Auteur : Hiera Ramuk

Titre : Snowman

Genre : U.A., Comédie Romantique

Personnages : D

Pairing : Hide-Zou X Tsunehito ( pour le moment n.n )

Chapitre 7 :

Ruiza avait rarement aussi bien dormi et c'est en souriant qu'il se leva ce matin là. En sortant de sa chambre, il croisa Asagi et les deux hommes se sourirent longuement avant que le brun ne se décide à aller courir. Ruiza pour sa part lui prépara le petit déjeuner et Asagi mangea avec appétit, ce qui l'étonna lui-même. À croire que Ruiza avait le don de lui donner faim. Mais ce n'était pas la première fois que le brun se disait ça. Il fallait croire que le blond avait un pouvoir étrange sur lui. Quoi qu'il en soit, Asagi était heureux de savoir que Ruiza ne lui tenait pas rigueur pour ce qui s'était passé. D'ailleurs, aucun d'eux n'aborda le sujet. Ils firent comme si rien ne s'était passé mais dans le fond c'était peut-être ce qu'il y avait de mieux à faire.

Lorsqu'Asagi partit travailler, Ruiza s'appuya contre le chambranle de la porte et le regarda s'en aller tout en souriant. Asagi qui faisait une marche arrière pour quitter la cours de sa grand-mère, lança un rapidement regard à Ruiza qui se tenait toujours contre la porte. Un tendre sourire se dessina sur le visage du brun qui ne put résister à l'envie de lui faire un signe de la main. Ruiza y répondit et Asagi se sentit soudainement étrange. Il n'arriva pas non plus à enlever de son visage ce sourire qui commençait à être douloureux. Il se demandait bien ce qui lui arrivait. Enfin, il ne chercha pas trop en profondeur et se contenta de se rendre à son travail.

OoOoO

« Tu as vraiment bonne mine, déclara Asagi en enlevant ses lunettes de soleil. »

Hiroki salua son ami qui venait tout juste de pénétrer dans sa galerie d'art et tout en marchant avec lui dans l'immense pièce où fleurissaient des tableaux en tous genre, Hiroki lui demanda avec un léger sourire :

« Pourquoi est-ce que je n'aurais pas bonne mine ?

- Inata m'a dit que tu semblais déprimé.

- Ce n'était rien de grave. Ça s'est arrangé. »

Asagi l'interrogea du regard avant de lui demander :

« Ne me dis pas qu'Hiroki, le plus grand séducteur de ce pays est amoureux ?

- Qu'est-ce qui te fais penser ça ?

- Tu souris comme un idiot, lâcha Asagi avec un léger rire.

- Je te la présenterais peut-être un jour.

- J'espère bien car je me demande à quoi ressemble la personne qui a été capable de te voler le coeur.

- Attends-toi à être surpris.

- Je ne demande que ça.

- Au faite, on déjeune ensemble ?

- Et bien... j'ai d'autre engagement... »

Hiroki regarda du coin de l'oeil son ami avant qu'un petit sourire moqueur ne se dessine sur ses lèvres :

« Ne me dit pas que c'est l'aide-soignante ?

- C'est un rendez-vous d'affaire.

- Oui oui, c'est ça, se moqua Hiroki qui n'en croyait pas un mot. »

Asagi se contenta de sourire et les deux amis continuèrent à discuter tout en arpentant la galerie d'Hiroki. Asagi essaya bien de savoir qui était le mystérieux amour d'Hiroki mais ce dernier resta muet sur le sujet. Au final, Asagi n'en apprit pas plus sur la femme qui avait volé le coeur de son meilleur ami. Il était également loin d'imaginer qu'il s'agissait d'un homme. Mais Hiroki préférait ne pas révéler ce détail, du moins dans l'immédiat car s'il avait admit ses sentiments pour Ruiza, il n'était pas près d'annoncer à son meilleur ami qu'il avait apparemment un penchant pour un homme. Quoi qu'Hiroki n'avait pas l'impression d'être devenu gay. Il n'y avait rien de sexuel derrière son amour pour Ruiza. Il n'aimait pas subitement les corps masculins. Il était simplement amoureux d'une personne et il s'averrait que c'était un homme. Il n'y avait rien à ajouter là dessus.

OoOoO

« Attends... l'homme des glaces t'a préparé le petit déjeuner hier et le dîner ? Il t'a aussi attendu jusqu'à s'endormir sur sa chaise ? »

Ruiza lui fit un oui de la tête remplit de l'innocence qui le caractérisait. Kana-san fronça les sourcils et se mit à réfléchir tout en murmurant des paroles incompréhensibles. Cela était-ce possible ? Non, jamais son glaçon de petit fils ne ferait la cuisine pour un autre que lui. Et pourtant, Ruiza n'était pas le genre de garçon à mentir. De toute façon, il mentait très mal et Kana-san savait qu'il disait vrai. Seulement, elle avait du mal à imaginer son petit-fils comme ça. Surtout après ce qu'il avait dit sur Ruiza la veille.

Après avoir longuement réfléchit, un petit sourire malicieux se dessina sur les lèvres de Kana-san qui répliqua : « mmmh... peut-être que c'est enfin le printemps pour l'homme des neiges ». Ruiza fit mine de réfléchir puis déclara : « La dernière fois je l'ai vu avec une femme. On aurait dit sa petite amie, c'est peut-être ça ». Lorsque le blond termina sa phrase, il sentit son estomac se serrer et son sourire se teinta de tristesse malgré lui. Ruiza se demandait bien pourquoi il réagissait ainsi mais si lui ne comprenait pas, Kana-san avait une petite idée de ce qui se passait. Elle n'avait d'ailleurs pas raté le changement d'expression sur le visage de Ruiza. La vieille femme ne se choqua pas de sa conclusion. Elle avait de toute façon toujours vu Ruiza plus comme une jeune fille que comme un jeune homme. Elle ne savait pas pourquoi mais c'était plus fort qu'elle.

« Et toi Ruiza ? Est-ce aussi le printemps pour toi ? »

Le visage du blond vira subitement au rouge à cette question et sa mine embarrassée fit rire Kana-san qui connaissait déjà la réponse. Ruiza piqua du nez et balbutia un :

« Mais... heu... et bien... je n'ai pas encore rencontré de fille qui m'intéresse vraiment...

- Ô vraiment ?

- Bon...je...heu...

- Le déjeuner pour Asagi ?

- Oui ! Je dois le lui apporter !

- Vas-y, répliqua Kana-san avec un sourire bienveillant. »

Ruiza acquiesça d'un signe de la tête et se dépêcha de s'en aller pour apporter son déjeuné à Asagi sous le sourire amusé de Kana-san.

OoOoO

Il était presque midi et Asagi n'arrêtait pas de regarder sa montre. Cela faisait un petit moment qu'il avait renoncer à continuer de travailler et même s'il ne se l'avouait pas, il n'attendait qu'une chose : Ruiza. Un léger sourire se dessina sur les lèvres d'Asagi qui retira ses lunettes de lecture. Il les regarda un moment puis lança un coup d'oeil à sa montre tout en soupirant profondément. Le blond n'allait pas tarder. Du moins il l'espérait.

On frappa à sa porte et Asagi qui était affalé dans son fauteuil sursauta. Il se remit droit et déclara que c'était ouvert. Peu après, la porte s'ouvrit sur Ruiza et un grand sourire se dessina sur le visage du brun qui l'invita à entrer. Asagi lui fit signe de s'asseoir mais Ruiza lui déclara qu'il ne pouvait pas rester et qu'il avait d'autres engagements. Asagi perdit son sourire à cette déclaration et parut assez déçu. Cela dit, Ruiza ne s'en rendit pas compte et se contenta de lui tendre son repas tout en souriant. Asagi y répondit mais le coeur n'y était pas vraiment. Le blond déclara alors qu'il devait y aller et qu'on l'attendait ailleurs. Asagi acquiesça et le regarda partir sans rien pouvoir dire. Alors que la porte se refermait sur Ruiza, le brun baissa les yeux et tomba sur les invitations pour le cocktail de ce soir. Asagi s'en empara et se leva d'un bond pour rattraper le jeune homme. Toutefois, il arriva trop tard dans le couloir et vit la porte se refermer sur Ruiza. Asagi jura tout en soupirant. Tant pis, il inviterait Ruiza ce soir lorsqu'il rentrerait du travail. De toute façon, le blond n'aurait sûrement rien à faire. Asagi soupira une dernière fois puis rejoignit son bureau d'un pas lent et sans aucune motivation. Cependant, lorsqu'il se retrouva devant le déjeuner que Ruiza lui avait préparé, il retrouva son sourire. Le blond faisait vraiment des merveilles en cuisine. Et Asagi mangea avec appétit ce que Ruiza lui avait préparé spécialement pour lui.

OoOoO

Hiroki était en avance. Toute la matinée il n'avait attendu que ce moment. Celui où il pourrait être avec Ruiza, rien que quelques instants. En y repensant, un léger sourire se dessina sur ses lèvres. C'était la première fois qu'il attendait un rendez-vous avec autant d'impatience. Et pourtant il en avait connu des femmes. Beaucoup avaient traversé sa vie et son lit. Mais pour aucune son coeur ne s'était mis à battre de cette façon. Et il battit un peu plus vite lorsqu'il aperçu Ruiza entrer dans le salon de thé où ils avaient rendez-vous. Un large sourire se dessina sur les lèvres d'Hiroki qui se leva pour le saluer. Ruiza le salua à son tour et les deux hommes s'assirent. Un serveur vint apporter une carte à Ruiza qui le remercia. Toutefois, il la consulta à peine car il n'allait prendre qu'un café. Après les habituelles formules de politesse, Hiroki entra dans le vif du sujet en lui montrant deux enveloppes. Ruiza l'interrogea du regard et le brun déclara :

« Il s'agit de deux invitations pour un cockail qui a lieu ce soir. C'est le genre de soirée où on s'ennuis à mourir mais qui est idéal pour trouver des clients avec qui on peut faire de très bonne affaire. J'ai l'intention de me faire un peu de pub là bas, seulement y aller tout seul n'est pas franchement drôle. Alors j'ai pensé à toi.

- Mais y aller avec ta petite amie ne serait pas mieux ? »

Hiroki eut un léger rire nerveux mais aussi un léger pincement au coeur à cette réponse toute fois il garda son sourire et déclara :

« Ruiza, si je t'ai dragué la dernière fois c'est bien parce que je n'ai pas de petite amie.

- Oh... c'est vrai.

- Je veux bien être un coureur de jupon mais je suis un gentleman qui ne cours pas deux lièvres à la fois. Et puis, on peut toujours y aller en étant accompagné par un ami.

- Mais tu n'as pas un ami plus proche à invité ? On se connaît à peine...

- Mon meilleur ami va sûrement y aller avec sa petite amie et je n'ai pas vraiment envie de tenir la chandelle.

- Je comprends. Dans ce cas pourquoi pas.

- Je passe te prendre ?

- mmmh... je préférerais qu'on s'y rejoigne là bas, déclara Ruiza.

- Tu es sûr ?

- Oui parce qu'avant ça je serais chez des amis.

- Je peux d'y prendre là bas.

- Je ne voudrais pas abuser.

- Ruiza ! Puisque je te le propose !

- Très bien. »

Ruiza lui donna donc l'adresse de Tsunehito et Hiroki déclara qu'il passerait le prendre vers 19h30. Lorsque tout fut décidé, les deux hommes se mirent à discuter de tout et de rien. Hiroki profita un maximum de ce moment qu'il trouva trop court car malheureusement Ruiza ne pouvait pas rester longtemps. Après tout, il ne devait pas oublier d'entretenir la maison de Kana-san. Hiroki lui proposa de le ramener mais Ruiza déclara qu'il préférait marcher. Il adorait ça de toute façon. Les deux hommes se quittèrent donc devant le salon de thé et Hiroki suivit Ruiza des yeux. Ruiza avait accepté son invitation et Hiroki était aux anges.

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Asagi était rentré bien plus tôt que d'habitude. Et pour cause, il avait peur de rater Ruiza et de ne pas pouvoir l'inviter ce soir. Et le brun tenait à y aller avec lui. Après tout, c'était la moindre des choses compte tenu de tout ce que le blond faisait pour lui. Et Ruiza ne lui préparait pas qu'à manger ! Il tenait propre la maison de Kana-san et faisait même la lessive. Asagi devait avouer qu'il n'avait pas vraiment l'habitude qu'on prenne ainsi soin de lui mais il reconnaissait que c'était plutôt agréable. Et puis, on pouvait difficilement dire non à Ruiza.

Après avoir prit une profonde inspiration, Asagi prit les invitations en main et quitta sa ferrari. Il se dépêcha de gagner la porte d'entrée et alors qu'il s'apprêtait à l'ouvrir, elle le fit d'elle-même. Asagi sursauta et par réflexe, il cacha les invitations derrière lui. Ruiza avait également sursauté en l'apercevant et le blond lui fit un timide sourire avant de déclarer :

« Asagi, je ne serais pas là ce soir. Kana-san m'a dit que vous sortiez alors je n'ai pas prévu de dîner.

- Tu sors ? Demanda Asagi d'une voix légèrement étranglée.

- Oui. Avec un ami. Bon et bien passez une bonne soirée.

- T...toi aussi, balbutia le brun en le regardant s'en aller. »

Lorsque le blond eut disparu de son champ de vision, Asagi poussa un profond soupir. Il n'était qu'un idiot. Il aurait dû l'inviter plus tôt. Mais bien sûr qu'il a une vie sociable. Après tout il n'est pas à ma disposition. Asagi était terriblement déçu mais pas seulement. Il était aussi un peu jaloux. Enfin, il ne pouvait pas demander à Ruiza de rompre ses engagements. Tant pis, il irait seul à cet ennuyeux cocktail.

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Un large sourire se dessina sur les lèvres de Tsunehito qui ne put s'empêcher d'applaudir ce qui embarrassa un peu Ruiza. Hide-Zou quant à lui se contenta de sourire et de lui dire qu'il était très élégant comme ça.

« Élégant ? Tu plaisantes ! Mon petit Ruiza est magnifique ! S'écria Tsunehito comme le ferait une fan. »

Hide-Zou reteint un rire alors que Ruiza piquait du nez tout en rougissant. Son meilleur ami s'approcha de lui et lui prit les mains, les serrant tendrement.

« Tu es vraiment très beau comme ça, ajouta le brun. Vraiment, je suis sûr que tu vas lui plaire.

- Tsunehito ! J'y vais avec un ami. Et c'est un homme. Alors je ne lui plairais pas.

- Oui, fit Tsunehito avec un petit sourire. »

Ruiza fit une petite moue boudeuse et son ami lui pinça la joue avant de s'écriait qu'il manquait quelque chose. Tsunehito couru jusqu'à sa chambre et revint avec un tube de gloss. Ruiza le regarda d'un drôle d'air avant de reculer d'un pas.

« Je peux savoir ce que tu vas faire avec ça ? Demanda le blond tout en reculant encore.

- Ne bougea pas, répliqua Tsunehito qui le menaçait avec son tube de gloss.

- Tsune non... Je...je suis un homme... je peux pas en mettre.

- Tu en as bien mis quand on est sorti en boîte.

- Oui mais c'était pour délirer.

- Tu sais, intervint Hide-Zou, les mannequins et les acteurs en mettent lorsqu'ils se montrent en public.

- Vraiment ? S'étonna Ruiza. »

Tsunehito profita de son inattention pour lui badigeonner les lèvres de gloss. Ruiza lui lança un regard noir et le brun éclata rire avant de déclarer qu'il était parfait. Ruiza étouffa un juron avant de sursauter en entendant klaxonner.

« Voilà ton prince charmant, déclara fièrement Tsunehito. »

Ruiza lui lança un regard mauvais puis se dirigea vers la fenêtre pour faire signe à Hiroki qu'il arrivait.

« Mon dieu ! S'écria Tsunehito en arrivant à la fenêtre. Il doit être drôlement riche pour avoir une telle voiture.

- Bon j'y vais, répliqua Ruiza en se dirigeant vers la porte.

- Bonne soirée, lança Hide-Zou. »

Ruiza le salua puis se dépêcha de rejoindre Hiroki qui l'attendait déjà en bas. Alors que le blond était dans l'ascenseur, il contempla son reflet. Il n'aimait vraiment pas le gloss. Cela le rendait trop féminin à son goût. D'ailleurs, il aurait dû penser à mettre des vêtements plus masculin car il faisait vraiment très androgyne dans cette tenue.

Lorsqu'Hiroki aperçu Ruiza, son coeur fit un bond dans sa poitrine. Le blond était magnifique. Il portait des vêtements blancs plutôt ample, ce qui ne permettait pas vraiment de définir sa silhouette. D'ailleurs, son pantalon blanc avait plutôt des allures de jupe longue à cause de tous ses plies quant à son chemisier, sa découpe donnait à Ruiza des faux airs de poitrine sous certain point de vu. Ce n'était pas voulut et cette tenue élégante masculine n'aurait certainement pas donner le même effet sur un homme aux traits beaucoup moins fins que Ruiza. Hiroki sortit de son coupé et tout en souriant à pleine dent, il avança vers Ruiza qui était assez embarrassé.

« J'aurais bien mis un costume, commença le blond d'une voix hésitante, mais je n'en ais pas. C'est ce que j'ai de plus élégant et...

- Tu es magnifique, déclara Hiroki en lui prenant les mains.

- Merci, fit Ruiza en rougissant légèrement.

- Allons-y. »

Hiroki lui ouvrit la portière puis la referma lorsque Ruiza fut installer sur le siège passager. Le blond fut légèrement gêné d'une telle délicatesse mais il préféra ne pas y accorder d'importance. Ce qui n'était pas le cas de Tsunehito qui de sa fenêtre n'avait rien raté. Il souriait même à pleine dents tout en se blottissant contre son amant.

« Que c'est romantique, soupira le Tsunehito en les regardant s'en aller.

- Moi aussi je peux l'être, répliqua Hide-Zou en lui prenant la main. Prends ton manteau et allons nous promener. »

Tsunehito sauta au cou de son amant qui le serra tendrement dans ses bras.

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La réception avait lieu dans la salle des fêtes d'un luxueux hôtel. Asagi tendit les clefs au voiturier et monta sans conviction les marches menant au hall. Ce soir, il ne resterait pas longtemps. Il échangerait simplement quelques poignets de mains puis s'en irait le plus discrètement possible. Asagi était au milieu de l'escalier lorsqu'il entendit crier son nom. Le brun se retourna et découvrit Inata en bas des marches. Asagi les redescendit et la rejoignit. Le jeune femme souriante et toute en beauté semblait ravie d'être arrivée en même temps que l'homme qu'elle aimait depuis si longtemps. Asagi la salua, la complimentant sur sa tenue et Inata parut satisfaite. Toutefois, elle répliqua avec une petite moue de petite fille :

« Je pensais que tu m'inviterais.

- Pour tout te dire, je n'étais pas sûr de venir.

- Et bien comme nous sommes seuls tous les deux, ennuyons nous ensemble à cette soirée.

- Très bien, répliqua Asagi en lui tendant le bras. »

Inata s'empressa de s'y accrocher et ils montèrent ensemble les marches des escaliers de l'hôtel. Sur le chemin conduisant à la salle des fêtes, Asagi rencontra bon nombre d'homme d'affaire qu'il connaissait avec qui il échangea quelques poignées de mains alors qu'Inata échangeait quelques mots avec les épouses. La jeune femme était visiblement ravie de paraître aux yeux de tous comme la fiancée d'Asagi et beaucoup s'interrogeait sur leur relation. Toutefois personne n'osa poser de question directement.

Hiroki et Ruiza arrivèrent à peine cinq minutes après Asagi. Durant le trajet menant à la salle de fête, Hiroki croisa quelques connaissances qui prirent bien évidement Ruiza pour une femme. Embarrassé, le jeune homme blond n'osa pas les détromper et Hiroki sembla assez amusé de ces méprises sur le sexe de Ruiza. Lorsqu'ils entrèrent enfin dans la salle de fête, Ruiza constata qu'il n'y avait que du beau monde en tenue de soirée et le blond fut émerveillé par certaine tenue ou parure qui devait coûter les yeux de la tête. Hiroki chercha des yeux Asagi et lorsqu'il l'aperçu, il murmura à voix basse : « Viens, je vais te présenter à mon meilleur ami ». Ruiza acquiesça et Hiroki le prit par la main pour l'entraîner dans la direction voulue. Ruiza fut assez gêné de ce contacte mais finit par s'y habituer. Hiroki pour sa part était plus qu'heureux te tenir sa main même pour quelques secondes. C'était peu mais il s'en contentait pour le moment. Lorsqu'ils s'arrêtèrent enfin, Hiroki lâcha la main de Ruiza qui releva ses yeux pour découvrir avec surprise qu'il était face à Asagi. Ce dernier était tout aussi surpris que lui. D'ailleurs aucun d'eux ne put prononcer le moindre mot ce qui intrigua à la fois Hiroki et Inata.

« Ruiza..., murmura enfin Asagi.

- Vous...vous vous connaissez ? S'étonna Hiroki.

- C'est l'aide soignant de ma grand-mère, déclara Asagi sous le regard gêné de Ruiza qui détourna les yeux.

- Mais ce n'était pas une femme ? Questionna Inata qui avait remarqué que Ruiza était un homme.

- J'aurais dû faire le rapprochement, répliqua Hiroki avec un petit rire amusé. C'est vrai que Ruiza n'est pas un prénom très courrant. Et puis tu m'avais dit que c'était un homme... Bon et bien puisque tu connais déjà Asagi, Ruiza je te présente Inata. Une amie de lycée.

- Enchantée, déclara la jeune femme.

- Moi de même, balbutia timidement Ruiza.

- Cette ville est décidément bien petite, soupira Hiroki. Ça ne doit pas être comme Tokyo, n'est-ce pas Asagi ?

- Non, répondit le brun qui ne lâchait pas Ruiza des yeux. »

Le blond fixait également Asagi et Hiroki s'en rendit compte. Il les observa un moment avant que son estomac ne se noue en se souvenant de l'histoire des déjeuners que Ruiza faisait à Asagi. Ces deux là étaient vraiment très proche. Un peu trop au goût d'Hiroki qui sentait la jalousie s'emparer de lui. D'ailleurs, il avait l'impression que la situation échappait à son contrôle. Il lui semblait même qu'il n'existait plus aux yeux de Ruiza qui donnait l'impression d'être hypnotisé par Asagi. Mais Hiroki avait aussi l'impression que c'était réciproque. Hiroki se racla donc la gorge afin d'attirer les attentions sur lui et Ruiza sursauta en même temps qu'Asagi.

« Ruiza allons nous prendre un verre, déclara Hiroki avec un sourire de circonstance.

- Heu... oui, répondit le jeune homme blond en baissant les yeux.

- Alors à plus tard Asagi. Inata. »

Hiroki entraîna Ruiza avec lui. Le blond, tout en suivant Hiroki jusqu'au bar, ne put s'empêcher de jeter des petits regards au dessus de son épaule. Asagi ne le lâcha pas des yeux et chaque fois que leurs regards se croisaient, le coeur de Ruiza battait un peu plus vite sans qu'il ne sache trop pourquoi. Mais dans le fond, il ne se posait pas vraiment la question.

Durant toute la soirée, Hiroki fit en sorte de rester à l'exacte opposé d'Asagi et ce qu'il craignait ne fit que se confirmer. Le regard de Ruiza était irrémédiablement attiré par Asagi. Lui-même ne faisait que regarder dans leur direction. Ces comportements ne firent qu'inquiéter Hiroki qui commençait à voir son meilleur ami comme un menace et il ne se faisait pas des idées. Du moins, il n'avait pas l'impression de s'en faire.

Inata non plus ne passait pas une très bonne soirée. Elle n'avait pas la moindre idée de ce qui se passait mais tout ce qu'elle constatait c'était qu'Asagi ne lui accordait que très peu d'importance. Elle avait même l'impression de ne pas exister à ses yeux. Il ne faisait que discuter affaire avec des potentiels clients et lancer des regards à Hiroki. Enfin, elle trouva ça assez normal puisqu'il s'agissait de son meilleur ami. Seulement, elle était loin de se doutait que ce n'était pas Hiroki qu'Asagi regardait mais plutôt Ruiza. La jeune femme soupira pour la énième fois de la soirée puis interpella Asagi. Ce dernier lui lança un regard surpris et elle lui demanda s'ils ne pouvaient pas aller sur la terrasse. Elle avait semble-t-il quelque chose de très important à lui dire. Asagi acquiesça et se rendit avec elle sur la terrasse que les invités avaient désertée à cause du vent glacé qui soufflait. Toutefois, du bar où se trouvait Hiroki et Ruiza, on voyait parfaitement la terrasse. Ruiza suivit des yeux Asagi et Inata, et son coeur se serra lorsqu'il les vit seuls sur la terrasse. Hiroki qui discutait avec une connaissance lança un regard à Ruiza avant de poser les yeux sur la terrasse où Asagi et Inata semblaient discuter.

« Tu voulais me dire quelque chose ? Demanda Asagi lorsqu'ils furent à l'écart.

- Oui, fit-elle en baissant les yeux.

- Inata, il se passe quelque chose ? S'inquiéta Asagi en posa une main sur son épaule.

- Oui, répondit la jeune femme en relevant les yeux pour les ancrer dans les siens. Il se passe que parfois j'ai l'impression de ne pas exister alors que je t'aime plus que tout. »

Surpris par cette révélation, Asagi ne su trop quoi dire. À dire vrai, il connaissait les sentiments d'Inata à son égare, seulement il n'aurait pas cru qu'elle les lui avouerait ici et comme ça. Prit au dépourvu, Asagi resta silencieux. La jeune femme prit donc l'initiative de l'embrasser. Elle avança vers lui et pressa chastement ses lèvres contre les siennes, lui laissant à lui l'initiative d'approfondir le baiser.

Le visage de Ruiza pâlit et il lâcha son verre. Ce dernier se fracassa sur le comptoir du bar et Hiroki l'interrogea du regard. Ruiza, complètement paniqué s'excusa alors que le barman lui disait que ce n'était rien. Toutefois, tellement confus, le blond voulu réparer ses dégâts en ramassant les éclats de verre qui était tomber sur le sol. Entre temps, Hiroki avait aperçu le baiser qu'Asagi et Inata. Il avait pâli lui aussi, non pas à cause du baiser mais plutôt à cause de la réaction de Ruiza. Hiroki ferma douloureusement les yeux et se mordit violemment la lèvre inférieure avant de se pencher vers Ruiza qui était accroupi sur le sol. Le barman avait fait le tour tout en lui disant de le laisser faire mais Ruiza ne l'entendait pas. Il n'entendait plus rien. Tout était si confus dans sa tête et il ne savait pas pourquoi des larmes envahissaient ses yeux en même temps que cette douleur qui lui lacérait le coeur. Les mains tremblantes de Ruiza effleurèrent un éclat de verre, et le jeune homme se coupa. Hiroki sortit immédiatement un mouchoir et entoura le doigt blessé de Ruiza avec. Les larmes que le blond avait réussi à contenir jusqu'à maintenant coulèrent enfin et Hiroki prit une profonde inspiration tout en passant ses bras autour de lui.

« On va rentrer, murmura Hiroki.

- Oui répondit Ruiza d'une voix étranglée alors qu'Hiroki l'aidait à se relever. »

Inata écarta ses lèvres d'Asagi qui était toujours aussi stoïque. Il n'avait pas répondu à son baiser. La jeune femme baissa les yeux. Asagi détourna les siens pour les posa sur Ruiza et Hiroki. Ce dernier avait un bras autour de l'épaule du blond qui était appuyé contre lui. En les apercevant ainsi, Asagi fut assez surpris au point qu'il pâlit légèrement. D'un seul coup il se sentait mal et avait l'impression que ses jambes ne pouvaient plus le soutenir. Il ne savait pas vraiment pourquoi il réagissait de cette manière mais le fait était qu'il avait mal à l'estomac mais aussi au coeur...

Lorsque Ruiza et Hiroki quittèrent son champ de vision, Asagi posa les yeux sur Inata dont les siens baissés étaient remplit de larmes.

« Je suis désolé Inata, commençant Asagi.

- Non, c'est moi. Je vais toujours trop vite.

- Je vais te ramener. »

Elle acquiesça et ils quittèrent la terrasse. Asagi salua au passage quelques connaissances mais ne s'attarda pas. Il devait ramener Inata mais surtout, il mourrait d'envie de rentrer chez lui pour se coucher. Il se sentait d'ailleurs terriblement fatigué d'un seul coup.

Asagi s'arrêta devant chez Inata mais la jeune femme ne bougea pas. Elle se contenta de fixer ses mains posées sur ses genoux. Asagi ne lui demanda pas de descendre. Il attendit patiemment qu'elle le fasse. Inata poussa un léger soupir puis se tourna vers lui et sourit tant bien que mal. Asagi y répondit faiblement et Inata s'essuya le coin des yeux avant de lui demander :

« On pourra quand même continuer de se voir ? En amis bien sûr.

- Bien sûr, puisque nous le sommes. »

Elle le remercia puis descendit de voiture. Lorsqu'elle eut franchit le portail de chez elle, Asagi démarra et rentra directement chez lui. Ruiza n'était pas encore rentré et à ce constat, Asagi eut un noeud à l'estomac.

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Durant tout le trajet, Ruiza avait fixé le vide. Par moment, Hiroki lui lançait un regard mais n'osait pas briser le silence qui s'était installé dans la voiture. Ruiza ne pleurait plus. Il se contentait de serrer le mouchoir autour de sa plaie. Hiroki savait que ce n'était pour elle qu'il avait versé ces larmes mais pour Asagi. Pourtant, Ruiza lui avait assuré que les hommes ne l'intéressaient pas. Mais les hommes n'intéressaient pas non plus Hiroki. Lui, c'était Ruiza qui l'intéressait. Alors peut-être que c'était pareille pour le blond. Après tout, il était peut-être possible de tomber amoureux d'un homme sans pour autant être gay. Hiroki poussa un léger soupir. L'amour réserve vraiment beaucoup de surprise. Sur ce constat, Hiroki coupa le moteur de son coupé sport. Ruiza décolla sa tête de la vitre et vit avec surprise qu'ils n'étaient ni devant chez Tsunehito, ni devant chez Kana-san. Il était en haut d'une colline qui dominait la ville et ses lumières. Ruiza lança un regard surpris à Hiroki qui se contenta de sourire tout en quittant sa voiture. Ruiza le suivit des yeux et le brun passa de son côté. Il lui ouvrit la portière et tendit sa main à Ruiza qui la prit pour sortir de la voiture. Sans lui lâcher la main, Hiroki le fit avancer vers l'avant de sa voiture et ils s'y appuyèrent. Le brun le lâcha enfin et croisa les bras sur son torse tout en ancrant ses yeux sur l'horizon étoilé et sur la ville aux lumières brillant de mille feux.

« On a de la chance qu'il fasse beau, déclara enfin Hiroki. »

Un léger sourire se dessina sur les lèvres de Ruiza qui lui répondit par un faible oui.

« C'est ici que je viens quand j'ai envie d'être tranquille, reprit Hiroki. La vue est magique, même de jour. Et puis, rares sont ceux qui viennent ici.

- Merci, murmura Ruiza tout en baissant les yeux.

- Ne sommes-nous pas amis ? Répliqua Hiroki avec un léger pincement au coeur.

- Si. Alors merci d'être mon ami. »

Hiroki se contenta de sourire faiblement. Il aurait tellement aimé être plus qu'un ami. Mais pour le moment, il s'en contenterait car c'était déjà bien.

OoOoO

Malgré la fatigue, Asagi n'avait pas trouvé le sommeil. Il s'était tourné et retourné dans son lit avant de décider de prendre un peu l'air. Sans qu'il ne s'en rende compte, ses pas le conduire jusqu'au portail du jardin. Il s'y appuya et soupira tout en regardant sa montre. Il était près de minuit et Ruiza n'était toujours pas rentré. Pourtant, il était parti bien avant lui et aurait déjà dû être rentré. Seulement, il était avec Hiroki... l'estomac d'Asagi se noua et il commença à s'imaginer plus d'une chose sur ce qu'ils pouvaient bien faire ensemble. Après tout, Hiroki n'était-il pas le plus grand coureur de jupon de cette ville ? Seulement, Ruiza était un homme et Hiroki n'était pas gay. Asagi n'avait donc aucun souci à se faire quoi qu'il se demandait bien pourquoi il s'inquiétait. Après tout, lui et Ruiza se connaissaient à peine et le blond n'avait aucune compte à lui rendre.

Le brun poussa un profond soupir et s'appuya un peu plus contre le portail. À cet instant, un bruit de moteur le sorti de ses pensées. Asagi sursauta et se tourna vers le portail. Il se mit sur la pointe des pieds et aperçu la voiture d'Hiroki se garer juste devant le portail. Asagi se baissa pour ne pas être vu et entendit la voix de Ruiza déclarer :

« Merci encore Hiroki pour cette soirée.

- C'est à moi de te remercier. Alors on se voit demain ?

- Au même endroit, déclara Ruiza. »

Asagi lança un rapide coup d'oeil au dessus du portail et aperçu Ruiza qui avançait vers lui. Paniqué, le brun se précipita vers la porte d'entrer, traversant la cour et négligeant de ranger ses sandales lorsqu'il fut dans le hall. Le coeur battant la chamade et la respiration haletante, Asagi regarda de tout côté avant de se jeter sur le canapé. Il n'aurait certainement pas le temps de remonter jusqu'à sa chambre et ne souhaitait pas avoir à donner des explications à Ruiza pour son étrange comportement. À peine Asagi fut étendu dans le canapé que Ruiza ouvrit la porte d'entrée. Le brun ferma les yeux et feignit d'être endormi. Ruiza ne le remarqua pas tout de suite car son attention fut attirée par les sandales d'Asagi qui traînaient dans l'entrée. Le blond soupira bruyamment puis les rangea avant de se déchausser. Alors qu'il comptait monter à l'étage, il aperçu de la lumière dans le salon. Il s'agissait d'une petite lampe laissée allumée sur un buffet. Ruiza fit une petit grimace puis se dépêcha d'aller l'éteindre. Là, il aperçu Asagi endormit dans le canapé. D'abord surpris, Ruiza hésita ensuite sur ce qu'il allait faire. Finalement, il décida de ne pas le réveiller. Il n'avait pas spécialement envie de lui parler après ce qui s'était passé ce soir. Le blond laissa la lumière allumé puis alla chercher une couverture.

Lorsqu'Asagi entendit Ruiza s'éloigner, il releva la tête afin de voir ce qu'il faisait. Quand il se rendit compte que le blond revenait, il baissa la tête et continua à faire semblant de dormir. Le blond déplia la couverture lorsqu'il arriva à hauteur d'Asagi. Toutefois, il ne le couvrit pas tout de suite. Le brun était dans une position très bizarre. Il avait une jambe qui traînait sur le sol et il risquait t'attraper un torticolis s'il gardait la tête dans cette position. Ruiza hésita puis décida de mieux l'installer. Asagi frissonna en sentant les mains froides de Ruiza sur lui et fit un grand effort sur lui même pour continuer sa comédie, ce qui n'était vraiment pas évident. D'ailleurs, par moment, il sentait contre sa peau la respiration de Ruiza, ce qui lui provoquait de drôle de sensation qu'il n'avait jamais connu auparavant. C'était assez étrange. Il avait comme l'impression d'être troublé par cette proximité qu'il sentait. Lorsque Ruiza l'eut bien installé, le blond le couvrit de la couverture. Ruiza le borda même, ce qu'Asagi apprécia assez. Il dut d'ailleurs faire un effort surhumain pour ne pas sourire.

Une mèche noire glissa sur le visage d'Asagi alors que Ruiza se redressait. Le blond fronça des sourcils puis retira délicatement la mèche gênante. Dans son geste, Ruiza frôla du bout des doigts les lèvres d'Asagi. Le blond se troubla alors et ses joues se teintèrent de rouge. Ruiza retira aussitôt sa main et se hâta d'éteindre la lumière pour ensuite remontait dans sa chambre. Quand Asagi entendit la porte de la chambre de Ruiza se refermer, il se redressa et frôla du bout des doigts ses lèvres tout en souriant étrangement. Lorsqu'il se rendit compte de se qu'il faisait, il fronça des sourcils et se laissa tomber dans le canapé pour fixer d'un drôle d'air le plafond. Il avait vraiment des réactions étranges ce soir. Mais peut-être était-ce dû à la fatigue ? C'était sûrement ça. Asagi ne voyait pas ce que cela pouvait être d'autre...

à suivre...