Voici la scène: une chambre d'ado en désordre. L'ado sur le lit. La couette par terre. La radio allumée sur le bureau, entourée de tas de Cds.
Demyx est penché sur sa pochette à feuilles blanches. Le but, c'est de les noircir de paroles. Le blanc, c'est déconcertant. On se perd dans le blanc des yeux, pour ne plus se retrouver. On est là, comme un con, l'esprit vide et l'humeur perturbée.
Il lâche un soupir. Puis grogne. Cette situation l'énerve et l'inquiète. Ça n'a jamais été si compliqué d'écrire une chanson. Il croit savoir ce qu'il veut dire. Mais quand il essaye sa main tremble et son stylo ne semble plus avoir d'encre. C'est l'angoisse. Il ne sait pas d'où ça vient et comment la faire partir. De la radio sort la voix d'un chanteur qui cri son amour parfaitement, comme pour le narguer. Ta gueule, bordel.
Une main passe dans ses cheveux pour massacrer sa coiffure. Les mèches ne tiennent déjà plus en place; tombent lascivement sur son front. Il déteste ça, avoir les cheveux devant les yeux. Ça le distrait quand il a le plus besoin de se concentrer. Il les repousse en arrière.
Maintenant c'est la voix d'une femme qui résonne dans la pièce. Elle dégage une énergie incroyable. Voilà ce que Demyx adore: les artistes qui donnent tout. C'est-ce qu'il aimerait pouvoir faire. Pour Roxas. Tout dire. Tout montrer. Que le son de sa voix prouve à quel point il est sérieux. Plus le temps passe moins il a l'impression de pouvoir y arriver.
Ça ne lui ressemble pas. Il n'est pas comme ça. D'habitude, il fonce. Tout arrive d'un seul coup. Pas besoin de réfléchir ou de s'inquiéter. Et là il est dans un état pas croyable. Il a peur, et il ne sait même pas de quoi.
De ne pas réussir à écrire cette chanson? Ou que le courage lui manque le moment de la chanter? Ou l'expression de Roxas, les geste de Roxas, les mots de Roxas…
S'il faut être franc, Demyx est sur de se faire rejeter. Il pensait que c'était mieux de partir sur ce point négatif. Comme ça il n'aura pas le temps d'espérer, ni le temps d'être déçu. Tout est déjà fixé.
Pourtant, là tout de suite, il flippe comme un malade.
Ça devrait pas être permit de flipper comme ça. De ressentir tant de choses à la fois qu'on ne peut même pas les analyser. Il a chaud, il a froid. Pendant une seconde il se sent prêt à pleurer, et la suivante il se met à rire. Même sa mère le fixe en se demandant s'il ne serait pas devenu fou par hasard.
Il se lève, éteint la musique, et sort de sa chambre. Ça sert à rien de rester enfermé en soit même quand tout est flou et inconfortable. Arrivé dans la salle de bain il mouille son visage et se regarde dégouliner dans la glace. Le garçon en face de lui s'amuse à lui faire des grimaces, comme pour se foutre de sa gueule. Ouais. Il aime bien ce mec et sa tronche de débile. Il ne manque plus qu'un peu de gel dans les cheveux pour se donner l'allure idéale: celle qu'il connaît. Parce qu'il a trop l'impression de plus se reconnaître ces derniers temps.
Il passe le reste de son samedi après-midi devant la télé. En zappant il tombe sur une série mal jouée et bourrée de clichées; il adore ça. Pendant les deux épisodes il se marre. Puis il change de chaîne, se mate quelques dessins animés. Après ça, quelques clip ringards prit en sandwich entre de la bonne musique. Puis c'est l'heure où ça devient un peu compliqué, et pour ne pas regarder les infos, il se contente d'un reportage animalier.
Étonnamment, c'est tourné de façon intéressante et il ne s'ennui pas une minute. À la fin il a retenu pas mal de trucs sur la vie des lions en Afrique.
Le téléphone sonne. Sa mère appelle du boulot. Elle a été invitée par des collègues et a bien envie d'y aller. Demyx la rassure; il n'a qu'à réchauffer les lasagne de la veille, c'est pas un problème.
_ Passe une bonne soirée.
_ Toi aussi mon cœur, j'essayerai de rentrer pas trop tard.
_ T'inquiète.
Les lasagne, il les mange devant l'ordi, en jouant en ligne. Ça lui permet de se vider la tête. Faudrait peut être qu'il fasse ses devoirs demain. Peut être… Ça pourrait faire flipper les profs qui sait, ce serait plutôt pas mal.
Il se couche à presque minuit et entend sa mère rentrer environs une heure plus tard. Il l'entend se cogner dans un meuble et jurer. Il rigole en l'imaginant bourrée, a faire tous les efforts du monde pour être le plus discrète possible pour ne pas réveiller son fils, et se rater. Il s'endort comme ça.
Note de l'auteur: Bon. Apparemment ça fais presque deux ans depuis le dernier chapitre. Je pourrais avoir honte, mais ça ne servirai pas à grand chose.
Alors, non, cette fic n'est pas abandonnée. Bien que maintenant, elle sera surement différente. Les premiers chapitres sont un peu dur à lire: beaucoup de fautes et de choses mal dites, des discussions où les voix se mêlent tellement qu'on ne distingue plus qui parle... Je les aime beaucoup quand même; ils me font rire. Je ne crois pas être capable de garder le même ton par contre. Mais voilà, je veux continuer cette histoire.
Ce chapitre est beaucoup plus court que les précédent parce que je le voulais léger. Je ne sais pas si ce sera toujours comme ça dorénavant. Il y a encore plein de choses à découvrir!
Petite précision: Demyx vit seul avec sa mère.
