Voici (enfin) le nouveau chapitre de « Parce qu'elle est rousse ». Celles et ceux ayant visité mon profil sont déjà au courant du programme de reprise. En cette rentrée (ah, malheureux élèves) voici donc un petit chapitre pour vous remonter le moral. Bonne lecture !
Enfin la réponse aux reviews :
Clia ~ Merci de m'avoir exprimé tes doutes, l'explication vient dans ce chapitre qui, je l'espère, saura te satisfaire.
Ninon ~ Merci infiniment, ça me fait très plaisir de lire ta review. Si tu lis ce chapitre, j'espère que tu l'aimeras autant (voir plus).
Quand Rose se retrouva face à son cousin, elle fût surprise. Elle n'avait pas prévu du tout qu'Albus oserait lui lancer pareil piège. Et pourtant, il se trouvait face à elle. Il ouvrit les bras, comme pour l'enlacer. Peut être était-ce son intention. Peut être voulait-il juste plaisanter. Dans tout les cas, il était ici et cela n'augurait rien de bon.
-Et bien Rose ? On ne dit plus bonjour ?
-Je peux savoir ce que tu fiches ici James ?
Il n'y avait pas à hésiter. C'était bien James Potter deuxième du nom qui, sanglé dans un costard-cravate le faisant ressembler à un pingouin, se tenait devant la rousse. Un pingouin sexy, mais un pingouin tout de même.
-Quel langage ! Tu ne changes décidément pas petite cousine.
-Ferme-la veux-tu ?
Le brun s'assit sur l'une des chaises présente et commença à fixer Rose d'une manière pour le moins... insistante. Ils étaient seuls dans la salle réservée aux visites. Le jeune homme avait grandit depuis Poudlard. Il avait entamé des études afin de devenir médicomage après s'être assagit au cours de son adolescence. Il avait en effet eu une jeunesse digne de celle de son grand-père paternel ou de celle de ses oncles les mythiques jumeaux Weasley. Il n'avait sans doute conservé de cette période tumultueuse que sa chevelure ébouriffée en permanence et l'air un peu taquin qu'il arborait parfois. Lui et la rousse n'avaient jamais eu une relation particulièrement calme. Elle était plutôt houleuse en règle générale. L'un faisait une farce à l'autre, qui répliquait, et cela finissait en bataille. Tout ce qu'il y avait de plus normal. Depuis qu'il était devenu un « adulte ennuyeux », Rose en profitait pour le charrier chaque fois qu'elle le voyait. Sauf que là, il était plus que sérieux. L'heure n'était donc pas à la plaisanterie. Il restait pourtant impassible et muet. Au bout d'une dizaine de minutes, n'y tenant plus, la pétillante Rose craqua.
-Qu'est-ce que t'es venu faire ici ?
-Je croyais que je devais me taire, répliqua James avec un air de pince-sans-rire.
-Je croyais que c'était une affaire sérieuse, lui rétorqua la lionne sur le même ton.
Ils s'affrontèrent du regard jusqu'à ce que James fasse signe à Rose de prendre place sur une chaise. Bon gré, mal gré, elle s'exécuta. Elle sentait qu'elle allait enfin en apprendre plus sur ce qu'on voulait lui cacher depuis si longtemps.
-Albus dit que tu en as entendu de belles...
-Et ?
-Disons que ce n'était pas prévu au programme, éluda t-il.
-T'explique oui ou merde ?
-Tu n'as pas idée de l'envie que j'ai de te répondre merde, plaisanta t-il avec son mythique sourire encadrés de fossettes.
-Je suppose qu'elle doit égaler celle que j'ai de te mettre un pain en pleine poire.
-Tu me donnes faim là.
-Ventre sans fond. On pourrait aborder les choses sérieuses ?
-C'est envisageable.
James entama alors un récit de la guerre avant que Rose ne le stoppe. Cette histoire-là, elle la connaissait par cœur à force de l'entendre chaque jour ou presque. C'était le seul sujet sur lequel elle était incollable en histoire de la magie.
-Ouais OK. Et après ?
-L'Ordre a continué d'agir sans que le grand public soit au courant, avec l'aide du Ministre de la Magie. Il, ou elle, est et sera toujours la seule personne à tout savoir de nos missions. Le ou la ministre sortant se soumettra à un sort d'oubli sélectif.
-C'est quoi ces missions ?
-Un peu de tout. Traque de quelques partisans du Seigneur des Ténèbres.
-Ils n'avaient pas tous disparus ?
-Tu serais surprise de voir le nombre de sorcier idiots qui existent dans le monde. Toi excepté bien sûr.
Elle retint une blague du même acabit et le laissa continuer. Patience Rose, patience. Il lui exposa les cercles d'activités de l'Ordre. Recherche d'objets issus de la magie noire. Sauvetages de personnes touchées par des maléfices. Les anciens membres devenus trop vieux concoctaient les plans dans l'ombre et les jeunes les exécutaient.
-Donc vous voulez m'envoyer sur un truc dangereux et je suis censée être heureuse de filer en mission-suicide pour la communauté ?
-En gros, oui.
Rose ne fût pas choquée par ce qu'affirmait James. En dehors des moments où il plaisantait, il avait toujours été franc, une qualité qu'elle admirait chez lui. Elle pensa pendant un instant que c'était probablement pour cela qu'on l'avait envoyé lui. Ensuite, elle se re-concentra sur l'objectif « obtenir des informations tout en restant en vie ». Parce que oui, son cousin avait hérité de l'incroyable capacité de sa mère à lancer des Chauve-Furies.
June
La brune se trouvait dehors quand elle vit Albus. Elle se cacha derrière un pan de mur, peu désireuse que qui que ce soit la surprenne avec sa cigarette. Elle entendit le cousin de sa colocataire s'éloigner, et se retourna dès qu'elle fût certaine qu'il n'était plus là. Sauf qu'il était toujours là.
-Salut.
-Qu'est-ce que tu veux ?
-Rien de particulier.
Comme à chaque fois qu'on tentait de lui parler, June se braqua. Elle n'aimait pas les gens en général. Donc elle les agressait. Après ils ne revenaient plus. Et elle était heureuse. Seule, mais heureuse.
-Je voulais juste te remercier pour m'avoir aidé à chercher Rose l'autre jour.
-Bon bah c'est fait. Tu peux partir.
-Désolé. Je ne voulais pas déranger.
Malgré ses dires, Albus ne décampa pas pour autant. Il resta planté à côté de la jeune fille, la mettant inconsciemment mal à l'aise.
-Tu devrais arrêter, c'est mauvais pour toi.
-J't'ai demandé ton avis ? Je ne crois pas.
-Désolé.
-Arrête de t'excuser et tire-toi !
Un éclat de rire échappa au sorcier. Furieuse, June se leva pour lui crier dessus avant d'être arrêtée par le regard du garçon. Merde, depuis quand il avait d'aussi beaux yeux lui ?
Rose
-C'est quoi cette mission ?
-Minute papillon, prends le temps de comprendre.
Il lui expliqua que sa mère avait étudié le voile caché au Ministère pendant des années. Comment se faisait-il que tout disparaissait en passant à travers ? Il n'y avait aucun sortilège connu dessus, elle avait dû passer des nuits blanches entières pour percer son secret. Elle avait bien sûr entendu parler de cet objet qui avait mis fin à la vie du parrain de son oncle. Le dernier des Blacks.
-C'est une magie très ancienne, une version d'essai d'une porte de transfert. L'ancêtre du Portoloin si tu veux. Le problème c'est que ses créateurs n'ont pas été capables de le contrôler. Ils n'avaient aucune idée de ce qu'ils avaient créé.
Il devenait passionné quand il en parlait. Il lui passa le détails techniques et continua sur sa lancée.
-C'est l'accès vers un monde nouveau Rose, un endroit inconnu et inexploré, loin de notre galaxie peut être. Tu te rends compte ? Ça voudrait dire que tous ceux qui sont passés à travers sont encore là-bas, quelque part.
Elle fit rapidement le rapprochement.
-Vous voulez récupérer Sirius Black ?
-Et peut être plus encore !
-Et pourquoi moi ? Parce que je suis jetable ?
-Exactement.
Rose se raidit légèrement. Elle se doutait déjà de ce qu'on lui dirait, mais cela faisait quand même mal. Elle serra les dents en attendant la suite de la tirade.
-Nous sommes tous des mortels, Rose. Nous mourrons tous un jour. Ce sera difficile pour tes parents, pour nous tous, mais nous finirions pas surmonter la peine. Il y a aussi une autre raison, c'est que tu es celle qui a le plus de chances de t'en sortir là-bas.
-Quoi ?
Un compliment de la part de James, il était malade ou quoi ?
-Intelligente comme ta mère, mais avec une créativité et une liberté d'esprit bien plus étendues. Tu es, de loin, la plus adaptée à une mission en milieu inconnu.
Elle voyait un peu ce qu'il voulait dire. La plupart des membres de sa famille étaient des bons élèves, elle faisait franchement tache dans ce tableau parfait. Elle était habituée à improviser, plus que tous ces gens trop académiques pour elle.
-De plus, contrairement à une grande partie de nos cousins et cousines, tu es une Animagi.
-Comment...
-Comment je le sais ? Je t'ai vue partir un soir. Tu te transformes pour échapper à la surveillance. Moi aussi je faisais cela à ton âge.
-Et qu'es-tu ?
-Cela me semble évident ma petite renarde.
-Un... cerf ?
-Bien. J'admets que j'aurais pu me montrer plus imaginatif, mais il faut croire que le sang ne lâche pas prise facilement. Et puis, c'est très bien les cerfs.
La jeune fille réfléchit un long moment. Elle s'était attendue à beaucoup de choses, pas à cela. Elle avait entendu parler de cet homme durant des années. Elle l'avait vu en photo, sur des avis de recherche, et il était même dans les livres d'histoire les plus récent d'après Albus. Il était une légende de la lutte, au même titre que son filleul avait marqué le monde de la magie. Désormais, personne n'ignorait le tragique destin de Sirius Black, parrain du survivant, emprisonné à tort à Azkaban treize années durant avant de s'en évader pour protéger le fils de son défunt meilleur ami, et surtout sa disparition tué par sa propre cousine. Enfant, elle avait souvent entendu son oncle Harry en parler. Il avait été marqué par le passage derrière le voile du pauvre homme et espérait qu'on saurait un jour ce qui était vraiment arrivé après. Personne ne savait non plus si le sort de Bellatrix l'avait atteint. Tout au long de ces années, ce qu'il était advenu de lui était demeuré mystérieux. Outre cela, autre chose la gênait : quand et comment James avait-il pu la surprendre ?
-C'est inutile d'y aller. Il est mort.
-Qu'est-ce qui te permet de l'affirmer ?
-Nos parents avaient la quinzaine quand il est... quand il a disparu. Lui-même avait au moins trente-cinq ans. Et maintenant ? Nous sommes plus vieux que nos oncles, tantes, et ainsi de suite, à cette époque.
-Il a donc la soixantaine. Et alors ? Il n'est pas décédé pour autant. De plus réfléchit aux effets sur le monde magique. L'un des héros de la guerre, revenant d'entre les morts. Imagine deux minutes.
-Pourquoi l'opinion publique te préoccupe t-elle tant ? Nous ne sommes pas en politique de ce que je sais.
-Nous non. Les partisans des ténèbres si. Un mouvement vient de voir le jour, il prône à peu près les mêmes idées que Voldemort.
-Personne ne les suivra.
-La science stagne. La situation économique est catastrophique. Si les gens sont désespérés, ils viendront à eux. C'est un fait. Regarde Hitler.
-Je ne suis pas douée en histoire.
-Même. Tu connais les conséquences. Nous avons besoin d'un nouveau héros, il l'incarnera. De plus, pense à la joie de mon père, de tes parents, de tout le monde. Tu peux ramener de la joie à la maison.
La rousse se leva, ulcérée. Elle avait toujours su que James était taquin, étrange, un peu nombriliste, mais jamais elle ne l'aurait cru aussi égocentrique. Il ne pensait qu'à sa popularité, à stopper ceux que lui estimait mauvais. On lui avait toujours dit que l'Ordre était là pour protéger les citoyens, pas pour les diriger. Si les objectifs changeaient, autant le renommer en « Ministère de la Magie bis ».
-C'est non. N'essaie pas de me manipuler James.
-Tu n'as pas le choix.
-Si je l'ai. Et je dis non.
La jeune fille se leva et partit de la pièce en claquant la porte. Mais au fond, l'un comme l'autre savaient qu'elle irait là-bas. Parce qu'une Gryffondor ne recule jamais devant l'épreuve, et parce qu'une Weasley n'abandonne pas un membre de sa famille. Il lui faudrait un peu de temps pour accepter, mais elle accepterait tôt ou tard.
Scorpius
Il avait été obligé d'utiliser un « téléphone » puisque la magie était interdite. À l'instant où il avait vu l'aîné des enfants Potter-Weasmoche partir, il avait dégainé cet outil de la technologie moldue pour contacter sa mère.
-Il est venu comme prévu.
-Tu les as écouté ?
-J'ai manqué une partie de la discussion. En revanche je sais le principal.
-J'attends mon fils.
-Les informations supplémentaires arriveront sous peu. Ils prétexteront quelque chose d'idiot pour l'envoyer là-bas, puis elle devra se débrouiller pour le ramener.
-Parfait. Tu n'auras même pas besoin d'intervenir, elle anéantira sa mission seule.
-Je ne pense pas mère. Elle est... pleine de ressources.
-Ah oui ? Tu en es certain ?
-Absolument.
-Dans ce cas nous nous débrouillerons pour l'empêcher de réussir. Excellent travail Scorpius, félicitations.
-Merci mère.
-Nous comptons sur toi mon fils.
Sur ce, la sorcière raccrocha. Le Serpentard redirigea son regard vers le parc où une silhouette rousse évoluait. Le léger sourire qu'il ne pouvait décidément plus dissocier de la sang-mêlée revînt flotter sur ses lèvres. Il était presque déçu de ce qu'elle allait devoir subir. Un rictus remplaça son sourire. Il s'empara d'une veste avant de descendre vers l'étendue de verdure.
J'espère que cela vous a plu, rendez-vous la semaine prochaine au plus tard (peut être avant) pour le nouveau chapitre !
