BONNE LECTURE !!!

Publiée le 23 février 2008.

Chapitre 4

Les semaines de cours défilent à une vitesse vertigineuse depuis la rentrée, nous voici déjà à Halloween. Le banquet n'est que ce soir mais il est déjà sur toutes les bouches et ce, depuis une bonne semaine. Je sens que nous allons bien nous amuser !!!

En plus, j'ai fini les cours pour aujourd'hui. Le Pr. Flitwick est tombé de sa pile de livre pendant son cours avec les 6ème année et notre cours de Sortilèges a sauté. Juste une petite convocation dans le bureau de Granger et après, c'est la liberté. Je me demande bien ce qu'elle me veut. Son message n'était pas des plus clairs. Peut-être veut-elle me féliciter pour mes bons résultats ??? Qui sait ! Comment ça, on peut toujours rêvé ?!

Je toque à sa porte.

« - Entrez Mr Malfoy, je vous attendais.

« - Pr Granger.

« - Euh… J'ai écris à mon meilleur ami et nous avons décidé que… C'était mieux comme ça…
De quoi elle parle là ? Allez Keï, raccroche tout les wagons !!!……………… Non, j'comprends toujours pas c'qu'elle me raconte !

« - J'ai reçu ça ce matin de Ron.

Ron ? Ron ??? Je ne connais qu'un 'Ron'… Le père de Maëlys ??? Qu'est-ce qu'il vient faire là dedans ? Et pourquoi me montre-t-elle ce gros paquet ??? J'ai pas besoin de savoir ce qu'il y a dans son courrier non plus !

Je hausse un sourcil et ça la fait sourire.

« - Ouvre, c'est pour toi. Me dit-elle d'une voix douce.

Même si je n'y comprends rien, je déchire le papier qui enveloppe le paquet. C'est tout mou à l'intérieur. Je le prends de dessus le bureau pour pouvoir libérer le contenu. Un fin tissu, très doux, coule dans mes mains. Ca ressemble à… Pas possible, on dirait une cape d'invisibilité ! Grand Père m'a montré celle des Malfoy un jour.

« - Elle appartenait à ton grand-père… Me dit-elle.

« - Pourquoi est-ce vous qui me la donnez alors ? Grand Père peut bien m'offrir ce qu'il veut sans avoir besoin d'un intermédiaire ! Je déclare d'un ton fier.

Elle a un petit rire amusé.

« - Je parlais de ton autre grand-père… Cette cape était à lui et ton père aurait voulu qu'elle te revienne. Il y tenait tant…

« - Jamais !

Elle sursaute, surprise.

« - Je ne veux rien de lui ! Reprenez là ! Faites en don à la Brigade des Aurors où à qui vous voulez ! Je m'en moque !

« - Mais je pensais… Nous pensions que ça te ferait plaisir d'avoir quelque chose de lui… Je ne comprends pas.

« - Je ne veux rien de mon autre père. J'ai grandi avec un seul père et ça restera ainsi !

Furieux, je sors de la salle, la laissant seule et hébétée, la cape glissant de ses mains.

Raah ! Et voila, elle m'a gâché ma journée avec sa fichue cape ! Est-ce que l'autre ne pourrait-il pas me laisser en paix rien qu'une journée ???

Je suis tellement en pétard que je bouscule les élèves qui se trouvent sur mon passage, sans même m'excuser.

« - Hé !

Une main agrippe mon bras et me stoppe net. Je relève mon regard coléreux vers l'empêcheur de grogner en rond pour rencontrer le regard étonné de Maëlys.

« - C'est pas le moment de t'amener avec tes sarcasmes ! Je grogne.

Elle fronce les sourcils et son regard s'assombrit de colère.

« - Hé mais lâche-moi !

« - Pas question, tu vas m'expliquer ce qu'il y a et pourquoi tu t'en prends à moi.

Son ton est sans appel alors je me laisse traîner à travers l'école. Nous débouchons sur le parc et elle finit par me lâcher au bord du lac.

Brr, fait froid, elle aurait pu me laisser aller chercher ma cape quand même ! Qu'est-ce qu'on fait si j'attrape une pneumonie, hein ???

Elle croise les bras et plante son regard dans le mien.

« - J'attends.

Limite si elle tape pas du pied. Ouhla… J'ai pas le choix, on dirait.

« - C'est mon père.

« - Ton père ? Drago ?

« - Non, mon autre père… Je sais pas comment il s'appelle… J'ajoute en la voyant prête à demander.

Ca fait minable dit comme ça !

Elle s'assoit et je fais comme elle. Les yeux perdus sur l'onde mouvante du Lac Noir, je lui raconte mon histoire. Comment mon père, l'autre (pour faire la distinction d'avec Père) est parti quand j'avais 3 ans… Je lui raconte ma rancune et ma haine… Mais aussi la souffrance de Père à son absence. Je lui raconte tout. C'est la première fois que je dis ça à quelqu'un d'autre que Grand Père ou Grand-mère et ça fait du bien… J'ai l'impression que mon cœur douloureux décompresse un peu. Les larmes coulent sur mes joues mais ça ne me gêne pas. Maëlys ne se moquera pas, elle est compréhensive… Enfin, quand elle veut. Et elle se contente d'être là, près de moi à m'écouter.

« - Tu crois que c'est à cause de moi que l'autre est parti ?

J'ai posé cette question qui me hante depuis toujours d'une toute petite voix.

« - Si je n'étais pas né, il ne serait pas parti… Il serait resté avec Père et Père serait heureux !

Mon ton amer lui fait tourner son beau regard d'azur vers moi. Elle pose une main sur mon épaule.

« - Tu ne dois pas dire ça ! Dit-elle. C'est tout de même ton père…

Sa voix est très douce que je n'ai même pas le cœur à me mettre en colère.

« - Oui, c'est mon père… Je soupire, l'air mélancolique. Mon père qui est parti quand j'avais 3 ans… Mon père qui a laissé croire, pendant ces trois années, que nous aurions pu être heureux tous les trois…

« - Tu sais… Ton père est peut être parti quand tu étais encore petit mais c'est peut être mieux… S'il était resté sans se sentir capable d'assumer, ça aurait pu être pire et… Et ça vous aurait fait souffrir encore plus…

Je sais qu'elle a raison mais c'est dur de l'admettre.

« - Mais j'avais besoin de lui, moi ! J'avoue.

« - Je sais mais… Tu n'es pas le seul enfant à n'avoir grandi qu'avec un seul de ses parents.

« - Qu'est-ce que tu en sais, toi ?

C'est vrai quoi ? Elle, elle a une famille parfaite ! Deux pères géniaux et deux supers petits frères ! Je suis sur en plus que ses grands parents, les parents de Ron, sont sympas et tout !

Bien sur, je ne me plains pas de ce que j'ai mais j'aurais quand même aimé avoir mon deuxième père avec nous… Ne serait-ce que pour Père…

« - Tu te trompes.

Hein ? J'ai à peine entendu ce qu'elle a dit… Son visage est très douloureux tout à coup.

« - Qu'as-tu dit ?

« - Tu te trompes, je sais ce que ça fait.

Je fronce les sourcils. Elle va s'expliquer oui ou non ??? Je déteste ne pas comprendre un truc qui se balade narquoisement sous mon nez !

Elle a un petit rire.

« - Papou… Ron, il n'est pas mon vrai père… Oh, bien sur je le considère comme tel mais il ne l'est pas.

« - Que veux-tu dire ?

« - Papa et Papou ne se sont mis ensemble qu'il y a 7 ans… Avant, Papa était marié avec… Ma mère.

Je sens que mes yeux vont sortir de leurs orbites. Je n'aurais jamais imaginé que Parrain ait pu aimé les femmes !

« - Qu'est-il arrivé ? Elle est partie, elle aussi ? Je demande.

« - En quelque sorte…

Elle a un petit rire minable.

« - Elle est morte. Elle a été tuée pendant la guerre.

Je reste muet. C'est pas vrai mais quel imbécile je suis !!!

« - Désolé. Je murmure, penaud.

« - Tu pouvais pas savoir. Et puis… Je m'en souviens pas vraiment. Tout ce que je sais d'elle c'est ce que Papa m'a dit.

Elle attrape alors la chaîne qu'elle porte au cou. Puis, ouvrant le médaillon qui y pend, elle me le tend.

« - C'est elle, ma Maman.

Le regard de mon amie est très doux à cet instant. Je l'envie de pouvoir aimer autant sa mère bien qu'elle ne soit pas avec elle. Je prend doucement le médaillon et examine la photo.

« - Elle était belle, hein ? Me dit Maëlys, les larmes aux yeux.

« - Oui.

Dans l'ovale du médaillon, une jolie jeune femme me sourit. Elle a les yeux bleus, comme Maëlys mais ses cheveux noirs n'ont que les boucles de commun avec mon amie. Elle a l'air malicieuse et très gentille. La photo est moldue et donc ne bouge pas.

« - Elle était moldue ?

« - Non, c'était une sorcière… Assez puissante même mais… Elle a eu le malheur d'être née de parents moldus et…

Sa voix s'étrangle dans sa gorge. Je détourne le regard d'elle pour ne pas la gêner et reporte mon attention sur le bijou. Sur le couvercle, je peux lire 'Gabrielle Lasuly'. Son nom de jeune fille, sans aucun doute.

« - Ce n'est pas… dur ? Je demande.

« - Si. Parfois. Mais j'ai toujours Papa… Et Papou. Et puis je sais que Papa n'oubliera jamais Maman, il m'a dit qu'il ne pourra jamais aimé une autre femme qu'elle…

« - Mais pourtant, il a l'air d'aimer Ron.

« - Oui… Mais ce n'est pas une femme.

Je ris.

« - J'avais cru remarquer en effet.

Maëlys sourit.

« - Je ne pensais pas que les Gryffondor étaient si observateur ! Me railla-t-elle.

Je lui souris en retour. Fini l'heure de nostalgie ! Vivre dans le passé ne nous fait que souffrir un peu plus !

Je regarde Maëlys, complice. Elle pense comme moi à n'en pas douter. Nous nous levons donc pour nous secouer.

« - Allez, on a cours !

Nous nous élançons vers le château en riant.

Maëlys est vraiment quelqu'un de très fort. Je n'aurais jamais deviné que sa mère était morte quand elle avait deux ans mais qu'elle cultivait son souvenir. J'ai encore des choses à apprendre ! Et par rapport à elle, mon histoire en serait presque risible !

Je dois me ressaisir. L'autre même s'il a gâché ma vie, en grande partie, ne devrait même pas ne serait-ce que l'influencer !

Je n'ai pas vu passé la fin de la semaine, je suis ailleurs. Toujours près de l'autre, je n'y peux rien, j'ai envie de comprendre pourquoi il est parti… Je veux savoir pourquoi il est parti après mes 3 ans alors que, même s'il ne venait pas souvent, il avait l'air d'aimer revenir près de nous. Simulait-il cet amour pour nous ? Je voudrais m'en persuader mais je n'y arrive pas. Si seulement Père voulait bien m'expliquer !

Ma corbeille à papier regorge d'embryon de lettre que j'ai écrite à Père pour lui demander. Dans toutes celles qui gisent là, il y a mes doutes, mes questions… Alors que celles qu'il a reçu regorgent de ma joie d'être à Poudlard, des anecdotes de ma vie, et des cours…

Je n'arrive pas à parler à mon père de cette question qui empoisonne ma vie. Ça lui ferait du mal…

« - Mr Malfoy…Mr Malfoy !

Je relève la tête pour croiser le regard clair du Pr Black.

« - Mr Malfoy, vous resterez après mon cours… Je dois vous parler…

Hein ??? Juste pour cette petite absence d'attention ? Non, quand même pas, il ne m'a même pas enlevé de points ! Qu'est-ce qu'il peut me vouloir ???

J'essaye tant bien que mal de fixer mon attention à ce qu'il raconte mais mes pensées s'envolent de nouveau vers LE problème de mon existence.

La cloche annonçant la fin du cours me fait sursauter. Frédéric me regarde avec inquiétude. Je lui fais un petit sourire.

« - Ca va aller… Retourne à la salle commune, je vois Black et je t'y rejoins.

Il sort de la salle alors que je m'approche du bureau du prof.

« - Si vous voulez bien m'aider à transporter mes livres derrière, nous parlerons là-bas. Me dit-il en souriant.

Je prends une pile de livre et le suit dans la pièce attenante à la salle de cours. Celle-ci est chaleureuse. Un peu voir très en désordre mais on s'y sent tout de suite bien. Il pose ce qu'il a dans les mains sur une étagère qui croule déjà sous les livres et y ajoute ce que j'ai apporté. L'étagère ploie sous le poids du tout et finit par céder. Je souris à la moue amusée de mon prof qui répare ce petit incident d'un coup de baguette négligent. Puis il dégage un siège pour moi et un pour lui.

« - Je ne suis pas doué pour le rangement.

Je souris narquoisement. C'est pas peu dire !

« - Du thé ?

« - Non merci, Monsieur.

Il fronce les sourcils mais ne dit rien. Puis il conjure un pichet fumant, dégageant une délicieuse odeur de chocolat chaud.

Hum, ce que ça sent bon !

Il sourit. Encore une fois mes yeux doivent parler pour moi. Il me serre une tasse et en emplit une pour lui.

« - C'est mon péché mignon. M'avoue-t-il. Mon filleul adorait ça, lui aussi.

Le chocolat est trop chaud mais nous aspirons les volutes de fumée sucrées qu'il dégage. Un silence agréable nous entoure. J'ai l'impression d'être de retour à Kerloas avec Père.

« - Mr Malfoy, vous me semblez distrait depuis mercredi dernier… Déclare soudain le Pr Black. Vous n'êtes plus attentif en cours et vous réussissez moins bien vos sorts de défense.

Evidement, il a remarqué ! En même temps avec cette histoire de cape qui me trotte dans la tête, ramenant sans cesse l'autre à mon bon souvenir. Sans parler des révélations de Maëlys sur sa mère…

Je ne réponds pas. Qu'est-ce que je pourrais dire de toute façon ?

« - J'ai appris que vous aviez refusé un présent du professeur Granger, présent qui appartenait à votre père et à son père avant lui… Puis-je savoir pourquoi ?

Voilà donc où il voulait en venir. Bien que cela ne le regarde pas vraiment, l'intrusion qu'il a faite dans ma vie privée ne me gêne pas tant que je l'aurais voulu. Un peu comme avec Maëlys sauf que c'est une raison différente qui me fait parler…

Cet homme que je ne connais pas vraiment, j'ai l'impression qu'il est là pour me protéger. Qu'il veille sur moi.

Etrangement, ça ne me gêne pas du tout de lui parler de l'autre. C'est la deuxième fois en moins d'une semaine que je parle de ça… Je lui raconte mes griefs et lui écoute tout simplement.

Quand enfin, je finis par me taire, son visage révèle beaucoup de tristesse. J'espère que ce n'est pas à cause de tout ce que je viens de lui dire.

Il se lève et débarrasse les deux tasses, évitant mon regard. Et voila, comme avec Père… Je n'aurais pas du lui parler. J'ai gâché le début d'amitié que je pensais pouvoir construire avec lui.

« - Si vous voulez parler de tout ça, Keïlan, n'hésitez pas. La porte de mon bureau vous sera toujours ouverte. Que ce soit en semaine ou le week end.

En disant cela, il fixe son regard dans mes yeux. Je souris. Il ne me repousse pas. Il ne comprend pas ma colère contre l'autre, ça se voit dans ses yeux, mais il ne m'en veut pas !

Depuis cette première conversation, j'ai pris l'habitude d'aller le voir le samedi. Nous ne parlons plus forcément de l'autre mais savoir qu'il l'a connu et que je peux en parler tant que je veux avec lui me soulage. Père a toujours interdit à quiconque de me parler de l'autre. Mais bon, comme nos opinions sur lui diffèrent nous évitons quand même le sujet autant que possible. Je veux des informations et pourtant, je crois bien que j'ai peur de savoir…

Et puis, des fois, Naïm se joint à nous… Ou le Pr Snape. C'est marrant de voir comment cet homme peut être différent suivant avec qui il se trouve…

L'autre jour, Sirius avait sa fille avec lui. Lily-May a 8 ans. J'ai hâte de la voir à Poudlard ! Vu ce que j'en ai vu, elle fera une parfaite petite Serpentard !

La discussion, avec Sirius, est très facile. Avec lui, je parle de tout ! De Quidditch, des cours, de nos familles respectives, des Maraudeurs… Il est mon ami. Mon ami secret puisque je n'ose pas avouer à Père nos petites rencontres… Vu le ton qu'il a pris quand nous nous sommes rencontrés au Chemin de Traverse, il ne vaut mieux pas je crois ! Et Sirius est d'accord avec moi !

De son côté, Sirius a l'air surpris par ce qu'il découvre de Père. Quand il l'a connu, il était différent apparemment.

« - J'ai rangé… Déclare-t-il alors que je m'assois à ma place habituelle.

Je hausse un sourcil sceptique, ne voyant pas vraiment de différence avec avant.

« - …enfin, un peu ! Regarde ce que j'ai trouvé !

Il sort un gros livre bordeaux de son tiroir.

« - C'est mon album photo. C'est Remus et James qui me l'avaient commencé… C'était pour le premier Noël après la sortie de Poudlard.

Curieux, je m'approchais du bureau pour mieux voir les photos.

« - Nous voila tous les quatre… Les Maraudeurs… James et moi, Remus et… Peter.

Alors qu'il prononce ce nom, on dirait un chien qui grogne.

« - Peter nous a trahi… Il a vendu James et Lily à Voldemort !

Je ne dis rien, de toute façon, il n'y a pas grand-chose à dire. Cet homme qui me fait face à passer 12 ans à Azkaban pour le pseudo-meurtre de ce traître.

« - Y a pas à dire, à part les yeux, tu…

« - Comment ?

« - Rien… Tu me rapelles mon filleul, c'est tout !

Sirius adorait son filleul, ça se voit à la manière dont il m'en parle toujours. Ça doit être vraiment quelqu'un de bien… Enfin, ça devait être quelqu'un de bien. Son filleul, c'était Harry Potter, le Survivant, l'Elu, Celui-qui-a-vaincu… Celui qui est mort de son combat contre le Lord…

Sirius continue de tourner les pages avec mélancolie, il s'arrête parfois sur telle ou telle photo… Je me penche sur la photo sur laquelle il s'est arrêté cette fois. Je n'ai aucun mal à y reconnaître Ron, le mari de Parrain. Il n'a pas beaucoup changé même s'il a l'air un peu plus mature. Il y a aussi le Professeur Granger. Alors que mon regard se pétrifie devant le visage de celui qui sourit entre eux, je sens les yeux de Sirius fixés sur moi.

Ce garçon, il a… MES cheveux, MES yeux, MON visage… Salazar, pas ça !

Je rejette l'album et me lève, bouleversé.

« - Tu sais, Keïlan… Me dit-il un jour. Ton père, ton autre père, était quelqu'un d'exceptionnel…

Je ne lui laisse pas le temps de continuer. Il sait pourtant que je n'aime pas quand il parle comme ça !

« - Exceptionnel ?! Vous m'en direz tant ! Un homme exceptionnel n'aurait pas abandonné son mari et son fils ainsi ! Il ne serait pas parti en me laissait tout à la charge de mon père! Il se serait occupé de moi comme vous, vous occupez de Lily-May et… Et… c'est un lâche qui n'a pas voulu de responsabilités alors il est parti!

Je ne lui laisse pas le temps de répliquer et je pars en claquant la porte. A chaque fois c'est pareil ! Il essaye de me faire croire que l'autre est quelqu'un de bien ! Il arrive à me faire douter et je déteste ça ! Je déteste l'autre depuis que j'ai compris, du haut de mes 3 ans, qu'il ne reviendrait plus ! Il n'a jamais donné signe de vie ! Pas une carte d'anniversaire ou de Noël ! Il s'est désintéressé de nous ! Il doit vivre quelque part, libre de toute attache !

Je n'en peux plus de ne pas savoir. Je regarde ma corbeille à papier, pleine de lettre non finies.

M'emparant d'un parchemin et d'une plume, je m'attable.

« Cher Père,

je dois t'avouer quelque chose. Depuis quelques semaines maintenant, je vais voir le Pr Black dans son bureau et nous parlons beaucoup. C'est mon ami. Il l'est du moins quand il n'essaye pas de me convaincre que l'autre est quelqu'un de bien. Sais-tu ce qu'il a osé me dire aujourd'hui ? Que ce type qui nous a abandonné est exceptionnel !!! Je rêve…

Je suis désolé de te faire mal car je sais que ça te fait du mal mais j'ai besoin de savoir, Père. Je n'en peux plus de douter de tout ce que j'ai toujours cru… Je sais que tu ne peux pas m'en parler parce que tu as mal mais peut-être qu'en me l'écrivant, ça irait ?

J'attends de tes nouvelles,

Je t'aime, Père.

Keïlan. »

Je cours à la volière et envoie ma courte lettre. Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ? Ecrire pour tout me raconter serait plus facile pour Père. Bien sur, je préférerais qu'il me dise tout face à face mais ça lui ferait trop mal, je crois… Avec une lettre, il pourra le temps qu'il veut et je n'aurais qu'à tout lire.

Malheureusement, Père ne semble pas du même avis que moi. Voila une semaine que je lui ai envoyé cette lettre et il ne m'a même pas répondu.

Frédéric et Maëlys me disent d'être patient, etc… Mais je n'en peux plus ! Ca fait 8 ans que j'attends !

« - Mr Malfoy !

Oups, j'avais oublié que la métamorphose n'était pas le meilleur cours pour réfléchir à ses problèmes.

« - Pardon, Pr McGonagall.

La femme se détourne de moi pour continuer son explication. Explication bientôt de nouveau coupée par quelqu'un à la porte.

« - Entrez.

Rusard fait son entrée… Et je reste bouche bée en voyant QUI attend dans le couloir.

« - Pardonnez-moi Professeur mais je viens vous enlever l'un de vos élèves.

McGonagall acquiesce d'un geste las.

« - Malfoy, suivez-moi… Vos camarades se chargeront de ramener vos affaires dans votre dortoir.

Frédéric hoche la tête alors que je m'éloigne avec le concierge. Il referme la porte alors que ma sortie attire beaucoup de réflexion de la part de mes camarades. Chuchotements bien vite interrompus par la voix sévère de McGonagall.

« - Voila Mr Malfoy.

Le concierge s'incline et s'éloigne, me laissant seul et étonné avec mon père.

« - Père, qu'est-ce qu…

« - Viens.

Père s'éloigne et je dois allonger mon pas au maximum pour le suivre. Avec lui, je sors de l'enceinte de Poudlard.

Apparemment Père ne veut pas que je pose de question mais j'aimerais bien savoir ce qu'il y a quand même !

Aux grilles de l'école, Père attrape ma main.

« - Tiens-toi à moi, on transplane.

Je me serre contre lui, m'enivrant de l'odeur familière de sa cape. Ça m'a manqué plus que je l'aurais imaginé.

Je ne rouvre les yeux qu'en sentant une brise douce me caresser le visage. On est où ??? Devant moi, il y a un lac magnifique. Je regarde autour de moi. Nous sommes sur une colline, à l'ombre d'un immense arbre. Père se détache de moi et s'accroupit devant quelque chose. Me déplaçant un peu, je découvre une tombe toute blanche.

De sa main fine, Père balaye presque tendrement les quelques feuilles qui se sont attardées sur la sépulture immaculée.

Je m'approche, hypnotisé par la lumière que dégage cette pierre et lit la gravure.

« Harry Potter, ép. Potter-Malfoy »

(31 juillet 1983 - 7 septembre 2006)

Père baisse la tête. J'ai peur de comprendre.

« - Voilà ton père, Keïlan. Dit-il dans un souffle aussi ténu que la brise qui nous caresse.

Non ! C'est pas possible ! Tout mais pas ça !!! Celui-qui-a-vaincu ne peut pas être mon père !!! Non… Et pourtant.

« - Je te l'ai enfin amené, mon amour… Souffle Père, parlant à la tombe. Il te ressemble tellement… J'aimerais tant que tu sois là pour voir comme il te ressemble… Que tu sois là, avec nous…

Je n'en crois pas mes yeux. Sous cette froide pierre repose mon père. Mon père est mort. Mes yeux me piquent. Je ne veux pas pleurer. Je le détestais parce qu'il n'était pas là et… Il était mort ! Ce n'est pas ma faute ! Je savais pas !

Père a l'air triste aussi, j'entoure son cou de mes bras et le serre contre moi. Il me rend mon étreinte tout en transplanant.

De retour à Poudlard, je prends subitement conscience de tout ce que ça implique… Pendant tout ce temps où je détestais mon père, il était mort ! Père m'a laissé insulté un mort !

« - Pourquoi tu ne me l'a pas dit, j'aurais compris ! Je dis.

« - Je n'y arrivais pas.

Père a recouvré son ton froid.

« - Tu n'avais pas le droit de me le cacher et de me laisser l'insulter !

« - Je suis désolé…

« - Et bien ça suffit pas !

Je pars en courant vers le château, laissant Père seul. Je suis injuste mais c'est plus fort que moi !

Pendant tout ce temps, j'ai détesté et insulté un homme qui ne nous a pas abandonné par peur ! Il était mort, par Salazar et je doute qu'il ait voulu ça ! Quoique mourir à 23 ans, c'est le vœu de tout le monde, non ?

Je m'écroule dans l'herbe près du lac. Un rire sans joie s'échappe de ma bouche. Il fait froid mais je m'en moque. Un peu plus tard, je sens une main sur mon épaule.

« - Laissez-moi.

« - Ca fait plus d'une heure que tu restes prostré là… Déclare Maëlys.

« - Keï… Ton père est là. Murmure Frédéric, près de moi.

« - Je veux pas le voir. Je grogne.

« - Je pars, Keï… Souffle la voix de Père derrière moi. N'attrape pas froid.

Je baisse la tête, honteux de moi-même. Père est resté à quelques pas de moi depuis que nous sommes rentré… Père s'inquiète pour moi et moi, je le rejette. C'est plus fort que moi… Il m'a laissé me fourvoyer dans mes fausses croyances pendant 8 ans !

« - Rentrons, Keï… Rentrons. Chuchote Maëlys.

Je me relève et regarde Frédéric et Maëlys. Derrière eux, dans l'allée du château, je vois la silhouette de Père s'éloigner peu à peu. J'ai envie d'aller me blottir contre lui tout à coup, qu'il me serre dans ses bras en me disant que tout est faux ! Qu'Harry Potter n'est pas l'autre, qu'il n'est pas mort ! J'ai envie qu'il me dise qu'en fait l'autre vit à Tombouctou où je sais pas où et que je peux continuer de le haïr pour sa couardise !

Père, dis-moi que c'est faux !

Mais Père ne revient pas… Et tout l'amour qu'il y avait dans ses gestes et dans sa voix près de cette tombe, je sais que je n'ai pas pu la rêver…

Je regarde mes amis. Je suis perdu…

« - Il est mort… Dis-je tout bas. Mort…

'Ric et Maë hochent la tête et m'entraînent à l'intérieur. J'ai froid… Je tremble. Je crois bien que… je pleure.

A suivre…………………

Terminé le 1.06.2007.

Alors est-ce que je mérite des reviews ? Tout est accepté… Même les menaces (enfin, pas les menaces de mort évidement ! lol)…

J'ai hâte de lire vos commentaires !

Gros bisous

Selann.

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