Hellowww!
Alors, je viens à l'instant de finir de relire une dernière fois ce chapitre et il est... Gosh, 6H30 du matin. J'espère ne pas avoir laissé trop de fautes mais vu ma fatigue, il doit tout de même en rester quelques unes... N'en faites pas trop cas s'il vous plait. x_x
Bref - cette semaine a été assez chargée pour moi et hier, je me suis dit "Omagad ça va presque faire une semaine que je n'ai pas posté de nouveau chapitre!" alors, eh bien, j'ai écris. Ce chapitre n'est pas aussi long qu'il devait l'être initialement - beaucoup de choses que je voulais y inclure se retrouveront donc dans le prochain chapitre mais j'ai préféré poster dans les temps un chapitre que je trouve un peu court -mais de longueur toute somme acceptable- que de vous faire encore mariner un ou deux jours.
Pour finir, je n'ai pas vraiment eu le temps de répondre à toutes les review et je m'en excuse platement... Et, omg, déjà plus de 50 reviews et presque 40 followers? Vous me gâtez, c'est juste... Waw. Voir ça m'a juste redonné un regain d'énergie -sinon je crois que je serais déjà entrain de dormir sur mon clavier... D: -. Vous êtes fabuleux, et même si je n'ai pas eu le temps de répondre, j'ai lu attentivement chacune de vos reviews. :3
Et sur ce, bon chapitre! La conversation avec ce mystérieux Georges, un départ, et quelque chose que beaucoup avaient deviné -et attendaient-... Bon allez, je vous laisse lire tranquillement. :D
AN OFFER HE CAN'T REFUSE
Chapitre 5.
Le court chemin qui séparait la salle de thérapie de l'escalier menant au toit s'était fait dans un silence pensif. A la vue de la petite plaque « Staff Only », George haussa brièvement un sourcil avant de sourire narquoisement. Et c'était... Troublant. Après tout, Harry ne l'avait jamais vu afficher autre chose qu'une expression impassible avant. Mais son sourire lui allait étonnamment bien.
Une fois arrivé à destination, le petit brun prit sa place habituelle – c'était son territoire, après tout. Le roux, quant à lui, le regardait nerveusement; il était resté debout et ne savait de toute évidence pas sur quel pied danser.
« Eh bien ? » invita Harry.
« C'est-à-dire que... J'ai besoin de savoir quelques petites choses avant. » George lui lança un regard perçant; Harry le soutint sans peine et le roux détourna brièvement les yeux. Un fantôme de sourire flotta sur les lèvres du toxicomane.
« Bien... Mais je m'impatiente. »
Impertinent Harry. Si George Weasley avait jadis été un homme fort, il ne l'était de toute évidence plus réellement – il se savait en puissance et en profitait plus que largement. Il y avait longtemps qu'Harry n'avait plus aucun scrupule – pour lui ou les autres.
Le roux s'assit finalement devant lui; il s'était de toute évidence ressaisi et affichait à nouveau un visage imperturbable. Si Harry n'avait pas eu l'occasion de le voir quelques minutes plus tôt, il y aurait sûrement cru, ne serait-ce que par prudence.
« Ne me mens pas, j'ai les moyens de le savoir » commença George sur un ton brut. Eh bien... Il était de toute évidence sur le point de lui dire quelque chose d'assez intéressant. « Je n'ai sûrement pas besoin de t'expliquer la situation londonienne; en revanche, j'ai besoin de savoir si tu y prends part ou pas. »
Harry éclata d'un rire froid.
« Weasley... Si tu pensais m'apprendre quelque chose sur ce qu'il se passe là-bas- »
« Ce n'est pas ça ! » coupa précipitamment George. « Réponds simplement. »
Cette conversation commençait sérieusement à l'irriter.
« Non. » répondit finalement Harry d'un ton cassant.
« Bien... C'est à propos de Dolohov. » lâcha finalement le roux.
« Enfin ! Eh bien il fallait le dire plus tôt ! » mais sous son expression ennuyée, l'intérêt du petit brun avait été piqué à vif – qu'avait à lui apprendre George Weasley ? En prenant en compte ce qu'il avait dit un peu plus tôt il n'était pas compliqué de déterminer que le roux versait dans au moins quelques machinations londoniennes.
« Je connais Dolohov de la rue- » commença Weasley en ignorant délibérément sa remarque « il me donnait ce dont j'avais besoin. Pendant quatre ans, il a été mon fournisseur régulier. J'ai perdu contact avec lui lorsque j'ai été envoyé pour la première fois ici... Mais bref. Il faut que tu saches quelque chose; même si Dolohov était une personne particulièrement instable, jamais au grand jamais il n'aurait commis une erreur suffisamment stupide pour se retrouver ici.
« A Londres, Dolohov n'était pas neutre. »
Marquant une pause, le roux lui lança un regard entendu. Harry hocha la tête.
« J'imagine qu'à ce stade il serait stupide de préciser que je ne pense pas que ce prétendu « suicide » en soit un, n'est-ce pas ? » sourit George. Mais son sourire n'était pas aussi lumineux et sincère que celui qu'il avait affiché un peu plus tôt; non, celui-ci était simplement amer et désabusé. « Bref, je pense que cette histoire est bien plus complexe qu'elle ne le laisse paraître... Pour finir, quelque chose me gêne. »
« Tom. » devina immédiatement Harry.
« .. Tu l'appelles par son prénom ? » réalisa le roux, devenant instantanément méfiant à son égard.
Le petit brun haussa simplement les épaules, continuant de feindre l'indifférence complète. Bien sûr que Weasley n'était pas dupe – il continua néanmoins sa petite tirade.
« Riddle oui. Honnêtement, même si je crois que cet homme est capable de beaucoup, je ne pense pas qu'il l'ait tué. Cependant... Il doit avoir été de près ou de loin impliqué dans cette affaire. »
« En quoi ? » demanda Harry.
« Je ne saurais pas te dire. » soupira George. « Je ne le connais pas, je n'ai jamais entendu personne mentionner son nom à Londres - mais je pense qu'il a dû, d'une certaine façon, influencer négativement Dolohov. »
Il y avait de toute évidence bien des choses que Weasley lui taisait; mais il voyait clairement qu'il ne pourrait pas en tirer plus. Néanmoins pour une raison inexplicable, il sentait qu'il était sincère sur son manque d'informations à propos de Tom.
Restait une chose à éclaircir.
« Bien, maintenant que tu m'as dit tout cela... » repris Harry d'une voix traînante - « Tu pourras peut-être enfin me dire pourquoi tu as pris la peine de me révéler ces choses ? »
George s'attendait bien évidemment à cette question et répondit au tac-o-tac;
« Parce qu'au-dehors, la situation commence à s'envenimer – certains gangs parlent d'essayer de reprendre le Trône. De plus... Je t'ai observé avec Riddle. Vous semblez être assez proches. Riddle n'est pas net, Potter. Fais attention à ce que tu fais. »
Le brun haussa un sourcil. « Je dois donc croire que tu m'as uniquement dit ceci dans un but purement altruiste ? »
George rit. Un rire dénué de toute chaleur.
« Non, bien sûr que non ! Malgré ce que tu peux peut-être penser de moi, je ne suis pas stupide – j'ai, de plus, une excellente intuition. Honnêtement, je ne sais pas si ce que je t'ai révélé se révélera utile dans le futur. Mais... Tu es loin d'être idiot aussi. J'ai peut-être risqué gros en venant ici te parler; je ne sais pas à quoi m'attendre à ma sortie de ce centre. »
Weasley était sans aucun doute calculateur, et plutôt intelligent.
« Tu veux mon soutien. Malgré le fait que je sois « proche » de T-... Riddle. »
Une lueur malicieuse brillait dans ses yeux noisettes.
« Plus ou moins. Pour s'éloigner brièvement du sujet principal, j'ai entendu parler de ton altercation avec Granger. » ce dernier nom avait été prononcé avec haine et dégoût. Bien sûr, avec tout ce qu'il s'était passé, le roux ne devait pas la porter dans son cœur. « J'ai raison de croire que tu n'as absolument aucune intention débuter une vie de citoyen modèle en sortant de ce centre ? »
Harry sourit brièvement en réponse.
« Ecoute.. Comme je t'ai dit plus tôt, la situation devient chaotique. Je pense qu'il n'y aura bientôt plus de place pour la neutralité – nous allons tous nous faire bouffer un à un. Je pense qu'il deviendra bientôt impossible de rester indifférent à ce qu'il se passe. »
« Tu tentes donc de te faire des alliés pour retarder au maximum l'échéance pour toi. » termina le brun pour lui.
Cela se tenait assez bien. « Tu aurais néanmoins pu t'y prendre autrement. » continua Harry.
« Sûrement. » répondit George en haussant les épaules.
Harry se prit à détester l'aura de non-dits qui flottait autour d'eux. Le pire était qu'il ne pouvait savoir s'il gagnerait réellement quelque chose dans cette affaire – mais qu'avait-il à perdre ?
« Tu ne sais pas quel vent souffle dehors. »
Harry fut brièvement tenté de lui répondre sèchement qu'il était plus qu'apte à se débrouiller seul – ou, dans son cas, avec Rabastan, qu'il retrouverait sans aucun doute à la sortie. Les deux n'avaient, après tout, jamais eu besoin de personne pour s'en sortir. Et Dieu seul sait où ils avaient failli finir à certains moments. Cependant... Weasley avait, dans une certaine mesure, raison. Sans réseau ni connaissances, ses chances de pouvoir continuer sa petite vie de toxicomane bien tranquillement sans devoir s'affilier à un gang ou un groupe étaient quasi-nulles. Parce qu'à Londres, la folie et la paranoïa de certaines personnes ne connaissait pas de limites – parce que ce qui n'était à première vue qu'une personne totalement neutre et indifférente pourrait être considéré par certains comme un danger ou un ennemi potentiel. Harry savait qu'une fois majeur, vacciné et sorti de son foyer, plus aucun filet n'existerait pour le retenir si il merdait. Il serait potentiellement livré à la folie meurtrière des rues londoniennes à temps plein.
Weasley était bien plus au courant qu'il ne le laissait paraître. C'était une offre qu'il ne pouvait refuser.
« Bien. » dit-il simplement.
George sourit. Harry pensa amèrement que, depuis le début, la situation s'était bien inversée.
P.I.B
Harry se sentait... Utilisé. Il avait le sentiment qu'avec George il n'avait gratté que le sommet de l'iceberg; qu'on ne lui fournissait que quelques vagues demi-vérités. Il sentait que Weasley savait exactement ce qu'il faisait. Mieux valait s'en méfier pour la suite.
Assis silencieusement sur son lit, il regardait une tornade rousse fourrer n'importe comment ses affaires dans un vieux sac de sport jaune. Cette couleur ne lui allait pas au teint... En revenant dans sa chambre, le brun avait été accueilli d'un brut « J'me casse ! » de Ron Weasley. Celui-ci ne lui avait même pas tiré un regard. Peut-être s'attendait-il à ce qu'Harry le retienne ? Oh non, il était bien trop heureux d'avoir cette chambre pour lui tout seul. Plus de ronflements... Plus de conversations insipides. Le départ de Ron était l'une des meilleures choses qui aurait pu lui arriver.
Cela dit, ses éclats de violence lui manqueraient. A sa façon, le roux restait assez distrayant.
Il ne se fatigua même pas à lui demander pourquoi ni à tenter d'attraper son regard -comme s'il s'en souciait de toute façon. Il satisferait bien assez tôt sa curiosité avec le Thomas ou Finnigan ce soir. Harry s'était donc contenté de hausser nonchalamment les épaules puis d'observer Weasley faire ses bagages. Ce n'était pas comme s'il avait mieux à faire de toute façon.
« C'est pas de ta faute... Tu devrais suivre une autre thérapie Ron ! C'est ça ouais... » marmonnait le roux entre ses dents. Ah. Harry savait que sa pathétique histoire d'amour finirait mal – pas besoin d'être un génie pour deviner que son départ avait un rapport avec Granger. Il se permit un léger sourire triomphant. Harry adorait avoir raison. Heureusement pour lui, Weasley ne vit pas son sourire; Dieu savait comment cette brute réagirait.
La porte claqua bruyamment. Eh bien... Une gêne de moins. Il apprécierait peut-être réellement son séjour ici, finalement. Il se sentait presque... Clean. Depuis que ses crises de manque étaient passées, il devait admettre que son traitement fonctionnait plutôt bien. Il avait l'esprit plus clair. Il supportait presque les gens autour de lui. Son apparence lui semblait un peu moins pitoyable.
Pour la première fois depuis longtemps, Harry se demanda s'il était vraiment possible de s'en sortir.
P.I.B
« Que pensez-vous du « suicide » de Dolohov ? »
Snape le regarda avec une surprise évidente; pourtant, il aurait du s'attendre à cette question, lui qui soulignait si souvent son « étonnante capacité à se mêler de ce qui ne le regarde pas »... Mais l'homme se ressaisit vite.
« Mr. Riddle n'a rien à voir dans cela, si c'est ce que vous me demandez implicitement. » Bien sûr, il s'attendait à cette réponse – après tout, Tom était le patient de Snape. Celui-ci n'était néanmoins pas tenu de défendre ses patients. Seulement ses secrets. Snape aurait simplement pu l'envoyer -une fois de plus- sur les roses.
Harry aimait à penser qu'il « connaissait » suffisamment de l'homme pour se dire qu'il ne mentait pas – il n'en avait, après tout, pas besoin. Au-delà de cela, il avait envie de le croire. A la fois parce qu'il pensait les jugements du psychiatre justes et parce... Parce qu'il n'avait pas envie de voir Tom comme un meurtrier.
Non, il était bien plus que cela... Oh, il était sûrement loin d'être un saint. Mais tuer aussi peu subtilement ? Riddle n'avait pas le regard d'un fou. Plutôt celui de quelqu'un beaucoup trop intelligent pour son propre bien.
« Mais j'imagine que vous pourrez bientôt vous faire votre propre idée sur la question... » continua Snape d'une voix traînante – et dans ses yeux noirs il pouvait y voir un soupçon de moquerie.
« Oh ? » répondit Harry d'un ton faussement indifférent, l'enjoignant bien sûr à terminer ce qu'il avait à dire. Malheureusement pour lui, le psychiatre se contenta seulement d'acquiescer, un étrange sourire aux lèvres. Salaud, pensa Harry. Bien sûr qu'il le laisserait mariner dans ses questions aussi longtemps que possible. Et qu'il serait une fois de plus le dernier au courant de ce qui se tramait. Une fois de plus : il haïssait être dans cette situation.
« Développez. » s'acharna le petit brun, ses émeraudes flamboyantes. Il pouvait voir que Snape continuait à se moquer de lui – c'était littéralement écrit sur son front. Comment quelqu'un pouvait-il décemment parvenir à railler les autres seulement par le biais de son langage corporel ?
« Vous le saurez bien assez tôt. » Et il se doutait que ce serait tout pour lui.
Snape lui tendit une cigarette.
Harry lui lança un regard décontenancé.
« Eh bien ? Cessez d'afficher cet air stupide et faites marcher vos deux pauvres neurones Potter. » cassa Snape. Il fallut plusieurs secondes supplémentaires au petit brun pour enfin accepter la Gitane; il l'alluma à l'aide du briquet qu'il conservait encore dans sa poche. Si ce n'était pas inattendu... Il ne pensait pas que le psychiatre en viendrait à lui offrir aussi directement ses cigarettes.
Encore quelques semaines et on les retrouverait à regarder East Enders ensemble. La pensée lui tira un petit rire – et une milliseconde plus tard, Harry se sentait comme la personne la plus stupide que cette Terre ait jamais portée sous le regard scrutateur de Snape.
Bon, ce n'était pas encore tout à fait ça.
P.I.B
« … Et donc si tu veux, il s'est prit un râteau monumental de Granger; mais ça, tout le monde s'en doutait. Mais je crois que ce qu'il a pas supporté c'est qu'elle le considère un peu comme un fou furieux... Une sorte de malade mental quoi. Il n'a pas vraiment développé mais je crois que Granger avait peur de lui. »
Sa curiosité morbide enfin satisfaite, Harry hocha la tête. Finnigan, ainsi que le reste de la bande avait l'air assez triste du départ de leur ami – il supposait donc que personne ne porterait un toast au départ du roux avec lui... Dommage. Peut-être Abbot ? Il fallait l'entendre parler de Weasley avec son air dégoûté – à moins que ce ne soit simplement sa façon d'être ? Ah, s'il avait pu l'enfermer dans une cage pleine de loups affamés...
Quoi qu'il en fut, Harry regrettait déjà de s'être assis avec eux pour son petit-déjeuner. Ils étaient toujours aussi bruyants – ils étalaient la confiture n'importe comment sur leurs tartines et en laissaient tomber partout sur la table. Ils parlaient la bouche pleine – quelqu'un avec même eu l'audace de renverser du chocolat chaud sur lui. Harry avait simplement sourit poliment -et hypocritement- en affirmant que ce n'était pas grave, qu'il irait se changer après, que cela arrivait à tout le monde. Les autres avaient rit et gentiment raillés le coupable; lui se voyait plutôt entrain de lui noyer la tête dans son propre bol. Question de point de vue il supposait ?
Il avait également eu l'étrange surprise de retrouver Sulyvan assise juste en face de lui – étrange quand il la voyait toujours s'isoler au réfectoire. A sa gauche, George mangeait calmement un croissant. Ils devaient être, à part lui, les deux seuls de la tablée à ne pas s'agiter dans tous les sens. Harry les avait même surpris entrain de se lancer un regard exaspéré. Les deux semblaient se connaître et avaient l'air parfaitement à l'aise l'un à côté de l'autre. Raison de plus de rendre Harry méfiant vis-à-vis du duo. Ils avaient des choses à cacher. Et s'il comptaient l'utiliser comme on le ferait pour un jouet... Ils se trompaient lourdement.
« Harry ? » quelqu'un lui tapota doucement l'épaule; il se retourna pour faire face à l'infirmière Pomfresh.
« Madame McGonagall t'attends dans son bureau. »
« … La directrice ? » le brun lança un regard ébahit à l'infirmière – qu'avait-il fait ? Il s'était pourtant assuré de passer totalement inaperçu ces derniers jours. A moins que le psychiatre Snape n'ait dénoncé ses escapades nocturnes ? Non, il n'avait aucune raison de faire cela. Alors pourquoi cette convocation ?
La meilleure façon de le savoir restait d'y répondre.
« Sais-tu où se trouve son bureau ? » lui demanda Pomfresh lorsqu'il se leva sans même prendre la peine d'aller vider son plateau. La vieille femme ne lui en tint apparemment pas rigueur.
« Non. » Harry savait ce qui allait suivre -et n'en était pas particulièrement heureux, mais mieux valait cela que de chercher stupidement le bureau de la directrice pendant un temps indéterminé.
« Bien ! Je vais t'y accompagner. »
Pomfresh le poussa légèrement – Harry frissonna et débuta une marche rapide, ignorant les regards interrogateurs des autres -surtout ceux de Weasley et Sulyvan-. Il n'aimait pas être touché.
Heureusement, l'infirmière ne ressentit pas le besoin de combler le silence par une quelconque conversation sans intérêt – intelligente, elle semblait avoir compris qu'Harry n'était pas très loquace.
« Nous y sommes ! »
Pomfresh lui lança un sourire auquel il ne répondit pas, se contentant simplement de la regarder d'un air ennuyé; et son expression joyeuse se fana vite alors qu'elle le laissa devant la porte du bureau de la directrice sans plus de cérémonie.
Une petite plaque sombre semblable à celle de sa psychologue affichait « Minerva McGonagall, directrice ». Il fallut plusieurs secondes à Harry pour se décider à frapper anxieusement – une voix forte lui répondit.
« Entrez ! »
Minerva McGonagall semblait, de prime abord, être une femme plutôt respectable; à la vue de son visage ridé Harry devinait qu'elle devait avoir un certain âge. Ses traits étaient sévères et son visage impassible. Vêtue d'une simple robe verte plutôt ample, les cheveux ramenés en un chignon serré, elle l'étudiait calmement par-dessus ses lunettes.
Harry devait se reprendre – il enferma toute sa nervosité et ses doutes dans un coffre-fort dont il jeta la clé à l'intérieur de son esprit et offrit un sourire charmant à la directrice.
« Bonjour, vous souhaitiez me voir ? »
McGonagall ne réagit pas plus que cela à son expression angélique – il devinait qu'elle devait en avoir vu, et des sûrement plus coriaces et plus expérimentés que lui. De toute façon, Harry n'aurait pas pu se montrer aussi agréable avec quelqu'un plus de quelques secondes. Ce genre de manipulations n'était pas vraiment son genre. Puis lui préférait repousser qu'attirer.
« Prenez donc un siège à côté de Mr. Riddle, Mr. Potter. »
Les yeux d'Harry flashèrent d'incompréhension alors qu'ils rencontrèrent ceux de Tom, assis bien droit dans son propre siège. Le jeune homme n'affichait aucune expression, et dégageait un vague ennui. Il devait être bien plus au courant que lui sur la raison de cette réunion, pensa le petit brun en fulminant intérieurement. Pourquoi, au grand pourquoi était-il toujours le dernier au courant ?
Le dos et les épaules raides, il obéit donc à la commande de la vieille femme. Son regard avait repris son habituelle teinte froide et agressive – et son esprit tournait à plein régime, attendant de savoir quelle était la raison de sa présence ici.
McGonagall se racla la gorge.
« Bien. Comme vous le savez, ces derniers jours ont été particulièrement difficiles, autant pour vous que pour nous... Le suicide du regretté Antonin Dolohov, une tragédie sans précédent, nous a tous beaucoup secoués – et cela a du être, de plus, un grand choc pour vous, Mr. Riddle. »
Harry plissa les yeux alors que Tom hochait la tête silencieusement d'un air concerné et triste. Une tragédie sans précédent, vraiment ?
« Le récent départ de Mr. Weasley s'y ajoutant... Il partageait votre chambre, n'est-ce pas Mr. Potter ? »
Le petit brun faillit lui rire au nez – il dut réellement mobiliser tout son sang-froid pour s'en empêcher. Vraiment ?
Néanmoins, il commençait a devenir cruellement simple de deviner pourquoi la directrice les avait fait venir lui et Tom.
Et Harry ne pouvait déterminer si cette perspective l'excitait ou bien l'inquiétait.
« Toujours est-il que vous vous retrouvez à présent seuls... Et notre établissement a toujours mit un point d'honneur à accompagner ses pensionnaires autant que possible. Nous pensons fermement que continuer à partager cette expérience avec quelqu'un dans le même cas que vous sera susceptible de vous aider à traverser votre thérapie – n'oubliez jamais que peu importe ce que vous traversez, vous n'êtes pas seuls. Nous sommes tous ici pour vous aider à reprendre un nouveau départ. » commença solennellement la directrice. Harry se demandait s'il voulait croire à ses paroles ou bien tenter de lui cracher au visage. « C'est dans cet esprit que nous avons décidés que Mr. Riddle partagera désormais votre chambre, Mr. Potter. » la vieille femme lui lança un regard perçant – que pouvait-il répondre ? Bien sûr qu'il n'avait pas le choix.
« J'imagine. » répondit Harry sur un ton neutre – ah, mais n'était-ce pas un soupçon d'amertume que l'on pouvait déceler en écoutant bien ?
« Bien. Mr. Riddle, vous pouvez disposer... J'imagine que vous avez quelques affaires à déplacer. J'aimerai m'entretenir avec Mr. Potter en privé. »
« Bien madame. »
Pensivement, le petit brun regarda son nouveau colocataire quitter furtivement la pièce – et si Tom se savait observé, il lui retourna pas son regard. Côtoyer Tom aux repas et le croiser de temps en temps était une chose mais.. Pratiquement vivre avec lui ? Harry aimait rester dans sa chambre – à lire ou à fixer un mur, à loisir. Nombre de gens trouveraient cela étrange mais lui aimait sa solitude. Il aimait à rester seul avec ses propres pensées de temps en temps. Il n'avait, jusqu'alors, pas vraiment de problème avec Ron – lui semblait fuir leur chambre comme la peste et passait le plus clair de son temps dans la salle commune ou à traîner dans le centre avec ses amis. Mais Tom ? Envahirait-il son espace vital ? Ronflerait-il ? … Non, il lui avait l'air bien trop élégant pour cela. Le pousserait-il au suicide alors ? En découvrirait-il plus sur l'autre brun ? Un léger frisson couru le long de sa colonne vertébrale et, consterné, Harry savait que c'était plus d'anticipation excitée qu'apeurée.
« Vous n'êtes pas sans savoir que le suicide de Mr. Dolohov a particulièrement du ébranler votre colocataire... Ainsi, je vous prierai de ne pas trop le brusquer. »
Pour la seconde fois depuis son arrivée ici, Harry voulu rire. Riddle devait sans aucun doute faire moins cas de la mort de Dolohov qu'un chien le ferait d'une fourmi... Ou qu'un meurtrier de sa victime.
Riddle n'avait pas l'attitude d'un homme ébranlé – Harry savait reconnaître cela quand il le voyait. Lui-même l'avait été. Mais... Non. Il en était sûr – Tom n'avait pas tué Dolohov.
« Bien sûr madame, je comprends. »
McGonagall lui offrit un autre de ses regards perçant. C'était un fait, il se sentait presque mal-à-l'aise en sa présence.
« Par ailleurs, j'ai eu ouïe dire que votre thérapie avait pris un bien meilleur tournant depuis quelques temps... Sachez que vos efforts ne sont pas vains, Mr. Potter. Continuez comme cela et vous pourrez bientôt être fier de vous-même. »
Bientôt ? McGonagall insinuait-elle par-là qu'il n'était aujourd'hui qu'une crasse indigne ?
« Je ne relâche pas mes efforts madame. » Harry lui sourit – et, oh, son sourire était bien loin d'atteindre ses yeux qui avaient viré au tranchant. Ses mots avaient un goût de cendre.
La directrice le congédia finalement.
Harry ne savait pas s'il voulait directement affronter Tom ou bien se donner un bref instant de répit, seul sur le toit. Et par-dessus tout, il ne savait pas si finalement, ses « efforts » vaudraient réellement le coup.
Il se contraignait à suivre le traitement aussi fidèlement que possible, suivant les conseils de ce pauvre feu Dolohov – mais ce qui était au départ une chose à laquelle il se contraignait était bientôt devenue un automatisme. Lentement mais sûrement, il se fondait dans le moule de ce que l'on attendait des gens « normaux ».
Cette perspective commençait à l'effrayer.
Se voyait-il vivre dans un appartement décent ? Avoir un vrai travail, dépenser son argent pour autre chose que de la drogue, et peut-être avoir une femme, voire même des enfants ? Avoir une vie « respectable » ? Pas plus tard qu'hier, George lui avait posé la question. A ce moment-là, il ne pensait même pas encore pouvoir ne serait-ce que rêver à ce genre de choses. Mais à présent, alors qu'il pouvait en entrevoir la possibilité ?
Harry soupira. Toutes ces pensées voletant constamment autour de lui lui pesaient.
Aller voir comment Tom se débrouillait avec son « déménagement » lui changerait peut-être les idées, qui sait ?
Et oui, Tom dans la chambre de Harry! Intéressant n'est-ce pas? *clin d'oeil*
En relisant je me suis aperçue que la conversation George/Harry avait l'air un peu brumeuse au premier abord - mais, rassurez-vous, vous comprendrez bien assez tôt tout ce que cela implique. Et rappelez-vous que tout le monde ment, aussi. En particulier dans cette fic, eh eh. ~
Eh eh eh, sacré Snape, hein? Toujours au courant de tout celui-là! Et oh, Ryry qui pense à une petite vie bien rangée, vraiment? Il est loin d'être au bout de ses peines. :D
J'attends avec impatience de voir vos avis et on se retrouve pour le prochain chapitre qui arrivera -je l'espère- plus tôt que celui-ci! ô/
Bonne-Unicorn (qui va définitivement se coucher là. D: ).
