Auteur : Hiera Ramuk
Titre : Snowman
Genre : U.A., Comédie Romantique
Personnage : D
Pairing : Hide-Zou X Tsunehito ( pour le moment n.n )
Chapitre 5 :
Une sonnerie retentit, et Ruiza tendit la main afin de couper son réveil. Il l'avait réglé sur 5h du matin afin d'être sûr d'être le premier levé. Lorsqu'il sortit de sa chambre d'un pas ensommeillé et encore en pyjama, il se retrouva nez à nez avec Asagi qui était en tenu de sport. Le brun lui sourit et Ruiza y répondit avec un certain embarra compte tenu de sa tenue.
« Je vais faire un peu de jogging, déclara Asagi tout en continuant de sourire.
- Oh... je... je vais faire le petit-déjeuner.
- Très bien. Je serais revenu dans une petite demi-heure. »
Ruiza acquiesça d'un hochement de la tête et regarda Asagi descendre les escaliers. Lorsque la porte d'entrée se referma derrière le brun, Ruiza poussa un léger soupir sans trop savoir pourquoi. Il ne savait pas non plus pourquoi depuis qu'il s'était levé il y avait ce sourire collé au visage, et il n'avait fait que croître depuis qu'il avait vu Asagi. Le blond fronça les sourcils avant de secouer la tête vivement. Il se comportait bizarrement ce matin. Peut-être couvrait-il encore quelque chose ? Il espérait que non car ce n'était vraiment pas drôle de tomber malade. Et puis, il ne voulait pas qu'Asagi se sente encore obligé de s'occuper de lui. Quoi qu'il en gardait un assez bon souvenir.
Dès qu'il fut à la cuisine, Ruiza se mit tout de suite au travail. Il avait un petit déjeuner à préparer et il espérait qu'il plaise au petit-fils de sa patronne. Ruiza fit griller du pain, prépara des oeufs brouillés, du café. Il disposa du jus d'orange sur la table ainsi que des céréales. À dire vrai, il ne savait vraiment pas ce qu'Asagi prenait le matin et il se rendit compte qu'il aurait dû lui demander avant qu'il ne parte courir. Maintenant c'était trop tard alors Ruiza ferait de son mieux.
Asagi rentra plus tôt de son jogging mais prit le temps de prendre une douche avant d'arriver dans la cuisine. Lorsqu'il aperçu la table bien garnie, il ne su trop quoi dire à Ruiza qui souriait tout en lui désignant un siège. Asagi qui d'habitude ne prenait qu'un café le matin et qui détestait manger, se surprit à avoir faim devant toutes ces bonnes choses que l'aide-soignant de sa grand-mère lui avait préparées. Après avoir hésité, Asagi commença à manger sous le regard satisfait de Ruiza. Le brun devait reconnaître qu'il avait bon appétit ce matin mais comment résister à toutes ces bonnes odeurs ? Et pourtant, même quand c'était sa grand-mère qui les lui préparait, il rechignait toujours et touchait à peine au petit déjeuner. Là au contraire, il mangeait goulûment tout ce qui se présentait à lui sous le sourire de Ruiza qui était fier de lui.
« J'ai rarement prit un petit déjeuner aussi copieux, avoua Asagi tout en essuyant la bouche avec une serviette de table. Merci beaucoup.
- C'est normal, répondit Ruiza avec une pointe de timidité.
- Bon, il faut que je me prépare. Merci encore. »
Ruiza lui fit un oui de la tête et le regarda quitter la cuisine tout en soupirant de satisfaction et d'une autre petite chose qu'il ne parvenait pas à définir.
OoOoO
« Quoi ? Il passe son temps à sourire ? Il a fais la vaisselle hier soir ? Il t'a complimenté sur ta cuisine ? Il a mangé ce matin ? »
À toutes les questions de Kana-san, Ruiza répondit par un oui de la tête. Le vieille femme fronça des sourcils et se mit à fixer un plie du drap tout en réfléchissant à ce que venait de lui dire son petit protégé. Tout ce que Ruiza lui avait raconté semblait complètement irréel mais surtout, cela ne ressemblait pas à l'Asagi qu'elle connaissait. Généralement, son petit-fils était un véritable glaçon. Là, il semblait être un jeune homme épanouis. Mais il n'était pas le seul à l'être. Kana-san regarda Ruiza du coin de l'oeil. Le blond était tout souriant et semblait vraiment de bonne humeur. Ruiza l'était généralement, mais aujourd'hui il avait quelque chose de différent.
« Dis-moi Ruiza, comment trouves-tu mon petit-fils ?
- Je vous l'ais dit, il est vraiment adorable. »
Un petit sourire se dessina sur les lèvres de Kana-san et Ruiza détourna les yeux tout en rougissant légèrement.
« Mais... c'est normal...il...il a de qui tenir..., ajouta Ruiza.
- Oui, fit Kana-san d'un air peu convaincu. En tout cas tu l'apprécies beaucoup.
- Que...que voulez-vous dire ? Demanda Ruiza tout en rougissant sans s'en rendre compte.
- Rien, fit innocemment la vieille femme.
- Bon, je dois vous laisser. Il faut que je lui apporte son déjeuner également. »
Kana-san arqua un sourire de surprise et un sourire jusqu'aux oreilles se dessina sur son visage ridé.
« Oh ! Tu lui fais aussi son déjeuner ? Mais c'est que tu te laisses exploiter par l'homme des glaces !
- Kana-san... je...
- Vas-y Ruiza. Avant que ça ne refroidisse. »
Le blond acquiesça puis s'en alla après avoir lui avoir fait un énorme câlin. Dans le couloir de l'hôpital, Ruiza ne traîna pas. Il ne voulait pas que le déjeuner d'Asagi refroidisse. Dans la précipitation, Ruiza percuta un visiteur. Le blond s'excusa auprès de l'homme qu'il avait cogné puis s'en alla rapidement. Hiroki le regarda partir sans tenter de le rattraper. Son estomac était noué et il avait l'impression d'être cloué sur place. Ruiza ne l'avait même pas reconnu mais il était bien trop pressé pour ça et le brun se demandait où il courrait ainsi. Lorsque Ruiza quitta son champ de vision, Hiroki baissa les yeux et soupira tristement. Il avait pensé à Ruiza toute la nuit dernière et voilà qu'il le croisait aujourd'hui. À croire qu'il ne pourrait jamais le faire sortir de son esprit. Seulement, le blond était un homme et Hiroki ne pouvait pas l'aimer. Lui il n'appréciait que les corps féminins, leurs courbes, leurs parfums, leurs finesses. Alors pourquoi pensait-il autant à cet homme ? Parce qu'il l'avait prit pour une femme ? Mais maintenant Hiroki savait que Ruiza était un homme et il ne pouvait plus penser à lui de cette manière. Le brun ferma douloureusement les yeux. Il ne savait pas pourquoi mais il avait si mal. C'était un sentiment qu'il n'avait jamais ressentit auparavant. Mais son coeur lui faisait mal et il l'admettait difficilement.
Après avoir prit une profonde inspiration, Hiroki se dirigea vers la chambre de Kana-san. Il frappa à la porte puis y entra après qu'elle le lui ait permis. Tout en souriant légèrement, il lui tendit un petit plastique contenant des oranges. Il savait qu'elle en raffolait et que c'était bon pour son coeur. Kana-san l'accueillit à bras ouvert. Après tout, Hiroki était un ami d'enfance d'Asagi et il était un jeune homme qu'elle appréciait beaucoup. D'ailleurs, il venait plus souvent la voir que son propre petit fils.
Hiroki n'avait pas bonne mine. Kana-san s'en rendit immédiatement compte. Cela se voyait comme le nez au bout milieu de la figure. Il était pâle et avait des cernes. Jamais elle ne l'avait vu dans cet état, ce qui l'inquiétait d'autant plus. Après tout, Hiroki était habituellement un jeune homme souriant et plein de vie. Or là, il peinait à sourire. Non, il avait dû se passer quelque chose de grave. La vieille femme ouvrit les bras et le jeune homme lui fit un câlin ou plutôt il allait se blottir contre celle qu'il avait toujours considéré comme sa grand-mère.
« Qu'est-ce qui se passe mon poussin, répliqua-t-elle tout en le serrant très fort contre lui.
- Rien grand-mère. Je suis simplement fatigué.
- Ah ! Pas de ça avec moi, répliqua-t-elle en le lâchant. Tu as la tête d'un type qui s'est fait largué, ajouta-t-elle en le fixant intensément. »
Hiroki baissa les yeux tout en souriant tristement et murmura :
« C'est un peu ça grand-mère.
- C'est à cause de cette femme dont tu es amoureux ?
- Je ne pense pas que j'étais véritablement amoureux d'elle, déclara le brun d'une voix étranglé.
- Moi je te dis que tu l'aimais et que tu l'aimes encore. Crois-en mon expérience.
- Non. Je ne pense pas qu'un homme comme moi puisse tomber amoureux. Et surtout pas de ce genre de femme.
- Oh tu sais. Même aux plus grands séducteurs de la terre, ils leur arrivent de tomber amoureux. Et souvent, de femme complètement à l'opposé de celles qui figurent sur leur tableau de chasse. Alors ne renies pas tes sentiments pour elle sous prétexte qu'elle est différente de celles que tu as connu.
- Mais elle ne m'aime pas, soupira Hiroki.
- Et c'est simplement ça qui va t'arrêter ? Toi ? Le plus grand tombeur de cette ville ?
- Je vais y réfléchir grand-mère.
- Et bien fait vite avant qu'un autre ne te la prenne. »
Hiroki acquiesça d'un léger signe de la tête et Kana-san parut satisfaite.
OoOoO
On ouvrit sans bruit la porte de son bureau puis on y frappa. Asagi releva la tête et aperçu Inata. Cette dernière était appuyé contre le chambranle et souriait tout en le regardant. Asagi retira ses lunettes de lecture puis lui fit signe d'entrer. La jeune femme entra mais ne prit pas place face à lui. Elle contourna le bureau sous le regard surpris du brun. Inata glissa une main dans la sienne et le tira hors de son fauteuil. Amusé, Asagi se laissa faire et tout en l'entraînant vers la porte, elle déclara :
« Monsieur le directeur, je vous enlève.
- Oh... Et bien, si c'est un enlèvement, je ne peux vraiment rien faire pour vous arrêter. »
Inata éclata de rire en même temps que lui et sans lâcher la main du brun, elle l'entraîna loin de son bureau. En passant devant l'accueil au rez-de-chaussée, Inata s'arrêta devant l'employer et déclara :
« Je vous enlève votre patron. Je ne sais pas si je vous le rendrais avant demain. »
Asagi étouffa un petit rire à cette plaisanterie et son employé se contenta de sourire tout en acquiesçant. Sans lâcher la main d'Asagi, Inata le tira hors de l'immeuble pour l'emmener déjeuner. Alors qu'ils quittaient main dans la main le siège social de l'entreprise familiale que dirigeait Asagi, Ruiza les aperçus de loin. En les voyant main dans la main, le jeune homme blond se sentit étrange. Alors Asagi avait une petite amie. Quoi que cela était normal pour un homme aussi gentil que lui. Après tout, il avait tout pour plaire. D'un seul coup, Ruiza se sentit un peu ridicule avec ce déjeuner qu'il lui avait préparé. Compte tenu de l'heure, Asagi allait sûrement déjeuner avec elle. Ruiza baissa les yeux et soupira tristement. Et lui ? Qu'allait-il faire maintenant avec ce déjeuner ? Il ne savait pas vraiment.
Asagi demanda à Inata de prendre place dans sa voiture et de l'attendre. Il avait oublié son portable dans son bureau et même s'il se faisait enlever pour le reste de la journée, il ne pouvait pas s'en séparer. La jeune femme acquiesça et attendit patiemment Asagi dans la Ferrari rouge. Le brun pour sa part se dépêcha de faire demi-tour. Alors qu'il s'apprêtait à entrer dans le hall de l'immeuble appartenant à son entreprise, il aperçu Ruiza qui était sur le point de s'en aller. Le blond ne l'aperçu pas car il lui avait déjà tourner le dos pour regagner la maison de Kana-san. Lorsqu'Asagi l'aperçu, il étouffa un juron. Il avait complètement oublié que Ruiza lui avait promis de lui apporter un déjeuner. Le brun se mordit la lèvre inférieure et son regard se posa d'abord sur Ruiza ensuite sur sa voiture qui se trouvait au bout de la rue. Asagi hésita puis couru après le blond. Lorsqu'il arriva à sa hauteur, il lui attrapa le bras pour l'arrêter. Surpris, Ruiza se retourna et son estomac se noua lorsqu'il aperçu Asagi. Sans trop savoir pourquoi les yeux du blond lui piquèrent mais il ne pleura pas. Cela aurait été ridicule et puis il n'avait pas de raison de le faire. Asagi lui adressa un sourire gêné puis répliqua :
« Je suppose que c'est mon déjeuner ? »
D'abord surpris, le visage de Ruiza s'éclaira peu après d'un sourire et il acquiesça d'un hochement de la tête tout en tendant à Asagi une boîte. Le brun la prit tout en le remerciant et Ruiza le salua avant de s'en aller. Le blond avait retrouvé sa bonne humeur et plus rien ne semblait pouvoir enlever le sourire qui s'était dessiné sur son visage. Asagi le regarda s'éloigner puis poussa un profond soupir et baissa les yeux pour regarder la boîte contenant le déjeuner que Ruiza lui avait préparer. Rien qu'en pensant aux délicieuses choses que devait contenir cette boîte, l'estomac d'Asagi se mit à gargouiller. Décidément, le blond avait le don de lui ouvrir l'appétit !
Lorsque Ruiza disparu de son champ de vision, Asagi soupira puis se décida à regagner son bureau pour y poser son repas et aussi pour y prendre son portable. Après tout, Inata l'attendait toujours dans sa voiture.
OoOoO
« Pourquoi tu m'as jamais dis que t'étais gay ?
- Je croyais que tu le savais, répondit Tsunehito d'un air dégagé. »
Ruiza poussa un profond soupir puis posa sa tête contre l'épaule de son ami qui croqua à pleine dent dans la pomme bien juteuse qu'il mangeait.
« C'est vrai, dans le fond je l'ai toujours su, déclara Ruiza.
- Ah tu vois ! Et est-ce que ça change quelque chose ?
- Non, répondit Ruiza en s'appuyant un peu plus contre son ami.
- Et comment tu trouves Hide-Zou ?
- Sympa.
- Il est adorable. J'en suis fou amoureux !
- C'est bizarre que tu m'en ais jamais parlé avant.
- mmm... je voulais attendre d'être sûr. Au début, j'avais peur qu'il ne veuille que s'amuser avec moi. Mais lui aussi est fou de moi.
- Je suis content pour toi, répliqua Ruiza tout en se décollant légèrement de son ami de manière à pouvoir mieux le regarder. »
Tsunehito tourna la tête et les deux amis se sourirent tendrement. Ruiza remit derrière l'oreille de son ami une mèche noire et le brun le prit dans ses bras tout en s'écriant :
« Raaaahhhh !! T'es vraiment trop kawaii !! Reste toujours tel que tu es Ruiza.
- Moi aussi je t'adore Tsune-chan. »
OoOoO
« Tu n'as pas aimé ? »
Asagi sortit de ses pensées et lança un regard interrogatif à la jeune femme qui était assise sur le siège passager.
« Je parle du déjeuner.
- Oh... si, répliqua Asagi. C'était très bon.
- Tu as à peine touché à ton assiette, répliqua-t-elle avec une petite moue boudeuse.
- J'ai passé un moment très agréable avec toi Inata. Seulement, je dois retourner travailler maintenant.
- D'accord... »
Asagi se gara près du siège social de son entreprise puis descendit de voiture en même temps que la jeune femme qui n'avait pas voulu qu'il la ramène puisqu'elle avait encore des courses à faire. Asagi la salua et Inata déposa un rapide baiser sur sa joue, frôlant légèrement la commissure de ses lèvres, puis elle s'en alla tout en souriant. Asagi la regarda s'éloigner puis soupira et remonta dans son bureau pour reprendre ce qu'il avait laissé précédemment. Alors qu'il était sur le point de se remettre dans le dossier qu'il traitait, son attention fut attirée par la boîte que Ruiza lui avait apportée. Un léger sourire se dessina sur les lèvres d'Asagi qui l'ouvrit afin de savoir ce que le jeune homme blond lui avait préparé. Apparemment il s'agissait de rougets grillé et s'il se fiait à l'adore, du citron avait été utilisé pour la cuisson. Voilà qui était appétissant. Bien plus que le plat de fruit de mer qu'il avait commandé ce midi. De toute façon, Ruiza ne cuisinait que de bonne chose et jusqu'à maintenant, Asagi n'avait rien trouvé à redire sur sa cuisine.
OoOoO
Hiroki fixa longuement sa toile vierge. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas peint. Presque trois ans. À dire vrai depuis qu'il avait ouvert cette galerie d'art où ne figurait aucune de ses oeuvres. Elles n'étaient pas assez belle à son goût pour être ainsi exposé quoi que ce n'était pas ce que pensait Asagi ou Inata. Mais ils étaient ces amis. Alors leur avis n'était pas sincère. D'ailleurs, Hiroki se définissait comme un peintre raté. Sans talent. Seulement, aujourd'hui il avait envie de peindre. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas connu pareille pulsion. C'était comme un désire étouffant. Comme celui qui peut prendre un homme devant une femme offerte à lui. Il s'était donc rendu dans son atelier. Celui qui se trouvait dans une petite arrière salle de sa galerie. Un lieu où lui seul pénétrait. C'était un peu son sanctuaire ou plutôt, le cimetière de ses tableaux que de rares personnes pouvaient se vanter d'avoir vu.
Après avoir préparé sa peinture, Hiroki se plaça devant sa grande toile blanche. Il la fixa un moment puis ferma les yeux. Une image lui vint à l'esprit et elle le troubla bien qu'il savait dans le fond qu'elle hantait son esprit depuis cinq jours déjà. À ce rythme, il allait vraiment finir par se croire amoureux. Mais c'était peut-être le cas. Après tout, il ne mangeait presque lui, ne dormait plus du tout et n'était hanté que par le désir de revoir ce visage d'ange.
Hiroki poussa un petit soupir puis ouvrit les yeux sur la toile blanche. Quoi que pour lui elle ne l'était plus. Il voyait imprimé sur le blanc, les couleurs de son futur tableau. Il voyait la représentation. Il voyait chaque détail. Mais surtout, il voyait ces yeux qui le méprisaient sans aucune retenu.
Son pinceau frôla la peinture qu'il avait préparé et lentement Hiroki tacha sa toile. Ce tableau, il le terminerait coûte que coûte, même s'il devait y passer la nuit. Il ne franchirait le seuil de cette porte que lorsqu'il serait achevé. Et peut-être qu'après, son coeur souffrirait moins et qu'il s'enlèverait ce fantôme de la tête.
OoOoO
Asagi rentra tôt. Cela dit, il fut surprit de ne pas trouver Ruiza dans la maison. Au début, il pensa que le blond se trouvait dans sa chambre mais lorsqu'il y frappa afin de le remercier pour le déjeuner, il constata que la chambre était vide. Quoi que ce ne fut pas ce qui le surpris le plus. En effet, il avait plutôt l'impression d'être dans la chambre d'une jeune fille encore adolescente et très fleur bleu. Asagi hésita puis jeta un coup d'oeil au dessus de son épaule afin de s'assurer que personne n'arrivait, avant de se décider à entrer. Les murs étaient roses et il y avait des peluches partout. La bibliothèque était remplit de roman à l'eau de rose quoi qu'il y ait une dizaine de polars qui étaient posés négligemment dans un coin de la chambre. Asagi laissa ses yeux traîner sur le lit. Lui aussi était rose. Les draps, les taies d'oreiller, la couette. Tout était rose à dentelle. Non, c'était vraiment une chambre de jeune fille. Enfin, Ruiza était un jeune homme particulier, aussi Asagi ne s'en formalisa pas plus.
Le brun s'apprêtait à faire demi tour lorsque son regard fut attiré par une livre posé sur le bureau. Curieux, Asagi s'en approcha et se rendit compte qu'il s'agissait d'un journal intime. Gêné, le brun détourna les yeux. Il ne pouvait pas le lire. Il violait déjà l'intimité de Ruiza en entrant dans sa chambre en son absence, et le fait d'être le petit-fils de la propriétaire de lieu ne lui donnait pas tous les droits. Asagi avait donc l'intention de s'en aller quand il aperçu son prénom dans le journal. Là, sa curiosité fut piquée à vif. Si on parle de moi, c'est une autre histoire... Le brun chercha ses lunettes de lecture sur lui et jura lorsqu'il ne les trouva pas. Il les avait oublié en bas. Asagi hésita longuement puis se précipita hors de la chambre, traversant le couloir presqu'en courrant, dévalant à toute vitesse les escaliers et se jetant presque sur ses lunettes qui reposaient tranquillement sur la table basse. Lorsqu'il les eut en main, un sourire de victoire se dessina sur ses lèvres et alors qu'il se dirigeait vers les escaliers, il s'arrêta net. Il se comportait vraiment comme un lycéen. Ce n'était absolument pas adulte de sa part de faire ce genre de chose. Seulement, il mourrait d'envie de savoir ce que Ruiza avait bien pu écrire sur lui. Et puis zut ! Asagi se dépêcha de monter les marches le menant au premier et regagna la chambre de Ruiza.
« Finalement, ce n'est pas un sale type. Enfin je crois. Dans le fond, il est simplement un peu maladroit avec les autres mais il n'est pas bien méchant. La preuve, il s'est merveilleusement bien occupé de moi. Jamais quelqu'un ne s'était occupé de moi de cette façon. Ça m'a beaucoup touché et même plus. »
« Je peux savoir ce que vous faite ? »
Asagi se raidit. C'était Ruiza. Il était rentré et le brun ne l'avait pas entendu arriver. Asagi se retourna lentement vers Ruiza et lui adressa un sourire gêné. Le blond l'interrogea du regard et le brun déclara en se retournant complètement : « Je...je te cherchais pour te remercié pour le repas ». Ruiza fut assez surpris qu'il se mette à le tutoyer d'un seul coup mais dans le fond, cela ne le gênait pas vraiment. Seulement, l'explication d'Asagi était un peu bancale.
« Vous me cherchiez ? Penché au dessus de mon bureau ?
- C'est que... »
Ruiza se souvint alors qu'il laissait toujours son journal intime ouvert sur son bureau puisque Kana-san n'entrait jamais dans cette pièce qui lui évoquait bien trop de souvenir.
« Vous lisiez mon journal ! S'écria Ruiza choqué.
- Non c'est que... »
Le blond se précipita vers le bureau et s'empara de son journal qu'il ferma avant de le serrer contre lui. Il posa ensuite un regard noir sur le petit-fils de sa patronne et déclara froidement : « Sortez d'ici avant que je ne dise quelque chose d'inconsidéré ». Asagi se mordit doucement la lèvre inférieur et murmura de vagues excuses avant de quitter la chambre de Ruiza. Le blond la verrouilla derrière le brun et ce dernier se retourna pour fixer d'un air dépité la porte. Asagi lâcha un juron et se traita de crétin. Il s'était comporté comme un adolescent. En quoi ça pouvait bien l'intéresser de savoir ce que Ruiza pensait de lui ? En rien. Le brun soupira à nouveau puis entra dans sa chambre.
Ruiza était appuyé contre la porte de sa chambre. Il serrait contre lui son journal. Un journal qu'il avait trouvé ridicule et sans intérêt au début. Il avait même rétorqué à Tsunehito que c'était un truc de fille quand son ami le lui avait offert. Tsunehito avait rit à cette réplique et lui avait rétorqué que ça le soulagerait de tout le poids qu'il portait sur les épaules. Cela avait effectivement marché. Grâce à ce journal, Ruiza avait toujours pu exprimer ce qu'il avait sur le coeur. C'était ce qui lui avait permit de tenir le coup durant les moments les plus sombres de sa vie. Alors que quelqu'un puisse le lire, c'était un peu comme si on violait son âme. Même Tsunehito ne savait pas ce que renfermait ce cahier. Et pourtant, il était la personne la plus proche de lui. Celle qui savait tout ce qu'il avait vécu jusqu'à maintenant. Celle qui avait toujours été là pour lui. Alors si même lui, il n'avait pas le droit de le lire, pourquoi cet Asagi, cet inconnu en aurait le droit ? Ruiza ferma rageusement les yeux tout en serrant des dents. Doucement, il se laissa glisser contre la porte et finit par se recroqueviller contre elle. Là, des larmes coulèrent d'elles-mêmes sur ses joues et il ne savait pas très bien pourquoi.
Il était environ 19h quand Asagi quitta sa chambre. Alors qu'il s'apprêtait à descendre à la cuisine, un sanglot l'interpella. Surpris, il se tourna vers la chambre de Ruiza et s'en approcha avec précaution. Il colla son oreille contre la porte et entendit le blond pleurer. L'estomac du brun se noua et il se sentit terriblement coupable. Jamais il n'avait eu l'intention de faire du mal à Ruiza. Jamais il n'avait voulu le faire pleurer. Asagi se prit la tête entre les mains et soupira faiblement. Il murmura alors un : « Je suis désolé, je ne voulais pas ». Asagi soupira de nouveau puis retourna dans sa chambre. Il n'avait plus faim.
Ruiza n'avait pas faim non plus. Il était assis contre la porte de sa chambre. Son journal était ouvert entre ses jambes et il cachait ses yeux humides d'une main alors que l'autre tenait une photo. C'était parce qu'il ne voulait que personne ne la voie qu'il pleurait. Au final, ce n'était pas temps de ce qu'il avait écrit dans le journal qui comptait c'était surtout cette photo qu'il ne voulait montrer à personne. Et il avait tellement eu peur qu'Asagi tombe dessus.
À suivre...
