov partageait sa chambre. »

« Tom ? » questionna Harry en haussant les sourcils. Jamais l'homme n'avait mentionné partager sa chambre avec le blond mais... La réponse lui était venue tout naturellement, comme si tout cela coulait de source.

La brune sourit. « Tu l'ignorais, pas vrai ? Mais bonne déduction Potter. »

Harry tiqua à l'entente de son nom.

« Comment- »

« Vraiment ? » rit la jeune fille « Tout le monde sait qui tu es ici ! Depuis ta crise, ou ta fuite, ou... Appelle-le comme tu veux, pas un seul pensionnaire n'ignore ton nom. Tu es, au choix, soit un martyr prouvant l'inefficacité des soins qu'offrent le centre ou l'ultime cas désespéré... »

« Mais c'était à mon arr- »

« Je sais. » coupa la brune une nouvelle fois. « Mais cela n'a pas d'importance- »

« Mia, tu l'accuses de meurtre ! » s'éleva soudainement une voix tremblante qu'Harry reconnu comme être celle du paysan de la dernière fois. Neville. Celui-ci se roula presque en boule en s'apercevant que tous les regards étaient braqués sur lui – mais dans un regain de courage inexpliqué planta fermement son regard dans celle qui s'appelait donc Mia. « Sans aucune preuves ! C'est très grave comme accusation tu sais ?! »

« Oh c'est bon Londubat, don't be a square*. Il suffit d'un peu de réflexion ! » tout comme le haussement de sourcil de Tom, rouler des yeux semblait être une seconde nature chez elle. « Même si tout le monde connaît l'histoire, il est probable que personne n'était présent pour y assister, hm ? » Mia scanna rapidement les gens autour d'elle puis, satisfaite par leur silence, continua. « Eh bien moi, j'y étais. Enfin... J'étais en cure au même moment que lui. Vous le savez déjà mais je peux vous confirmer que le scénario était le même. Et, tout comme notre bon ami Dolohov, Nott n'avait absolument pas l'air d'être sujet au suicide. Conclusion ? Le hasard n'existe pas. »

« Ce n'est qu'une rumeur. » coupa sèchement Dean. « Okay, je trouve Riddle assez... Etrange, et je ne suis sûrement pas le seul à le penser mais Neville a raison. De là à ce qu'il soit un meurtrier ? Il y a une marge. »

« A moins que tu ne nous ramène un aveu écrit et signé de Riddle, Sulyvan... » continua Seamus avant d'ajouter avec un sourire mesquin « Mais je pense que tu t'es sûrement fait le rail de trop. »

« Eh bien, puisque j'ai l'air d'être plus rationnelle que vous tous réunis... » siffla Mia en plissant les yeux. « Prévenez-moi quand votre stupidité aura fait place au bon sens. »

Et d'un pas royal -lui rappelant étrangement celui de Tom- elle se leva pour quitter la salle commune sans se retourner.

« Pfft ! C'est juste une putain d'attention whore c'est tout ! » relança Hannah, brisant le bref silence qui s'installait. Et Harry du réprimer un rire; sachant que c'était bien elle qui tentait de ramener toute l'attention sur elle.

« Ouais. » Thomas et Finnigan hochèrent la tête de paire. « Au fait Harry, tu vas pas rester debout comme ça, si ? » lui demanda Dean en se décalant pour mettre en évidence la place qui s'était libérée sur le canapé. « Viens t'asseoir ! »

Mécaniquement le petit brun pris l'ancienne place de Mia, la tête pleine de questions – à vrai dire il ne suivait plus un mot de ce que les autres disaient. Leur conversation avait apparemment dérivé sur un sujet sans importance, comme les amourettes d'un psychiatre du centre -et non, ce n'était sûrement pas celles de Snape. Quoique cela aurait beaucoup amusé Harry.

C'était assez frustrant de n'être que partiellement informé sur quelque chose; des pièces cruciales manquaient à son puzzle mental. Pour commencer il aurait aimé en apprendre plus sur « L'incident » impliquant Nott. Qui impliquait également que Riddle soit venu ici au moins pour la seconde fois de sa vie. Il devait donc souffrir d'une importante toxicomanie. Tiens d'ailleurs, quel était son poison ? Pour Harry, Tom semblait beaucoup trop élégant pour ces choses, et c'est peut-être pour cela qu'il ne s'était jamais posé la question. La brune, Sulyvan avait été en cure exactement au même moment que Tom et avait par la suite mentionné que le hasard n'existait pas. Cela avait-il un rapport ou Harry partait tout simplement trop loin ? De plus, pourquoi Sulyvan se permettait-elle d'affirmer que Riddle était un meurtrier avec autant d'aplomb ?

En y repensant... Pour les quelques malheureuses fois où ils avaient été amenés à interagir -et leurs interminables échanges de regard-, Tom avait tout d'un prédateur. Plutôt charmant à première vue, probablement bon acteur – il semblait de plus se contrôler assez bien. Mis à part pour ce qu'il s'était passé sous le toit... Mais il y avait plus; Riddle possédait une sorte d'aura ou de caractère dominateur qui se reflétait dans son attitude... Et ses yeux, son carmin terriblement troublant. Et cette façon qu'il avait d'être hyperconscient, voire mal à l'aise de sa présence... Lui rappelait terriblement le comportement prudent qu'il adoptait avec certains de ses fournisseurs. Si Harry avait croisé Tom dans les rues de Londres il l'aurait sûrement immédiatement pris pour l'une des quelques personnes de pouvoir et d'influence dans les bas-quartiers. Tom...

Avait sans aucun doute le profil type d'un assassin de sang-froid.

Mais pourquoi se salir les mains avec Dolohov ?

Non – il se haïssait d'être en accord avec le paysan mais rien ne pouvait être établi sans preuves.

Quelque chose le gênait terriblement dans cette histoire. Mais ce qui l'en frustrait presque, c'est que Harry était presque sûr de ne jamais en connaître les véritables tenants et aboutissants. A vrai dire, s'il ne se trouvait pas actuellement en cure et totalement désœuvré pour les sept semaines à suivre, Harry serait sûrement passé à autre chose depuis longtemps. Ce genre d'intrigues sales et mystérieuses, il s'en produisait tout les jours. Sauf que... Eh bien, il lui fallait bien tuer le temps, non ? Son esprit désespéré avait tendance à se focaliser sur tout ce qu'il trouvait. Surtout si cela avait un rapport avec Tom. Parce que...

Parce que. Cela avait un rapport avec Tom.

« HARRY ! » le cri de Dean coupa net ses pensées – et le chemin tortueux qu'elles commençaient à prendre.

« Quoi ? » répondit aigrement le concerné. Harry se retint de sourire d'un air satisfait lorsque Thomas recula légèrement sous l'intensité de son regard. Se sociabiliser -sommairement- n'avait rien enlevé de son pouvoir intimidant.

« Hey me regarde pas comme ça, ça fait au moins trois fois que je t'appelle, sérieusement on aurait dit que t'étais en transe ! A quoi tu pensais franchement ? » en voyant un début de réplique cinglante se former sur les lèvres de Harry, Dean se dépêcha de continuer. « On voulait juste savoir si tu bougeais dehors avec nous ?»

« Ou ça ? » demanda Harry en haussant curieusement les sourcils. Non pas qu'il allait accepter.

« Les jardins. »

Un fantôme de grimace dégoûté se forma sur ses lèvres en se souvenant de la tristesse de tous ces arbres et buissons. « Non merci, je crois que... Je vais rester ici. » déclina poliment Harry. Hannah lui lança un regard sceptique lui disant clairement Quoi, tu veux rester tout seul ? Il l'ignora.

« Bon bah... C'est comme tu veux hein ! Si t'as envie de nous rejoindre... » Dean haussa finalement les épaules puis parti à la suite d'Abbot .

Harry relâcha la tension qu'il avait, sans se rendre compte, accumulée. Enfin seul ! Se détendant sur le canapé il saisit la télécommande puis profita pour la première fois de l'écran plat du centre -ah ! Il savait bien que l'argent partait quelque part.-. Cette situation lui rappelait, ironiquement et vaguement, un jour qu'il avait passé chez les Dursley, seul à la maison. Ou du moins une partie... Soupirant sombrement il se focalisa sur son zapping. Des années qu'il avait enterré ce genre de souvenirs, et ce n'était pas plus mal.

La télévision anglaise semblait toujours particulièrement... Ordurière ? La chose chose d'intéressante qu'il avait fini par trouver se résumait à un documentaire sur Frank Costello, aka l'un des mafieux les plus influents et respectés de l'histoire... Eh bien on pouvait dire que l'homme avait eu une vie plutôt bien remplie. Sans s'en apercevoir Harry plongea totalement dans le documentaire. Il avait toujours trouvé le fonctionnement des mafias et leurs grands hommes plutôt fascinant, et même dignes d'être admirés. Un empire du crime sévissant sous les yeux des gouvernements en toute impunité ! Et à leur tête des hommes diaboliquement intelligents et charismatiques, prêts à mener et à être suivis. A Londres, le dernier grand cartel mafieux avait été dissout dans les années 50 – et quelle mafia ! Mais depuis, jamais personne n'était parvenu à reprendre les rênes suffisamment longtemps pour instaurer une véritable hiérarchie et organisation. En d'autres mots – c'était l'anarchie. De petits groupes et gangs contrôlaient les différents quartiers de la ville et se menaient une guerre constante. Quand l'un reculait, l'autre avançait et de tous les différents commerces illégaux proliférant à Londres, aucun n'était assez puissant pour réellement s'imposer. Personne n'avait jamais l'ascendance sur personne et depuis la fin de la seconde guerre mondiale et la dissolution du dernier cartel mafieux anglais, on pouvait dire que l'Etat s'était à nouveau concentré sur ses problèmes internes; ses forces de polices sévissaient souvent dans Londres. Harry lui-même avait déjà faillit se faire interpeller plusieurs fois avant de l'être réellement – et c'est ce pourquoi lui et Rabastan avait toujours refusés de s'appareiller avec un groupe ou un gang. Dans ce genre de situations, mieux valait rester indépendant et intraçable.

En attendant que quelqu'un se saisisse du trône vacant en tout cas. Mais qui aurait le courage, l'ambition, qui serait assez fou pour cela ? Actuellement la meilleure solution pour tous ceux qui faisaient parti de ce monde de l'ombre restait de se cacher et de faire le moins de vagues possible.

Le documentaire terminé, la chaîne qu'il regardait enchaîna sur une émission de cuisine. Harry soupira, la télécommande à la main. Depuis que la bande de Thomas et Finnigan était partie, quelques personnes étaient passées dans la salle commune mais personne ne s'y était vraiment installé. Harry leur inspirait peut-être méfiance ? Ou peur ? Au vu de ce que lui avait dit Sulyvan, ce n'était pas impossible. Ainsi donc il était célèbre... Un rire ironique lui échappa. Si quelqu'un lui avait dit qu'il ne serait jamais plus connu que dans un centre de désintoxication, il l'y aurait envoyé se faire soigner.

P.I.B

Le soir venu, les rumeurs allaient encore de bon train – la nouvelle s'était rapidement répandue et ce, peu importe à quel point le personnel avait tenté de rester secret sur le suicide de Dolohov. Tiens, Harry se demandait si Snape aurait son avis sur la question. Il penserait à lui demander ce soir.

Comme à chaque fois qu'il faisait irruption au réfectoire, il pouvait sentir les regards de la moitié de la salle sur lui. Cela devenait... Irritant, à vrai dire. Tout ce qu'il désirait à présent était de prolonger son petit moment de solitude. Mais, une fois de plus, la configuration de ce foutu self ne lui laissait pas le choix – enfin si. Il pouvait soit endurer la bande de Weasley en plus de celle de Abbot -les deux groupes semblaient avoir fusionné, pour le meilleur et pour le pire-, profiter d'un moment calme avec Tom qui ne lui jetterait sûrement même pas un regard ou s'asseoir en face de la brune Sulyvan qui, elle aussi, semblait avoir son goût pour la solitude.

Même sans Ron -les infirmiers avaient encore dû avoir la main lourde sur les sédatifs-, il ne pouvait plus concevoir de passer une minute de plus au milieu de gens aussi insipides qu'Abbot. Sulyvan... Bien qu'elle l'intriguât beaucoup et qu'il brûlait d'envie d'en savoir plus et de lui arracher des informations qu'elle détenait forcément, il ne se sentait pas d'humeur à traiter avec quelqu'un qui avait sans aucun doute un caractère aussi mauvais et arrogant que le sien. Restait donc Tom. Mystérieux Tom.

« Eh bien, où est passé votre sens de la politesse ? » railla Harry en s'asseyant, le vouvoyant volontairement pour lui tirer une réaction – qui ne manqua pas. Interpellé, Tom releva la tête de son livre avec une lenteur et une élégance toute aristocratique.

« Je ne pense pas être encore suffisamment vieux pour mériter ce vouvoiement... Et pour répondre à ta question, mon « sens de la politesse » a fui à toutes jambes à l'instant même où tu as posé ton plateau sur cette table sans rien demander à personne. » répliqua Tom sur un ton cassant.

« Hmmm... Quel âge as-tu ? » demanda Harry en ignorant volontairement la remarque de l'autre homme. Il était réellement curieux de connaître l'âge de Tom – de son attitude et de sa manière de parler il donnait l'impression d'être homme dans la trentaine; mais la jeunesse de ses traits réfutait immédiatement cette hypothèse.

« 20 ans. » répondit Tom sur un ton brutal... Et honnête.

Harry était plutôt surpris – il ne s'attendait pas vraiment à avoir une réponse. Depuis le début il avait considéré Riddle comme une personne plutôt à caractère plutôt mystérieux – et qui aimait à conserver celui-ci.

« Ah bon ? Tu fais plus vieux. »

Tom plissa les yeux, n'appréciant visiblement pas la remarque; et c'est à ce moment là qu'Harry se rendit compte que peu importe les secrets qui entouraient cet homme, il avait touché un point sensible. Il réprima un sourire triomphant et cette raillerie qui lui chatouillait la langue – après tout, il pourrait bien garder cette information pour s'en servir plus tard.

« Peu importe. » continua Tom en balayant finalement le sujet d'un geste de la main. Il s'était totalement sorti de son livre dont il avait soigneusement marqué la page avant de le poser dans un coin de la table. Ses yeux ne semblaient vouloir regarder rien d'autre qu'Harry. « Nous parlions donc de votre manque évident de politesse... »

Ou comment renverser un clin d'oeil une situation – il l'avait même vouvoyé à son tour ! Harry fulminait. L'élégant brun avait même l'audace de lui offrir un sourire condescendant.

« Que dois-je dire quand mes amis ne daignent plus me saluer ? » repris Harry en mimant un soupir peiné. A l'entente du terme « amis » le sourcil de Tom sembla s'élever encore plus haut que d'habitude, défiant les lois de la gravité. Intérieurement, Harry souriait sournoisement. Il avait toujours eu ce besoin de tester constamment les limites – les choses, les gens. Mais surtout ces derniers. Il voulait savoir jusqu'à quel point Tom était prêt à jouer avec lui. Feignant d'avoir manqué l'arrêt sur image de Tom Harry continua sa petite scène affligeante - « Cela m'attriste profondément. Faire l'effort d'offrir ma présence à quelqu'un qui ne s'en soucie guère... »

« Eh bien, pour l'instant, tous ce que tu m'offres sont tes manières de rustre. »

Oh. Et bien il semblait finalement prêt à jouer avec lui – implicitement, le retour au tutoiement le prouvait. Satisfait, Harry s'attaqua à... Aux choses qui constituaient son plateau repas.

« Les v'ais chamis chacheptent comme i' 'ont ! » répondit Harry en... Mâchant d'une manière tout à fait dégoûtante son poulet à moitié congelé. Bon sang cette chose était à peine mangeable... Mais le visage tout simplement horrifié de Tom n'avait pas de prix. Il du faire un effort surhumain pour se retenir de rire -et de s'étouffer avec son bout de poulet.

« … Dégoûtant. » constata tout simplement Tom, reprenant derechef son livre, sûrement pour s'éviter la vue d'un Harry recrachant tout ce qu'il avait ingurgité dans son assiette. Il fit bien.

Quelques personnes lui lancèrent un regard étrange, mais Harry n'en avait cure – non il n'avalerait pas cette chose. Pas totalement en tout cas; même si il avait bien commencé le travail... Erk. Lui-même se trouvait dégueulasse. Mais il fallait bien -tenter- de manger à un moment, non ? Il avait volontairement surjoué la chose pour Tom mais... La vérité était qu'il avait vraiment faim. D'ailleurs il se demandait toujours comment Riddle faisait pour ne pas mourir de faim – depuis qu'il avait commencé à l'observer, jamais il ne l'avait vu toucher une seule fois à son plateau.

Un mystère supplémentaire à reléguer dans un coin de sa tête.

Aucun des deux brun ne tenta par la suite de relancer la conversation – ils semblaient tous les deux en avoir eu pour leur compte. L'impertinence de Harry semblait, pour cette fois, avoir eu raison sur Tom. Une première victoire à ajouter à son nouveau palmarès... Après tout, si Tom était l'une des rares personnes intéressantes ici, autant en faire une rencontre régulière. Harry était peut-être légèrement associable et à la limite de la misanthropie, mais il aimait, comme toute personne saine d'es-... Suffisamment arrogante et dérangée, confronter de temps en temps son impertinence et le flot de pensées cyniques courant constamment dans son esprit à quelqu'un.

Il fallait simplement le prendre comme une partie des choses qui faisaient son charme.

Finalement, les yaourts n'étaient pas si mauvais quand on avait rien d'autre à manger. Pour le plus grand malheur d'Harry, l'entrée se constituait d'une petite assiette de betterave. Il détestait la betterave. Peut-être était-ce en rapport avec le goût particulier qu'entretenait sa terrible tante Marge pour ce plat ? Il se souvenait avoir été obligé de travailler deux fois plus pour lui constituer son entrée « comme elle aimait » à chaque fois qu'elle passait au Quatre Privet Drive. Il n'était d'ordinaire pas difficile mais, eh bien... Au moins il avait appris à apprécier la purée du centre qui accompagnait ce qu'il lui restait de poulet.

Lorsqu'Harry se leva finalement, Tom eu la courtoisie de relever la tête pour lui lancer un vague, presque indifférent « Au plaisir. » Ou du moins était-ce l'apparence qu'il voulait se donner. Son regard disait tout autre chose. Sa touche carmine semblait prendre le pas sur le noisette ordinaire... Ses yeux brillaient d'un je-ne-sais-quoi à la fois attirant et effrayant. Pendant un court instant il lui sembla plus dangereux que jamais et Harry eu envie de croire sans réserve tout ceux qui affirmeraient que Tom était derrière le suicide de ses deux anciens compagnons de chambre. Effrayant... Mais pourtant il continuait encore de l'attirer comme un aimant. A vrai dire Harry était surpris qu'il soit le seul à chercher à tourner autour de Tom Riddle – prédateur mis à part, il semblait être un peu comme ce genre de personnes qui débarqueraient sans mal en plein milieu d'une soirée mondaine et parviendraient à s'imposer -et même, à devenir le centre de l'attention-, sans aucun problème. Attirant. Harry était convaincu que Tom s'effaçait délibérément; il se surpris à penser qu'il aimerait le voir évoluer en-dehors du centre, ne serait-ce que pour voir son comportement changer du tout au tout : parce qu'il était sûr qu'il le ferait.

Ce soir-là, Harry fut déçu de ne pas retrouver Snape sur le toit; en effet, leur petite rencontre inattendue s'était très vite transformée en habitude. Il fuma donc seul sa cigarette sous les étoiles – Ron n'était apparemment toujours pas revenu au vu de son lit qu'il avait trouvé vide un peu plus tôt. En théorie, il n'aurait donc pas eu besoin de sortir – car il le faisait habituellement pour s'épargner les ronflements du roux. Harry devait s'avouer qu'il avait eu envie de retrouver l'intelligence et le cynisme de Snape.

Lorsque la porte à côté de lui s'ouvrit, Harry tourna la tête tellement vite qu'il s'en fit presque un tortis-colis – et c'est bien une cape noire qui entra dans son champ de vision. Oubliant son empressement il repris le même ton traînant que Snape utilisait habituellement pour le saluer « Eh bien, on ne vous attendait plus Dr. Snape. »

« Qui ça vous ? Vous et vos multiples personnalités ? » railla le psychiatre en lui lançant un regard pointu. « Vous aggravez votre cas. »

« Vous vous perdez dans vos analyses docteur. » fit remarquer Harry sur un ton faussement poli.

« Et vous dans votre arrogance. » cassa Snape.

Pas de doute, leur interaction quotidienne lui aurait manqué.

« Eh bien, pas de détails croustillants sur vous et Riddle pour moi ? »

« Ne me faites pas regretter mon geste Potter. »

Par ses derniers mots il faisait bien sûr allusion au petit paquet de Gitanes tenant précairement sur son genoux – assis en tailleur Harry s'employait à allumer sa seconde et dernière cigarette, commençant de la consumer par deux brèves bouffées. Un léger bruit de grésillement lui parvint et, oh, ce son était si doux à ses oreilles.

Harry aurait souhaité que l'odeur enivrante de la marijuana l'accompagne. Que son nez soit si irrité de ses shoots qu'il en saigne.

« Hm, dommage. » concéda finalement le toxicomane en faisant la moue. « Mais je suis sûr qu'au lit- »

« Taisez-vous. » siffla Snape... Effrayant. Encore une fois il se demandait comment ses patients faisaient pour se sentir suffisamment en confiance avec lui pour se confier. A moins qu'il ne les torture pour obtenir ce qu'il voulait savoir.

Harry obéit néanmoins à l'homme et se contenta de fredonner légèrement. En y repensant, Tom Riddle devait sûrement être l'un des rares patients du psychiatre – mais cela n'expliquait pas pourquoi les deux continuaient à se parler en dehors de leurs rendez-vous. En ce qui le concernait, si il en avait eu la possibilité, Harry aurait davantage cherché à raser les murs en espérant qu'Ombrage ne l'avait pas vu s'il avait un jour croisé sa psychologue dans les couloirs du centre.

Mais malgré toutes ses questions et hypothèses, le brun avait l'intime sentiment qu'il ne parviendrait sûrement jamais à percer l'épaisse carapace que l'homme à la cape noire avait minutieusement construite autour de lui. Quel âge avait-il, déjà ? Sans aucun doute au moins la trentaine, voire la quarantaine. Largement plus vieux et expérimenté que lui, ou encore Tom.

« Pourquoi avez-vous choisi ce métier ? » la question avait glissée avant qu'il n'ai pu y songer ou la retenir.

Snape ne fit pas un geste pour indiquer qu'il l'avait entendu – sa silhouette noire restait immobile. En l'absence de vent c'était à peine s'il pouvait discerner le mouvement minime de sa cape ou de ses cheveux. Une fois de plus le silence s'étira; mais le psychiatre avait finalement décidé de lui accorder sa question.

« Votre manie de s'impliquer dans absolument tout ce qui ne vous regarde pas est horripilante. »

Ah, Harry le concédait. A sa place lui aussi se serait énervé.

« Beaucoup de choses ne vous regardent pas- » continua l'homme « et l'objet de votre question en fait partie. »

Bien sûr, Harry n'était pas naïf; le psychiatre l'aurait énormément déçu s'il s'était livré à lui aussi soudainement. Beaucoup de gens parlaient facilement – c'était une des nombreuses raisons pour lesquelles il ne pouvait s'imaginer s'y intéresser une seule seconde. Faible peuplade qui donnait sans le savoir toutes les armes pour la battre et l'enfoncer aussi profondément que possible. Harry aimait être captivé. Harry n'avait jamais fonctionné à la facilité il se disait parfois que quelque créature maléfique s'était un jour penchée sur son berceau pour lui interdire toute aisance.

Cependant, il ne s'attendait pas à un refus aussi... Explicite. D'une certaine façon Snape indiquait par la manière dont il s'y était attardé que ce sujet le touchait.

Il lui faisait donc suffisamment conscience pour lui faire connaître ce fait et lui demandait implicitement de ne plus jamais le réaborder.

Tordu, n'était-ce pas ? Un sourire sinistre joua sur les lèvres d'Harry. Qui se ressemble s'assemble, disait-on. Peu importe où il atterrirait, il ne se retrouverait jamais qu'avec des gens aux conceptions et à la manière de communiquer aussi tordue que lui.

P.I.B

C'est une fois arrivé en thérapie, alors que ce que l'on appelait désormais couramment dans les couloirs du centre « L'incident Dolohov » courait sur toutes les lèvres qu'Harry se souvint qu'il était censé tenter de consulter son psychiatre préféré à ce sujet. Pour sûr qu'il aurait trouvé quelque chose d'intéressant -sinon plein d'esprit- à dire. De plus, le brun était presque sûr que Snape connaissait le fond de l'affaire. S'il était le psychiatre de Tom... Il devait au moins savoir si Dolohov s'était suicidé ou pas. Un de ses anciens psychiatres lui avait un jour dit que les gens de sa profession étaient rigoureusement tenus au secret professionnel. Ainsi, il aurait pu avouer le meurtre de l'intégralité de centre que son psychiatre aurait été incapable d'en référer à qui que ce soit. Cependant, cette clause ne tenait plus à partir du moment où le patient mentionnait un projet, ou une planification possible.

Qu'est-ce qu'Harry n'aurait pas donné pour se donner la taille d'une souris et pouvoir assister aux entrevues de Snape et de Riddle.

Encore une fois, l'hyperviolent Weasley manquait à l'appel. En revanche, son frère était bien présent; muet, la tête baissé, il semblait vouloir se faire oublier. Et pourtant, en y faisant bien attention, on pouvait le voir tressauter à certaines questions de Granger comme si son corps et une partie de son esprit avaient eu le désir de se redresser pour y répondre mais que le reste empêchait cela. Si Harry pensait juste, George Weasley se battait contre lui-même. Et, suivant le cheminement de son esprit résolument cynique et pessimiste, il ne voyait qu'une seule chose: son déchirement futur. L'autodestruction.

Harry eu une pensée méprisante pour Ron; Ron qui devait être parfaitement au courant de ce que son propre frère vivait mais qui sous-estimait joyeusement la gravité de ce genre de cas en s'infiltrant dans un centre de désintoxication pour y séduire une psychiatre.

Peu importe ce qu'il avait vu, ce qu'il voyait et ce qu'il continuerait de voir, les gens continuaient à le dégoûter.

Aujourd'hui, Harry laissait traîner son regard autour de lui – mais il ne pouvait s'en empêcher d'en revenir à Tom qui, une fois de plus le fixait calmement. Avant, il se savait tout simplement observé comme l'on aurait observé une bête particulièrement singulière mais la portée de son regard avait changée, il le sentait. Il se savait désormais jaugé, analysé et décortiqué minutieusement. Mais depuis quand ? Son esprit était beaucoup plus clair depuis quelques jours – nonobstant il n'arrivait pas à dater ce phénomène.

Tout changeait si vite. Hier encore Tom n'était qu'un vague inconnu aujourd'hui ils se saluaient devant la salle de thérapie avant d'y rentrer. Cela se résumait à quelques banalités hypocrites et sans nom – mais le rapprochement restait significatif. Harry savait que si Tom n'avait pas voulu approfondir cette espèce de... De chose indéfinissable qu'ils avaient commencés, il serait tout simplement passé à autre chose.

Mais parallèlement, rien n'avançait. En dehors des repas où ils s'échangeaient quelques vagues piques, les deux restaient toujours particulièrement distants l'un de l'autre. Il était évident que chacun attendait que l'autre fasse un mouvement pour réagir en conséquence. Harry connaissait l'âge et le nom de Tom. Tom connaissait le nom et les lectures d'Harry – mais mis à part cela, que savaient-ils de l'autre ? Pas grand-chose.

Ah, et Tom était aussi probablement un meurtrier. Il l'avait presque oublié.

La séance de thérapie de groupe traînait en longueur – chacun semblait avoir son os à ronger dans son coin et personne ne prenait réellement la peine de suivre Hermione, qui tentait à grande peine de retenir l'attention du petit cercle. Elle-même affichait des cernes absolument terrifiantes – problème de conscience peut-être ? Un rapport avec l'absence de l'autre Weasley ?

Granger dû finalement renoncer à la bataille car elle congédia le petit groupe dix minutes plus tôt que prévu; mais personne n'allait s'en plaindre.

Harry avait besoin de prendre l'air de toute façon.

« Potter ? » lança une voix mal assurée à côté de lui alors qu'il se dirigeait prestement vers la sortie.

Mais qui allait lui laisser cette chance, hein ?

« Oui ? » répondit-il sur un ton glacial en se tournant vers... L'autre Weasley. Celui à qui il manquait une oreille. « Un problème Picasso ? »

A sa mention du peintre George lui lança un regard profondément confus. « Quoi Picasso ? »

« Ton oreille. » tenta d'éclaircir le brun.

Le roux parti d'un grand rire.

« Picasso ? Plutôt Van Gogh je dirais ! » rit-il en donnant une grande claque sur l'épaule d'Harry – qui fit presque un bond à ce geste. Il détestait être touché par n'importe qui. Et qu'on se foute de lui, accessoirement. Non, il n'avait jamais brillé par sa culture mais il serait tout à fait apte à détruire quelqu'un de fond en comble si l'envie lui prenait.

« Le résultat reste le même. » siffla le brun. « Dis-moi ce que tu veux ou tu ne seras peut-être pas Picasso mais tu pourras sans peine rivaliser avec l'une de ses œuvres. »

Ah, il était tombé juste cette fois. Toute trace de moquerie s'effaça du visage du roux pour laisser place à une expression sérieuse et dénuée d'amusement.

« Je voulais te parler. »

« A propos de ? »

« Trouvons d'abord un endroit tranquille pour cela. »


Tatadaaaam, encore un vilain cliffhanger!

A la base je n'en voulais pas mais le chapitre commençait à s'éterniser... Et oui vous l'aurez sûrement remarqué il est légèrement plus long que d'habitude. A la base j'aurais dû couper juste avant la scène Harry/Snape sur le toit mais.. En relisant j'ai trouvé qu'il manquait un peu de consistance alors, j'ai continué. Je pense que les chapitres seront plus long dorénavant - parce qu'il commence à y avoir pas mal de choses à dire. ô/

; Don't be a square; littéralement "ne soit pas un carré" - traduit correctement j'imagine qu'on peut l'interpréter comme "ne soit pas si obtus". Vient de l'un de mes films préférés. Tout comme une partie du nom de mon OC. Je n'ai pas pu résister desoleeyyy. ;;

; attention whore - littéralement "pute de l'attention". Je crois que cette traduction parle d'elle-même. x'D

Alors qu'avez-vous pensé de ce chapitre? Que s'est-il passé avec Nott et Dolohov? Que va dire George à Harry? Mia a-t-elle réellement raison? Qui fera le prochain mouvement entre Tom et Harry? Snape drague-t-il Pomfresh pendant son temps libre?

Comme toujours si vous voulez donner votre avis ou si vous avez une question ma boîte à review est ouverte. ô/

Bonnie-Unicorn.