Bonsoir! Me revoilà pour un nouveau chapitre!

Et bien entendu, je suis également là.

Un grand merci à Clia pour ses reviews, je suis heureuse de la compter parmis mes lectrices (et lecteurs). Un coucou également à lixouille. J'espère vraiment ne pas vous décevoir. Voici donc le nouveau chapitre. En espérant que vous apprécierez...


-Bonjour Weasley.

À l'entente de la familière et désagréable voix, Rose fît volte-face. Scorpius ne put qu'admirer la grâce naturelle de son mouvement et l'agréable chatoiement de cette chevelure d'un si laid roux. L'héritier Malefoy exécrait cette couleur, qu'il estimait aussi peu attrayante qu'une verrue sur le bout du nez. Néanmoins, cette teinte seyait parfaitement à cette sang-mêlée descendante de traîtres à leur sang. Aussi irritante qu'elle.

-Tiens. Ne serait-ce pas cet petit lèche-cul de Malefoy ? Comment va ta fouine de père ?

-Fais attention à ce que tu dis Weasley, j'ai toujours mon rôle de préfet. Tu ne voudrais pas passer tout le séjour confinée non ?

-Honnêtement cela me serait égal.

-Depuis quand es-tu capable d'honnêteté ?

-Contrairement à toi, petit lézard de rien du tout, je ne mens pas.

-Ah non ?

-Non. Je dissimule la vérité. Nuance.

-Tiens tiens, la rose se rebelle. Ce n'est pas une grande nouvelle remarque. Elle a toujours été connue pour posséder plus d'épines que de pétales.

-Je prend ça comme un compliment de la part d'un misérable scorpion trop lâche pour frapper ailleurs que dans le dos.

-Au moins mon dossier à moi comporte moins de tâches que le tien. Comme nos sangs en fait. Un pur, l'autre...

-Mon sang n'est peut être pas aussi « propre » que le tien, mais mon âme l'est certainement plus que celle qui se trouve dans ce corps si chétif et féminin. À supposer que tu en ais une.

-« Corps chétif et féminin » ? Tu veux vraiment tester pour voir ?

-Plutôt coucher avec Zabini.

Ils s'étaient dangereusement rapprochés au cours de la dispute et n'étaient plus séparés à présent que de la longueur du doigt de Rose, appuyé contre le torse du jeune sorcier depuis la description si peu ressemblante qu'elle avait fait de son anatomie. Ils étaient si proches que Rose pouvait sentir l'haleine fraîche et mentholée de son pire ennemi lui frôler le nez. Elle détestait tout en lui, depuis ses souliers toujours impeccablement vernis à son regard de glacier tantôt enjôleur tantôt amusé, parfois pensif et parfois lassé, mais jamais apeuré ou énervé. C'est ce qu'elle rêvait de voir. Le sentir à sa merci, goûter à la brûlure de sa rage et non à cette froide réserve condescendante. Elle voulait le voir soumit, incapable de faire un geste si elle ne l'y autorisait pas, le voir réduit à l'état d'un simple pantin dans lequel cet esprit si calme ne pourrait que tourner en rond et abandonner peu à peu cette réserve volontaire pour une magnifique explosion de colère. Allumer enfin le brasier qui s'élèverait au-dessus des murs de pierre gelée formant ce mur presque imprenable qu'était Scorpius Malefoy.

-Quel langage. Les professeurs en seront informés.

-Comme si ils y pouvaient quelque chose. Comme si tu y pouvais quelque chose.

Rose rentra dans sa chambre, June sur ses talons, et en claqua la porte. Pour un peu, le Serpentard en aurait été assortit aux couleurs de sa maison. Vert de rage. Il ne supportait plus cet électron libre, cette maudite rousse. Il fallait qu'elle disparaisse. En revanche, rien n'empêchait le jeune homme de s'amuser un peu avec elle avant de l'envoyer dans le néant.

-D'où tu connais cet intello toi ?

-Ce truc ? Une vieille connaissance. Il se fait toujours un plaisir de m'envoyer au trou.

-Arrête de lui donner des prétextes alors.

-Je ne pensais pas que tu me conseillerais de renoncer à la tête constipée des profs uniquement pour éviter les ennuis. Tu me déçois June.

-Je te conseillais juste d'arrêter de te faire prendre.

-Pas une mauvaise idée. Mais il trouverait quand même un moyen.

-Il est si chiant que ça ?

-Plus collant qu'un vieux chewing-gum, plus retors que le pire des serpents, plus barbant qu'une bibliothèque et plus parfait que l'Immaculée Conception elle-même. Du moins en apparence.

-Ah oui ? Tu penses qu'au fond il est...

-Un pervers abruti ? Oui.

Albus s'arrêta devant un paysage magnifique. Les bâtiments, un peu trop modernes pour lui si attaché à son vieux Poudlard, disposaient d'un espace incroyablement conservé. Une sorte de cloître vide d'élèves à cette heure courait à l'arrière de l'établissement. Ce qui avait dû être une abbaye ou un monastère s'était effondré depuis longtemps et les débris s'enracinaient dans l'herbe haute, mais les colonnes de pierres restées debout soutenaient encore assez de voûte pour délimiter le terrain. Des pavés partiellement descellés marquaient un chemin coupant en quatre carrés égaux le centre de l'espace et courant à côté des colonnes, sur ce qui était autrefois la promenade. Des rosiers et des tiges de lierre s'enroulaient sur les montants de pierre, les quatre arbustes égayant auparavant de manière minime le cœur de chacun des quarts s'étaient étendus jusqu'à former des sortes d'arbres touffus et moussus, les fleurs plantées par des croyants d'un autre temps avaient prospéré là où l'herbe de couvrait pas le sol. En ce début de printemps, après les vacances d'hiver, seules quelques primevères pointaient le bout de leur nez. En revanche on distinguait déjà les emplacements des futurs sourires de la Terre. Un puits creusé au centre et entouré d'une haute margelle de pierre devait servir à les arroser dans le temps. Il s'y installa tranquillement, prenant son temps. Il avait encore un certain temps avant le dîner.

Quand le jeune brun s'affala sur son lit quelques heures plus tard, épuisé, il ne put que se réjouir de la tournure des événements. Certes, le repas n'avait pas été aussi calme qu'il l'aurait souhaité. Néanmoins ça aurait pu être au pire. Au moins la salle était toujours intacte. Sale mais intacte. Rose avait, une fois de plus, décidé de ne pas laisser tout le monde inactif. Elle avait invité tout le monde à une gigantesque bataille. Pas une bataille de nourriture, non ce serait trop banal pour la grande Rose Weasley. Une bataille de frisbee. Au bout de seulement quatre minutes, la moitié des élèves s'abritait sous les tables pour éviter les projectiles volant d'un bout à l'autre de la salle. L'autre moitié se renvoyait avec enthousiasme lesdits projectiles, avec sa charmante cousine comme commandant en chef de l'offensive. Les professeurs étaient débordés, peu habitués à une pareille démonstration. Le second de la fratrie Potter n'osait même pas imaginer ce qui pourrait germer de l'esprit tordu de Rose la prochaine fois. Ni la réaction des pauvres membres du personnel. Ni la dose d'heures de colle qu'allait se prendre la rousse cette fois. Certainement un bon paquet, puisque le sol était recouvert de restes de nourriture renversée, qu'aucune chaise ne se trouvait encore à son emplacement et dans sa position naturelle, et que la plupart des tables arboraient maintenant de magnifiques traces de chaussures diverses et variées. Plus toutes les plaintes à cause de vêtements tâchés.

Albus ne faisait pas erreur. La jeune sorcière était précisément en train de se faire passer un sacré savon. Même si mentalement, elle était morte de rire. Rien qu'à voir les têtes horrifiées de ses nouvelles futures victimes, plus connues sous le terme de « camarades de classe », elle avait déjà envie de recommencer. De toute manière, c'était toujours le même refrain. « Blablabla respect de l'autre, pas outrepasser les règles, punition, etc etc ». Parfois, elle se demandait si le discours ennuyeux n'était pas au moins aussi ennuyeux que la punition en elle-même. Ses pensées s'égarèrent vers un autre sujet. Qu'allait-elle pouvoir utiliser maintenant ? La sorcellerie n'était pas autorisée, elle en ferait certainement quand même mais pas en public, donc elle devrait trouver autre chose pour outrepasser les règles. Ce séjour était en fait un nouveau défi à son inventivité. Un autre détail, malheureusement moins plaisant, se rappela à son bon souvenir. Un certain détail blond, d'environ un mètre quatre-vingt, avec un visage de femmelette et des manières d'un autre temps. Comme par hasard, son rapport du soir coïncidait avec l'engueulade de la jeune femme. La directrice de Gryffondor, une nièce de madame McGonagall dénommée Azalée McSaw, en profita pour refiler le paquet à quelqu'un d'autre.

-Malefoy, vous tombez bien. Emmenez loin de ma vue ce cas désespéré avant que je fasse un malheur.

-Avec plaisir madame McSaw. Puis-je disposer d'elle pour sa punition ?

Le regard du préfet en chef montrait clairement qu'il débordait déjà d'idées pour châtier la pauvre élève. Pas toutes très catholiques.

-Non. Je m'en occuperais moi-même dès demain. Contentez-vous de la ramener à sa chambre et de veiller à ce qu'elle y reste.

-Ce sera fait. Bonne soirée madame.

-Au revoir Malefoy. Tenez-vous à carreau Weasley, ou vous écoperez bien plus que d'une simple collection de retenues cette fois.

Scorpius s'empara du bras de Rose, au grand déplaisir de cette dernière. Elle n'attendit même pas d'être hors de la vue du professeur pour se dégager violemment, ce qui lui valut un regard noir supplémentaire de la part de cette dernière. Son ennemi naturel passa la porte et la lui maintînt ouverte. Bon gré, mal gré, Rose fût forcée de franchir le chambranle. Il rabattit immédiatement le battant et se plaça juste derrière elle. Aucune émotion ne transpirait dans sa voix quand il entama un vague commentaire des derniers événements.

-Tu as encore fais des tiennes Weasley.

-C'est une question ou une affirmation ? Les lézards ne savent vraiment pas s'exprimer.

-Ce sont les renards qui ne savent pas comprendre. Trop impulsifs.

-Trop rusés aussi.

-Tu peux toujours rêver.

-Désolée pour toi, mais c'est la réalité.

-Je ne crois pas non.

Un certain sorcier brun surgit dans leur champ de vision, l'inquiétude se lisant dans son regard d'émeraude. Un simple coup d'œil à sa chère cousine le rassura. Ce n'était pas aujourd'hui qu'elle serait suspendue. La présence du Serpentard était donc la seule chose susceptible de perturber le fragile équilibre de la rousse. Pas son équilibre mental, non, celui-là était rompu depuis belle lurette. Son équilibre émotionnel. Jamais les tympans des élèves ne s'en remettraient si elle hurlait après le blond. Ou alors seulement après plusieurs longues années de surdité. Rose était dans une phase rouge. C'est-à-dire : contrariée, plus récemment invectivée, plus interdiction de sorcellerie, plus punition en perspective, plus punition déjà en cours (le voyage scolaire), plus Serpentard blond. Le tout égal à grosse explosion. Même si elle faisait croire qu'elle s'en fichait, les longs rendez-vous avec les professeurs l'énervaient. Elle les prenait pour des pertes de temps. L'unique fois où Albus s'était risqué à lui demander si elle ne pouvait pas tout simplement rentrer dans le rang, elle lui avait fait la tête suffisamment longtemps pour qu'il s'en souvienne durant toutes les années qui avaient suivie. Il se souvenait également à la perfection du cadeau de Noël qu'elle lui avait offert lors de cette brouille. Plus jamais il ne laisserait une sangsue s'approcher de lui. L'élecricité augmenta rapidement entre les deux sorciers. Albus haïssait Scorpius, qu'il estimait malfaisant, et ce dernier le lui rendait bien. En quelques enjambées, le fils d'Harry rejoignit les deux ennemis. Il prit le bras de la sorcière et l'amena à lui, malgré son indignation face à un geste aussi possessif. Il toisa le préfet du regard et se détourna, faisant mine de partir.

-Excuse-moi Potter, mais j'ai reçu la mission de raccompagner mademoiselle la rebelle à ses quartiers.

-Excuse-moi Malefoy, mais je dois parler à ma cousine.

-C'est compréhensible. Dommage que mes ordres soient contraires à tes souhaits, n'est-ce pas Potter ?

-Dommage que je ne t'obéisses pas, n'est-ce pas Malefoy ?

-Serait-ce un défi ? Elle a une influence de plus en plus forte et néfaste sur toi on dirait.

-Pas le moins du monde. Bonne soirée Malefoy.

-Je n'en ai pas fini avec toi.

-Dommage que moi si alors.

Il entraîna rapidement Rose à sa suite. Une fois qu'ils eurent mit plusieurs couloirs entre eux et le maléfique rejeton de la fouine, il s'arrêta deux minutes. Il n'aimait pas du tout ce qu'il s'apprêtait à faire, mais il n'avait pas le choix.

-Rose...

-Pas un mot de plus ! Quand tu fais ton sérieux c'est mauvais signe.

-Rose...

-J'ai dit non !

-Rose !

-LALALALA, j'entends pas !

-ROSE ! ARRÊTE DE CHANTE FAUX ET-ECOUTE MOI !

La rousse se tu enfin. Albus rassembla tout son courage pour entamer la part de la conversation la moins agréable.

-Rose... je voudrais que tu arrêtes les conneries.

-Quoi ?

-Pour une fois, écoute-moi cousine. On est chez les moldus. Avec un Malefoy. Tu dois te tenir à carreaux.

-Pourquoi ?

-Parce que. Cette fois, tu dois comprendre que c'est sérieux. La sécurité de nos familles, celle du monde magique, nos vies sont en jeu Rose. Je n'ai pas le droit de t'en dire plus.

-Mais oui. Le couplet du « ça suffit les bêtises » je le connais pas cœur. Tu n'es pas le premier à me le chanter Albus. Tu me déçois.

La jeune femme s'éloigna à grands pas, loin du brun. Elle l'avait blessé. Elle le savait. Mais elle n'y pouvait rien. Elle dit à l'ombre qu'elle distinguait vaguement de sortir. June surgit, l'air gênée. Elle avait tout entendu.

-Je suis désolée.

-Ce n'est rien.

-Sympa l'épisode du self, déclara la brune désireuse de changer de sujet.

-Ce n'était rien comparé à ce que je prépare pour la suite.

-Vraiment ? Raconte.

-Tu verras. Demain. Pour l'instant, au lit.


J'espère que la lecture vous a plu! Je vous donne rendez-vous pour un nouveau chapitre sous peu. Sur ce, bonne soirée/nuit/journée/matinée.

Bye!