Un pacte avec la mort

Disclaimer : Les personnages de Pirates des caraïbes ne sont pas à moi, ils sont à la compagnie Disney.

Hormis certains personnages sortent tout droit de mon imagination.

Couple : Capitaine Jack Sparrow & Elizabeth Swann, William Turner & Elizabeth Swann, Capitaine Jack Sparrow & Angelica, et plein d'autre dont vous aurez la surprise à mesure que votre lecture avancera.

Note : Cette histoire commence après le quatrième film de Pirates des caraïbes : La Fontaine de Jouvence.Pour tout vous avouez, je ne sais pas quelle taille aura cette histoire. D'un commun accord avec moi même j'ai décidé d'inventer la plupart des lieux où iront les personnages. De plus je fais ça à la demande de ma petite princesse, elle se reconnaîtra. C'est pour toi ma princesse.

Remerciements : Un grand merci à Artemis-Isil pour ses précieux conseils et son soutien. J'espère m'être amélioré encore un peu. Je souhaite progresser pas moi-même. Merci pour tout.

Chapitre 2 :

Malédiction

Ce n'est que le lendemain matin, aux premières lueurs du jour, que les faibles silhouettes de l'île se dessinèrent à l'horizon. Elles enthousiasmèrent équipage et maître d'équipage. Les embruns de la mer étaient encore glacials, entrant dans la peau sans scrupule. Ils gelaient jusqu'à l'os chacun des muscles des hommes du navire noir. Les pauvres hommes s'efforçaient de travailler pour faire avancer le bateau. Tout était tellement calme.

Cependant l'anxiété naissaient un peu plus à chaque seconde qui passait dans tout le bâtiment alors qu'ils approchaient de l'île silencieuse. Elle semblait sombre et faite entièrement de roche volcanique. De grands piques acérés remplaçaient les arbres verdoyants et particuliers des îles des Caraïbes. Plus le navire s'approchait des rives du petit morceau de terre et plus l'eau se teintait d'un rouge de plus en plus prononcé. De plus en plus foncé, il allait tout doucement mais sûrement vers la couleur sombre du liquide vitale.

Gibss regarda une dernière fois la terre ferme se rapprocher lentement au fil des secondes avant de descendre avertir son capitaine toujours enfermé dans sa sombre cabine. À peine fut-il entré que la voix du capitaine s'élevait dans la pièce.

- Qu'est-ce que tu veux? Demanda-t-il, le timbre rendu rauque par l'alcool et le peu d'utilisation.

Le plus vieux se passa une main à l'arrière de la tête de manière gênée avant de se racler la gorge. Il remit ensuite son gilet d'un bleu qui commençait à s'effacer avec le temps de manière correcte. Il finit par enfin fixer son regard dans celui, noir, de son capitaine.

- C'est pour vous prévenir que l'île est en vu. Nous y serons dans quelques minutes.
- Vraiment ! Lâcha-t-il dans une intonation ironique. Nous y sommes arrivé plus tôt que prévu.
- Oui, je vais faire les préparatifs pour l'accostage, lâcha-t-il alors heureux de ne pas s'être fait envoyer sur les roses.

Sans attendre de réponse, le second quitta la cabine. Il se rendit sous le mât pour donner ses ordres d'une voix forte. À l'intérieur, Jack sourit faiblement en entendant son second tempêter conte les hommes. Mais bien vite son sourire s'effaça lorsqu'il se dit que cette fois, il n'y aurait pas d'Elizabeth pour lui poser tout un tas de questions. Cette fois elle ne serait pas là pour lui dire qu'il était complètement fou ou pour lui hurler dessus. Elle ne serait pas là pour appeler son prénom avec inquiétude lorsqu'il lui arriverait un quelconque malheur.

Non, cette fois elle n'est pas là. Cette fois il sera seul. Seul avec son équipage. Il ne sentira plus jamais sa main se poser sur son bras alors qu'elle se dissimulerait quelque peu derrière lui. Il ne croisera plus son regard émerveillé devant une nouvelle beauté qui lui ferait découvrir. Elle ne sera pas là pour le sermonner à chaque mauvaise action.

Il glissa alors son regard vers la table en bois noir près des vitraux au fond de la cabine. Dessus reposaient toujours ses cartes et ses outils. Il tendit une main tremblante pour attraper une bouteille de rhum qu'il finit en une petite dizaine de gorgées. Sans attendre il se leva du fauteuil pour les invités dans lequel il était affalé. Il chancela un peu, reprenant difficilement son équilibre, avant d'aller mettre la bouteille vide dans une caisse prévue à cet effet. Il retourna alors vers de son fauteuil, celui qui ornait la grande table ronde en bois noir. Le fauteuil du capitaine. Et récupéra son tricorne qui est posé sur un des piques du dossier. Comme à son habitude il le vissa sur sa tête avant de se diriger vers la porte. Il passa rapidement son éternelle longue veste qu'il finissait toujours par ravoir par on ne sait quel miracle.

Une minute plus tard, le bruit de ses bottes cognant contre le bois sombre du bateau se faisait entendre sur le pont. Les matelots le regardèrent passé tout en s'échangent des regards rassurés. Il inspecta le pont rapidement mais avec application avant de rejoindre la barre que Coton tenait d'une main habile à l'arrière du navire.

C'est alors avec une satisfaction grandissante que Sparrow regarda son précieux Pearl fendre les vagues d'eau à présent aussi rouge que le sang. Comme l'aurait fait une épée en fendant la chair d'un homme, de la même manière cruelle et décidé. Malgré tout, il ne sourit pas une seule fois. Et ce jusqu'à ce que l'équipage ne jette l'ancre et ne ramène les voiles sombres qui avaient été réparées.

Puis une chaloupe fut descendu à l'eau à l'aide de cordages. Immédiatement équipage et capitaine montèrent à bord. Avant de se diriger en flottant sur l'eau en direction du petit morceau de terre ferme. Le brun inspira longuement l'air marin qui se mélangeait à l'odeur de la terre à mesure qu'ils se rapprochaient. Bien qu'il aime l'océan, il était heureux de retrouver la terre ferme une fois de temps en temps.

Enfin ils atteignirent tous le sol. La barque poussa un cri de protestation en raclant le fond rocheux. Cependant, comment être sûr que l'eau n'était pas nocive pour eux? Puis la réponse lui vient tout à coup comme une évidence lorsqu'il vit le petit animal tirer les cheveux blancs de Gibss. Sans aucune douceur il le prit par le petit gilet que lui avait mis son ancien second. Il passa alors la main par dessus le bord de la barque. Aussitôt il lâcha la petite bête qui alla transpercer la surface de l'eau rougeâtre. Elle remonta à la surface en feulant avant de nouveau se hisser au sec.

Sans attendre plus longtemps, le capitaine se leva et sauta dans l'eau. Il mouilla ses bottes et son pantalon. Ses pas furent alourdis par l'eau. Bien qu'ils soient facilités par un sol dur au contraire de toutes les autres îles aux sols sablonneux. Il ne lui fallu qu'une dizaine de pas pour enfin quitter l'étendue d'eau. Il jeta un coup d'œil en arrière. Ses matelots le suivaient un à un. Ils hissèrent la barque un peu plus loin sur le sol afin que la marrée ne l'emporte pas au grand large.

Jack pouvait sentir la chaleur de la roche rouge à travers le cuir de ses bottes. Il en apprécia la douce sensation qui se diffusa dans ses pieds un instant. Puis il amorça ses premiers pas vers le cœur de l'île. Il ne savait pas trop ce qu'était ce trésor en question mais maintenant qu'il marchait sur l'île il sentait ses intestins se contracter. Un plaisir qu'il n'avait plus ressenti depuis longtemps refaisait difficilement surface. Bien sur ce n'était pas comme avant. Cette sensation n'était pas aussi forte qu'il y a onze ans. Mais elle était tout de même là. Il la sentait.

Il prit son compas à sa taille avant de l'ouvrir. L'aiguille pointait toujours la même direction. Il leurs faudrait donc trouver le trésor d'une autre manière. Les rumeurs disaient qu'il était facilement trouvable. Déposé en plein centre de l'île. Mais les gens racontaient aussi que toute personne qui le prendrait serait maudit jusqu'à sa mort.

Il avait eu une vague impression de déjà vu quand il avait entendu ça. Cependant ici la rumeur était plus précise. Disant qu'un démon tout droit sorti des entrailles de la terre accompagnait le trésor et le suivait partout où il était emmené. Sparrow avait toujours eu peur de la mort. Mais les malédictions il n'aimait simplement pas ça. Il faisait attention à ne pas en avoir sur le dos. Cependant, après avoir entendu parler de cette histoire, il s'était dit qu'il n'avait plus rien à perdre. Il avait déjà perdu sa joie de vivre. Il le savait. Il n'avait plus envie de rien sauf de boire. Il passait ses journées à repenser à cette créature divine.

Elizabeth !

Il se mit à marcher d'un pas décidé vers le milieu de l'île. Il voulait donner une impression de sûreté à son équipage. Il voulait leur montrer qu'il savait où il allait et ce qu'il faisait. Mais lui même en doutait. Après tout, n'étaient-ils pas là par de simples rumeurs racontées par des gens ivres au fond d'une taverne lugubre? Mais malgré tout il voulait y croire.

L'équipage et le capitaine slalomèrent pendant près d'une heure entre les piques rocheux. Le paysage n'avait rien de rassurant. Les pointes rouges semblaient s'étirer vers les cieux bleus clairs. Elles semblaient vouloir le corrompre. Elles projetaient des ombres menaçantes sur le sol. Aucune plante n'avait trouvé le courage de pousser dans cet endroit abandonné des dieux. Il n'y avait pas plus d'animaux. Cet endroit était mort. Seul le sol rouge narguait le ciel bleu. La seule vie de cette île était les vagues qui venaient lécher la roche rouge.

Soudain les piques s'écartèrent face à eux. À mesure que les hommes avançaient, les roches pointues étaient de plus en plus écartées. Rapidement elles formèrent un cercle menaçant autour d'eux. Une espèce de brume rougeâtre rendait le lieu sinistre. Comme si ça allait l'arrêter ! Jack continua de s'avancer dans cette brume en faisant attention à tout ce qui l'entourait.

Il lui semblait que le sol s'élevait petit à petit devant lui. Il était fait de couches de sol parfaitement parallèles horizontales. Les plaques s'entassaient les unes sur les autres. Il remarqua qu'elles formaient une sorte d'estrade. Il monta sur elles avec agilité. Avant d'arrivé en haut il tourna la tête vers ses hommes. Ils commençaient à s'éparpiller à droite et à gauche. Il monta alors rapidement jusqu'en haut de la roche.

Soudain la brume sembla se diriger vers le bas, recouvrant seulement leurs pieds. Devant eux le brouillard sanguin se dissipa laissant apercevoir une montagne de richesse. Or, joyaux, ivoire, argenterie étaient rassemblés au milieu de somptueux bijoux. Des armes parfaites, des statues majestueuses, des tissus d'une valeur inimaginable, des vêtements finement brodés avaient été disposés ça et là autour d'un meuble sombre. Il était le plus surprenant. Un grand coffre en bois noir. Un bois aussi noir que celui du Black Pearl. Et cette pièce de bois ressemblait à si méprendre à un cercueil.

Jack se pencha au dessus. Plus il le regardait et plus il en était certain. Il s'agissait d'un cercueil. Alors qu'il se retournait vers ses matelots, il demanda à quatre d'entre eux de retourner au bateau. Il leur demanda de prendre des coffres et des sacs. Il dit aux autres de commencer à rassembler le trésor puis il s'agenouilla devant la pièce de bois noir.

Une fine poussière le recouvrait. Il la souffla avec application. Puis il le regarda plus en détail. Il apprécia la beauté et le raffinement du bois avant s'émerveiller devant les sculptures faites avec attention. Son regard fut attiré par une écriture blanche qui se trouvait un peu plus haut, là où reposait normalement la poitrine de l'endormie.

Il senti plus qu'il ne vu son second venir près de lui. Il lui fit alors signe de la main de s'approcher. Gibss s'agenouilla à côté de lui sans faire trop de bruit.

- Sainte-Marie, Mère de dieu, grinça le plus vieux en remarquant enfin qu'il s'agissait d'un cercueil. Jack, de qui s'agit-il?
- Je n'en ai pas la moindre idée, répondit celui-ci dans un souffle.

Les quatre moussaillons revinrent finalement avec les coffres et les sacs et commencèrent immédiatement à les remplir. Le seconde laissa Jack à sa contemplation afin d'aller les aider. Celui-ci se releva souplement et fit le tour du coffre de bois. Il observa chacune des gravures présentes sur la planche supérieure avec fascination.

Puis il reporta son attention sur l'écriture blanche. Elle était gravée elle aussi, donnant ainsi de la difficulté au temps pour l'effacer. Il la regarda d'un peu plus prêt avant de remarquer que les mots étaient écrits dans une autre langue. Il la lu du bout des lèvres, murmurant à peine les quelques mots. Étonnement il les lu sans aucun problème de prononciation. Son accent était parfait et sa lecture était fluide.

"Quam sum vivens mortuus sum magis mortuos quam viventes. Monumentum meum verum non est in terram, et in corde hominum."

Il senti alors un vent froid lui tourner autour une seconde avant qu'il ne s'évanouisse dans l'air. Il observa ses hommes autour de lui prendre les derniers trésors lorsque son attention fut attirée par un scintillement. Du coin de l'œil il vit un bracelet brillé. Il était posé autour d'une petite roche en pique. La roche pointue était tout prêt du cercueil. Il approcha sa main du bijou et eu la grande surprise de le voir émettre un éclat rouge un court instant. Comme un appel qui lui était destiné.

- Capitaine !

Il sursauta brusquement en entendant Gibss l'appeler. Il glissa rapidement et avec discrétion le bijou la poche de sa veste avant de se retourner vers l'homme.

- Nous avons fini de prendre le trésor. Tout a été emmené sur le navire, l'informa son second en le rejoignant sur les pierres droites.

Il hocha la tête avant de regarder une dernière fois le cercueil. Puis souplement il descendit de son refuge sur-élevé. Ses bottes plongèrent à nouveau dans la brume rougeâtre. Il fit signe au plus vieux et tout deux s'éloignèrent rapidement de l'endroit. Ils rejoignirent les matelots qui les attendaient sur le Black Pearl.

Sans attendre plus longtemps, il ordonna qu'on lève l'ancre. Lentement le sombre bateau s'éloigna de l'île sanguine. Sur le pont le capitaine demanda à ce qu'on rassemble le trésor récupéré un peu plus tôt. Les marins s'exécutèrent avec enthousiasme. Peu après le sol de bois noir était recouvert de merveilles. C'est alors que Jack se rendit réellement conte de tout ce qu'il y avait.

- Vous pouvez prendre chacun une partie égale mais laissez en si vous voulez repartir sur ce navire au prochain voyage, maugréa-t-il.

Avec grand plaisir, il vit ses huit matelots prendre différents objets et chacun d'entre eux remplit leur bourse de pièces d'or. Pourtant ils restèrent respectueux du butin. Lorsqu'ils se furent enfin servi, il ne devait manqué qu'un vingtième sur la totalité. Sparrow demanda alors à ce qu'on remette le trésor dans les coffres et qu'on les range.

Il regagna ensuite rapidement sa cabine après avoir dit à Gibss qu'ils devaient rejoindre la prochaine île pour se réapprovisionner et fêter ça dignement. Il se dirigea vers la lourde table pour y poser le bijou qu'il avait récupéré avant de retourner pendre sa veste à l'entrée. Il se rendit alors à son fauteuil d'un pas beaucoup plus léger, contournant la large pièce de bois. Il s'assit nonchalamment dans celui-ci avant de se pencher. Il déposa son chapeau sur les cartes avant de prendre le bracelet et une bouteille de rhum. Il s'adossa alors contre le dossier sculpté et croisa ses jambes sur la table. Il déboucha la bouteille encore neuve qu'il tenait d'une main à l'aide de ses dents tout en observant l'objet d'une grande valeur situé dans l'autre.

Le bijou semblait être fait en argent. Il s'était assombri et matifier avec l'écoulement du temps. Les gravures avaient noircie. Étonnamment ce bracelet n'était pas simplement rond. Il avait un sens. Le bord qui allait du coté de l'avant bras était lisse et droit. De l'autre coté le bord qui était tout aussi lisse à l'intérieur du poignet s'écartait vers l'extérieur dans une courbe parfaite sur le dessus de la main. Le bracelet s'élargissait en une pointe qui allait vers le majeur. Sur la zone la plus large était incrusté un rubis plat taillé avec perfection. Il était fait de façon ovale d'une largeur de deux doigts et de la longueur d'un pouce entier. Il rougeoyait d'une sombre lumière.

Tout d'un coup il se rendit conte d'un détail. Le bijou n'avait pas d'ouverture. Il tenta alors de le passer à son poignet. Le plus surprenant ne sembla pas être cette étincelle qui semblait vivre dans la pierre rouge mais le fait que le bijou passait la largeur de sa main. Enfin il vit le large anneau métallique se resserrer progressivement autour de son poignet gauche, s'ajustant parfaitement à celui-ci. Il remarqua alors avec plaisir qu'il était en contact total avec sa peau bien qu'il ne le serre pas pour autant.

Il sourit plus largement en reprenant quelques gorgées de son précieux liquide et regarda plus attentivement l'objet qui décorait maintenant son bras. Le brun ne savait pas combien de temps exactement il était resté là à contempler le rubis qui rougeoyait lentement. Mais il finit tout de même par se rendre conte que la température de sa cabine avait finit par baisser. Il remarqua alors la noirceur qui enveloppait la pièce. Il jeta un rapide coup d'œil aux vitres de la cabine pour remarquer que la nuit était tombée.

- Hé bien, je pensais de vous ne sortiriez jamais de votre contemplation.

À l'entente de cette voix, Jack sursauta sur sa chaise qui racla le sol. Il faillit tomber et lâcher sa bouteille de rhum. Il posa alors ses deux pieds sur le sol cherchant d'où venait la voix. Mais rien n'y fit. Il ne voyait personne. Avait-il rêvé? Il avait cru entendre une voix féminine. Il fronça les sourcils et alors qu'il allait demander qui était là, il vit une silhouette sortir de l'ombre. Elle quitta un coin sombre de la cabine pour s'approcher lentement de la table en bois.

Le capitaine observa alors une femme aux longs cheveux aussi noirs que les ténèbres se diriger vers lui. Elle avançait lentement vers la table. Sa peau était d'une pâleur lunatique. Ou bien était-ce l'obscurité qui faisait ça ? Elle avait les sourcils de la même couleur que sa longue chevelure. Ses lèvres étaient colorées d'un rouge sombre mais tout aussi vif. Ce qui le choqua le plus fut ses deux orbes sanguines qui semblaient brillées dans l'obscurité.

Il ne pouvait dire son âge. Elle semblait tout droit sorti de l'imaginaire. Et sa tenue ne faisait rien pour arranger cette impression. Une tenue d'un autre temps.

Elle portait une armure gravé. Une petite armure qui lui permettait une grande mobilité. Étonnement, au niveau des jambes elle semblait porté un pantalon moulant rouge par dessus lequel elle avait revêtue des jambières en cuirs protégées de plaques métalliques. Des sangles les reliaient au haut, tenant ainsi les jambières à mi-cuisses. Des plaques protégeaient ses genoux et ses tibias cachant des bottes.
Ses bras étaient eux aussi protégés par une plaque gravée tout comme ses coudes l'étaient par des plus petites. Puis ses épaules par des épaulières mobiles. Enfin elle avait une ceinture faite de plusieurs plaques entourant sa taille. Son ventre et bas ventre, ainsi que sa poitrine étaient protégés aussi.

Ses doigts, eux, étaient recouverts par des gants en cuirs noirs qui passaient sous la protection des bras. Son cou était protégé de la même manière comme chaque partie qui avait besoin de plus de mobilité. Seul le haut de sa poitrine et son visage n'était pas recouvert de tissu, de cuir ou de plaque.

Bien que sa tenue semble très dévêtue, elle n'en était pas moins intimidante. De plus que la femme portait une longue cape attachée sous ses épaulières et qui tombait jusqu'à ses chevilles. L'extérieur était noir alors que l'intérieur était rouge et semblait lui aussi luire brun remarqua aussi que l'armure possédait de petits reflets rouges. Cela venait-il de la faible luminosité créée par les bougies ?

Jack resta un instant hébété par l'arme qu'elle portait dans son dos. Il lui sembla qu'il s'agissait d'une faux gigantesque au manche d'une longueur comparable à la taille de la dame. Elle était faite dans un métal gris noir et semblait très robuste mais aussi très lourde. De part et d'autre du manche, des « rubans » métallique décoraient l'arme blanche. La lame brillait clairement, promettant un tranchant net et précis. Elle la portait légèrement inclinée. La larme était au niveau de ses pieds, remontant vers le ciel dans une courbe lisse. Et le manche dépassait de son épaule. Elle pouvait ainsi l'attraper avec la même main.

Il n'avait jamais vu semblable personne, et il resta sans voix devant cette apparition. Il la trouvait magnifique. Bien sur elle n'avait rien en commun avec Elizabeth, mais il la trouvait tout de même d'une beauté irréelle. En pensant à la jeune femme il se rembrunit. Il porta alors à nouveau son attention sur la nouvelle présence dans sa cabine.

À l'intérieur de lui, il ricana amèrement quand il se dit qu'à chaque fois il était attiré tout particulièrement par des femmes dangereuses. Il repensa à Elizabeth et la façon dont elle l'avait piégé. Puis il pensa à Angelica qui l'avait menacé de nombreuse fois. La femme face à lui semblait encore plus dangereuse que ses deux là.

- Qui êtes-vous donc ? Et que faites-vous dans ma cabine ?

Pour toute réponse elle lui sourit avant de s'approcher encore un peu plus de lui. Elle était à moins d'un mètre quand elle lui répondit enfin d'une voix féminine avec un faible timbre rauque. Sa voix était douce et profonde. Mais il sembla au brun qu'elle n'avait pas servi depuis bien longtemps.

- N'avez-vous donc pas entendu parlé de la légende?

Jack écarquilla un peu les yeux sous la surprise. La malédiction. Il l'avait presque oublié avec tout ça. Était-elle le démon dont parlait la rumeur? Pourtant elle semblait si calme et était si belle. Mais il repensa alors à un détail. Elle semblait sorti tout droit d'un rêve. Et ses yeux rougeoyants comme le rubis de son bracelet ne faisaient que confirmer sa pensée. Lorsqu'il les regardaient il pouvait voir une lueur danser au fond d'eux.

- Vous êtes ce fameux démon?

Encore une fois la femme sourit. Mais cette fois son sourire était bien plus large. Il découvrit alors des deux rangées de dents parfaitement blanches et deux crocs pointus ornaient cette magnifique dentition. C'était sa réponse.

Cette femme n'avait rien d'humain. Sauf peut être son apparence.

Elle reprit alors la parole pour la troisième fois.

- Vous avez mis le bracelet.
- Oui, lâcha-t-il alors en relevant la tête précipitamment. Il est à vous ? Je voulais simplement l'essayer mais il semblerait que je ne puisse plus le retirer. J'en suis navré !

Elle le regarda pendant un moment. Elle ne bougeait pas. Lui non plus. Ils se regardaient, l'une parfaitement calme, l'autre un peu inquiet. Soudain elle sourit une nouvelle fois. Mais c'était à nouveau un faible sourire. Il était à peine visible.

- Voulez-vous l'enlever ? Demanda-t-elle alors de but en blanc.

À cette question le brun fronça les sourcils. Qu'est-ce que c'était que cette question bizarre encore ?

Cette femme lui donnait une étrange impression. Il se sentait bien en sa compagnie. Comme si plus rien ne pouvait lui arriver. Et malgré tout il se sentait menacé. Par elle directement. Elle semblait très dangereuse.

- Si vous voulez l'enlever alors vous le pouvez sans aucun problème, mais vous avez que cet instant pour le faire. Après ça ne sera plus possible. Car si vous le gardez, vous devez savoir que ce bijou m'est lié. C'est pour ça que je suis là cette nuit.
- Ce qui explique votre présence dans ma cabine.

Sparrow fronça les sourcils avec un peu plus de fermeté. Puis il prit la bouteille de rhum posée non loin sur la table avant de la porter à ses lèvres. Il en but une longue rasade avant de la reposer et de fixer de nouveau son regard dans celui, rouge, de la femme face à lui.

- Que voulez-vous dire? Demanda-t-il alors en redoutant quelque peu la réponse.

Elle tourna alors la tête vers les petites fenêtres du bateau avant de fermer les yeux. Elle les rouvrit au bout de quelques secondes puis replongea son regard dans celui du maître du navire. Il ne l'avait pas lâché du regard, essayant de décrypter chacune de ses réactions.

- Ce bijou est une sorte de lien entre moi et celui ou celle qui le portera. Je lui devrais obéissance. La personne qui met ce bracelet devient mon maître humain. Je le protégerai alors envers et contre tout. En contre partie, il doit me nourrir et me loger. C'est un peu comme un sceau.
- Vous êtes forcée de vous mettre au service d'un humain? Questionna-t-il alors, surprenant la femme face à lui.

Elle ferma une nouvelle fois les yeux avant de souffler doucement dans un rictus amusé. Puis elle releva de nouveau ses longs cils sur ses orbes rouges. Elle regarda une fois encore l'homme assit devant elle.

- Non, si je fais ça, c'est parce que je m'ennuie. Ceux qui osent venir chercher ce bijou sont rares. C'est une sorte de divertissement.
- Je vois.

Jack sourit alors largement. Il avait pris sa décision. Il allait garder ce bijou et le porterait fièrement à son poignet. Après tout avec elle il pourrait peut être enfin détruire la Compagnie des Indes qui l'énervait tant.

La légende n'était pas fausse. Il y avait bien un démon. Mais dans son cas c'était plus un avantage qu'un inconvénient.

- Je suis le Capitaine Jack Sparrow. Et j'ai décidé de garder ce bijou.

Cette déclaration fit largement sourire la femme. Ses yeux se plissèrent de plaisir et elle baissa la tête de touts petits centimètres. Elle apprécia longuement les mots de ce Sparrow face à elle. Elle allait enfin pouvoir de nouveau s'amuser. Elle allait enfin pouvoir manger.

Elle s'avança alors encore d'un pas calme et mesuré vers lui. Il la regarda faire sans bouger. Elle fit lentement le tour de la table envahit. Elle passa ses longs doigts fins sur la pierre rouge incrustée dans le bracelet et le scintillement sembla s'estomper.

Enfin face à lui, elle reporta à nouveau son regard sur lui. Il pouvait sentir le froid suinter de toute part de ce magnifique corps de femme. Elle posa un genou au sol devant lui. Sa cape s'étendaient comme une rivière d'encre noir derrière elle. Une rivière de ténèbres. Fascinante et apeurante. Protectrice et meurtrière. Et son arme ne sembla pas la gêner plus que ça dans son déplacement.

De fines mèches de sa longue chevelure tombèrent devant ses épaules. Les fins fils sombres glissèrent lentement sur ses bras protégés et ses cuisses avant d'aller finir leur course sur le plancher noir. Elle ne les remit pas en place. Elle releva la tête vers son nouveau maître. Une nouvelle fois sa voix s'éleva dans la pièce, brisant le silence qui s'était installé.

- Accepteriez-vous alors de me donner mon premier repas, mon maître?

Sa voix était plus douce que tout à l'heure. Elle semblait plus voluptueuse. Elle donnait l'impression de vous caresser. L'atmosphère de la pièce semblait elle aussi avoir changé. Bien que l'obscurité soit toujours bien présente, elle n'était plus dérangeante.

Jack senti toutes sensations de danger le quitter pour être remplacé par une sensation tout autre. Il se sentait à présent plus en sécurité que jamais. Plus fort aussi. Plus confiant. Mais il repensa bien vite à la dernière phrase de la brune.

- C'est une idée, souffla-t-il avec un petit sourire cynique.

Ses yeux pétillaient de bien être et d'assurance. Il avait découvert un formidable trésor.

- Je ne me suis pas nourrie depuis des années. Et bien que cela ne me soit pas fatale comme ça le serait pour un humain, c'est tout de même douloureux.
- Oh, lâcha-t-il alors, perdant son sourire. Et je suppose que tu te nourris d'une chose bien particulière.

Reica observa alors attentivement le brun à la recherche d'une peur ou d'un doute quelconque mais elle n'en trouva aucun. Elle inspira lentement avant de consentir à donné sa réponse.

- Je me nourrie de sang. De sang humain.
- Voyez-vous ça ! Je me demandais aussi. Qu'est-ce qui aurait pu faire de toi un monstre assez terrifiant pour que les hommes en tremblent.

Elle avait cru qu'il aurait eu peur à sa réponse. Quelle ne fut pas sa surprise quand elle le vit prendre ça à la rigolade. Aussi il ne fit pas un seul geste pour se dérober à sa position. Il prit simplement la bouteille d'alcool qu'il porta de nouveau à ses lèvres et en but une longue rasade. Cet homme semblait avoir vu de nombreuses choses qui dépassaient l'entendement du commun des mortels.

- Quel est ton nom? Demanda-t-il alors après avalé le liquide et reprit une bouffée d'air.
- Mon précédent maître m'appelait Reica.

Le brun reprit alors de nouvelles gorgés. Il en apprécia la brûlure dans sa gorge. Puis il reposa le contenant en verre sur la table et prit alors un coupe papier disposé non loin. D'un geste vif il trancha la pulpe de la dernière phalange de son index. Avec une fascination qu'il n'avait jamais connu avant, il regarda le sang en jaillir lentement. Il reporta alors de nouveau son attention sur la jeune femme qui allait être à partir de maintenant son serviteur.

Elle avait fermée les yeux et rabaissée la tête. Elle inspirait longuement, gonflant ses poumons de l'air ambiant avant de les vider avec lenteur. Il se doutait qu'elle appréciait l'odeur de son sang. Lorsqu'il vit plus qu'il ne senti la première goutte tombée il sourit calmement. Il décida alors de sortir la brune de sa rêverie.

- Reica.

Instantanément elle ouvrit les yeux pour les porter sur lui. Mais il n'y resta pas longtemps. Il revint bien vite sur la blessure du capitaine. Ses yeux se mirent alors à luire d'une rouge plus lumineux. Ses yeux semblaient vivre d'eux même comme le faisait une flamme.

Jack avança son doigt vers les lèvres de la femme. Celle-ci les entrouvrit sans perdre de temps avant de laisser sortir sa langue. Elle la fit aller à la rencontre de l'index chaud de l'homme face à elle avant de lécher consciencieusement le sang. Chaque goutte était un véritable délice pour ses sens. De plus elle ne s'était pas nourri depuis longtemps et ses perceptions en étaient décuplé. Elle fut surprise de découvrir un petit plus dans le goût du liquide vitale. Le sang de cet homme était spéciale. Il avait quelque chose de différent qui le rendait infiniment meilleur face à tout ceux qu'elle avait goûtée.

Finalement la plaie arrêta de saigner et elle s'écarta à regret de la main de l'homme. Elle l'entendit de nouveau prendre la bouteille afin d'en finir le contenu. C'est à ce moment seulement qu'elle se rendit conte qu'elle avait fermée les yeux de plaisir. Elle les rouvrit et vit son maître la regarder avec un petit sourire cynique.

Un calme confortable régnait dans la cabine. L'obscurité cachait la scène qui était en train de se dérouler à cet endroit aux yeux du monde. Une complicité des plus spéciale venait de naître entre Jack et cette femme.

Elle se releva prestement, reculant de quelques pas. Puis elle regarda dehors pour la deuxième fois de la nuit. La lune était au zénith à présent et dominait les flots et le navire. Aucun nuage ne venait la cacher et elle éclairait l'immense étendue d'une lumière pâle.

- Vous devriez aller dormir Maître. La nuit est déjà bien avancée.
- Et toi? Demande-t-il alors, la prenante au dépourvu.

Elle n'en laissa rien paraître. Ou bien avait-elle simplement oublier comme laisser paraître ses sentiments. Ses sourires avaient perdu leur éclat depuis bien longtemps. Ils étaient complètement creux. Pourtant ses lèvres s'étirèrent quand même avant qu'elle ne réponde d'une voix lointaine comme si elle était perdue dans un rêve.

- Je ne dors plus la nuit depuis bien longtemps.
- Alors quand dors-tu?

Une fois encore, elle fut surprise de la question. C'était la première fois qu'on lui posait ce genre de questions. Habituellement les hommes s'en fichaient. Décidément cet homme n'était pas comme les autres. Elle allait beaucoup moins s'ennuyer avec lui.

- Lorsque le soleil est le plus agressif. Je peux le supporter mais il m'est désagréable.
- Ce qui explique la pâleur de ta peau, souffla-t-il alors en levant de son fauteuil.
- Si vous saviez, répondit-elle dans un regard énigmatique.

Il haussa un sourcil avant de se pencher vers la table. Il prit la bouteille qu'il alla mettre dans la caisse un peu plus loin. Puis lentement il se dirigea vers son lit. Il chercha rapidement son chapeau sur la table pour être sur de son emplacement avant de s'asseoir sur le bord du matelas. Il retira ses bottes qu'il laissa tomber aux pieds du lit. Puis il en fit autant avec ses armes qu'il déposa sur la commode.

Reica n'avait pas bougé, elle l'observait. Elle décida qu'il lui était temps de partir et de laisser l'homme seule. Elle lui souhaita bonne nuit, lui disant au passage qu'au moindre besoin il n'aurait qu'à prononcé son nom. Puis elle s'inclina légèrement avant de reculer et de disparaître à travers le mur.

Jack la regarda faire avec fascination, se disant qu'elle faisait ça bien mieux que Davy Jones. Puis rapidement il retira sa ceinture en cuir pour ne laisser celle en tissu. Elle n'étais pas désagréable. Il se glissa ensuite sous ses couvertures et s'endormit bien vite aidé par l'alcool et les nombreux événements qui avait eu lieux dans la journée.