Publié le 10 février 2008.

BONNE LECTURE !

Chapitre 2

Et nous voila partis !!! Direction, Chemin de Traverse ! Bon, encore par réseau de cheminette mais enfin, quand faut y aller, faut y aller !

Grand Père est passé avant moi ce qui fait qu'il m'a habilement rattrapé à l'arrivée. Sinon, j'étais bon pour un nouveau vol plané… Encore ! Je suis pas doué avec la cheminette. Voila Père qui arrive. Impeccable comme toujours. C'est pas juste.

Le silence s'installe dans le pub où nous avons atterri. Tout le monde me dévisage, mais c'est pas vrai, qu'est-ce que j'ai à la fin ???

« - Viens Keïlan.

Père m'entraîne vers la sortie, emboîtant le pas de Grand Père. Ce dernier tapote sur le mur qui s'ouvre pour laisser apparaître le Chemin de Traverse. Une joyeuse cohue nous accueille et j'entends Père renifler d'exaspération.

« - Ou peut donc se cacher, Blaise ? demanda Père.

« - Attendez-le là, je vais chercher de l'argent à Gringotts.

« - Bien. Viens Keïlan.

Père s'assoit avec élégance sur un banc et attend. Je me place près de lui, scrutant la foule. Un éclair cuivré attire mon attention.

« - Drago ! Keïlan !

« - Parrain !

Parrain arrive près de nous, Maëlys et deux petits garçons identiques à sa suite.

« - Bonjour. Ca va ?

« - Parfaitement.

« - Tu te souviens de Maëlys, Keïlan ?

Je hoche la tête en regardant la fille qui me fait face.

« - Quand je lui ai dit que l'on ferait les courses avec toi, elle n'a pas cessé de parler et blabla et blabla… On pouvait plus l'arrêter !

« - Papa !

Elle rougit puis me tend la main.

« - Je suis contente de te revoir, Keïlan.

Je lui souris en lui serrant la main en retour.

« - Moi aussi.

L'un des garçons attire son attention.

« - Je te présente mes petits frères… Dorian et Falcon.

« - Salut !

Waouh ! Et comment je fais moi ? Hein ? Ils sont pareils !

« - Falcon a les yeux noirs alors que Dorian les a bleus… M'explique Maëlys en riant.

Ah vrai dire, je vois pas trop la différence de couleur… c'est un bleu trèèès foncé !!!

« - Euh… Ouais, d'accord.

Nous éclatons de rire. Parrain et Père nous regardent en souriant. Une fois Grand Père de retour, nous commençons nos achats.

« - Vous avez vos listes, les enfants ?

Je sors la feuille de ma poche et commence à lire…

COLLEGE POUDLARD – ECOLE DE SORCELLERIE

Uniforme

Liste de vêtements dont les élèves de première année devront obligatoirement être équipés :

Trois robes de travail (noires), modèle normal

Un chapeau pointu (noir)

Une paire de gants protecteurs (en cuir de dragon ou autre matière semblable)

Une cape d'hiver (noire avec attaches d'argent)

Chaque vêtement devra porter une étiquette indiquant le nom de l'élève.

« - Commençons par chez Guipure… C'est le plus logique. Propose Parrain.

« - Euh… Emmène les enfants, je vais chercher les livres.

Père n'a pas l'air bien. Je me rapproche de lui, inquiet. Il pose une main tendre sur ma tête.

« - Ne t'inquiète pas va… Et va avec Parrain. Donne-moi ta liste.

Je la lui tends et me retourne vers Parrain.

« - Alors en route mauvaise troupe ! Vous venez avec nous, Mr Malfoy ?

« - Non, je dois aller chercher quelques ingrédients chez l'apothicaire. Réponds Grand Père.

« - Prenez donc ce qu'il faut pour nos petits sorciers…

« - Bien sur.

Grand Père part d'un côté alors que Père va de l'autre. Je me sens tout seul tout à coup. Je me rapproche de Parrain. Celui-ci s'aperçoit vite que je suis un peu perdu. Il pose une main réconfortante sur mon épaule.

« - Dis Parrain…

« - Oui ?

« - Que… Qu'est-ce qu'il a, Père ?

« - Trop plein de mauvais souvenirs, je crois… Ne t'inquiète pas.

Je me replonge dans mes rêveries jusqu'à qu'un cri de Maëlys me tire de là. Elle pointe une enseigne du doigt. Dessus on peut lire :

« Madame Guipure, prêt-à-porter pour mages et sorciers »

« - C'est ici que vous allez prendre vos uniformes, Mme Guipure a l'habitude.

Parrain attrape chacun des jumeaux par une main et rentre. Mme Guipure arrive en trottinant.

« - Mr Zabini ! Et toute la fratrie Weasley-Zabini…

« - Bonjour Mme Guipure… C'est pour les deux plus vieux, pour Poudlard…

« - Les deux pl… Ooh.

Ca y est ! Voila que ça recommence ! Mais pourquoi tout le monde me regarde avec des yeux pareils ???

« - Voici Keïlan Malfoy… Il fait sa rentrée cette année aussi.

La voix plutôt froide de Parrain la rappelle à l'ordre et elle se reprend.

« - Oui, oui… Venez. Venez ici, nous avons tout ce qu'il faut.

La petite sorcière replète nous amène au fond du magasin et Maëlys et moi grimpons sur des tabourets pour faire ajuster nos robes.

Maëlys est comme un poisson dans l'eau. Les filles et les vêtements, c'est vraiment une grande histoire d'amour ! Moi, ça commence sérieusement à m'énerver tout ça. D'abord, être debout sur un tabouret sans bouger, c'est pas la joie. Mais en plus, les cousettes me regardent bizarrement. En fait, tout le monde me regarde bizarrement ici !

Je grogne de mécontentement et accroche mon regard à Parrain qui se démène pour garder les jumeaux près de lui. Pauvre Parrain, tout seul avec ses deux anguilles !

Arrive enfin le moment où Mme Guipure annonce la fin de la torture. Je saute du tabouret avec soulagement. Parrain colle la main de Falcon dans la mienne et confie Dorian à Maëlys.

« - Surveillez-les, je paye.

Il s'éloigne avec la vendeuse et nous, nous sortons de la boutique avec les petits monstres qui se tortillent pour nous faire lâcher prise.

« - Tiens-le bien surtout. Me conseille Maëlys.

« - Plus facile à dire qu'à faire ! Je grogne.

Ca y est ! Je l'ai lâché ! Par réflexe, je le rattrape par la capuche mais je me retrouve bientôt avec une petite robe de sorcier vide entre les doigts. Maëlys éclate de rire alors que je grommelle en me mettant à courir après le gamin. Celui-ci rie de sa liberté mais pas pour longtemps. Je vois bientôt ses pieds décoller du sol et un son inarticulé sortir de sa bouche.

« - Père !

Ouf, il a rattrapé le fuyard et le ramène. Falcon boude, ses petits bras croisés sur son torse. Nous rions de son attitude quand Parrain nous rejoint.

« - Tiens.

Père lui refile son fils et pose une main sur mon épaule.

« - Ne me dis pas que tu as encore essayé de t'échapper ??? Gronde Parrain en regardant Falcon dans les yeux.

Ohoh ! Falcon fait moins le malin devant les gros yeux que lui fait Parrain.

« - Pardon Papa. S'excuse l'enfant d'une toute petite voix.

« - Tu as intérêt à être sage jusqu'à la fin de la journée sinon tu attendras longtemps avant que je ne t'emmène avec moi de nouveau… Tu as compris ?

Ough, pauvre Falcon !

« - J'ai compris, Papa.

« - Parfait.

Il se tait un instant. Je reste abasourdi devant l'obéissance qu'il a réussi à tirer de ce petit monstre.

« - Et ça voit aussi pour toi, Dorian !

L'autre garçonnet se ratatine sur place, faisant rire tout le monde.

« - Bon, nous n'avons pas que ça à faire ! S'exclame Parrain. Falcon, Dorian, la main.

Les deux garçons prirent chacun l'une des mains tendues, obéissants pour une fois.

« - Tous les livres seront expédiés directement par Fleury et Bott au Manoir Malfoy, tu n'auras qu'à passer les chercher là-bas, Blaise. Intervint Père.

« - Ok. Il ne reste donc que les fournitures. Maëlys, fais voir ta liste.

Parrain prit la liste que lui tendait sa fille et la lut.

Fournitures

1 baguette magique

1 chaudron (modèle standard en étain, taille 2)

1 boîte de fiole en verre ou cristal

1 télescope

1 balance en cuivre

Les élèves peuvent également emporter un hibou OU un chat OU un crapaud.

IL EST RAPPELE AUX PARENTS QUE LES ELEVES DE PREMIERE ANNEE NE SONT PAS AUTORISES A POSSEDER LEUR PROPRE BALAI.

« - C'est nul ! Pourquoi on peut pas avoir de balai ? Père, tu ne peux rien faire ? Je grogne.

Quelle idée stupide, vraiment ! Pourquoi donc les premières années ne pouvaient-ils pas amenés leur propre balai ??? J'ai le mien depuis mes 8 ans et je sais parfaitement m'en servir.

« - Non, je ne ferais rien.

« - Ce serait en vain de toute façon. Réplique alors Grand Père. J'avais essayé de convaincre le directeur pour Drago et ce vieux…

« - Huhum. Sourit Parrain en lui désignant les jumeaux.

« - …Et Dumbledore n'a jamais voulu. McGonagall ne sera pas plus clémente que lui.

« - Mais je sais voler ! Les cours de vol me seront inutile, vous le savez comme moi !

« - Oui, nous le savons mais tu ne vas pas commencer à braver le règlement avant même d'être entré à Poudlard ? Sourit Parrain.

Père se renferme, allez savoir pourquoi… Grand Père s'en aperçoit, de même que Parrain, et change de sujet.

« - La baguette en dernier. Dit-il comme une évidence.

« - Oui… Le reste maintenant.

Père regardait ma liste par-dessus mon épaule.

« - Il faut aussi du parchemin, des plumes et de l'encre… Ajoute Parrain.

« - En route.

Nous prenons les magasins dans l'ordre où ils se présentent. Deux chaudrons, deux télescopes et deux balances plus tard, nous entrons dans une papeterie magique.

« - Waouh ! T'as vu, Keïlan ? La nouvelle encre, elle change de couleur suivant ton humeur ! S'écrie Maëlys.

« - Et il y a un signification de ces couleurs… ? Demande Parrain.

« - Oui, regarde… Oh, Papa, je peux en avoir… S'il te plait !

« - Je ne pense pas que ça te soit utile pour tes cours, Maë…

« - S'il te plait ! Mon petit papa chéri !!!

Parrain va céder… C'est obligé vu les yeux de chien battu. Elle sait y faire, dis donc ! Moi, c'est pas si simple que ça avec Père. Mais bon, il ne me refuse pas grand-chose quand même.

« - Ok, prends-en un flacon.

« - Youpi ! Je t'adore mon papounet !

« - J'ai les parchemins et de bonnes plumes, Keï. Me dit mon père.

Je me retourne vers lui. Il fait léviter le tout devant lui et le pose délicatement sur le comptoir.

« - On apprend ça en Première année, n'est-ce pas ?

J'adorerais faire ça !

« - Oui.

Il commande l'encre et paye nos achats.

« - Faites tout livrer au Manoir Malfoy.

« - Bien Monsieur Malfoy.

Le vendeur met une note sur notre commande avant de l'envoyer à la livraison. Quand il se retourne, je sens son regard se fixer sur moi puis se détourner quand je me tourne vers lui.

« - Tu as tout ce qu'il te faut Maë ?

« - Oui, Papa.

« - Parfait.

Parrain paye et attrape ses achats qu'il diminue avant de les glisser dans le chaudron qu'il vient d'acheter. De notre côté, nous n'avons rien, Père a tout fait livrer chez Grand Père et Grand-mère.

Nous ressortons bientôt et Grand Père nous emmène devant… Un marchand de glace ! J'adore les glaces ! Nous nous installons sur un banc pour manger sans nous salir. Hum, que c'est bon !

Les gens qui passent près de nous nous dévisagent sans gêne mais les regards froids de Père et Grand Père les font vite déguerpir.

« - Je me demande pourquoi tout le monde me regarde bizarrement… J'avoue d'une petite voix.

C'est impressionnant quand même ! Tous ces regards sur soi. Je lève les yeux vers Père mais son visage est fermé. Il ne me répondra pas, je crois. Je cherche une réponse auprès de Grand Père et Parrain mais aucun des deux ne semblent prêts à dire quelque chose. Je hausse les épaules. J'en ai marre de toutes ses cachotteries.

Les pitreries des jumeaux me font oublier ça et nous passons un agréable moment.

« - Il ne reste plus qu'Ollivanders. Souffle Père alors que Parrain nettoie les cochonneries de ses fils d'un sort.

Il en a marre, je crois.

« - Alors on vous laisse ici… Déclare Parrain. R… Il veut être là.

Père hoche la tête. Parrain doit parler de 'Qui tu sais'. Maëlys m'a dit que son deuxième père était super mais pas très mature des fois… Je comprends pourquoi il s'est marié avec Parrain alors !

« - Au revoir, Keïlan… me dit Maëlys.

« - Tu peux m'appeler Keï, tu sais…

Elle me fait un grand sourire et hoche la tête, toute heureuse.

« - Je suis contente qu'on rentre tous les deux à Poudlard ! On va bien s'amuser là-bas ! Et…

Elle se penche vers moi.

« - …Je dois bien t'avouer que j'ai un peu peur parce que c'est la première fois que je serais séparée de mes parents…

Elle rougit en m'avouant ça. Moi aussi, j'ai peur. C'est Père qui m'a appris tout ce que je sais et… Comme il n'y a pas d'enfants de mon âge près de là où nous vivons, je n'ai pas vraiment eu d'ami jusqu'à maintenant alors… Ca me fait bizarre de me dire qu'à la rentrée je vivrais avec pleins de personnes de mon âge et dans un pays différent de celui où est Père. Je lui renvois un sourire compréhensif et elle s'éloigne de moi. Je sens alors deux petites mains agripper ma robe. Je baisse les yeux pour regarder les jumeaux.

« - On te revoit bientôt ? demande Falcon… Enfin, je crois que c'est lui.

« - Nous, on t'aime bien.

« - T'es marrant.

« - Tu viendras nous voir dans notre maison ?

« - Oh oui, dis tu viendras ?

« - Euh…

Ils sont marrants tous les deux… Ca m'aurait plu d'avoir des frères et sœurs. Mais bon… Pour qu'eux aussi, ils souffrent de l'absence de l'autre, c'est pas la peine !

« - Et toi aussi, Monsieur tu viendras ?

Père se raidit. Aller les voir, ça signifie voir 'Qui tu sais'…

« - Allons, Falcon, Dorian… Dites au revoir, Papou doit nous attendre ! Et… Il m'avait dit qu'il passerait chez Mamie !

Je ne sais pas ce que ça veut dire pour les deux garçons mais ils sont tous joyeux et pressés de partir tout à coup. Parrain nous regarde d'un air entendu.

« - Ah, les cookies de M… Mamie leur ferait tout oublier !

Père et moi sourions. Un dernier au revoir et ils s'en vont. Bien évidement Parrain n'a pas résisté à passer sa main dans mes cheveux. Je râle et boude alors que tout le monde rie. Non mais qu'est-ce qu'il a avec mes cheveux ?!

Je marchais près de Père, tête baissée, boudant.

En un, empêcher Parrain de passer sa main sur ma tête…

En deux, éclaircir tous ces mystères !

J'en étais à l'élaboration d'un plan visant à éviter la satanée main de mon parrain, quand quelqu'un me bouscula. Mais cette personne me rattrapa d'une main avant que je ne m'aplatisse par terre.

« - Excuse-moi.

Je lève la tête, prêt à lui dire ma façon de penser mais les mots restent coincé sur mes lèvres. L'inconnu est un adolescent de 15 ou 16 ans, les cheveux noirs et longs et les yeux bleus. Grand et musclé, il a le teint clair qui contraste avec le reste de sa personne.

« - Naïm, tu devrais faire attention où tu v… Merlin tout puissant.

L'homme qui vient d'apparaître ressemble beaucoup à l'adolescent bien que sa peau soit plus mate. Son père sûrement… Il me regarde avec émerveillement mais son regard s'assombrit de douleur. Il me fait penser au regard de Père.

« - Black.

L'homme se redresse pour faire face à Grand Père qui nous a rejoint depuis peu.

« - Malfoy.

« - Tu as l'air de te porter comme un charme…

Que de tension dans l'air, je ne sais pas ce qu'il y a eu entre ces trois-là mais pas que de l'amitié, ça s'est sûr !

« - Tu rentres à Poudlard cette année ? Me demande l'adolescent sans faire attention aux adultes qui se regardent en chien de faïence.

Je reporte aussitôt mon attention sur lui et hoche la tête.

« - Oui. Keïlan Malfoy.

Je lui tends la main, il m'a l'air sympa.

« - Naïm Black-Snape, j'ai 16 ans.

« - Tu es à Poudlard alors ? Quelle maison ? Moi je voudrais aller à Serpentard comme Père… C'est bien là-bas ?

Naïm sourit à mon enthousiasme mais il n'a pas le temps de me répondre.

« - Keï, viens.

« - Oh, Père…

« - Keïlan.

« - J'arrive.

La mort dans l'âme, je m'apprête à le suivre.

« - J'espère qu'on se reverra à Poudlard. Me lance Naïm alors que je pars.

Je me retourne et crie :

« - J'espère aussi ! A bientôt ! Au revoir, Monsieur Black !

Monsieur Black qui fait une drôle de tête d'ailleurs… Enfin bref, pas grave. Père a l'air aussi renfermé que possible. Il allonge le pas et j'ai du mal à suivre. C'est avec soulagement que je vois l'enseigne du marchand de baguette, Ollivanders.

Nous entrons. La boutique est poussiéreuse et les étagères croulent sous les boites de baguette. Un vieil homme arrive, ajustant ses lunettes sur son nez.

« - Bonjour Messieurs Malfoy…

« - Ollivanders.

Les saluts de Père et Grand Père sont aussi froids que possible. Bah, ils sont comme ça !

« - Jeune homme…

Je le salue d'un signe de tête, l'homme a un sourire étrange. Il me laisse une impression bizarre. Sans reculer beaucoup, je me rapproche de Père, impressionné.

« - …Vous rentrez à Poudlard je suppose.

Je hoche de nouveau la tête.

« - Ah, la première baguette ! Toute une histoire… Je me souviens de vos baguettes, Messieurs, dit-il en s'adressant à Père et Gand Père. De bonnes baguettes… Puissantes ! Cheveux de veela et bois d'ol…

« - Suffit, nous venons pour Keïlan, nous savons ce que sont nos baguettes, Monsieur. Le stoppe Grand Père.

« - Bien, bien…

Le vieil homme n'a pas l'air tellement intimidé par Grand Père.

« - Voyons laquelle de mes baguettes va vous convenir…

Il s'éloigne vers une étagère miteuse et extrait une longue boite de la pile. Et me la tend en me vantant ses caractéristiques. Je la prends en main et l'agite un peu comme me l'indique Père. Le comptoir se vide de ses tiroirs.

Oups !

Je repose la baguette.

« - Visiblement, non.

Il va en chercher une autre. Même carnage.

« - N'oubliez pas, jeune Mr Malfoy, la baguette choisit son sorcier, cela peut prendre du temps !

Au bout de trois baguettes essayées, la moitié des étagères sont vidées. Ainsi que le comptoir et la porte de la réserve est ouverte.

« - Un client difficile, comme son père.

Je me retourne vers Père, fier de la comparaison mais il fronce les sourcils. Je hausse les épaules et me retourne vers l'homme qui réfléchit. Soudain, il sursaute et me regarde intensément.

« - Mais bien sur… Comment n'y avoir pas penser plus tôt !

Il disparaît de nouveau dans le fouillis de son magasin. Bon d'accord, j'y suis un peu pour quelque chose dans ce fouillis. Il revient avec une longue boite rectangulaire.

« - Bois d'olivier, plume de phoenix, 29,3 centimètres… Excellente baguette d'attaque comme de défense, idéale pour les duels ou le combat. Explique-t-il.

Je la prends… Et là, pas besoin de l'agiter. Une chaleur douce se répand en moi depuis ma main. Une gerbe d'étincelles vertes et or explose de l'extrémité de la baguette.

« - J'aurais du le deviner… Savez-vous que le phoenix qui a donné cette plume en a donné deux autres et…

« - On s'en moque. Le coupe Père. Combien coûte-t-elle ?

« - 8 galions, Mr Malfoy. Mais vous ne pourrez pas tout le temps fuir… Un jour, il vous rattrapera.

Alors là, j'y comprends plus rien. Ollivanders emballe délicatement ma nouvelle baguette et me la tend. Père paye et nous sortons.

« - Au revoir Mr Ollivanders.

L'homme me sourit et Père m'entraîne dehors. Encore un truc en rapport avec l'autre vu la tête de Père. Nous rentrons chez Grand Père et Grand-mère. Tous nos achats sont là ainsi que Pepsy.

« - Pepsy, les valises. Et occupe-toi des fournitures de Keïlan.

« - Bien Maître Drago.

L'elfe prend en charge nos achats mais je garde ma baguette pour moi.

« - Nous rentrons en France, Keï.

« - Déjà Père ?

Je suis déçu, il m'avait semblé que nous resterions un peu plus longtemps. Nous ne sommes là que depuis hier !

« - Oui.

« - Mais… S'il vous plait, Père !

Je cherche l'appui de Grand Père mais celui-ci a disparu si tôt que nous avons passé la porte du Manoir.

« - Non, nous rentrons immédiatement. Tu as tes fournitures maintenant… Et tu auras tout le loisir de les contempler en France. Dépêche-toi.

« - C'est injuste, Père. J'ai envie de rester ici moi… Avec Grand Père et Grand-mère !

Je me détourne de son regard implacable et vais me réfugier chez Grand-mère. Celle-ci est devant son chevalet et elle peint. Elle peint très bien, Grand-mère. Elle voulait faire mon portrait mais pour cela, il faudrait que je reste avec elle…

Je m'assois à ses pieds et pose ma tête sur ses genoux.

« - Pourquoi Père ne veut-il pas rester en Angleterre, Grand-mère ? Pourquoi ?

Grand-mère caresse mes cheveux avec douceur.

« - Il te faut être très patient, Keïlan… Ton père a encore besoin de temps… Le temps n'efface rien mais à force, il apaise un peu la douleur et le chagrin.

Je me raidis. C'est encore à cause de l'autre. Non content de m'enlever un deuxième parent dont j'aurais pu avoir besoin et de faire souffrir Père, il se débrouille pour que je sois exiler en France loin de mes grands parents, de Parrain et de Maëlys. Raah, m'énerve !!! L'a pas intérêt à se pointer devant moi celui-là !

La main douce de Grand-mère dans mes cheveux apaise un peu ma colère, je suis bien là. Grand Père entre bientôt et s'approche de nous.

« - Vous ne partez que demain, Keïlan. Me dit-il. C'est tout ce que j'ai pu obtenir de ton père.

Je hoche la tête et la repose sur les genoux de Grand-mère.

« - Où est-il ? Je demande, m'obstinant à garder un regard indifférent.

« - Il reviendra pour le dîner.

Et Grand Père sort. Encore des cachotteries !

« - Ca te dit de peindre un peu avec moi, mon chéri ? Me propose Grand-mère. Ca détend…

Je hoche la tête. J'aime bien peindre avec Grand-mère même si je ne suis pas aussi doué qu'elle ! Mais elle me dit que je dessine déjà très bien et que si je continue régulièrement, je deviendrais très bon ! Mais bon, elle n'est pas objective, c'est ma grand-mère après tout…

Je m'installe à ses côtés et nous peignons en silence. Pourtant rien de bien ne sort de mon pinceau. Mon esprit est ailleurs, je me demande où est parti Père…

.oOo.

Ca y est ! C'est le grand jour ! Aujourd'hui, je rentre à Poudlard. Nous sommes arrivés en Angleterre, hier soir, Père et moi. Je commence à m'impatienter… Et si j'arrivais en retard et que je ratais le train !

Et Père qui n'est pas là. Il a disparu si tôt le petit déjeuner. Il m'a promis de revenir à temps mais il ne se rend pas compte de mon impatience. Je triture le collier qu'il m'a donné hier soir. Il avait l'air tout bizarre quand il l'a détaché de son cou pour me le tendre. C'est une simple chaîne avec un anneau d'or blanc passé dedans. L'anneau est tout ciselé et très beau mais il m'est trop grand. Je sais que Père y tient beaucoup et je suis très heureux qu'il me l'ait donné. Il m'a dit qu'il serait toujours avec moi à Poudlard… et aussi qu'il me protégerait. Il devait parler de l'anneau car il le fixait les yeux mouillés. Ensuite, il m'a fait promettre d'écrire souvent…

J'étais triste moi aussi. Si moi, je vais être entouré de pleins d'élèves et de professeurs, Père va se retrouver tout seul, lui ! Tout seul dans notre beau manoir !

Je renifle pour ne pas permettre à mes yeux de laisser échapper quelques larmes. J'essaie de me convaincre que tout va bien se passer. De toute façon, je lui écrirais souvent ! Et puis, Grand Père m'a offert un superbe Grand Duc spécialisé dans les courriers longue distance, ça sera plus simple que d'envoyer des hiboux de l'école !

Ah le voila.

Il a la mine sombre et triste. Je ne sais pas où il a été mais j'ai comme dans l'idée que c'est au même endroit que l'autre fois. La dernière fois… Nous sommes bien partis le lendemain matin comme l'avait dit Grand Père mais je n'ai pas revu Père avant le départ. Il a manqué le dîner et, de mon lit, j'ai entendu Grand Père partir le chercher et le ramener.

« - Il est temps d'y aller, Keïlan.

« - Grand Père ! Grand Père ! On y va !

« - Il a du partir, Keïlan… Avoue Grand-mère en arrivant près de nous.

« - Mais il devait m'accompagner ! Je gémis.

« - Une affaire importante, mon chéri.

« - …

Je suis déçu. J'aurais bien aimé que Grand Père soit là pour mon premier départ. Déjà que Grand-mère qui a un petit refroidissement ne peut pas sortir.

« - Bon et bien allons-y.

Grand-mère me retient et me serre contre elle.

« - Sois prudent, mon chéri… Et écris-moi.

« - Bien sur Grand-mère. Promis !

Elle m'embrasse doucement sur le front. Ma gorge se serre quand je prends la main de Père pour transplaner. Grand-mère me sourit, mes yeux se brouillent. Père s'agenouille près de moi et me prend dans ses bras. Ca fait bien longtemps qu'il ne m'avait pas pris contre lui comme ça.

« - Ca va mieux ? Me demande-t-il.

Je hoche la tête dans son cou et il me repose. Il transplane après un dernier petit signe de Grand-mère. Nous apparaissons dans une rue sombre d'où nous sortons rapidement. La gare de Londres est immense et impressionnante. Je m'accroche à la main de Père, mes bagages, réduites, dans ma poche. Il me tire vers les voies 9 et 10.

« - Tu vois le pilier là-bas, Keïlan ?

« - Oui.

« - Là se trouve l'entrée qui mène à la voie 9 ¾.

Je hoche la tête.

« - On va y aller, marche vite. Les moldus ne doivent s'apercevoir de rien.

Nous marchons vite. Le pilier se rapproche, Père resserre sa prise sur ma main.

« - Ferme les yeux. Chuchote-t-il.

J'obéis, appréhendant de me prendre un pilier en pleine figure.

« - Tu peux ouvrir les yeux. Me dit Père.

Il sourit, il se moque de moi !

Un sifflement aigu de train me détourne de lui. Devant moi, une immense locomotive rouge fume. Au dessus de nos têtes, une pancarte magique indique :

« Poudlard Express – 11 heures »

« - Viens.

Père m'entraîne dans la foule, s'y frayant un chemin.

« - Drago !

Je me retourne, Père aussi.

« - Parrain !

« - Bonjour vous deux.

« - Blaise.

« - Salut Keï.

Maëlys me sourit. C'est un sourire crispé mais le mien ne doit pas être mieux. Falcon et Dorian sont accrochés à sa jupe.

« - Ils ne veulent pas que je parte. M'indique-t-elle avec une grimace.

« - Weasley.

Le ton de Père est très froid. Encore un gars qu'il ne doit pas aimer. Ca me rappelle Mr Black, hier.

« - C'est mon père… Dit Maëlys. Mon autre père. Ron Weasley.

C'est un homme grand avec les cheveux orange. Ses yeux bleus me regardent attentivement et il me sourit.

« - Je suis content de te voir Keïlan. J'ai beaucoup entendu parler de toi.

Il a l'air sympa.

« - Bon, c'est pas tout ça mais il faut qu'ils montent.

Père attrape un chariot et y dépose ma grosse valise et la cage de Kassem, mon hibou.

« - C'est vrai… C'est l'heure. Soupire Blaise. Maëlys…

La pauvre, elle a les larmes aux yeux. Je me détourne d'eux sinon je vais pleurer aussi. Père s'accroupit alors devant moi. Je passe mes bras derrière sa nuque et calle mon visage dans son cou.

« - Je t'aime Père. Je marmonne.

« - Moi aussi, Keï. Moi aussi. N'oublie pas de m'écrire.

« - Promis.

« - Allez c'est l'heure.

Père se détache de moi. Maëlys s'enfuit pour se réfugier dans le train. Les jumeaux pleurent et crient pour la faire revenir.

« - Monte toi aussi.

Je monte dans le train mais une chevelure blonde attire mon attention. C'est Grand Père ! Il arrive, essoufflé.

« - Je ne pouvais pas manquer la rentrée de mon unique petit fils tout de même.

Il me tapote sur la tête.

« - Fais bien attention à toi… Et s'il y a le moindre problème, écris-moi.

Je hoche la tête et rentre dans le train après un dernier regard à Père. Les jumeaux se sont calmés, un peu. Je rejoins Maëlys dans le couloir. Elle a les yeux rouges et les lèvres tremblantes.

« - C'est la première fois, bredouille-t-elle.

Je passe un bras que j'espère réconfortant autour de ses épaules. J'ai la gorge aussi nouée qu'elle alors je ne parle pas. Mais elle a besoin que je la console.

« - Ca va aller, on est tous les deux. Dis-je maladroitement.

Elle hoche la tête.

« - Faut qu'on trouve un compartiment.

Je l'entraîne dans le couloir.

« - Keïlan ?

Je me retourne.

« - Oh, Naïm. Salut.

« - Vous cherchez un compartiment ? Y a de la place ici, si vous voulez.

Je lui souris et entre.

« - T'es tout seul ? Je lui demande.

« - J'aime bien mes amis mais ils sont impossibles pendant le voyage alors je préfère être loin d'eux… M'explique-t-il avec un sourire.

Je me pousse de la porte pour laisser Maëlys entrer. Elle salue Naïm d'un geste vif et va se pelotonner sur la banquette près de la fenêtre.

« - C'est dur la première fois, hein ? S'exclame Naïm en se penchant sur elle après avoir mis nos valises dans le filet à bagage.

Nous hochons la tête tous les deux.

« - Maë !

C'est la voix assourdie de Parrain.

« - Je t'aime, ma puce ! Ca va aller, tu verras tu seras bien.

Il est derrière la vitre de notre compartiment avec Ron, les jumeaux, Père et Grand Père. Les deux plus petits pleurnichent encore. Maëlys ouvre alors la vitre et embrasse une dernière fois son père.

« - On se revoit à Noël ! Crie-t-elle pour se faire entendre dans le brouhaha de la gare.

« - Maë ! Maë ! Chouinent Dorian et Falcon. Reviens vite !

« - Promis ! Soyez sage ! Ne faites pas trop enrager Papa et Papou !

Mon regard s'accroche à celui de Père. Comme il a l'air triste. J'ai l'impression qu'il me dit qu'il m'aime rien qu'en me regardant.

« - Au revoir, Père. Je murmure alors que le train se met à avancer.

Maëlys et moi, nous nous penchons à la fenêtre pour les voir le plus longtemps possible. Quand enfin nous nous refermons la fenêtre, ils ne sont que des petits points parmi tant d'autre sur le quai.

Je m'assois près d'elle, l'œil morne.

La porte s'ouvre alors sur un garçon de notre âge.

« - Excusez-moi, y a plus de place, je peux venir avec vous ?

« - Bien sur.

Naïm monte sa valise dans le filet et il se rassoit. Le nouveau me regarde fixement puis me tend la main.

« - Frédéric Handen. S'exclame-t-il, en souriant.

Finalement, ce voyage ne commence pas si mal…

A suivre…………………..

Terminé le 26.05.2007.

Reviews ? Please :) , ça fait tellement plaisir !

Au week end prochain !

Bisous

Selann.

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