Auteur : Hiera Ramuk
Titre : Snowman
Genre : U.A., Comédie Romantique
Personnage : D
Pairing : Hide-Zou X Tsunehito ( pour le moment n.n )
Chapitre 6 :
Le soleil était en train de se lever et Hiroki était mort de fatigue. Cela dit, il était plutôt fier de lui. Il n'avait pas terminé son tableau mais il l'avait bien avancé. De toute façon c'était utopique de sa part de croire qu'il le finirait en une nuit. Seulement, il avait fait le plus gros du travail et pour la première fois de sa vie, il était content de ce qu'il avait fait jusqu'à maintenant. Son tableau était plutôt ressemblant et le peindre l'avait soulagé quelque peu. Du moins, il se sentait un peu mieux et c'était l'essentiel.
Hiroki s'essuya les mains et regarda une dernière fois ce beau visage qu'il venait d'imprimer sur sa toile. Il lui sourit puis quitta son atelier de peinture afin de rentrer chez lui car il tombait de sommeil. Et pour cause, il n'avait pas dormit de la nuit ! Mais cette nuit blanche l'avait aidé à clarifier sa vie et à faire le point sur ses sentiments. Il avait encore du mal à l'admettre mais il était bel et bien amoureux et peu importe que ce soit d'un homme ou d'une femme. Ce qui comptait c'était les battements de son coeur. Ces derniers se faisaient plus intenses à chaque fois qu'il pensait à ce beau visage angélique qui l'avait tout de suite séduit. Et le reste n'avait pas d'importance.
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Asagi se leva plus tard que d'habitude. Ce matin, il n'avait aucune envie de courir. Il ne se sentait d'ailleurs pas très bien et ne savait pas trop pourquoi. Quoi que dans le fond il ait une petite idée mais préférait ne pas y penser. Lorsqu'Asagi sortit de sa chambre, il aperçu la porte de la chambre de Ruiza s'ouvrir. Dès que le blond aperçu le brun, il détourna les yeux et referma la porte de sa chambre sans pour autant la quitter. L'estomac d'Asagi se noua. Il se sentait vraiment très mal vis à vis de Ruiza et son comportement de la veille n'avait pas d'excuse. Asagi le savait et aurait aimé s'excuser à nouveau seulement, le blond lui en voulait trop et ne l'écouterait sûrement pas. Asagi attendrait alors qu'il se soit un peu calmer et ensuite il lui présenterait de véritable excuse.
Il toucha à peine son café. Asagi n'avait vraiment pas faim se matin. Il se sentait trop coupable vis à vis de Ruiza pour manger. Et puis, il devait songer à la manière dont il se ferait pardonner. Après une courte réflexion, le brun décida de lui préparer le petit déjeuner. Ce n'était pas grand chose mais c'était déjà un bon début. Et puis pour le moment c'était mieux que rien.
Lorsque Ruiza se décida à quitter sa chambre, Asagi était parti depuis longtemps. Le blond ne lui en voulait plus vraiment et s'il l'avait évité ce matin c'était surtout parce qu'il avait honte de s'être emporté si violemment la veille. Il craignait d'ailleurs la réaction d'Asagi. C'est donc d'un pas peu sûr et avec un visage sans sourire que Ruiza entra dans la cuisine. Là, il fut stupéfait de trouver une table garnie et n'attendant que lui. Le coeur du jeune homme s'emballa subitement surtout lorsque ses yeux se posèrent sur un post-it collé sur la table.
« Mon geste est impardonnable, je le sais. J'espère que je saurais me rattraper pour cet incident. Asagi. »
Un large sourire se dessina sur le visage du jeune homme qui retrouva sa bonne humeur habituelle. Il ne remarqua même pas qu'il continuait à rougir. Il avait commencé à la faire dès que ses yeux s'étaient posés sur le mot laissé par Asagi. Mais cela n'avait pas d'importance. Ce qui comptait, c'était qu'Asagi ne lui en voulait pas et qu'il était sincèrement désolé. Il lui avait même préparé son petit déjeuner ! Rien que d'y penser, Ruiza en avait les larmes aux yeux. Mais des larmes de joie. Sans perdre un instant, Ruiza s'installa et commença à manger ce qu'Asagi lui avait préparé. Il savoura ce petit déjeuner comme jamais. Après tout, c'était un peu spécial puisque c'était un cadeau d'Asagi.
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« Je peux savoir ce que c'est que ça ! S'écria Asagi en faisant irruption dans la chambre de sa grand-mère. »
La vieille femme le regarda de haut avant de lui tourner la tête tout en croisant les bras sur sa poitrine, faisant ainsi comprendre à son petit fils que les formules de politesse n'étaient pour les chiens. Asagi étouffa un juron puis fit demi-tour pour sortir de la chambre sous le regard satisfait de sa grand-mère. Le brun frappa à la porte et attendit avec une certaine impatience qu'elle lui dise qu'il pouvait entrer. Exaspéré par ce cirque Asagi s'apprêtait à reprendre là où il s'était arrêté précédemment mais sa grand-mère se racla la gorge, avant d'ouvrir les bras. Le brun eut une petite grimace avant d'avancer vers Kana-san pour lui faire un câlin. Il déposa même un baiser sur sa tempe et la vielle femme parut satisfaite. Le brun brandit aussitôt deux enveloppes en s'écriant : « C'est quoi ça ! ». Kana-san le lâcha et chercha ses lunettes à tâtons sur la table à côté d'elle. Lorsqu'elle les eut en main, elle afficha un sourire satisfait puis les mit sur le bout de son nez. Elle arracha ensuite des mains de son petit-fils les enveloppes et les regarda un moment avant de s'écrier :
« Oh ! C'est les invitations pour la soirée annuelle que donne l'un de nos investisseurs. Tu dois à tout prit y aller.
- Mais...mais je n'ai pas que ça à faire !
- Mais ça serait mauvais pour nos affaires si tu n'y allais pas, déclara-t-elle avec une pointe de malice. »
Elle venait de toucher un sujet qui tenait particulièrement son petit-fils : l'argent. Asagi fit mine de réfléchir un moment. Il avait toujours eu horreur de ce genre de soirée mondaine et futile. Mais d'un autre côté, c'était l'occasion de se faire de nouvelles relations commerciales et d'entretenir les anciennes.
« Tu n'auras qu'à emmener Ruiza avec toi, déclara-t-elle avec un sourire qui se voulait des plus innocent. »
Asagi fronça des sourcils et posa un regard mi-interrogateur mi- méfiant sur sa grand-mère dont le sourire ne lui disait rien qui vaille.
Il était presque 11h30 lorsque Ruiza arriva devant la porte de la chambre de Kana-san. Aujourd'hui, il était venu à pied et sans encombre. Enfin, comme d'habitude il avait prit le bus pour la moitié de son chemin, mais pour celle qu'il avait fait à pied, rien ne s'était passé et il en était bien content. Pour le déjeuner, il avait préparé pour Kana-san, une salade de riz chaude et il savait qu'elle aimait beaucoup ce plat. Ruiza s'apprêtait donc à frapper à la porte lorsqu'il constata qu'elle était entrouverte. En s'y approchant, il reconnu les voix de Kana-san et d'Asagi. En reconnaissant la voix de ce dernier, il se sentit prit d'un étrange sentiment qu'il ne savait pas vraiment définir, mais il ne lui prêta pas vraiment attention et poussa la porte avec timidité.
« Et pourquoi j'irais à cette soirée avec Ruiza ? Je ne le connais pas. Et puis, il n'est que ton aide-soignant. Il n'est rien pour moi. »
Kana-san n'était vraiment pas contente de ce que venait de déclarer son petit-fils mais également du ton froid et méprisant qu'il avait employé en parlant de son petit protéger qu'elle aimait comme s'il était également son petit-fils. Elle s'apprêtait à dire à Asagi sa façon de penser sur ce qu'il venait de déclarer quand son regard se retrouva attiré par la porte grande ouverte. Surprise d'apercevoir Ruiza dont le visage était complètement décomposé, elle ne put rien dire. Intrigué par la réaction de sa grand-mère, Asagi se retourna et pâlit en apercevant Ruiza. Ce dernier leur adressa un sourire gêné et de circonstance avant de les saluer et d'entrer dans la pièce. Tout en faisant comme s'il n'avait rien entendu, il tendit à Kana-san son déjeuner mais son sourire et sa bonne humeur naturelle n'étaient pas là et la vieille femme le sentit très distinctement. Elle fusilla donc Asagi du regard et son petit-fils baissa les yeux. Ruiza se retourna vers lui et lui tendit le déjeuner qu'il lui avait préparé. Asagi releva lentement ses yeux vers lui et Ruiza lui sourit faiblement en déclarant d'une voix légèrement étranglée :
« V...voilà votre déjeuner Asagi. Bon appétit. Je...je vais vous laisser déjeuner ensemble. »
Les mains de Ruiza tremblaient et Asagi s'en rendit compte lorsqu'il s'empara du déjeuner qu'il lui avait apporté. Le blond les salua poliment puis s'en alla rapidement sous le regard navré d'Asagi qui n'avait pas vraiment pensé ce qu'il avait dit enfin il les regrettait à présent sans vraiment savoir pourquoi. Peut-être qu'en plus d'avoir blessé Ruiza hier soir, il venait encore de le faire. Et le blond avait entendu ce qu'il avait dit sur lui. Il en était blessé et cela se voyait dans ses yeux.
« J'espère que tu es content de toi, grogna Kana-san. »
Asagi ne répondit pas et se contenta de baisser les yeux.
Ruiza pour sa part avait refermé la porte derrière lui et dès qu'il s'était retrouvé seul dans le couloir, ses yeux qui lui faisaient mal depuis un moment, se mirent à déverser des larmes dont il ne connaissait pas vraiment l'origine. Mais n'était-ce pas blessant d'entendre la personne pour qui vous vous donnez du mal, même pour un déjeuner, déclarer haut et fort que vous n'êtes rien pour elle ? Ruiza prit une profonde inspiration puis s'essuya les yeux. À quoi s'attendait-il ? Il n'était qu'un domestique et au mieux un aide-soignant sans aucun diplôme. Il était déjà content d'avoir un toit ainsi qu'un salaire. Cette idée aurait dû lui remettre les idées en place mais ce n'était pas le cas. Ses yeux étaient toujours aussi humides et il sentait qu'il allait bientôt fondre en larme. Ce qu'il pouvait se sentir ridicule ! Mais il n'y pouvait rien. Il n'arrivait pas s'empêcher d'avoir mal. Alors le mieux qu'il ait à faire, c'était de s'en aller. Il allait rentrer et puis reprendre sa place d'homme à tout faire.
Ruiza marcha mollement dans le couloir de l'hôpital et appuya sans conviction sur le bouton d'appel de l'ascenseur. Ce dernier ne tarda pas à s'ouvrir et alors que le blond voulait y entrer, il se retrouva nez à nez avec Hiroki. Les deux hommes étaient aussi surpris l'un que l'autre mais également embarrassés compte tenu de ce qui s'était passé entre eux. Ruiza baissa le premier les yeux et s'excusa tout en entrant dans l'ascenseur alors qu'Hiroki en sortait. Le brun avait ressenti comme un noeud à l'estomac lorsqu'il avait reconnu Ruiza et il le sentait toujours. Un signal sonore retentit, annonçant que l'ascenseur allait se refermer. Hiroki se retourna lentement et Ruiza releva ses yeux pleins de larmes. L'une d'entre elles coula le long de sa joue et Hiroki sentit son coeur se serrer. Sans réfléchir, il plaça sa main entre les portes de l'ascenseur et les empêcha de se fermer sous le regard surpris de Ruiza qui par réflexe recula d'un pas. Les portes s'ouvrirent complètement et Hiroki entra à nouveau dans l'ascenseur.
« Allons boire un café, déclara Hiroki avec un léger sourire.
- Mais...
- J'y ai beaucoup réfléchi, et au final ce qui c'est passé est plus amusant qu'autre chose. Alors que ça ne nous empêche pas d'être ami. Allons boire un café mais en ami cette fois et sans arrière pensée. »
Ruiza porta sa main à ses lèvres et étouffa un sanglot. Il prit ensuite une profonde inspiration et s'essuya le visage tout en reniflant doucement sous le sourire d'Hiroki qui était bien plus qu'amicale.
« Très bien, finit par répondre Ruiza qui était assez embarrassé. »
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur le rez-de-chaussée et Hiroki tira Ruiza hors de l'ascenseur pour l'emmener boire quelque chose de chaud qui lui ferait le plus grand bien. Le blond se laissa faire. Il ne savait pas trop pourquoi mais puisqu'Hiroki savait à présent qu'il était un homme, il ne chercherait plus le draguer. Alors il pouvait bien prendre un café avec lui et puis cela lui changerait les idées.
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Comme à chaque fois qu'Asagi revenait de l'hôpital où il avait été voir sa grand-mère, il était énervé. Cette vieille femme avait le don de le mettre en rogne ! Encore une fois, elle avait gâchée sa journée quoi que ce fût déjà un peu le cas dès qu'il avait reçu ces invitations pour ce cocktail. Non, il détestait vraiment ce genre de soirée mondaine où les gens ne font que se montrer tout en se livrant à du commérage. Enfin, en tant que directeur de l'entreprise de sa famille, il serait bien obligé de s'y rendre et cela ne lui faisait franchement pas plaisir. Le brun grogna et jeta les enveloppes dans un coin de son bureau. Son regard glissa alors sur la petite boîte qui contenait son déjeuner. Un léger sourire se dessina sur son visage mais il s'effaça lorsqu'il se souvint de ce qui s'était passé à l'hôpital. Il était clair qu'il avait dû blesser Ruiza. Après tout, certaines choses ne se disaient pas et surtout pas de cette manière. Mais tout était de la faute de sa grand-mère ! Elle l'avait énervé et poussé à dire ces choses. Quant à Ruiza, il était arrivé au mauvais moment. Asagi ne lui avait pas couru après pour s'excuser bien qu'il avait souhaité le faire. Seulement il ne l'avait pas fait parce qu'il ne voulait pas s'excuser devant sa grand-mère. Cette dernière n'aurait pas hésité à en rajouter sur son comportement et à l'humilier devant Ruiza. Et ça, Asagi ne pouvait pas le tolérer. Il avait donc laissé Ruiza partir sur ces paroles malheureuses qu'il ne pensait pas vraiment. Enfin, il le lui dirait ce soir, au dîner et il ferait en sorte de rendre lui son sourire. Après tout, par deux fois Asagi le lui avait arraché par des actes qui ne lui ressemblaient même pas.
Le brun soupira puis ouvrit sa boîte à repas. Ruiza lui avait préparé des crevettes salées à l'aile. Un léger sourire se dessina sur les lèvres d'Asagi qui n'attendit pas longtemps pour déguster ce que le blond lui avait cuisiné avec patience ce matin. Comme il s'y attendait, c'était délicieux. Ruiza était un véritable cordon bleu. Il n'y avait rien à dire sur sa cuisine. Asagi s'arrêta de manger et fronça les sourcils. Il venait de trouver ce qu'il ferait pour rattraper son erreur. Il savait ce qu'il ferait ce soir pour rendre le sourire au blond et aussi pour se faire pardonner des choses horribles qu'il lui avait dites involontairement.
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Hiroki s'empara de sa tasse de café et adressa un large sourire à son vis à vis qui était toujours aussi embarrassé. Ils étaient à nouveau dans ce salon de thé où deux jours auparavant, Ruiza avait levé l'ambiguïté de son sexe. Le brun but une gorgé de son café puis reposa la tasse sur sa soucoupe et déclara :
« Bon, nous voilà de nouveau à la case départ. Alors je suis enchanté de faire ta connaissance Ruiza.
- Moi aussi, répondit le blond avec un léger sourire.
- Je te préfère vraiment quand tu souris. »
Le blond rougit légèrement tout en baissant les yeux. Hiroki se pencha en avant de murmura : « Si tu continues de rougir comme ça, les gens vont croire que tu es une jeune fille que je drague et je vais encore passer pour un coureur de jupon ». Ruiza étouffa un petit rire puis releva les yeux vers le brun et le remercia. D'abord surpris, Hiroki finit par lui dire qu'il n'avait pas à le remercier et qu'il n'avait rien fait de particulier à part discuter avec lui tout en l'invitant à boire un café. Ruiza baissa les yeux tout en soupirant doucement et déclara :
« Finalement, je t'avais mal jugé. Tu es vraiment sympathique. Et grâce à toi j'ai déjà oublié ce qui m'avait fait pleurer tout à l'heure.
- Mais ça a été un plaisir de te rendre le sourire.
- Et toi ? Il n'y a rien qui te préoccupe. Je...je veux dire que tu as l'air vraiment fatigué.
- mmm... ça c'est parce que j'ai passé la nuit à peindre.
- À peindre ?
- Oui ! Je t'avais dit que je possédais une galerie d'art. Enfin, je n'expose aucune de mes oeuvres. Ce sont de véritables horreurs ! Seulement, le tableau sur lequel je travaille, lui, il sera magnifique. »
Hiroki avait tout d'abord baissé les yeux et ne les avait relevé qu'à la dernière phrase. Il fixa longuement Ruiza et le blond détourna les yeux tout en souriant. Hiroki sourit à son tour. Comment ne pas le faire ? Ruiza était tellement à croquer lorsqu'il souriait. Il se demandait même qui pouvait être cette personne qui lui avait dit des horreurs. Dans la voiture, Ruiza lui avait simplement dit qu'il avait entendu des choses pas très gentil sur lui. Et qu'il était sans doute trop émotif pour se mettre dans un tel état. Hiroki n'avait rien dit immédiatement. Il ne l'avait pas plus questionné et l'avait emmener ici, dans ce salon de thé. Mais il ne s'en posait pas moins des questions. Et la première qui lui était venu à l'esprit était : Qui a-t-il entre Ruiza et cette personne qui était à l'origine de ses larmes ? Certes, ce n'est pas très agréable d'entendre des méchancetés sur son compte mais delà à en être bouleversé comme Ruiza l'a été. Non, il devait y avoir quelque chose entre Ruiza et cette personne. Hiroki se sentit même un peu jaloux. Bien sûr, ils se connaissaient à peine, mais il aurait aimé avoir déjà une place aussi importante pour Ruiza. Enfin, il lui avait déjà redonné le sourire et c'était déjà ça. Pour le moment, ils étaient en train de sympathiser et peut-être qu'avec le temps, Hiroki réussirait à prendre plus de place dans la vie et dans le coeur de ce jeune homme qui lui avait déjà volé le sien. Le brun l'admettait maintenant. Il y avait pensé toute la nuit et s'était rendu compte qu'il l'aimait malgré le fait que Ruiza soit un homme. Il avait tenté d'ignorer les sentiments qu'il ressentait pour le blond mais il n'avait pas réussit à le chasser de son esprit, alors il ferait avec.
« Au faite Ruiza, tu as un numéro de portable ? »
Le blond parut embarrassé de cette question et Hiroki ajouta :
« Pour qu'on puisse se revoir en amis.
- Oh... et bien en faite non. Je n'ai plus de portable.
- mmmh... c'est embêtant. Dans ce cas, fixons-nous dès à présent un nouveau rendez-vous !
- Pourquoi pas.
- Alors disons ici demain, même heure ?
- D'accord, répliqua Ruiza avec un hochement de tête qu'Hiroki trouva adorable. Bon, je dois vraiment y aller cette fois. »
Hiroki acquiesça et Ruiza s'en alla tout en lui faisant un petit signe de la main. Le brun le suivit des yeux sans que son sourire ne quitte ses lèvres. Il venait de passer un délicieux moment et les battements de son coeur le lui disaient. C'était la première fois qu'il ressentait quelque chose de si fort pour quelqu'un. Et pourtant, il en avait connu des femmes mais aucune n'avait eu sur lui cet effet.
« Alors c'est ça d'être amoureux, murmura Hiroki tout en soupirant et en fixant sa tasse vide. »
Lorsqu'il releva les yeux, il put encore voir l'image de Ruiza assis en face de lui. Ce café qu'ils venaient de prendre ensemble, jamais il ne pourrait l'oublier comme ce visage rayonnant que le blond avait en sortant et qui contrastait beaucoup avec le visage si triste qu'il avait à l'hôpital. Hiroki ne savait pas qui était cette personne qui lui avait fait tant de mal mais jamais il ne lui pardonnerait de faire pleurer ainsi un être aussi adorable que Ruiza.
« Je dois vraiment être amoureux... »
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On frappa à la porte et Kana-san déclara que c'était ouvert. La vieille femme eut à peine le temps d'apercevoir Hiroki que le jeune homme se précipita vers lui pour l'enlacer tendrement. Un large sourire se dessina sur les lèvres de Kana-san qui lui demanda tout en lui caressant les cheveux :
« Je suppose que ta peine de coeur est déjà passée ?
- Oui, répondit Hiroki en relevant son visage rayonnant vers la grand-mère de son meilleur ami. Elle ne m'aime pas mais moi si. Je viens de passer un moment merveilleux avec elle et je suis si heureux !
- Tu es tout simplement amoureux et je suis contente pour toi mon garçon.
- Merci encore Grand-mère. Merci de m'avoir ouvert les yeux.
- Mais c'est normal. Au faite, tu as reçu ton invitation pour le cocktail de demain soir ?
- Oui, répondit Hiroki. J'irais sûrement. Ça me permettra de faire un peu de publicité pour ma galerie.
- Et tu t'es remis à peindre ?
- J'ai retrouvé l'inspiration, répondit fièrement le brun.
- Je vois, fit Kana-san en comprenant le sous-entendu.
- Et tu vas l'inviter ?
- Je ne sais pas. J'ai peur qu'elle refuse.
- Tente ta chance.
- Je vais y penser Grand-mère, répliqua le jeune homme en déposant un baiser sur le front de la vieille femme. Bon, je dois m'en aller. J'ai un rendez-vous dans un quart d'heure. J'avais voulu venir plus tôt mais je l'ai croisé. Elle était en larme alors...
- Tu as sauté sur l'occasion. C'est ce qu'il faut faire, ajouta Kana-san en lui pinçant le nez. Allez file, sinon tu vas être en retard. »
Hiroki lui fit un dernier câlin afin de la saluer puis il s'en alla rapidement sous le regard bienveillant de la vieille femme.
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« Quel sale type, lâcha Tsunehito tout en croquant dans son éclaire au chocolat.
- C'est sûr que ce n'était vraiment pas très délicat de sa part de dire ça, ajouta Hide-Zou tout en portant sa tasse de thé à ses lèvres.
- Oui, soupira Ruiza tout en enfonçant sa fourchette dans sa merveille aux fruits.
- Oublies-le, rétorqua Tsunehito. Lui non plus n'est rien pour toi et en plus il t'exploite ! Et puis tu nous as nous ! Ajouta le brun en passa un bras autour des épaules de son petit ami et l'autre autour de Ruiza. Roh ! Et puis t'as vu ! Maintenant on peut manger plein de bonne chose grâce à Hide-Zou !
- Tu les as ramené de ton travail ? Demanda Ruiza à Hide-Zou.
- Oui. Je travaille dans une pâtisserie du centre-ville et ce qui n'est pas vendu est distribué entre les différents collègues, déclara Hide-Zou. Je t'avouerais que même si je suis pâtissier, je ne suis pas très sucre mais puisque Tsunehito adore ça, je le lui en ramène.
- Tu es un amour ! S'écria le brun en se jetant au cou de Hide-Zou.
- Et toi tu vas grossir, rétorqua Ruiza.
- Tu peux parler, lança Tsunehito en lui tirant la langue. »
Ruiza lui tira la langue à son tour et les trois jeunes hommes éclatèrent de rire avant de se remettre à parler de tout et de rien sans faire attention à l'heure qu'il était. De toute façon Ruiza n'était pas presser de rentrer chez Kana-san, surtout si c'était pour croiser Asagi. D'ailleurs, il appréhendait un peu de le revoir mais il préférait ne pas trop y penser pour le moment. Il voulait profiter de ce moment qu'il passait avec son meilleur ami et profiter également pour faire plus ample connaissance avec Hide-Zou qui était vraiment un homme charmant. Il formait d'ailleurs un très beau couple avec Tsunehito. Et le fait qu'ils soient un couple gay ne choquait pas vraiment Ruiza. À dire vrai, il n'y pensait pas vraiment et tant que son ami était heureux, c'était ce qui comptait le plus pour lui.
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Asagi était rentré plus tard que d'habitude. Et pour cause, il avait été faire quelques courses avant de rentrer chez sa grand-mère. En effet, il avait prévu de cuisiner ce soir. C'était sa manière de remercier Ruiza mais aussi de se faire pardonner pour les malheureuses paroles qu'il avait eues un peu plus tôt dans la journée. Et puis, il y avait eu ce qui s'était passé hier soir. Décidément, Asagi accumulait les gaffes surtout s'il y ajoutait toutes les fois où il l'avait éclaboussé. Vraiment, si Ruiza ne le haïssait pas après tous ça, il avait de la chance. En attendant, il allait tenter de se racheter un tant soit peu. En espérant que son geste touche positivement le blond. Ce dernier n'était toujours pas rentré lorsqu'Asagi arriva avec ses courses. C'était quelque part une chance et Asagi espérait qu'il ne rentre pas avant qu'il n'ait fini. Ainsi, cela pourrait être une surprise qu'il espérait agréable.
Asagi n'était pas aussi bon cuisinier que Ruiza. Il ne savait pas faire des plats compliqués. Il avait de toute façon rarement le temps de s'exercer car à Tokyo, il avait des emplois du temps horrible mais il ne se plaignait pas car c'était lui qui se l'imposait. Il était un acharné du travail et sa grand-mère le lui avait souvent répété. Elle disait qu'il gâchait sa jeunesse et qu'il finirait seul toute sa vie. Mais Asagi n'avait pas de temps à perdre. Il avait beaucoup de responsabilité et ne sentait pas la nécessité d'avoir quelqu'un dans sa vie. Peut-être qu'un jour il rencontrerait quelqu'un pour qui il aurait envie de travailler moins mais pour le moment, il n'avait rencontrer personne. Il y avait bien Inata. Elle était jeune, jolie, intelligente mais dans le fond, Asagi savait qu'elle n'était pas pour lui. Il l'appréciait mais sans plus.
Après avoir longtemps hésité et s'être arraché pas mal de cheveux, Asagi avait décidé de rester simple. Il valait mieux qu'il s'en tienne à quelque chose dans ses compétences et ainsi servir quelque chose de mangeable plutôt que de vouloir faire compliqué et rater leur dîner. Il fit donc simplement rôtir des cailles. Il y ajouta bien évidement des pommes de terre, des épices et des herbes mais comparé à ce que faisait Ruiza, cela son plat paraissait terne. Enfin, il espérait que le jeune homme soit sensible à ce qu'il lui avait préparé.
Lorsque tout fut cuit, Asagi disposa la table et attendit Ruiza, espérant que le jeune homme ne tarderait pas. Il l'attendait avec impatience mais était également terriblement nerveux. Après tout, le blond devait peut-être être très en colère après lui. Enfin, Asagi espérait vraiment qu'il accepte ses excuses.
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Ruiza avait refusé qu'Hide-Zou le dépose. Il avait préféré rentrer en bus. Cela lui permettrait de mettre un peu au claire ses idées et réfléchir un peu. Tsunehito lui avait fait promettre d'être prudent et Ruiza lui avait assuré que tout irait bien. Les deux amis s'étaient quittés après s'être enlacé tendrement et Tsunehito avait regardé Ruiza partir avec une pointe d'inquiétude.
Dans son bus, Ruiza ne pensa à rien en particulier. Il préférait ne pas se souvenir de ce qu'il avait entendu ce matin. D'ailleurs, rien qu'à l'idée qu'il n'était rien pour Asagi, il avait un petit pincement au coeur. Il ne savait pas trop pourquoi et n'en cherchait pas vraiment la raison. Peut-être parce que la réponse était trop étrange pour qu'il puisse l'accepter.
Le bus déposa Ruiza à deux pâtés de maison de chez Kana-san. Le blond poursuivit à pied, gardant les mains dans les poches de son manteau. Il n'avait pas prit de parapluie et espérait qu'il ne pleuve pas. Il n'avait vraiment pas envie d'attraper mal. Pas encore et pas de manière si stupide. Tout en marchant le long de la route, Ruiza repensa à sa première rencontre avec Asagi. Le brun lui avait fait très mauvaise impression et Ruiza devait reconnaître qu'il ne s'était pas montré très polit avec lui. D'un autre côté, compte tenu des circonstances, son comportement était excusable. Un léger rire traversa les lèvres de Ruiza lorsqu'il repensa à leur rencontre à l'hôpital lorsqu'ils avaient découvert tout les deux qui ils étaient pour Kana-san. Le hasard est parfois surprenant. Et puis il y avait la manière dont Asagi s'était occupé de lui lorsqu'il était malade. Ruiza eut un pincement au coeur et décida d'oublier tout ça au risque d'être prit d'une crise de larme qui n'avait pas lieu d'être. Après tout, Asagi et lui étaient deux inconnus. Ils n'étaient rien l'un pour l'autre. Alors il n'avait pas à se sentir blessé pour ce qu'il avait entendu ce matin.
Ruiza passa le portail tout en lâchant un petit soupir rempli de tristesse. Lorsqu'il passa à côté de la voiture d'Asagi, son estomac se noua et il prit de profonde inspiration pour ne pas se laisser aller. Le blond se dépêcha d'entrer dans la maison et alors qu'il voulait monter les escaliers, il aperçu de la lumière dans la cuisine. Ruiza s'en approcha et aperçu Asagi endormi sur une chaise. Surpris, le blond avança un peu plus vers la cuisine et aperçu la table dressée pour eux. L'estomac de Ruiza se noua et son coeur se serra l'espace d'un instant. Asagi lui avait préparé le dîner et l'attendait. Ruiza fronça légèrement les sourcils alors que ses yeux lui piquaient toutefois il s'interdit de verser la moindre larme. Cela serait ridicule de le faire. Et puis, il n'était plus triste bien au contraire ! Il était heureux qu'Asagi lui ait préparé le dîner et qu'il l'attende pour manger. Il s'était même endormi durant l'attente. Ruiza jeta un coup d'oeil à l'horloge de la cuisine. Il était 22h. Il était encore temps de dîner et il ne l'avait pas vraiment fait chez Tsunehito. Sans faire de bruit, Ruiza s'empara des assiettes et les fit chauffer au micro-onde. Lorsque ce dernier sonna pour avertir que les plats étaient chauds, Asagi se réveilla en sursaut. Ruiza pouffa de rire puis lui tendit son assiette. Un sourire éclaira le visage du brun qui s'écria :
« Tu es enfin rentré !
- Oui, désolé de rentrer si tard. »
Asagi ne répondit rien. Il oublia même de s'excuser pour ce matin. Mais dans le fond, Ruiza n'attendait pas d'excuse. Il était bien trop touché par ce que le brun lui avait préparé. Ruiza prit place à table et ils se souhaitèrent bon appétit avant de commencer à manger ce qu'Asagi avait préparer.
« C'est vraiment très bon, déclara le blond.
- Ce n'est rien comparé à ta cuisine.
- Ne dîtes pas ça. C'est vraiment très bon.
- Merci. »
Les deux hommes se sourirent longuement avant que Ruiza ne finisse par baisser les yeux tout en rougissant. Finalement, sa journée se terminait aussi bien qu'elle n'avait commencé. Elle s'achevait par un repas qu'Asagi lui avait préparé. Un peu comme ce matin et rien qu'en y pensant, Ruiza se sentait tellement léger. Il ne savait pas pourquoi mais dans le font, cela n'avait pas d'importance.
À suivre...
