Allo chers lecteurs et lectrices, j'ai le grand plaisir de vous présenter le chapitre 3 de Morphine et les fleurs où vous retrouverez Denver et Lydia, toujours dans une lutte pour la mobilité, les souvenirs et la survie. Lorsque nous avons laissé Lydia la dernière fois, elle venait de prendre pleinement conscience de son état et s'était donneé comme résolution de retrouver ses souvenirs. Pourtant, le passé peut être douloureux et c'est en pleurs qu'elle s'est endormie, réalisant ce qu'elle avait perdu et ce qui lui reste finalement...

Disclamer: Rien de l'Univers de Hunger Games ne m'appartient, je dois tout à la grande Suzanne Collins.

Bonne lecture on se retrouve plus bas!

Mag :)


Morphine et les fleurs

Le réveil au matin

Il me prit un certain temps pour réaliser la familiarité de la situation lorsque je me réveillai au matin. J'étire mes bras, me relève péniblement et jette un coup d'œil à la tête blonde à mes côtés. Le Soleil matinal caresse les mèches blondes parsemées de fils argentés. Denver a toujours été ma lumière, depuis le premier jour…

-Et notre petite candidate est … Lydia St-James! Vient ici ma chérie que tout le monde puisse te voir! Allez! N'ait pas peur ma jolie! appelait joyeusement Félicia Tinkle du haut de son estrade.

Je sentais les autres filles s'éloigner de moi, créer un cercle qui d'élargissait à vue d'œil, reculant comme si j'étais lépreuse, comme si j'étais contagieuse. Je me sentais horriblement seule. Les quelques secondes qui passèrent entre le moment où mon nom fut appelé sur la grande place et le premier pas qui je fis vers la scène parurent durer une éternité. Une éternité de silence et de cris. Le silence de toutes ces filles qui auraient pu prendre ma place. Les cris de ma mère, retenue de force par les Pacificateurs dans les rangs des parents. Alors que je retournais la tête vers elle, elle tombait dans les bras de mon père. Certains trouveront cela poétique, mais au même moment, je trébuchais sur une pierre et me retrouvait dans les bras de Denver Hale. Celui qui avait décidé de venir me chercher dans la foule, voyant que je n'avançais pas, et qui allait devenir mon sauveur. Par-dessus tout, la personne qui compterait le plus pour moi sur cette maudite…

-Bonjour Lydia, je serai ton mentor dans cette aventure. Approche, allons sur cette estrade montrer à Panem quelle candidate tu es.

Et, du haut de mes 14 ans, il semblerait que la jeune fille ait fait place à la jeune femme. Je ne pouvais détacher mes yeux du visage de mon mentor. Il y avait quelque chose dans sa voix qui m'aurait convaincu de le suivre jusqu'au bout du monde. J'étais tellement accrochée à son image, j'avais trouvé dans la futilité des relations homme-femme et de l'adolescence la porte de sortie de ce mauvais rêve. Et je n'ai même pas bronché lorsque Félicia appela sur la scène un minuscule gamin de douze ans…

-Lydia? M'appela indistinctement l'homme couché à mes côtés en s'éveillant doucement. Regarde-toi! Tu t'es levée! Les traitements ont fonctionnés petite fleur! S'exclama mon mentor en m'arrachant définitivement à mes souvenirs. Chérie, notre train est en branle maintenant, nous pouvons espérer!

Je ne l'écoute qu'à moitié, fascinée par mes mouvements. J'approche ma main de mon visage, observe mes doigts se plier et se déplier, lentement très lentement, comme si je nageais, comme si ils étaient amortis par l'air ambiant. Je sentais ma volonté s'exercer sur mes membres. Mais je ne sentais rien d'autre. Il aurait été trop beau que tout soit normal, trop beau que mes doigts rencontrent la douceur du satin et que je puisse m'en émerveiller. Trop beau qu'en souhaitant m'adresser à Denver, des paroles franchissent mes lèvres et expriment mon désarrois. Je ne pouvais que produire un râle, un souffle, regarde-moi Denver. Cesse de t'émerveiller comme moi du mouvement de mes doigts, regarde mes yeux et comprends que tout ce que tu vois est trop beau, que tes espoirs ne sont pas devenus réalités. Regarde-moi Denver. Vois les larmes qui dégringolent de mes yeux, seul message que je peux te livrer.

Je prends son visage entre mes mains. Regarde-moi Denver, regarde-moi…

-Lydia? Qu'est-ce qui se passe? Parle-moi, qu'est-ce qui ne va pas? S'affole-t-il doucement en commençant à m'ausculter, comme si je pouvais avoir une quelconque douleur physique.

Je pointe ma gorge, articule un « Je t'aime », c'était la première chose que je devais lui dire. Nous nous sourions, gênés. Il m'a compris, je sais… Pourtant notre bulle de tendresse est courte et éclate rapidement lorsque je réalise l'endroit où je suis et le futur que j'affronte. Ma détresse prend le dessus sur la joie, mon manque de drogue prend le dessus, je m'effondre de douleur. C'est un blackout. Je préfère voir une marguerite. C'est plus beau, c'est plus doux…

Le voyage en train jusqu'au Capitole fut trop court. J'eus à peine le temps d'explorer le train et d'apprécier le confort et la technologie développée pour nous amener à bon port. S'il y a une chose que je garde du district six, c'est bien d'être capable d'apprécier un transport de qualité. Denver refusa que l'on parle des jeux lors du trajet, il disait que c'était important que je profite de mes derniers instants de luxe et de liberté. Je n'ai pas croisé l'autre tribut et l'autre mentor, M. Walker, le train avait été séparé en deux parties, rien ne devait nous rappeler les jeux imminents… Je ne suis toujours pas sûre que ce soit une méthode thérapeutique éprouvée. La seule image que je gardais alors en tête est celle de la sanguinaire Enobaria qui a gagné les jeux précédents en écorchant son adversaire avec ses dents… Je ne savais rien de mes adversaires, pas même du garçon qui se trouvait dans le train avec moi et je ne pouvais que m'imaginer le pire. Enobaria m'avait fait faire des cauchemars, je fais encore faire des cauchemars…

Pour me distraire, je m'appliquais à manger avec application, à goûter systématiquement à tous les mets qu'on me présentait tout en gardant de la retenue. Je n'allais tout de même pas me laisser aller à m'empiffrer comme une mal-élevée devant Denver Hale! Et, comme comble de la futilité, je changeais de vêtements entre chaque repas, présentant un nouveau look à chaque heure, profitant des tenues somptueuses mises à ma disposition. Je ne souviens d'avoir vu Denver lever un sourcil interrogateur lorsque je me présentai au wagon-restaurant vêtue d'une somptueuse robe de soirée bleu nuit alors que lui-même ne portait qu'un simple t-shirt et un pantalon de sport. Il ne me restait qu'une semaine ou deux à vivre, j'allais au moins m'offrir le plaisir d'être belle.

Je n'avais presque pas pu apercevoir mes adversaires à la gare. Denver se dressait entre moi et la foule, je ne comprends rien à son stratagème! Comment suis-je supposée me préparer si je ne sais rien, si je n'étudie pas mes adversaires? Peut-être qu'il souhaite me garder cachée le plus longtemps possible pour créer un effet de surprise… Mais qu'est-ce que j'ai de surprenant? Il ne sait même pas si j'ai un talent caché ou quoi que ce soit….

Trois habitants du Capitole s'affairent autour de moi à me rendre présentable. Ils ressemblent à 3 perroquets multicolores et jacassant, 3 étranges animaux, aux visages altérés, les yeux trop grands et trop brillants, les doigts fins comme des tiges de roseaux et les cheveux comme une corolle trop chargée, se déployant dans tous les sens selon des formes qui étaient tout sauf naturelles. Je les laisse me maltraiter la peau et retirer tous mes poils, m'exfolier, me crémer, j'apprécie le moment tout en faisant le point sur ma situation. Ça pourrait être tellement pire, je suis en santé et j'ai une forme physique appréciable.

Mes trois perroquets m'informent, entre deux compliments, que je vais bientôt rencontrer Drucillella ma styliste. Je m'esclaffe, ils sont tellement drôles ces gens du Capitole! Qui peut bien avoir l'idée de nommer sa fille Drucillella? Chez nous, c'est le nom qu'une petite fille donnerait à un chaton ou à une chèvre et ses parents accepteraient pour faire plaisir à leur enfant. Pourtant, avec le temps, on finirait par l'appeler Cissy, par compassion pour la pauvre bête, comme un petit signe d'affection qui pourrait faire oublier le fait qu'on l'ait affublé d'un nom si ridicule.

On me passa un peignoir et je franchis le pas de la porte du fond où m'attendait une femme à proprement parler minuscule. Déjà que je n'étais pas très grande, Drucillella m'arrivait à peine à l'épaule ce qui faisait environ un petit 4 pied d'envergure. Mais c'est qu'elle est active ma styliste, hyperactive même pensais-je en la voyant tournoyer autour de moi m'observant sur toute mes coutures. On aurait dit une fée, peut-être même un papillon, si légère, tout en elle semblant fragile, jusqu'aux vêtements qu'elle portait. De la soie, tout en transparence, des étages et des étages de soie volant, virevoltant au fil de son inspection.

-Ouhlalalallalalala, Chérie, j'espère que tu es forte dis-moi car, rapidement, je vois tout de suite que tu es beaucoup trop féminine pour le costume! S'exclame-t-elle une fois son inspection terminée.

-Quoi?

-Trop féminine mon chou, cette année on pense force et robustesse, le District Six c'est la mécanique, la durabilité, la fiabilité! Si tu voyais ce que j'ai prévu pour toi tu verrais à quel point tu vas devoir solliciter tes muscle chérie, continua-t-elle en me trainant par la main vers une masse informe recouverte d'une housse. Ça fait une année entière que je travaille là-dessus, il a fallut aller jusqu'à demander des permissions spéciales pour consulter des archives au gouvernement! Et voilà! Je suis très fière de te présenter… La Machine à Vapeur! conclut-elle en dégageant théâtralement mon costume de son abri de tissu.

Je dois avouer que sur ce coup là, j'ai été impressionnée. Ce que j'ai devant moi est très loin de tous ces costumes d'avion, de bateau, de voitures qui sont passés avant moi. J'avais aimé l'idée qu'ils avaient trouvée pour les 61e, l'année de Denver, nos tributs portaient des complets parcourus de fibres lumineuses et étaient juchés dans une tour de contrôle, comme celles utilisées pour coordonner les transports aérien. Le problème de cette tenue était que nos tributs n'eurent pas l'air très menaçant cette année-là… Mais ce que j'ai devant moi, maintenant, Mon costume, c'est du jamais vu. Ça me rappelait mes visites au musée où on retraçait l'histoire des transports… Des pistons, des engrenages, de la tuyauterie en cuivre… Tout dans mon armure inspirait la grandeur passée, l'honneur des anciens, l'esprit de légende. C'était magnifique, mécanisé, pourquoi est-ce que Drucillella craignait-elle que je puisse manier mon costume? Tout semblait tellement parfait…

-Oh je vois que tu sais apprécier la belle mécanique mais ce n'est pas tout chérie, attend qu'on en ait fini avec toi ma belle… tu ne te reconnaîtras même plus, ajouta-t-elle avec un petit éclair malicieux dans son regard…

-Vous avez pu observer une amélioration considérable au réveil, c'est indéniable. Mais elle ne peut pas se relever aussi facilement d'une addiction aussi grande. Nous allons devoir continuer de lui administrer des doses régulièrement pour lui permettre de suivre l'entraînement comme les autres, mais nous ne pouvons rien garantir à partir du moment où elle se retrouvera dans l'arène…

-Mais qu'est-ce qu'on peut faire Docteur? Elle ne semble plus être capable de parler, elle est instable…

-Nous avons fait des scanners et des tests, tout semble normal et en ordre, aucune lésion, aucun dommage physique repéré. Le blocage qui se manifeste est mental, tout ce qu'on peut faire est la stimuler doucement, parlez-lui, posez-lui des questions, évitez les activités trop rudes… Ces recommandations s'appliquent aussi à l'état du tribut Walker, nous avons de bien maigres espoirs en lui, mais c'est le peu que l'on puisse faire…


Et voilàaaa! J'espère que vous avez apprécié ce chapitre qui était le plus long produit jusqu'à présent toutes fictions confondues :P

J'aimerais vraiment savoir ce que vous en pensez, si vous avez des idées pour améliorer l'alternance flash-back/présent ça me ferait excessivement plaisir :) Je prends touts les commentaires donc n'hésitez pas!

Prochaine publication prévue dans 2 semaines environ pour me laisser le temps de composer ET de passer au travers de mes exams de fin de session :P

H&BK

Maggie ^^