Salut tout le monde! Je ne m'éterniserai pas dans mon blah blah, je veux juste remercier Dulanoire et Lalina15 pour leur intérêt dans mon histoire et les magnifiques reviews qu'elles me donnent. Je sais, je vous le dit à toute les fois quand je vous répond, mais bon, c'est mon moyen à moi de le montrer aussi aux lecteurs fantômes qui doivent tout de même poser un oeil sur M&lF ;)

Aussi un salut spécial à mon Émilie qui doit subir mes envolées créatrices, mes dilemmes d'auteure et mes moments de narcissisme quand je me trouve trop forte d'avoir pensé à tel ou tel détail XD

On se rappelle qu'Hunger Games n'est pas tout droit sorti de mon imagination mais bien de celui de Suzanne Collins :P

Et bonne lecture!


Morphine et les fleurs

08 – Redonner la parole

Comme à tous les soirs, je revenais du centre d'entrainement pour me jeter dans les griffes de Denver et m'escrimer à réaliser tous les exercices qu'il prépare pour moi. Pourtant, alors que je franchis le seuil de notre suite accompagnée de Walker, Denver n'est pas là pour m'accueillir à bras ouverts, avec un baiser souvent. La muette me tend une enveloppe m'étend adressée :

«Lydia chérie,

J'ai été retenu pour la soirée, je dois participer à des soupers et des rencontres avec les autres mentors. Pour tisser des liens et rencontrer des sponsors. Je ne pourrai pas être là ce soir et je ne sais pas quand je rentrerai.

Profites-en pour te reposer! Watch out, demain l'entraînement va reprendre de plus belle!

Bonne soirée…

Je t'aime

Denver»

Génial. Je me retrouve donc seule pour une soirée de temps, dans le silence des trop multiples chambres de la suite. J'ai beau errer de pièces en pièces, tout me semble vide et dénudé d'intérêt. Je suis entouré de gens sans voix comme moi. Je me sens vide et mélancolique.

Ma muette me suis pas à pas, me donne les choses que je veux voir, me sert de la nourriture et m'accompagne pour me laver. Elle agit comme une ombre, du moment où j'ai pénétré la pièce à celui où elle remonte les couvertures jusqu'à mon menton pour me tenir au chaud. Ça fait quelques jours pourtant que ses attentions sont devenues inutiles, pourtant je n'ai pas le cœur à la repousser et à lui montrer que je suis dorénavant assez forte pour m'occuper de moi toute seule.

Elle s'apprête à me quitter quand je remarque le clavier toujours posé sur ma table de chevet. Encore une fois, je commence à écrire un petit mot de remerciement quand je remarque ses yeux qui semblent convoiter l'instrument que je tiens entre mes mains… Mes paroles s'inscrivent à l'écran comme à l'accoutumée :

-Veux-tu … ?

Je remarque de l'hésitation dans ses gestes. Elle tend la main vers le clavier puis se rétracte précipitamment.

-Allez… Ça doit faire longtemps que tu n'as pas pu parler ? Prends. Inscris-je en lui tendant le clavier et en arborant le sourire le plus encourageant que je me connaisse.

Une éternité sembla passer avant qu'elle ne s'approche de moi et vienne s'asseoir près de moi sur le lit. Je la détaillais vraiment pour une première fois alors qu'elle avançait les doigts hésitants vers la surface tactile. Fébrile, mais elle semblait aussi effrayée. Elle devait avoir mon âge, avec des longs cheveux bruns noués en une queue de cheval haute, ses traits fins et harmonieux. Nuls doutes, elle est d'une grande beauté et c'est assurément ce qui lui a garanti un rôle dans les suites des tributs des Jeux de la Faim.

-B..o..n..s..o..i..r..

-Bonsoir, répondis-je dans un sourire, comment t'appelles-tu?

-Iris… Irissiel…

-Et d'où viens-tu?

-J'ai grandi dans le Huit…

-Est-ce que… Est-ce que je peux te demander ce que tu fais ici ?

Irissiel ouvrit les yeux grands d'épouvante et quitta la pièce dès que ces mots s'affichèrent à l'écran, me laissant seule dans la pièce. J'ai définitivement manqué de tact… Et j'étais désolée pour la petite. Quelle courge! Je n'aurais pas dût lui demander quelque chose d'aussi personnel et indélicat. Pour le doigté on repassera, j'avais perdu la seule interlocutrice que je pouvais trouver ici. Du moins, la seule qui m'intéressait. J'enfonce ma tête dans mes oreillers et tape des mains pour éteindre la lumière. Je ne suis qu'une sombre imbécile.

Pourtant les minutes et les heures passent sans que je réussisse à trouver le sommeil. Je suis tiraillée par les yeux épouvantés d'Irissiel, par ceux cruels de Cashmere, par les yeux accusateurs d'Indy et par ceux remplis de détresse de Bel. J'étais en train de me torturer les méninges lorsque la porte de ma chambre coulissa. Je pensais accueillir Denver lorsque je reconnu la silhouette qui se faufilait prestement par la porte et attrapait agilement mon petit clavier portatif. Je ne dis pas un mot. Je ne faisais que regarder la silhouette d'Irissiel se détacher de la lumière produite par mon écran-fenêtre faisant office de fond étoilé sur lequel défilaient les paroles d'une muette :

-Je m'appelle Irissiel Cophen, j'ai maintenant 20 ans et je suis née dans le district Huit. À l'âge de 12 ans, j'ai commencé à travailler dans une manufacture dans laquelle on produisait des chemises pour les Pacificateurs. À 12 ans, j'ai aussi commencé à voler. J'étais un petit oiseau qui montait dans les échafauds et aux poutres des plafonds et qui trouvait le moyen de récupérer de petits objets, puis des plus gros, puis des objets plus précieux, puis n'importe quel objet.

_J'étais une petite star dans mon groupe de travail composé d'enfants comme moi, je leur montrais les fruits des mes petits méfaits et ils m'admiraient. Je ne me faisais jamais prendre. Mes talents étaient infaillibles et j'en tirais un peu d'argent et des ragots que je décimais au vent dans la manufacture. Je créais des conflits et j'étais la maîtresse des lieux, l'usine, c'était comme mon arène personnelle où je pouvais tout contrôler et pousser des gens à s'opposer et à se haïr.

_J'avais l'esprit un peu tordu des gens qui ont peur. Comme toutes les enfants, j'avais peur des Hunger Games et des Moissons. Mes petites habiletés me rassuraient, l'admiration des autres enfants me confortait et mon contrôle éloignait les craintes et les risques. J'ai survécu à mes 7 Moissons. Je n'ai jamais vu ma crainte de l'arène se concrétiser et j'étais prête à arrêter mes méfaits. Mes succès m'ont menées à croire que j'étais invincible, je ne craignais plus rien, j'étais majeure et toujours libre. Jamais je n'aurais cru que ce serait une malheureuse gamine qui finirait par me trahir et que j'allais tomber si bas…

_Alors qu'elle grimpait aux poutres de l'atelier, la petite Karell a fait une chute fatale et s'est rompu la colonne vertébrale. Elle s'en est sortie vivante mais quadraplégique et m'a accusée publiquement de l'avoir incitée à grimper au plafond pour pouvoir espionner les gens de la fabrique et ainsi repérer les biens qui ont assez de valeur pour mériter d'être volés ainsi que les situations problématiques et paroles à partir desquels on pourrait exercer du chantage. Cela faisait quelques temps que les autorités avaient été prévenues de la disparition anormale d'objets et des situations tendues dans la manufacture 3, ils étaient trop contents de pouvoir enfin accuser quelqu'un… qui plus est la vraie responsable…

_Le chef des pacificateurs en charge du secteur de la manufacture 3, Errick Paul Vendel, n'était que trop content de la situation et a mis un point d'honneur à me faire payer cher mes fautes. Il faut dire que je l'avais profondément humilié quelques mois plus tôt en refusant ses avances. Ça avait fait les choux gras de toutes les commères et il avait perdu la face… Tout pour dire qu'il a réussi à me faire inculper pour motifs de vols, d'incitation au crime et d'insubordination. Les tribunaux du Capitole m'ont jugé comme une agitatrice et comme une menace pour la paix de Panem. À 19 ans, j'étais condamnée au mutisme et mise au service des tributs et organisateurs de Hunger Games…

_Maintenant, je réalise que tout ce que je voulais dans le fond, moi, c'était cesser d'avoir peur, me donner des défis et me prouver que je saurais les réaliser... Pourtant, le moyen que je me suis donnée pour y arriver est justement celui qui m'a plongé dans les jeux et qui me force depuis 2 éditions à côtoyer des enfants qui ne reviennent pas et qui ne méritent pas la mort…

_Comme j'étais vaniteuse! Je me prouvais ma valeur et je me confortais dans l'admiration... J'ai agis comme une sale égoïste et je ne me suis jamais vraiment intéressée à ces enfants, ils n'étaient que mon public, je ne savais rien de leur vie et je me contentais de me vanter devant eux. Je n'ai appris que trop tard que les parents de la petite Karell avaient de graves problèmes d'argent et qu'elle voulait «faire comme moi» pour les aider à payer les médicaments pour son petit frère mourant. Elle voulait voler par nécessité alors que pour moi c'était seulement une partie de plaisir. Je regrette tellement…

Ce sont les dernières paroles que je pu lire d'Irissiel. Au moment où je suis sortie de ma torpeur, il était trop tard. Des Pacificateurs avaient investis la pièce et l'amenaient avec eux. Je n'ai pas eut le temps de faire un geste, une parole de réconfort qu'ils étaient partis et que je fondais en sanglots. Nous aurions dut nous douter que le Capitole nous surveillerait. Si une muette est muette, c'est justement pour ne plus qu'elle ait l'occasion de parler. Je n'aurais pas dut lui tendre ce foutu clavier… Tout est de ma faute… Tout est histoire de vanité. Ma vanité. La vanité d'Irissiel Cophen. La vanité d'Indy Skye…

Indy Skye est restée un mystère pour moi. Je n'ai jamais réussi à la connaître, à lui parler. Toutes mes tentatives de l'aborder et de la conseiller se soldaient par sa fuites et son manque de considération. Je la regarde s'éloigner pour l'arène. Pas un mot, pas un regard; elle arbore son éternel sourire, charmeuse. C'est la seule attitude et aptitude que j'ai pu déceler chez elle. Elle charme tout le monde, depuis la parade, à l'entrevue, à l'entraînement. Sa note de 7 était même appréciable…

Les sponsors quant-à eux sont nombreux et me dégoûtent, tous des vieux porcs attirés par sa chair fraîche et sexy. Ces croulants me répugnent, veulent lui envoyer des fleurs, des chocolats et de la lingerie. Ce sont des imbéciles et Indy cracherait sur eux aussi, et, ce, avec beaucoup plus de mépris que celui qu'elle me réserve…

Au revoir Indy Skye, j'espère que tu sais ce que tu fais la grande…

Je rejoins les autres mentors. Bel m'y attend, je vois dans ses yeux qu'elle est beaucoup moins confiante que ce qu'elle veut bien l'admettre. Son petit frère est dans l'arène et elle un poids immense repose sur ses épaules. Je lui prends la main et observe les autres champions autour de nous. Le temps n'est plus à une réunion entre amis, tous sont tendus : Dans quelques minutes, l'écran s'allumera et nous découvrirons de quoi aura l'air l'enfer dans lequel sera plongé nos protégés. Nous évaluerons leurs chansons de survies en comparaisons à leurs alliances et leurs aptitudes. Pour moi c'est une bonne blague… Comment évaluer mon propre tribut qui n'a rien voulut me dire de son plan et de ses talents?

Le silence est de plomb au fur et à mesure que l'instant fatidique se rapproche.

5… Nous retenons notre souffle.

4… La main de Bel dans la mienne se crispe.

3… Mon cœur bat à vive allure.

2… Nos yeux sont rivés sur l'écran.

1… Le stress est si intense, chacun dans la pièce vit cette même sensation. Nous avons tous, un jour ou l'autre, été placés sur ces plateformes de lancement…

0… Que les 68e Hunger Games commencent ! S'exclame joyeusement l'éternel présentateur et commentateur du Capitole.

Un tourbillon de poussière masque partiellement la scène, tout autour des tributs semble rocailleux et poussiéreux. La Corne d'Abondance brille de mille feux au milieu des ruines et les combattants s'élancent en courant, vers les ruines, vers la corne, vers la montagne, vers l'inconnu. Tout bouge et les premières gouttes de sang éclaboussent le décor. En fait, il est faut de dire que tout bouge. Je n'ai pas besoin de me démener pour repérer Indy dans la cohue. Les monteurs du Capitole entrecoupent les scènes de massacre par le sourire carnassier de ma protégée, immobile. Elle regarde droit devant elle, ses mèches blondes volant au rythme des bourrasques de sable. Elle ne bouge pas, les bras croisés, debout sur sa plateforme. Elle est impressionnante, je dois lui donner ça.

Les carrières se rassemblent à la Corne et les tributs de seconde classe s'enfuient en fuyant du même coup le regard d'Indy. Elle est la Reine de l'arène et je m'avoue fascinée tout comme l'ensemble de Panem à cet instant. Les informations bourdonnent dans mon oreillette, des demandes de sponsors, l'évolution des paris, la réaction de la presse, les yeux de Panem sont rivés sur Indy Skye qui s'était mise en marche au rythme des dix coups de canon.

Elle parcoure en courant les derniers pas qui la séparent des carrières. Elle éclate en un rire cristallin alors qu'elle se faufile dans les bras de Zénith.

-Alors, tu as apprécié le spectacle ma déesse? S'exclame l'Apollon du Un en l'attirant toujours plus contre lui.

-C'était magnifique, souffla la Reine alors que son adorateur prenait ses lèvres.

Leur baiser dura une éternité, plein de fougue, de passion. Mon oreillette bourdonne de plus belle, Panem est en ébullition. Plus rien ne va plus : Indy Skye vend du rêve, du charme, de la beauté et de la force. Le jeu est à peine entamé, une vingtaine de minutes se sont écoulées, tout au plus, et elle à réussi un tour de force : Celui de devenir la préférée de tous, d'incarner l'invulnérabilité et l'insouciance.

Et puis, plus rien.

Elle glisse doucement des bras de Zénith. Tombe à la renverse, les yeux remplis d'effroi, le manche d'un poignard dépassant fatalement de sa poitrine… La Reine n'était plus, l'Amazone s'était éteinte et Panem s'était tu, choqué dans son rêve.

Les carrières se massaient autour de Zénith pour le féliciter. Ils se demandaient comment Indy avait pu être assez sotte pour croire qu'elle pourrait leur être utile, comment cette bonne à rien, cette pétasse avait pu espérer faire le poids et revenir vivante chez elle. Elle n'était somme tout qu'une agasse, qu'une traînée de bas fonds, elle n'avait rien de plus à offrir que son corps et c'est bien ce que Zénith avait pris. Définitivement. Cashmere, le second tribut du Un, se tenait en retrait, dans l'ombre de Zénith, un éclair de malice dans ses yeux noirs d'encre, avec autant de fierté que si elle avait elle-même planté le poignard dans le cœur de ma protégée.

Plus un bruit dans la salle, pourtant le show continue…


Et voilà! Un autre chapitre de complété, le plus long à ce jour même!

Je dois me confesser un peu, je dois être assez sadique dans l'âme, mais j'ai adoré tuer Indy :O Il y a un traitement qui a été mis au point pour guérir les auteures aimant tuer leurs personnages ? XD

Et vous, qu'est-ce que vous avez pensé d'Irissiel et d'Indy ? :)

On se dit à plus!

Mag