Allo tout le monde! Voici la suite de l'histoire de Lydia! J'espère vraiment que ça va vous plaire :) Surtout que, dans ce chapitre-ci, j'ai prévu une apparition de notre petit pain préféré ;) C'est un chapitre qui se déroule beaucoup plus dans le présent... en tout cas, je vais cesser de m'éterniser dans mon bla bla et je vous laisse à votre lecture :)

Disclamer : L'univers ne m'appartient pas et tout le bla bla qui devrait s'insérer ici, je crois qu'on est tous bien conscients de ça :P

Un grand merci à: Dulanoire et emi182 pour votre intérêt dans ma fic, vos commentaires et encouragements sont grandement appréciés :D


Morphine et les fleurs

04 - La Solution

Quatre Muets avaient été affectés à notre service. Deux pour Walker et deux pour moi. Nous avions besoin d'une aide constante et je me sentais humiliée quand la jolie jeune fille brune aux grands yeux verts déposait de la purée dans ma bouche et refermait ma mâchoire pour m'aider à avaler. J'étais humiliée. Rien de plus. Tout allait de mal en pire, il suffisait de regarder notre table. De réaliser que nos stylistes ne prenaient même pas la peine de venir manger avec nous et qu'il ne restait, pour tenir compagnie au grand Denver Hale, que deux zombies verts actionnés par des Muets… Car zombies verts nous étions devenus…

Pourtant, ce dernier ne semblait pas se préoccuper de ces détails, il parlait sans arrêt, de tout et de rien, commentait des stratégies que je n'écoutais qu'à moitié. Les images de la parade dans le Grand Cirque m'avaient démoralisée. Je n'aurais jamais cru pouvoir avoir l'air aussi pathétique. Déguisée en Hovercraft. En ridicule Hovercraft qui n'avait rien de gracieux, de subtil et d'efficace, enrubannée comme j'étais avec des guirlandes lumineuses semblables à des ornements pour sapins de Noël. Un maitre du ciel ridiculisé, réduit au rend d'apparat, perdant de sa superbe. Et il a fallut que Denver retourne le couteau dans la plaie en me rappelant l'effet que j'avais produit lorsque je m'étais retrouvée dans le Grand Cirque pour la première fois à 14 ans, alors que Cissy m'avait transformée en réelle machine de guerre et que nous avions marché dans nos grandes armures sans être tirés comme les autres qui étaient juchés sur des carrioles tirées par des chevaux! Et l'idée ultime de Drucillella, les lentilles de contact lumineuses qui faisait briller nos yeux d'un éclat rouge et masquait nos pupilles et nos iris.

Quand je repense à cette grossière image de moi, à 26 ans, chambrallante et ridicule sur une carriole tirée par des chevaux, j'ai envie de rager et de crier. Quand je sens la purée que l'on dépose dans ma bouche et les doigts frais de la Muette sur mon menton, j'ai le goût de défoncer les murs mais aussi de pleurer.

Denver déblatère présentement sur les ateliers de camouflage et les bienfaits des arts sur les stimulis nerveux. Walker bave sur sa chemise et sa purée goutte le long de sa mâchoire. Walker a été le mentor de Denver autrefois, c'était un homme fort qui imposait le respect. Il a disparut de la mappe lorsque j'ai pris, à mon tour, le rôle de mentor, maintenant je sais qu'il m'avait aussi pavé la route vers la destruction des neurones… Nous sommes pathétiques. Incapables de vivre avec nos démons. Et maintenant incapables de survivre une deuxième fois à l'arène…

-Lydia? Lydia? Est-ce que tu m'écoutes?

-Oui… Oui… , pianotai-je lentement sur le moniteur qu'on m'avait fourni. J'étais incapable de parler, mais mes doigts répondaient assez bien à l'appel pour transmettre mes messages via le tout petit moniteur lié à mon clavier virtuel.

-Très bien. Donc, en résumé, lorsque tu descendras avec Walker pour l'entraînement, dirigez-vous vers le stand de camouflage. Je veux que vous paraissiez le plus faible possible. Traînez des pieds et gardez votre regard vide. Ne touchez à aucune arme. Si l'envie vous prend de vous approcher d'un couteau, échappez-le. Profitez du temps à l'entraînement pour réfléchir. On dit que pratiquer des activités artistiques permet de stimuler le cerveau, c'est pour cela que le stand de camouflage est tout désigné! Lydia, le docteur croit que ton mutisme est un blocage cérébral, toi seule peut retrouver ta voix et c'est en cherchant de sources de traumatisme dans tes souvenirs que tu devrais pouvoir « débloquer». Pour le reste, développer la force et les techniques de combat et de survie, on travaillera là-dessus dans nos appartements, en privé.

-M.. E.. R.. C.. I.. ai-je la force de pianoter. Merci, d'avoir confiance en moi.

J'aurais écrit tellement plus, je lui aurais dit à quel point sa présence était importante, à quel point il me donnait de la force et comment, dès le début, j'avais placé une confiance aveugle en lui. Comment j'étais maintenant prête à affronter le monde, bien que notre espoir soit si tenu, que ma survie ne tient encore qu'à un fil si mince que je ne puis le voir, seulement avoir foi en sa présence comme on a foi en un Dieu.

Et c'est dans cet état d'esprit que je descends à l'entraînement en compagnie de Walker, qui ne doit pas avoir beaucoup d'état d'esprit en ce moment… Chaque fois que mon regard glisse sur le visage de cire fondue de ce dernier, je ressens une franche mélancolie…

On venait tout juste de me proclamer vainqueur, l'Hovercraft m'avait recueillie et je survolais maintenant mon arène. Tout semblait si petit vu d'ici, la montagne, la rivière, la clairière ravagée par l'incendie… Des médecins et des infirmières s'occupaient de mes quelques éraflures et brûlures mineure et, moi, j'étais soulagée, sous le choc, mais surtout soulagée. Je rentrais chez moi.

La porte de l'engin s'ouvrit pour découvrir la silhouette de mon mentor. À contre-jour, il semblait encore plus grand que dans mon souvenir. Cissy semblait encore plus minuscule à ses côtés. Je m'esclaffai. Il était si bon de les revoir! Avant même que l'équipe médicale puisse me retenir, je m'élançai dans leurs bras, m'attardant plus longtemps que nécessaire, je l'avoue, dans ceux de Denver.

-Félicitation… me souffla-t-il à l'oreille.

Je remarquai alors, masqué par l'omniprésence des piaillements joyeux de Drucillella, M. Walker qui se tenait en retrait de la scène.

-Bravo petite, me dit-il en me gratifiant d'une bourrade sur l'épaule.

Et, malgré son regard fuyant, j'interceptai une étincelle de tristesse dans ses yeux.

Pour que je puisse gagner, il fallut que son propre protégé meure.

Aujourd'hui, l'étincelle de tristesse est le seul regard que l'on peut connaître à John Walker. Je sais qu'à une époque j'ai dut la comprendre. Aujourd'hui c'est pour Walker que je cherche dans mes souvenirs. Comment est-il mort, ce garçon de District Six qui m'accompagnait? Suis-je moi-même devenue mentor? Combien d'enfants ai-je perdu aux griffes du Capitole?

Nous passons devant les autres tributs sans même les voir. Je guide Walker jusqu'au stand de camouflage, lui mets les mains dans la peinture, dans la teinture, dans la boue, m'y installe moi-même quand l'étal des plantes entre dans mon champs de vision. Un gigantesque herbier y est posé. Je me lève, tremblante et je pose mes doigts sur celui-ci. La reliure est patinée, comme si mille mains l'avaient parcouru avant moi, ce qui est assurément le cas. J'essai de le soulever, en ce moment je ne souhaiterais rien de plus que de pouvoir m'asseoir, ce livre sur mes genoux, et parcourir une éternité de variétés de plantes et de fleurs. J'essai de le soulever, toujours en vain. Ce truc semble peser une tonne, je tremble comme une feuille, mais je veux tellement ce livre.

Une main ce dépose sur mon épaule. Je sursaute, je tombe et maintenant j'ai mal. Des larmes de rages coulent sur mes joues alors qu'un jeune homme blond identifié du District Douze s'accroupi à côté de moi.

-Attendez un peu, je vais vous aider, dit-il en m'agrippant doucement le bras. Je vais vous relever et on va s'asseoir plus loin, dans l'un des fauteuils.

Il dit cela avec tant de gentillesse que mes larmes coulent de plus belle. Je m'efforce à lui offrir mon regard le plus fou, le plus perdu, que dans ma tête seule l'incompréhension résonne vraiment. Pourquoi fait-il cela? Nous sommes compétiteurs, il devrait m'haïr. Il devrait m'ignorer. Et, au lieu de cela, ce petit me relevait sur mes pieds et me menait doucement vers un fauteuil, comme si j'étais sa petite grand-mère.

-Voilà, je crois que vous allez être mieux ici. Attendez un peu que je vous ramène le livre que vous souhaitiez consulter, me dit-il dans un sourire alors qu'il retourne chercher l'herbier.

Il le dépose doucement sur mes genoux et ouvre une page au hasard. Le crocus. Je souris, la première fleur, celle qui n'a pas peur du froid et qui brave les restes de l'hiver.

-Bon. Je vais retourner à l'entraînement. Si il y a quelque chose que je peux faire pour vous n'hésitez pas! Conclu le garçon blond en retournant à ses occupations.

Je relève la tête pour esquisser un sourire de remerciement mais il est déjà loin, alors je me concentre sur la petite merveille que j'ai entre les mains. Je parcoure les pages et les pages de végétaux, je les reconnais tous, un à un, la nature me livre ses secrets que je connaissais autrefois. Et, alors que j'étais résolue à fouiller pour retrouver des souvenirs de mentorat et de mes propres jeux, les seules bribes qui me reviennent en tête sont celles de mon passer commun avec Denver…


Et voilà pour le chapitre 4 :D J'espère que vous avez aimé ^^

La suite est prévue pour la semaine prochaine, le chapt 5, Comme un parfum de souvenirs, est déjà composé, j'attend juste d'avoir fini le 6 pour le publier question de toujours garder un chapitre en réserve :)

H&BK

Magg