Chapitre 6 :
« La morale est la faiblesse de la cervelle. »
(Arthur Rimbaud)
…
Loki souriait à pleine dents. Il venait d'empocher plusieurs millions de dollars. Il fallait à tout prix qu'il en parle à Tony, peut être que ça lui ferait plaisir. Il entra donc dans la chambre d'une façon très décontracté. Il s'attendait à voir Tony, mais, au lieu de cela, il découvrit un lit vide et des vêtements sur le sol. Il se mit légèrement à paniquer. Tony avait dû lui voler un smoking et se faufiler parmi les invités. Tony était blessé, il n'avait pas pu aller bien loin... Loki repartit dans la salle en courant, et là, les gardes lui dirent que quelques invités étaient déjà repartis en bateaux...Loki eut un mystérieux sourire et ordonna à ses gardes de se rendre à New York...
« Ramener moi Pepper Potts et, une fois qu'elle sera ici, mettez là au placard avec Steve. »
…
Tony souriait à pleine dents, dans sa cachette. Il en oubliait presque la douleur à son ventre, d'ailleurs. Ce n'était pas la cachette la plus spectaculaire qui soit, mais il était en sécurité. C'est sûr que, caché dans une vieille malle au fond d'un placard, personne n'allait forcément aller le chercher là dedans. Il oublia sa peur du placard, du fameux placard qui l'avait tant changé, et profita plutôt du moment pour songer. Steve devait s'accrocher jusqu'à l'arrivée de la Police. Bientôt, tout le monde retrouverait sa liberté !
Pepper serait tellement contente de le revoir ! Elle devait sans doute croire qu'il était mort, après tout ce temps. Mais après combien de temps, justement ? Des mois, sans doute. Tony avait complètement perdu la notion du temps.
Il soupira Vivement New York !
…
Tony arriva à New York en se faufilant parmi les invités qui descendaient du bateau. Personne ne lui demanda une pièce d'identité, ou quoi que ce soit. Il fila à grandes enjambées dans les rues sombres, espérant trouver quelqu'un. Il était rare de voir les rues aussi désertes. Il ignorait franchement dans quel quartier de New York il était. Après avoir marché un long moment, il tomba sur un couple assez âgé. Sa blessure le reprit violemment, si bien qu'il failli s'évanouir de douleur devant les deux individus.
« Edmond, regarde ce jeune homme. Il ne sembla pas aller bien. » commença le vieille dame.
L'interpellé plissa les yeux et vit du sang sur la chemise de Tony.
« Il est peut être dangereux, nous ferions mieux de- »
« S'il vous plaît ! Je vous en supplie...aidez moi. »
Et ce fut tout ce que Tony eut le temps de dire... Avant de s'évanouir.
…
Lorsque Tony se réveilla quelques heures après il était allongé dans un lit d'hôpital, des tuyaux rouges sang traversant son corps. Il soupira. Enfin en sécurité. Il profita d'un moment de calme, jusqu'à ce qu'une infirmière, suivie de près par deux policiers, entra.
« Monsieur...Nous avons quelque questions à vous poser, » commença l'un d'entre eux.
Tony hocha la tête, tout en observant du coin de l'œil l'infirmière qui changeait son bandage.
« Je vais tout d'abord vous demander comment vous vous appelez. » demanda le second officier de police.
« Tony, dit-il faiblement, en retrouvant sa voix, Tony Stark... »
Il voulut tout balancer aux deux individus, mais il n'avait pratiquement plus de force. Il était lessivé. Lessivé d'être arrivé jusqu'ici. Lessivé de devoir revivre verbalement cet enfer. Lessivé d'imaginer Steve encore là bas.
« Monsieur Edmond et sa femme vous ont trouvé il y a deux près du New York Harbor*. Vous aviez du sang sur votre chemise. Avez vous été attaqué ? »
Tony hocha négativement la tête. « Je...Je...Loki il... »
Les deux policiers se regardèrent. « Loki ? Qu'est-ce que c'est ? Le nom de votre agresseur ? »
Tony hocha la tête. « L'île...Il...Loki est sur...L'île. »
C'est à ce moment que quelque chose d'étrange se produisit. Un policier sortit dans le couloir, un téléphone portable dans la main, tandis que l'autre fit semblant de noter.
« Reposez vous, vous êtes fatigués. »
…
Tony se réveilla à nouveau. Et il n'aurait peut être jamais voulu se réveiller, si il avait deviné ce qui allait suivre. Les deux policiers revinrent, l'air grave.
« Monsieur Stark. Aucun Loki n'existe à New York, et aucune île n'appartient à un certain Loki... Je suis désolé. Mais...Nous avons des témoins qui nous disent vous avoir vu vous infligeant des sévices corporels. Ils ignoraient si vous étiez ivre ou sous l'emprise d'une drogue quelconque... »
Tony n'en croyait pas ses oreilles. Il se releva vivement, si bien que sa tête fut douloureuse, avant de jurer qu'il n'était pas fou et que tout cela s'était réellement bien passé.
« Je suis désolé Monsieur Stark...Aucun Loki n'existe, ni aucune île habitée, comme vous l'affirmez. Nous avons tout vérifié, je suis désolé. Vous êtes sûrs de ce que vous affirmez ? »
Tony resta immobile un long moment. Il ne pouvait presque plus respirer, tellement il ne croyait pas ce qu'il se passait...
J'ai compris...Loki les a payé pour qu'ils oublient son existence...et son petit commerce...
Les deux policiers se consultèrent. L'un deux s'assura qu'il n'y avait personne dans le couloir, tandis que l'autre s'approcha, une seringue à la main.
« Je suis désolé mon vieux, c'est lui le patron. Et là, c'est toi ou nous ! »
…
Loki sourit en fermant la porte du placard. Pepper et Steve y était enfermés, et Tony n'allait pas tarder à revenir. Il devait sans doute être avec ses amis les policiers, qui lui affirmaient que aucun Loki n'existait. Pauvre petit Tony ! Il devait croire qu'il était fou, le pauvre.
« Tais toi, putain ! » cria Loki, alors que Pepper criait derrière la porte.
Elle s'était certainement rendu compte du corps inconscient de Steve à côté d'elle.
« Patron, les flics viennent d'appeler. Ils vous ramène Tony dans deux heures. »
Loki rigola doucement. « Bien, bien. Tout est parfait, préparez quelque chose à manger. Mon petit ange va être affamé. »
…
Tony redécouvrit avec horreur le sac en tissu. Il était sur un bateau, à en juger par les secousses et l'air frais qui le faisait frissonner. L'île. Il retournait sur l'île. Non bon sang ! Il n'avait pas fait tout ça pour rien ! Il ne pouvait pas abandonner Pepper à nouveau.
Il sanglota doucement, et il y eut une secousse. Ils venaient d'arriver. Ou de revenir, peu importe. Ses pieds frôlèrent le sable fin et chaud qu'il avait foulé quelques heures plus tôt. Il sanglotait violemment maintenant. Les policiers le jetèrent au sol, et il sentit un souffle chaud bien trop familier. Loki.
« Te voilà à nouveau, mon amour. »
…
A suivre.
* désigne le port de New York se trouvant près de la Hudson River.
