Je tiens à remercier Obscura pour sa gentille review pleine de compliments ainsi que Mao. Merci merci !

Merci aussi à Yaoi94 pour m'avoir donné quelques éclaircissements quand à la sienne !

Tant que j'y suis, merci à tous ceux qui lisent sans reviewer ! Car même q'ils ne se manifestent pas, ils suivent cette histoire et ça fait plaisir

BONNE LECTURE !!!

Publiée le 1.03.2008.

Chapitre 5

Je froisse la lettre que j'ai dans la main. Elle est de Père.

« Keï,

Je sais que mon attitude te semble impardonnable mais je sais que tu comprendras bientôt. Tu sais que parler de ton père m'est difficile. Je ne savais pas comment t'apprendre qu'il était mort. Et puis tu semblais tellement le haïr ! J'avais peur que si je t'apprenais la vérité, tu n'y penses plus autant… Et je ne voulais pas que tu l'oublies !

C'était stupide comme raisonnement mais… J'ai toujours été comme ça.

Au début de notre scolarité à ton père et moi, nous nous détestions. C'était le seul moyen que j'avais trouvé pour attirer son attention. Il avait refusé mon amitié dés le début. Je ne savais pas comment me faire des amis… alors il était mon rival et j'étais le sien.

Et puis, notre relation a évolué. J'ai été obligé de devenir mangemort… Lui était le Survivant, celui qui devait sauver le monde magique… Nous avons quitté Poudlard, suivant chacun une voie que nous n'avions pas choisi. Et puis nous nous sommes retrouvés, un jour.

Et nous nous sommes aimés.

Je l'aimais Keï, sa mort m'a anéanti.

Je voudrais tout t'expliquer mais je ne peux pas. Excuse-moi.

Je t'aime Keïlan, n'en doute jamais.

Ton père.

PS : Ton grand père sera à la gare demain pour te ramener au Manoir. J'attendrais que tu viennes vers moi… Je ne te force en rien. Viens quand tu te sentiras prêt. Je serais là. »

Je n'ai pas reparlé à Père depuis le jour où il est venu me chercher en métamorphose. Je n'ai pas répondu aux lettres qu'il m'a envoyées. Celle-ci est la quatrième. Peu à peu j'ai réussi à récolter quelques informations… Mais pas question de répondre ! Je suis trop en colère pour cela… En colère contre moi-même. Mais je vais devoir le revoir. Aujourd'hui, c'est le dernier jour de cours avant les vacances de Noël. J'aurais pu rester à Poudlard mais… Mon père me manque malgré tout. Mais bon, le Manoir Malfoy a beau être grand, nous ne pourrons pas nous éviter tout le temps. Bah de toute façon, je n'arriverais pas à rester fâché longtemps… Père me manque, son odeur, la façon dont il me prend dans ses bras, comment il me parle, comment il me sourit… Tout.

Père, je t'aime…

J'ai essayé de faire des recherches sur Harry Potter mais c'est encore trop récent pour apparaître dans les livres… Tout ce que je sais, je le savais déjà. Il a tué à l'âge d'un an le puissant Voldemort et est devenu le héros du monde sorcier. Orphelin, il a vécu chez des moldus et puis est rentré à Poudlard où il lui est arrivé pleins de trucs mais impossible de vérifier la véracité de tout ce que j'ai entendu. Ensuite, il a été le pilier de la guerre et est mort au combat après avoir accompli ce qu'on attendait de lui, soit tuer Voldemort.

Rien sur sa vie privée. Il ne se dit rien sur lui et Père. Ni sur moi. Evidement ! Juste ce que je veux savoir…

.oOo.

« - Hé Keï ! Tu triches !

« - Mais non ! C'est toi qui es nul !

Nous sommes tous entassés dans un compartiment du Poudlard Express. Tous ceux de mon dortoir, Maëlys et sa copine Suzanna, ça fait un peu trop pour un même compartiment mais c'est plutôt amusant !

C'est amusant et en même temps, c'est très mélancolique. Bientôt, nous serons séparés pour les vacances de Noël… Mais bon, nous aurons nos familles !

Nous avons déjà abandonné les uniformes de l'école. Naïm est passé tout à l'heure, le train va bientôt arriver à la gare. Maëlys a déjà descendu sa malle, elle est pressée de retrouver ses frères !

« - Ca y est ! On s'arrête ! S'exclame alors Alex.

« - Hé Maman ! Maman ! Crie Nat', impossible de contenir sa joie.

« - Nat', ta mère peut pas t'entendre. Souffle Frédéric, moqueur.

Nous éclatons de rire et nous nous préparons pour descendre. Sur le quai, je suis bousculé dans tous les sens. Les élèves se jettent dans les bras de leurs parents, heureux de les retrouver. Moi, je n'aurais pas les bras paternels pour m'accueillir…

Secouant mes idées noires, je me hausse sur la pointe des pieds pour essayer d'apercevoir Grand Père.

« - Je vous présente ma mère. S'exclame Nat' en tirant une jeune femme par la main. Hina Maxwell.

« - Bonjour les enfants…

« - Hyan !

« - Papa ! Papa, je suis là !

Un homme accourt vers nous en prend Hyan dans ses bras.

« - Content de te voir, mon grand !

« - Où est Maman ?

« - A la maison, elle doit rester coucher à cause du bébé…

Hyan hoche la tête. Sa mère est enceinte et comme c'est pour bientôt, il est tout excité !

« - Maëlys ! Keïlan !

Maëlys et moi nous retournons d'un bloc. Parrain vient vers nous, le sourire aux lèvres. Derrière lui, très dignes, Grand Père et Grand-mère arrivent à leur tour. Maë saute au cou de son père qui baragouine des phrases sans queue ni tête.

« - Grand-mère !

Je me serre contre elle et elle me caresse doucement la tête en souriant.

« - Grand Père, permets-moi de te présenter mes amis… Tu sais je t'en ai parlé dans mes lettres !

Je me retourne vers mes amis qui semblent figés. Je me demande bien pourquoi mais qu'importe après tout !

« - Alors Hyan Finnigan et son père… Nathaniel Maxwell et sa mère… Frédéric Handen et enfin… Bah où est passé Alex ?

« - Il a vu son père là-bas…

Frédéric pointe un endroit du doigt. Là-bas, Alex nous fait de grands signes d'au revoir alors que les professeurs Black et Snape ainsi que Naïm et Lily-May parlent avec un homme châtain. Le père d'Alex sûrement.

« - Nous devons y aller nous aussi. Viens Nat'. Enchantée d'avoir fait votre connaissance Mr et Mme Malfoy.

Hina s'incline et elle s'éloigne avec Nat'.

« - Nous aussi, Hyan, Maman est impatiente de te voir.

« - A plus, les gars ! Maëlys !

Hyan s'éloigne joyeusement.

« - Tes parents sont pas là, Frédéric ?

« - Euh… Si normalement… Je vais aller les chercher !

« - Nous allons accompagner ton ami, mon chéri.

Nous disons au revoir à Parrain et Maë et nous partons à la recherche de Mr et Mme Handen, Grand Père et Grand-mère sur les talons.

« - Tes grands parents sont supers impressionnants ! Me souffle Frédéric à l'oreille.

Je me retourne vers eux.

« - Ah bon ?

« - Attends ! Ils sont supers beaux et dignes et… Et… Voila quoi ! On dirait des princes !

Ce sont Grand Père et Grand-mère quoi…

« - Ils sont toujours comme ça, je lui assure.

« - Impressionnant !

Je bombe le torse, fier. Mes grands parents sont beaux, c'est indéniable. Grand Père est grand et élancé. Ces vêtements sont bien coupés et très élégants. Quand à Grand-mère, c'est la plus belle femme que je connaisse ! Aujourd'hui, la fourrure blanche qui orne sa cape d'hiver fait ressortir son teint de lys et ses beaux cheveux blonds. Oui, ils sont superbes mes grands parents !

Après avoir retrouvé les parents de Frédéric, nous n'avons pas traîné pour rentrer au Manoir. Tenant les mains de mes grands parents, ils ont transplané avec moi. Le Manoir sous la neige est une véritable féerie. A Kerloas, il ne neigeait pas souvent mais les jours de neige sont tous gravés dans ma mémoire ! Ces jours-là, il n'y avait pas de leçon, juste Père et moi. Nous faisions une promenade, des bonhommes de neige et des minis batailles de boules ! Tout un programme ! Mais le mieux, c'était l'après quand Père nous préparait deux bonnes tasses de chocolat chaud.

Perdus dans mes pensées, je me laisse guider à l'intérieur.

« - Père est là ?

Je demande alors que nous entrons dans le salon.

« - Il est dans sa chambre.

Je baisse les yeux. J'ai envie de courir vers lui, de me blottir dans ses bras, de lui confier ce que j'ai sur le cœur… Et surtout, lui dire que ce n'est pas à lui que j'en veux mais surtout à moi ! Mais je ne le fais pas. Triste, je suis Grand-mère jusqu'à la salle à manger.

« - J'ai faim moi ! Pas toi ? Me demande Grand Père, essayant de me sortir de ma mélancolie.

« - Euh… Ouais.

« - Nous sommes contents que tu sois ici, mon chéri.

« - Moi aussi, Grand-mère… Moi aussi, bien sur.

Un CRAC sonore me fait sursauter. Un elfe de maison s'incline alors devant nous.

« - Maître Drago ne descendra pas manger, Maître Lucius. Il est fatigué du voyage.

L'elfe s'incline une fois de plus et s'en va.

Père ne veut pas me voir. Il… Comme il le dit dans sa lettre, il ne viendra pas vers moi. Je vais devoir faire le premier pas…

Grand-mère enroule ses bras autour de moi.

« - Ne t'inquiète pas, mon poussin… Ton père ne t'en veut pas.

« - Je sais.

Nous mangeons tous les trois. Il est tard et je suis fatigué si bien que je monte me coucher immédiatement. Alors que je me dirige vers ma chambre, je stoppe devant celle de Père. La porte est entrouverte et je le vois faire les cent pas à l'intérieur.

Bien qu'il soit dans la même maison que moi, ce soir, je n'aurais pas le droit au bisou de bonne nuit qu'il me donnait chaque soir à Kerloas. Je baisse la tête, penaud. Tout ça, c'est de ma faute… Il suffirait que j'entre dans sa chambre maintenant et que je lui parle pour que tout redevienne comme avant. Comme avant… Si seulement, je ne m'en voulais pas autant de…

« - Je ne suis pas digne d'élever notre fils, Harry… Je n'ai que ce que je mérite pour lui avoir menti, pour l'avoir laissé t'insulter et te détester… Toi qui l'aimait tant…

Père… Père parle tout seul… Non, Père parle à Harry. Harry… Je dois apprendre à le connaître ! Je veux tout savoir ! Tout de sa vie et de… sa mort. Je veux pouvoir me forger ma propre opinion de lui ! Je veux juger moi-même s'il est digne d'être mon père, s'il mérite mon respect. Reste plus qu'à savoir comment je vais faire ça.

Je n'arrive pas à trouver le sommeil. Je ne vois pas comment apprendre à connaître Harry Potter sans demander à Père… Or, c'est ce que je voudrais éviter. Père souffre déjà bien assez comme ça, inutile que j'en rajoute en lui demandant des détails sur Harry.

Ca y est ! J'ai trouvé ! Père a une pensine dans sa table de nuit… Peut-être y a-t-il mis ces souvenirs si douloureux ! Je dois vérifier… Sur la pointe des pieds, je me glisse dans sa chambre. Père dort mais il s'agite dans son lit. C'est la première fois que je le revois depuis ce jour sur la colline de Godric Hollow. Son visage est tourmenté, mon cœur se serre. Est-ce ma faute ? Je ferme les yeux pour oublier cette image de douleur qu'est mon père à cet instant et me dirige vers la table de nuit. La pensine est bien là. Les souvenirs, argentés, flottent de ci de là à l'intérieur.

Alors que je m'approche plus près, un papier glisse de la main de Père. C'est une photo. Je la ramasse, je ne la reconnais pas. Et pour cause ! A Kerloas, il n'y a que des photos de Père et moi… Sur celle-ci, il n'y a pas Père, il y a Harry Potter. Harry Potter avec un très jeune enfant dans les bras.

Moi.

Cette photo, Harry Potter et moi… Mon autre père et moi.

C'est incroyable ce que je ressemble à cet homme ! Je n'ai pas de lunette mais, même sans, c'est flagrant ! Mêmes cheveux, même bouche, même teint, mêmes yeux, etc…

C'est une photo magique, Harry me couve du regard alors que je suçote un bout de sa chemise. Et il sourit ! C'est un beau sourire doux et protecteur.

Salazar !

Mon cœur rate un battement, la photo m'échappe des mains. Le cœur battant, je retourne dans ma chambre, rejetant l'idée de la pensine. Je ne veux pas violer les souvenirs de mon père ! Je ferais autrement. En fait, je sais exactement comment je vais faire.

.oOo.

Une fois que j'ai eu trouvé la solution, j'ai dormi comme un bébé. Le réveil à 9 heures et demi, malgré l'heure où je me suis endormi, a été plutôt facile. Je suis tout excité de toute façon !

Un elfe de maison m'a amené mon petit déjeuner dans ma chambre, apparemment tout le monde avait déjà mangé. Ensuite je me dépêche à m'habiller car je dois voir Grand Père le plus vite possible. Alors que je sors de ma chambre, Père se trouve dans le couloir près à rentrer dans la sienne. Il a l'air fatigué et triste mais je vois bien à son regard qu'il est heureux de me voir.

« - Bonjour Père.

Je crie en partant en courant, ne faisant pas attention à ce qu'il peut ressentir alors que je ne prend même pas le temps de m'arrêter pour lui. J'exagère, je le sais mais avant de le revoir, de lui parler, je dois d'abord savoir.

J'entre dans le bureau de Grand Père sans frapper.

« - Grand Père !!! Grand Père !!! J'ai be… Euh… Désolé.

« - Keïlan ! Tu pourrais frapper.

Grand Père est assis dans un fauteuil, face à la cheminée. Cheminée où flotte la tête d'un homme que je reconnais comme étant le ministre de la magie, lui-même. Je sens mes joues s'enflammer.

« - Je… Pardonnez-moi… Désolé… Je reviendrais plus tard.

« - Inutile jeune homme, Lucius et moi avions fini de toute façon. Déclare le ministre en souriant. Lucius, faisons comme convenu et ce sera parfait… Comme toujours. Keïlan Malfoy, je suis heureux de vous avoir vu… Les rumeurs sont en dessous de la vérité, vous lui ressemblez bien plus que je ne l'imaginais…

« - Euh… Merci Monsieur. Je bredouille.

« - Au revoir.

La tête du ministre disparaît de la cheminée et Grand Père se lève de son fauteuil, le regard noir.

« - A l'avenir, frappe avant d'entrer, je ne tolèrerais pas de telles manières ici et encore moins si ce sont celles de mon unique petit fils.

Je me ratatine sur place sous la remontrance.

« - Pardonne-moi, je n'ai pas fait attention… Je ne le referais plus, promis.

« - Je l'espère bien. Maintenant, assis-toi et explique-moi ce qui peut t'avoir mis dans cet état avancé d'hyperactivité.

C'est qu'il se moque de moi en plus ! Et il sait que je peux rien dire parce qu'il vient de me gronder… Avec raison ! Raah, je hais l'esprit sournois des Serpentard !

« - Eh bien… Euh…

Par où commencer au fait ?

« - Si tu me disais ça tout simplement… Par le début. Souffle-t-il, amusé.

« - Je voudrais en savoir plus sur Harry Potter. Je déclare sans détour.

Grand Père n'a pas l'air surpris. Il ne dit rien et me laisse continuer.

« - Je voudrais que des gens qui l'ont connu me parle de lui… De sa vie et tout. Je veux comprendre mais Père a trop mal pour le faire alors j'ai pensé que des amis de Harry pourraient très bien le faire.

« - Je vois et donc… ?

« - Et bien… Il faudrait que je voie ces gens pour qu'ils me racontent ce qu'ils savent mais… Enfin, j'aimerais bien avant Noël parce que je voudrais savoir mais… Enfin, je voudrais savoir avant d'aller vers Père… Et je veux pas… En fait, je ne peux pas passer Noël sans Père… Je… Tu comprends ?

Je laisse un moment pour qu'il me réponde. J'espère qu'il a compris parce que je ne vois pas comment expliquer mieux… Et puis s'il pouvait avoir une idée de comment je vais pouvoir faire ça aussi…

« - J'ai bien compris alors je te propose quelque chose. Déclare-t-il après un petit moment de réflexion.

Je lui apporte toute mon attention.

« - Nous sommes le 21, il ne nous reste plus beaucoup de temps. Tu pourrais fixer la réunion le 23… Grand-mère et moi nous éloignerons ton père de la maison ce jour-là, nous nous débrouillerons pour que tu sois tranquille avec tes invités.

« - Merci Grand Père.

« - Autre chose… Sais-tu à qui tu vas demander de venir ?

« - Eh bien… A Parrain… Et puis à Sirius aussi… Enfin, je veux dire au professeur Black. Le professeur Granger m'a dit qu'elle était l'amie de Harry donc elle aussi ce serait bien… Tu crois pas ?

« - C'est un bon début. Ajoute seulement Ronald Weasley et Severus Snape. Avec eux, tu auras tout ce que tu veux savoir. Pour les détails, je pense que ton père finira par te les dire…

« - Est-ce que je peux rester avec toi pour écrire les invitations Grand Père ?

Grand Père me sourit et accepte. Je rapproche alors mon siège du bureau et il pose parchemin, plume et encre devant moi. Sérieux, je trempe ma plume dans l'encre et réfléchit à ce que je vais bien pouvoir écrire là-dessus. De l'autre coté du bureau, Grand Père épluche je ne sais quel dossier.

« - Sois clair et concis, c'est ce qui sera le mieux. Me conseille Grand Père sans lever les yeux de son dossier.

« Merci de bien vouloir vous joindre à moi le mardi 23 décembre à partir de 14h, au Manoir Malfoy. J'ai besoin de vous parler de mon père, Harry Potter, pour en savoir plus et essayer de comprendre.

En espérant vivement votre venue,

Keïlan Malfoy. »

Clair et concis ! Comme Grand Père me l'a conseillé. Je relève la tête et je demande l'approbation de celui-ci du regard. Il parcourt mon court billet et hoche la tête. Je fais ainsi trois exemplaires de la lettre et je place chacun dans une enveloppe qui porte le nom du (ou des) destinataire(s).

Messieurs Blaise Zabini et Ronald Weasley,

Madame Hermione Granger

et Messieurs Sirius Black et Severus Snape.

« - J'ai fini… Mais je n'ai pas les adresses. Je souffle, déçu.

« - Je les posterais pour toi. Maintenant va voir Grand-mère, elle m'a dit ce matin qu'elle voulait te voir.

« - J'y vais !

Je sors de son bureau, tout léger. D'avoir envoyé ces lettres m'a bien plus soulagé que je ne l'aurais imaginé !

Et maintenant, Grand-mère… Les vacances commencent bien finalement.

.oOo.

« Nous serons là, Gamin ! Compte sur nous… Blaise et Ron. »

« Je suis très heureuse de ton invitation et j'accepte avec plaisir de partager les souvenirs que j'ai de Harry avec toi… A lundi donc. Hermione Granger. »

« Je me demandais quand tu te déciderais enfin à me parler de Harry… Je suis heureux que tu t'y intéresses enfin. Severus et moi serons là à ton rendez-vous à 14 heures précises ! Sirius.

PS : Malfoy, ne vous inquiétez pas d'un quelconque retard, Sirius étant incapable d'être ponctuel. SS. »

Je sers les feuillets entre mes mains. Ils ont tous répondu présents, j'en suis très heureux. Ainsi même si l'un me ment, je le saurais immédiatement !

Maintenant reste à savoir si je vais survivre jusqu'à demain après-midi ! J'ai reçu les réponses ce matin et je suis déjà impatient de voir mes invités passés le seuil de la porte.

Surtout que Père me manque. Il ne descend jamais manger avec nous et je ne l'ai plus recroiser dans le couloir. Grand Père m'a assuré qu'il sort mais j'ai plutôt l'impression qu'il reste cloîtré dans sa chambre. Vivement lundi que je sache enfin le fin mot de l'histoire…

Je ne tiens plus en place. Même Grand-mère en a assez de me voir piétiner devant elle ! Elle m'envoie dehors avec mon balai en me conseillant de me dépenser… et là, c'est ce que je fais. Je vole, je feinte, je descends en piquet avant de remonter juste avant de me fracasser contre le sol… Je n'en peux plus d'attendre… Pourtant cela fait 8 ans que j'attends alors qu'est-ce que c'est qu'une journée de plus maintenant ?

Eh bien, cette journée est vraiment la plus longue que j'ai jamais vécu !!! Je suis sûr que pour m'embêter, Merlin va la faire durer 10 fois plus longtemps qu'une journée normale !!! Qui a dit que j'étais de mauvaise foi ? Personne ? Parfait. Parce que j'ai raison. C'est trop long, une journée toute entière ! Et pourtant, je suis trèèèèèèèèss patient… (Enfin…).

.oOo.

Je suis assis dans le salon et j'attends. Mes mains tremblent, mon cœur bat la chamade. Dans quelques heures à peine, je saurais ce qu'il s'est réellement passé entre mes parents. Dans quelques heures à peine, je connaîtrais enfin mon deuxième père que j'ai rejeté depuis si longtemps.

La porte s'ouvre enfin.

« - Mon chéri ?

Ce n'est que Grand-mère. Elle doit remarquer ma déception car elle sourit doucement.

« - Oui, Grand-mère ?

« - Je ne te dérange pas longtemps, je venais juste te dire que les elfes sont à tes ordres ainsi qu'au petit soin de tes invités… Si tu as besoin de moi, je serais dans mes appartements…

« - Merci Grand-mère.

Elle m'embrasse avec douceur sur la joue et s'en va. Dans le couloir, je l'entends saluer quelqu'un. Salazar, c'est Parrain.

Ca y est, ça va commencer.

« - Bonjour Keïlan.

Parrain sourit mais ce n'est pas son sourire habituel. Aujourd'hui, son sourire est teinté de sérieux. A ses côtés, Ron s'extasie devant le luxe du Manoir Malfoy.

« - C'est toujours aussi impressionnant… Souffle-t-il.

« - Bonjour Parrain, Ron.

Ma voix est toute bizarre. La boule qui obstrue ma gorge doit y être pour beaucoup. Parrain me fait un sourire compréhensif et tapote sur ma tête, ébouriffant mes cheveux au passage. Je grogne et je vois son sourire s'élargir. Merlin, c'est décidé ! Dés que j'aurais réglé cette histoire avec mes pères, je m'occupe d'empêcher Parrain de toucher à mes cheveux.

« - Asseyez-vous… Je dis alors, leur désignant les sofas du salon. Si vous désirez quelque chose, il suffit de demander aux elfes.

« - Seigneur, un enfant déjà perverti ! Souffle alors la voix du professeur Granger.

« - Allez Mione, oublie un peu la SALE, ce n'est plus d'actualité ! Grogne Ron en s'asseyant.

« - Plus d'actualité ? Non mais je rêve ! Tu as vu comment sont traité ses créatures ??? C'est inconcevable ! C'est…

« - Hermione, nous ne sommes pas là pour…

« - Mais il n'y a pas de moment pour protéger les droits de créatures qui ne peuvent pas se défendre ! C'est une lutte de tous les inst…

Le professeur d'histoire de la magie continue de s'époumoner à propos des elfes mais je dois dire que je ne comprends rien. D'un regard à Parrain, je vois qu'il m'expliquera plus tard.

« - On se croirait de retour des années en arrière. S'exclame joyeusement Sirius en entrant aux côtés de Snape. Bonjour tout le monde !

« - Bonjour Sirius ! Ca va ? Ca faisait un moment dis donc !

« - Sacrément longtemps en effet !

Non mais je rêve ! Et pourquoi on parlerait de la dernière prédiction bidon de Trelawney non plus ?!

« - Huhum…

Je toussote un peu pour les faire taire mais ça ne marche pas. Sirius, Hermione et Ron causent de tout et n'importe quoi… Surtout de n'importe quoi d'ailleurs. Alors que Snape s'est assis et semble royalement indifférent à ce qui l'entoure. Un rire éclatant me fait sursauter.

« - Ferme la bouche Keï, tu vas finir par gober les mouches… Hé, les Gryffys ! Taisez-vous un peu vous papoterez plus tard, on est pas là pour ça.

Chacun finit par s'asseoir alors que je reste planté au milieu comme un imbécile.

« - Keïlan, nous t'écoutons.

« - Euh… Hum, ouais… Alors, je voudrais apprendre ce que je devrais savoir de Harry Potter… Mon père.

Ses mots ont du mal à sortir de ma bouche et s'est seulement à ce moment que l'atmosphère de la pièce devient mortellement sérieuse. Snape semble alors s'intéresser à moi. Il se tourne pour me regarder et prendre la main de son amant. Les yeux de Sirius brillent de tristesse, ceux du professeur Granger brillent de larmes retenues. Ron serre les poings alors que le visage de Parrain devient grave.

Un lourd silence s'installe autour de nous. Tous, en face de moi, semblent chercher leurs mots.

Brisant cet instant lugubre, Parrain prend la parole d'une voix que je ne lui connais pas.

« - Pour le Monde de la Magie, Harry était le Sauveur. Pour toute la communauté sorcière, il était l'élu, celui qui devait les sauver. Il en a toujours été comme ça pour lui. Du moins du moment ou il a connu le monde de la magie…

« - Ton père, après avoir vaincu Voldemort à un an, a été confié à la sœur de sa mère, une moldu à l'esprit obtus qui détestait la magie. Explique alors le professeur Granger. Ces moldus ne l'ont jamais bien traité. Ils ne lui donnaient pas suffisamment à manger, il lui faisait faire les corvées et j'en passe… Il a grandi seul, sans seulement savoir qu'il était sorcier.

« - J'étais son parrain, souffle Sirius, d'une voix faible. J'aurais du le protéger mais j'ai fait une connerie et on m'a envoyé à Azkaban. Et puis il y avait cette fichue protection par le sang !

« - Comment ça ? Je demande alors.

« - Ta grand-mère, Lily, a protégé Harry de Voldemort en sacrifiant sa vie. Pour cela, elle lui a légué une protection de magie ancienne liée à l'amour qu'elle avait pour son fils. Cette protection perdurait tant que Harry restait chez sa tante, là où se trouvait le sang de sa mère.

Sirius se tait et je vois Snape resserrer sa main sur celle de son mari.

« - Bref… Keï a tout le temps de connaître les détails. Interrompt Parrain. Continuons…

« - A 11ans, Harry est rentré à Poudlard comme nous… Déclare Ron.

Il désigne du doigt Blaise et Hermione.

« - …et comme Drago. Ajoute-t-il. J'étais le meilleur ami de Harry. Son premier ami comme il me le disait souvent. Avec Hermione, nous formions un groupe d'ami très soudé.

Le professeur Granger hoche la tête.

« - Le trio doré de Griffondor ! S'exclame Parrain en riant.

« - …Comme tu peux le voir, les Serpys nous en faisaient voir de toutes les couleurs… Mais on leur rendait bien !

Un sourire général fleurit dans la pièce, détendant ses occupants. Le professeur Granger reprend :

« - Dés la première année, Harry s'est fait remarqué. Outre le fait qu'il était le Survivant et que chaque enfant sorcier le connaissait depuis sa naissance, il était très doué pour le Quidditch. Il a été le plus jeune attrapeur que Poudlard ait connu en intégrant l'équipe de Gryffondor dés la première année.

Peut-être que mes dons en Quidditch viennent de là. Père et Grand Père avaient l'air surpris quand je suis monté sur un balai pour la première fois. Oui, c'est sûrement ça ! Père avait ce drôle de regard, celui qu'il a toujours quand je ressemble trop à Harry.

« - Je vole comme lui, c'est ça ? Je demande à Parrain, le seul qui m'ait jamais vu sur un balai.

Il hoche la tête et je baisse la mienne.

« - Il était aussi imbattable en défense contre les forces du mal ! S'exclame Ron pour dévier la conversation.

« - C'était une catastrophe en potion. Déclare Snape, intervenant pour la première fois.

« - TU ne l'aidais pas ! Le gronde comiquement Sirius.

Snape a alors un micro sourire, très très innocent. Si seulement j'avais un appareil photo pour le montrer à Frédéric ! Le pauvre me ferait une syncope. Snape et sourire ne vont pas ensemble d'après lui.

« - Il n'y a pas eu une seule année de normale avec lui ! Se souvient Ron en souriant.

« - C'est clair… Approuve le professeur Granger avec une pointe de mélancolie. Quirrel, Touffu et la pierre philosophale en Première année ; Lockart, Tom Jedusor et la chambre des secrets en deuxième année ; Buck, Sirius et les détraqueurs en troisième…

« - Hé ! C'est pas ma faute ! Je voulais juste voir mon filleul moi !!! Se défend Sirius, une moue de gosse au visage.

« - On a jamais dit ça, mon lapin, on dit juste que tu aurais pu éviter d'amener toute une horde de détraqueur dans ton sillage… C'est la seule chose que l'on te reproche voyons. Déclare Snape d'un ton ironique.

Sirius qui a tiqué (comme tout le monde) au 'mon lapin' lui tire la langue et se met à bouder sans répliquer quoique ce soit.

« - … En quatrième année, c'était le faux Maugrey et le Tournoi des Trois Sorciers. Continue Ron. Enfin avec Quatre Sorciers…

« - Le retour du Lord Noir. Déclare Snape, assombrissant l'humeur de chacun.

« - Le début de la fin. Souffle Sirius, d'une voix éteinte.

« - Ombrage et le département des mystères en cinquième. Dit Hermione, en regardant Sirius.

« - Ma… Chute dans l'arche. Souffle ce dernier.

« - La deuxième guerre avait commencé. Le Lord Noir était de retour et le Ministère l'avait enfin reconnu. Indique alors Parrain, laissant Sirius digérer son aveu. Notre sixième année, et dernière à Poudlard, a vu l'enrôlement de Drago dans les Mangemorts et la mort de Dumbledore…

« - Harry est parti et la chasse aux Horcrux a commencé pour nous qu'il l'avions suivi.

« - Horcrux ?

Qu'est-ce que c'est que ce truc encore ???

« - Pour éviter la mort, Voldemort avait fragmenté son âme en morceaux, explique le professeur Granger, l'air sérieuse et professorale. Ceux-ci étant enfermés, si on peut dire, dans de puissants objets magiques ayant, pour la plupart, appartenus aux grands sorciers de l'histoire comme les fondateurs de Poudlard par exemple. C'est ce qu'on appelle Horcrux. Pour détruire Voldemort, il fallait d'abord retrouver et détruire les Horcrux.

« - Pour en revenir à tes parents, c'est environ 2 ans après leur départ de Poudlard que Harry et Drago se sont revus… Intervient Parrain. Nous même qui étions leurs meilleurs amis à tous les deux, nous ne savons pas réellement ce qu'il s'est passé entre eux deux mais quand ils sont revenus, Drago était de notre côté et ils n'ont pas tardé à se mettre ensemble. C'était une époque dangereuse et pour Drago qui s'était rebellé face au Lord et pour Harry qui était son ennemi numéro 1 !

« - Et ces deux-là, contre toute attente, se sont mariés ! Sourit Ron. Quelqu'un m'aurait dit ça à Poudlard, je lui aurais ri eu nez !

« - Père m'a dit qu'il était le rival de Harry à Poudlard pour garder son attention… pour être quelqu'un dans sa vie…

Cette phrase que j'ai avouée du bout des lèvres les fait tous sourire.

« - C'est bien du Drago tout craché ça ! S'exclame Parrain, hilare.

« - Ya pas à dire, Malfoy est tordu ! Avoue Ron.

« - Et puis, Drago a annoncé ta prochaine venue. Je n'ai jamais vu Harry aussi heureux que ce jour-là ! Déclare le professeur Granger avec émotion.

Ron pose une main réconfortante contre l'épaule de son amie, les yeux brillants et continue le récit.

« - Dés lors, Harry a acheté et meublé le manoir en Bretagne. Il a exilé Drago d'Angleterre pour le protéger… pour vous protéger, lui et toi. Il faisait le voyage souvent, ça l'épuisait mais il revenait toujours gonflé à bloc et prêt à tout encaisser !

« - J'aurais du faire pareil et envoyer Gaby et Maë en France… J'aurais du et alors…

Ron prend Parrain dans ses bras. Gaby… Gabrielle, la mère de Maëlys, la seule femme que Parrain aimera jamais.

« - Arrête de culpabiliser… Souffle le roux à l'oreille de mon parrain.

Si ça continue comme ça, c'est moi qui vais culpabiliser de leur faire se rappeler de ces choses qui les blessent…

Le professeur Granger semble avoir perçu mon trouble car elle reprend la parole immédiatement, m'évitant ainsi de m'appesantir sur cette idée.

« - Quand tu es né et que Harry a reçu le message de Drago, il est parti sans un mot. Harry avait élaboré un sort spécialement pour ce jour… Dés que Drago sentirait que le moment était venu, il devait souffler sur une espèce de vieille couverture bleue. Celle-ci, la magie activée, apparaîtrait alors devant Harry. Mais à cette époque, personne n'était au courant de rien ! Il a reçu la couverture en pleine nuit et est parti immédiatement ! Quelle peur nous avons eu en ne le trouvant pas le matin venu !

« - En effet, je me souviens que tu étais presque hystérique ! Sourit Ron moqueusement.

« - Il ne nous avait même pas prévenu ! Grogne la jeune femme, en colère. Il a fallu qu'on débarque en catastrophe à Kerloas, prêts à annoncer la mauvaise nouvelle à Drago pour le trouver, un beau poupon dans les bras pour comprendre !

« - Le premier mouvement de félicitation fini, il en a pris pour son grade le Survivant ! Se moque Parrain. Hermione est une vraie mère-poule avec ses amis ! Mais une mère-poule redoutable quand elle s'est inquiétée pour rien !

« - Hé !

Je souris, j'aurais aimé grandir au milieu d'eux. J'aurais eu une vraie et grande famille.

« - Tu étais la huitième merveille du monde pour Harry… Rien ne passait avant toi pour lui, à part peut être Drago. Avoue Ron avec plus de tendresse que je lui en aurais cru capable d'exprimer.

Il est plus que visible que lui et Harry étaient vraiment très proches… Comme des frères.

« - Tu as grandi en France avec Drago en toute tranquillité. Continue Blaise. Ici, la guerre faisait rage mais Harry tenait bon et assumait la tache qui lui incombait de par son statut d'élu. Il ne resta bientôt plus qu'un Horcrux et le Lord…

« - C'est en cherchant comment détruire le dernier horcrux que Harry a trouvé le moyen de sortir Sirius de l'arche. Explique le professeur Granger.

« - Et vous m'avez sauvé… Souffle Sirius, reconnaissant.

« - Potter t'a sauvé. Le coupe Snape. Aucun de nous n'avait la puissance magique nécessaire pour le faire.

« - Harry a échangé mon âme contre le fragment que contenait l'horcrux mais c'est toi qui m'a soigné ! Ce sont Drago et Hermione qui t'ont aidé pour les potions dont j'avais besoin ! Ce sont Blaise et Ron qui ont bravé tous les dangers pour trouver les ingrédients qu'elles nécessitaient…

Je regarde chaque adulte un à un et récapitule doucement. Un elfe de maison apparaît, apportant le thé et quelques gâteaux secs. Nous buvons en silence. Mais ce silence, loin d'être lugubre comme celui qui a débuté cette réunion est plus serein qu'autre chose. Comme si parler de tout cela libère d'un grand poids ceux qui me le racontent.

Je repose doucement ma tasse sur la table et fixe mon regard sur le biscuit que je tiens.

« - Co-Comment il est… Mort ?

J'ai parlé tellement bas que je doute qu'ils m'aient entendu. Je relève la tête dans l'espoir qu'ils l'aient fait car je ne sens pas capable de répéter cette question. Le professeur regarde Ron puis Blaise. Tous les trois baissent la tête, incapables de me répondre. Sirius est tellement crispé que je doute qu'il puisse émettre un son.

« - Il… Commence Snape, ne sachant par où commencer. Ca a été un superbe combat. Bien qu'affaibli par la destruction de ses horcrux, le Lord Noir était toujours puissant… Mais Potter l'était aussi effrontément… Quoique différemment. La guerre qui déchirait le pays s'est terminée en duel entre eux deux. Comme tu le sais, Potter a terrassé son ennemi avec un sortilège encore inconnu à cette époque… Encore aujourd'hui, il est difficile de dire exactement ce qu'était ce sort.

« - Harry l'avait créé spécialement pour ce combat. Indique le professeur Granger, avec fierté.

« - Mais il était blessé… Tellement blessé. Souffle Ron, perdu.

« - Nous l'avons immédiatement amené à Ste mangouste. Explique mon professeur d'histoire de la magie. Il se vidait de son sang, nous ne savions que faire. Les médicomages ont fait ce qu'ils ont pu mais rien n'y faisait. Avant de mourir Voldemort avait lancé un sort à Harry… Un sort qui lui faisait rejeter toute forme de soin. Le sort qui l'a tué.

Je reste muet. La mort du Survivant. La mort du Héros. La mort de mon père.

« - Et… Père ?

« - Drago est accouru aussi vite qu'il lui était possible mais il était trop tard, Harry était déjà… Sa vie s'était arrêtée. Continue le professeur Granger. Ton père s'est effondré près de lui, rejetant chaque personne qui voulait le raisonner. On n'arrivait pas à le détacher de Harry. Puis Mme Malfoy est venue, elle lui a parlé de toi, elle lui a dit que tu avais besoin de lui, elle lui a dit que Harry voudrait que vous soyez heureux, même tous les deux.

« - La suite, tu la connais. Déclare Parrain, triste. Il s'est repris, t'a rejoint et il t'a élevé loin de cette Angleterre qui l'avait tant fait souffrir. Loin de tous ceux qu'il lui rappelait cruellement que Harry n'était plus à ses côtés.

Le silence accueillit ses paroles. Sirius et le professeur Granger ne retiennent plus leurs larmes et Ron a bien du mal à le faire. Snape, le regard assombri, serre son amant contre lui comme s'il voulait protéger Sirius de la souffrance qu'il ressent à cet instant. Quand à Parrain, tout en serrant la main de Ron pour lui montrer qu'il est là, il me regarde avec inquiétude.

Croyait-il que j'allais me mettre à pleurer ? Devrais-je me mettre à pleurer ? Je ne savais pas comment réagir…

« - Il… Harry, nous aimait vraiment ? Il nous aimait vraiment Père et moi…

« - Oui. Acquiesce Parrain. Il ne t'a pas abandonné, il voulait vivre… Il s'est battu de toutes ses forces pour toi.

« - Il voulait t'apprendre à voler, commence Ron. Te faire des gâteaux, jouer avec toi ou simplement te regarder dormir… Il ne voulait rien d'autre que de te voir grandir, s'occuper de toi et t'élever avec Drago.

De nouveau, ce silence. Je commence à le détester ce silence. Ils me regardent tous, mes yeux se voilent et me piquent. Ma lèvre tremble. J'ai besoin de Père, j'ai envie qu'il me prenne contre lui, qu'il me console, qu'il soit là.

Pensant à Père, je triture l'anneau qui pend à mon cou comme je le fais à chaque fois que je suis triste. Parrain qui me regarde avec attention le remarque immédiatement.

« - Keï… Cet anneau…

« - C'est Père qui me l'a donné juste avant la rentrée… Je souffle.

« - Sais-tu ce que c'est ?

Je secoue négativement la tête. Ce n'est qu'un anneau accroché à une chaîne. Un anneau dont Père m'a fait cadeau, les yeux brillants. Un anneau auquel je tiens.

« - Il m'a dit qu'il me protégerait… Qu'il serait toujours avec moi.

Encore ce silence ! C'est dit, je déteste ce genre de silence !

« - C'est quoi alors ? Je demande pour mettre fin au suspense.

« - L'alliance de Harry.

Je hoquette de surprise. L'anneau brille entre mes doigts. C'est un souvenir précieux dont Père m'a fait cadeau ce jour-là… Ce jour-là…Quand Père me disait qu'il me protégerait, il ne parlait pas de l'anneau, il parlait de Harry ! Quand il disait qu'il serait toujours avec moi, il ne parlait pas de lui-même, il parlait de Harry ! Tout ce temps, il parlait de…

« - Papa.

Murmure inaudible, une larme isolée s'échappe et court sur ma joue. Je ne remarque que Parrain s'est levé que lorsqu'il pose sa main sur mon épaule.

« - Ca va aller, Gamin ? Me demande-t-il, le ton doux.

Sans lever les yeux du bijou, je hoche la tête. De mes yeux, les larmes débordent sur mes joues qu'elles mouillent en un rien de temps. Un sanglot me secoue. Mon poing crispé sur l'anneau, je pleurs sans retenue.

« - Allons, ça va passer…

Parrain me serre dans ses bras mais ce n'est pas l'odeur de Père. J'ai besoin de Père. Pauvre Père ! Ce que je viens de découvrir de sa vie… De notre vie, tourne dans ma tête. Le noir m'enveloppe peu à peu, l'étreinte rassurante de Parrain toujours autour de moi. Une douce chaleur autre est là aussi… Je m'endors, épuisé.

.oOo.

Quand enfin je me réveille, j'ai les idées étonnamment claires. Il faut que j'y aille. Il faut absolument que j'aille le voir… Et je sais parfaitement de quelle façon, je vais y aller. Il est encore tôt, à peine 5 heures du matin, dans le manoir, tout le monde dort encore.

Une fois habillé, je sors de ma chambre à pas de loup et fonce vers celle de Père. Tout doucement, j'entrouvre la porte pour vérifier que Père dort. Il est là, dos à la porte. Une irrésistible envie de le rejoindre dans son lit me taraude mais, avant de le revoir, je dois faire quelque chose. Je remonte doucement la couette sur lui pour ne pas qu'il ait froid et je me retourne. Me glissant à travers la chambre, je sors le vieux balai que Père garde caché dans son armoire. Un éclair de feu ! Le meilleur balai qui ait jamais existé. Bien sur les balais de maintenant sont plus rapides mais aucun n'égale l'éclair de feu, question souplesse de maniement et sécurité.

Retournant dans ma chambre avec mon précieux fardeau, j'enfile cape fourrée, gant, écharpe et bonnet et m'envole de ma fenêtre, dans le froid de ce matin d'hiver.

Je ne sais pas exactement comment j'ai fait pour arriver où je voulais aller vu que la dernière fois, Père a transplané pour nous y emmener. Toujours est-il que je suis arrivé sur cette colline, transi de froid mais serein. Il fallait que je le 'rencontre'.

Je me pose doucement près du grand chêne qui protège mon père. Laissant contre son tronc l'éclair de feu, je m'avance doucement vers la tombe qui a été dégagé de son lit glacial de neige. Un jeune homme brun est assis sur le haut de la pierre.

« - Désolé de t'avoir fait attendre… Papa. Je souffle, une volute de fumée s'échappant de mes lèvres à cause du froid.

Le jeune homme… Harry… Papa saute souplement pour se mettre sur ses pieds et s'approche de moi. Ses pieds ne laissent aucunes empreintes comme s'il n'effleurait même pas le sol. Il me sourit. Ses yeux verts, identiques aux miens, pétillent. Il dégage une étrange lumière douce et apaisante. Il ne m'en veut pas.

« Je suis fier de toi »

Je souris. Je ne le mérite pas. Je ne mérite pas qu'il m'aime, qu'il soit fier… Je ne le mérite pas.

« C'est ce que ton père m'a dit quand il m'a demandé en mariage… Je t'aime Keï mais je ne pouvais pas t'atteindre ! Tu avais érigé d'insurmontables barrières pour te protéger… »

Je baisse la tête, les larmes, brûlantes, dévalant de nouveau mes joues rosies par le froid.

« Ne pleure pas…Je dois partir mais ne pleure pas… Ne me ferme plus ton cœur… »

Je relève soudainement les yeux. Non ! Il ne peut pas partir maintenant, j'ai tant de chose à lui dire ! Papa !

Il s'estompe peu à peu. Il me sourit toujours. Son visage est très doux, il a l'air heureux.

« - Papa ! Je t'aime, Papa !

Je crie, gardant mon regard fixé de le sien aussi longtemps que possible. Je ne réagis que longtemps après qu'il ait complètement disparu. Face à moi, sa tombe immaculée brave le temps.

Papa…

Mes larmes continuent de couler, soulageant mon cœur. J'ai froid mais je n'y fais pas attention.

Alors que je frissonne pour la nième fois, incapable de détacher mon regard de sa tombe, un souffle aussi doux qu'un vent d'été m'enveloppe.

« Ne t'inquiète pas… Je serais toujours avec toi… »

J'essuie mes larmes d'un revers de manche. Papa est avec moi. Il veille sur moi maintenant. Non ! Il a toujours veillé sur moi sauf que je refusais de l'admettre.

Je me retourne et récupère l'éclair de feu que j'enjambe sans remarquer les empreintes d'adulte qui s'entremêlent à celles que j'ai laissé dans la neige tombée dans la nuit. Prêt à décoller, je me retourne une dernière fois, couvant la sépulture de Papa du regard.

« - Plus jamais je ne te fermerais mon cœur, Papa… Plus jamais !

A suivre…………

Terminé le 10.09.2007.

Vous me détestez ?

Il ne reste qu'un chapitre… Et si j'ai suffisamment de review (héhé qui a dit chantage ?), je posterais le 6 dans trois jours au lieu d'attendre le week end.

Gros bisous

Selann.

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