On ne choisit pas sa famille...
NB : Comme l'OS précédent, Zayn est comme ça et Harry comme ça lorsqu'ils se parlent par téléphone, ou par SMS.
Cela faisait maintenant six mois que Zayn et Harry sortaient ensembles, et jamais leur relation n'avait été officialisée devant les autres. Leurs amis, et leur famille ne savait rien de leur secret. C'était comme si rien n'avait changé. Ils se voyaient toujours à l'abri des regards, allaient chez l'autre que lorsque les parents n'étaient pas présents... Seul changement remarquable, ils ne se cherchaient plus en permanence au lycée. Mais les cours étaient maintenant terminés, et alors qu'ils auraient dû être plus libres de se voir, c'était le contraire qui s'opérait.
Ils étaient sans arrêt sollicités par leurs amis, ou leur famille, et ils vivaient un véritable calvaire.
Zayn avait beaucoup de mal à supporter ça. En l'espace de peu de temps, Harry était devenu son pilier. Celui qui savait tout sur lui, et maintenant qu'ils ne pouvaient se voir qu'une fois par semaine, et encore, c'était quand ils avaient de la chance, il se rendait compte à quel point il était dépendant de sa présence. Il essayait de passer le moins de temps possible chez lui. Sa mère l'attendait toujours de pied ferme, son martinet en main pour lui faire goûter au plaisir de la douleur. Le basané n'avait jamais rien dit à personne au sujet de sa mère. Petit, il pensait que c'était normal, puis en grandissant, il comprit que non. Sa mère n'était pas comme les autres. Mais il n'avait rien dit, ayant honte d'une mère qu'il pensait folle. Maintenant, il comprenait qu'elle n'était pas folle. Non, elle aimait son fils, mais elle était sadique. Trisha Malik aimait faire mal aux autres, et c'était ainsi qu'elle montrait son amour. Alors Zayn ne disait rien. Par crainte de représailles, mais aussi parce qu'il aimait sa mère, et ne voulait pas qu'elle aille en prison pour maltraitance.
Il passait donc ses journées au parc, à se morfondre, et à attendre Harry. Son portable était toujours dans sa main, dans l'espoir de recevoir un SMS et de sentir cette vibration maintenant familière. Un peu plus loin, des enfants jouaient. Il les voyait se courir après, et gambader joyeusement. Leur esprit était loin de tout problème. Le basané les enviait pour cette joie de vivre, et cette naïveté. Le vibreur de son portable le ramena à la réalité. Un appel de Harry. Zayn s'empressa de décrocher.
"Allo ? fit Zayn.
- Hey. Ça va ?
- Mouais.
- Tu es dans le parc ?
- Ouais. Sur notre banc.
- J'arrive."
Zayn sourit avec amour. Il était vraiment fou de ce garçon. Maintenant qu'il savait qu'Harry devait venir, il guettait avec impatience l'entrée du parc. Au bout de quelques instants, il vit une tête bouclée passer le portail et se diriger vers lui. Un sourire heureux se glissa sur son visage quand il vit l'air joyeux d'Harry. Celui-ci arriva vers lui, et glissa ses mains sur sa taille avant de l'embrasser chastement mais amoureusement. Il n'était pas question d'être vu par quelqu'un de leur connaissance. Il prit ensuite la main de Zayn, et l'emmena avec lui jusque derrière un buisson qui était à l'abri de tous les regards. Là, il commença à l'embrasser avec plus de passion. Sa langue s'immisça dans sa bouche, et il la suça avec délectation. Zayn ne se lassait pas du goût de Harry. Il sentait ce membre chaud jouer avec sa langue, s'enrouler autour, la garder au chaud pour mieux danser avec. Quand ils arrêtèrent de s'embrasser, Harry plongea son regard dans celui du basané.
"Bonjour amour, murmura-t-il avec amour.
- Bonjour, répondit Zayn d'une voix rauque."
Les baisers passionnels de son amant avaient toujours cette faculté à lui faire perdre tout contrôle, et à l'exciter très rapidement. C'était donc sans surprise qu'il sentait son érection appuyée contre la cuisse d'Harry. Bien qu'il soit excité, il ne se sentait pas de faire l'amour avec Harry maintenant. Il voulait tout simplement profiter de sa présence. Etre juste avec lui l'espace de quelques instants, profiter de sa présence. Comme s'il avait lu dans ses pensées, Harry se décolla du basané, et s'assit à ses côtés.
"Alors, quoi de neuf ?
- Je m'ennuie, avoua Zayn.
- Alors j'ai une bonne nouvelle pour toi ! annonça le bouclé.
- Quoi donc ?
- J'ai réussi à me libérer pour les deux prochaines semaines, et, fit Harry en instant sur le mot de liaison, j'ai réussi à obtenir une semaine de vacances dans un camping pas loin d'ici. Et j'ai vérifié, personne que l'on connait n'y est."
Zayn regarda Harry les yeux remplis de larmes. A ce moment là, son cœur débordait d'amour pour le bouclé. Même s'il ne lui avait fait aucune demande particulière, Harry l'avait une nouvelle fois compris. Les larmes avaient envahi sa voix, et à défaut de pouvoir parler, il embrassa chaudement Harry pour lui faire comprendre sa joie.
"Et en plus, ce soir, il n'y a personne chez moi. Intéressé par une pyjama party ? demanda Harry avec un sous-entendu.
- Je suis toujours partant pour une pyjama party. Il va juste falloir que je trouve quelque chose à dire à ma mère."
Harry réfléchit l'espace d'un instant.
"Il est temps que l'on mette nos amis au courant je pense. Ils vont devoir nous couvrir. Tu en penses quoi ? proposa le bouclé."
Zayn garda le silence, réfléchissant à cette question. Il avait peur de la réaction des gens. Ils n'étaient pas homophobes, mais disons qu'entre les amis de Harry, et les siens, ce n'étaient pas l'amour fou... Mais Harry avait raison. Ils n'avaient pas d'autre solution pour passer et la soirée ensemble, mais aussi pour partir une semaine en amoureux.
"Très bien, souffla t-il. On leur dit ça maintenant. On va chez Niall, ses parents sont les plus cools de tous."
Harry hocha du chef, et quelques SMS plus tard, tout le monde était réuni dans la chambre de Niall.
Tous les amis des deux garçons, soit Eleanor, Perry, Sofia, Danielle, Niall, Louis et Liam. Eleanor, Perry, Sofia et Niall regardaient avec méfiance Louis, Danielle et Liam, mais surtout, ils étaient intrigués par le fait que Zayn et Harry soient côte-à-côte, dos à la porte. Les deux garçons se regardèrent un instant, pour trouver le courage de dire ce qu'ils avaient à dire.
"Bon, très bien, commença Harry après avoir pris une grande inspiration. Si vous êtes là, c'est parce qu'on a quelque chose à vous dire."
Leurs cœurs battaient à la chamade. Ils avaient peur de leur réaction.
"Bon. Zayn et moi... On sort ensemble."
La bombe était lâchée. Allait-elle exploser ? Le couple regardait leurs amis avec crainte, et sans s'en rendre compte, ils s'étaient rapprochés de sorte que leurs épaules se touchaient. C'était un contact rassurant, même s'ils auraient aimé se tenir la main.
Quelques secondes passèrent, et ils leur semblaient que les heures défilaient avec lenteur devant leurs yeux. Cette situation était horriblement pesante et stressante pour les deux garçons. Ils venaient tout de même d'avouer qu'ils étaient gays, et qu'ils sortaient ensemble alors qu'il y a encore quelques minutes, ils pensaient que les deux garçons se haïssaient.
"Dites quelque chose, gémit Zayn finalement."
Le silence lui répondit, avant que Niall ne prenne la parole.
"Euh... Je suis content pour vous alors. Super surpris, mais content. Euh... Depuis quand vous... ? demanda-t-il sans finir sa phrase.
- Mars, répondit Zayn, soulagé d'avoir enfin une réponse.
- Mais vous comptiez nous le dire quand ? intervint Eleanor.
- Vous n'allez pas nous dire que vous aviez peur de nous l'avouer, continua Perry.
- Si ? avoua Harry d'une petite voix.
- A nous ? Pourquoi, par peur du rejet ? Je vous signale qu'on est déjà ensemble Eleanor et moi.
- Je sais mais... tenta Zayn.
- Mais vous aviez peur, leur accorda Liam, en diplomate.
- Oui, firent Harry et Zayn en même temps.
- Et pourquoi vous nous le dites que maintenant ? questionna Louis.
- Euh... On avait besoin d'une excuse.
- Pour quoi faire ? demanda Sofia.
- Euh... Je voulais dormir chez Harry ce soir...
- Et nous partons en vacances la semaine prochaine.
- Donc vous voulez qu'on vous couvre dans vos mensonges ? comprit Danielle.
- Ouais, reconnu Zayn"
Il y eu un instant de silence, durant lequel tout le monde réfléchissait à la conversation qu'ils venaient d'avoir. Faisaient-ils le bon choix ? Personne ne le savait, mais ils étaient tous décidés à couvrir leurs amis. Ils n'allaient pas les laisser tomber.
"Très bien. Faites ce que vous voulez. On vous couvrira, conclu Niall. Juste, prévenez nous quand nous sommes dans un mensonge.
- Promis, jurèrent les deux amoureux enfin libérés d'un poids. D'ailleurs, Niall, reprit Zayn. Je "dors" chez toi ce soir.
- Compris chef !"
Les deux garçons se sourirent, complices. Harry eut une pointe de jalousie bien vite refoulée devant cet échange.
Les discussions reprirent de bon train ensuite, et chacun parlait avec un autre de sujets divers. Quand Harry estima que ses parents devaient être partis de chez lui, Zayn et lui quittèrent leurs amis pour être seuls, tous les deux.
La maison des Styles était vide quand ils arrivèrent, et ils s'installèrent sur le canapé. La soirée était à eux, et ils comptaient bien en profiter de toutes les manières possibles. Pour l'instant, la télévision leur suffisait. Zayn avait regardé Harry zapper les chaines jusqu'à trouver une émission convenable avant de s'allonger et de poser sa tête sur ses genoux. Il aimait cette position. Ainsi, il se sentait proche de son amant. Il pouvait sentir les doigts de Harry jouer dans ses cheveux, et il aurait ronronné de bonheur s'il avait pu. Zayn avait fermé les yeux de contentement, et ce n'est que lorsqu'il sentit le regard amoureux d'Harry sur lui qu'il les rouvrit. Le bouclé le regardait avec adoration, et amour. De la tendresse à l'état pur transparaissait de son regard, et malgré lui, Zayn se sentit fondre devant ces yeux qu'il aimait tant. Harry se pencha vers son amant, et l'embrassa délicatement. Zayn attrapa ses lèvres, et passa ses bras autour de la nuque du bouclé pour le coller encore plus à lui. La position n'était pas confortable, mais ils n'y faisaient pas attention. Toute leur attention était portée sur l'autre. Ses lèvres, son odeur, son goût, sa texture. Ils s'oubliaient totalement pour n'avoir que l'autre en tête. Sans briser le baiser, Zayn se retrouva sur les genoux du bouclé, le surplombant. Ils se buvaient, plus qu'ils ne s'embrassaient. Ils devaient combler ce manque qu'ils avaient en eux depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vus.
Ils furent brutalement ramenés à la réalité en entendant des clés dans la serrure. Le regard d'Harry était totalement paniqué lorsqu'il croisa celui de Zayn, et le basané ne comprenait pas ce qui arrivait. Il comprit beaucoup mieux lorsqu'il vit les parents d'Harry entrer dans la maison.
Le basané avait les yeux grands de surprise. Son cœur s'était arrêté dans sa poitrine, et sa respiration était elle aussi en état d'arrêt complet. Comme s'il pouvait disparaitre en arrêtant de bouger, Zayn était fixé au sol.
Les parents ne les avaient pas encore vus, mais ça n'allait tarder. Rapidement, le basané jeta un regard à Harry. Ses cheveux étaient en bataille, et ses vêtements froissés de leurs attouchements. Ses lèvres étaient gonflées, et ses joues rouges. Zayn savait qu'il n'y avait aucune ambigüité.
Les parents remarquèrent enfin les deux garçons, et ce fût le choc. A leur tour, les deux adultes se retrouvèrent pétrifiés. Seuls leurs yeux bougeaient, et passaient de Harry à Zayn, et de Zayn à Harry. Les deux garçons avalèrent difficilement leur salive.
"Harry, on doit parler. Dans ta chambre, tout de suite ! rugit le père d'Harry."
Ce dernier le suivit sans faire d'histoire et lança un regard désolé à son amant qui se retrouvait seul face à la mère du bouclé. Ils restèrent dans le silence pendant que les cris résonnaient à l'étage. Anne Styles se racla finalement la gorge et essaya d'entamer une discussion.
"Tu... Tu veux boire quelque chose ?"
Zayn hocha la tête et ils se dirigèrent tous les deux vers la cuisine, où ils restèrent debout, un verre d'eau en main.
"Excuse-moi, tu t'appelles comment ? demanda avec hésitation Anne.
- Zayn Malik, répondit avec hésitation ce dernier.
- Ah... Et... Tu sors... Elle se racla la gorge. Tu sors avec mon fils ?
- Euh... Oui, Mme Styles.
- Non, non. Appelle-moi Anne. Et puis, je suis Mme Twist maintenant, sourit la mère d'Harry. Vous sortez ensemble depuis combien de temps ?
- Six mois, Ma... Anne.
- Déjà ? Je ne pensais pas que... Enfin, j'espérais qu'il me l'aurait dit. Je suis désolée qu'on vous ait... Interrompu.
- Non ! Non, c'est moi qui suis désolé. Nous pensions que vous ne serriez pas là ce soir alors... C'est de notre faute, dit Zayn précipitamment.
- Ne t'excuse pas. Tu ne pouvais pas savoir. Nos amis ont finalement annulé leur soirée, alors on est rentré. On aurait dû prévenir Harry. Tu n'y es pour rien."
Zayn tenta un pauvre sourire. A l'étage, les cris n'en finissaient pas, et le basané commençait de nouveau à ressentir de la peur. Que se passait-il là haut ? Que se disaient-ils ? Est-ce que ça irait pour Harry ? Est-ce que ça irait pour eux ?
Zayn ne voulait pas perdre Harry. Surtout pas de cette manière là, et il savait que si jamais Harry se faisait chasser de chez lui, il n'y aurait pas de machine arrière. Le basané serait lui aussi obligé de quitter sa maison, pour suivre le bouclé. Il ne supporterait pas de le perdre, et ses parents n'accepteraient pas leur relation.
Harry et son père finirent par redescendre. Les yeux du bouclé étaient rougis par les larmes qu'il avait sûrement versé, et Zayn préssentait que sa voix serait rocailleuse d'avoir crié. Il chercha le regard d'Harry, pour savoir quoi faire, et lorsqu'il réussit à le croiser, il ne put y lire que de la peine. Il devait partir d'ici. Le plus vite possible. Son corps entier lui criait de quitter cette ambiance trop tendue, angoissante. Des images de sa propre famille venaient se superposer à celle des Styles, et il voyait sa mère l'attendre avec un martinet. Alors qu'il essayait de passer la porte, sa respiration se fit de plus en plus erratique, jusqu'à devenir irrégulière. Il faisait une crise d'hyperventilation. En quelques secondes, Harry se retrouva à ses côtés, et lui tenait la tête pour essayer de le rassurer et de le calmer.
"Calme-toi Zayn, ça va passer. Tout va bien, ce n'est rien."
Seule la respiration saccadée de son amour lui répondait. Harry était mort d'inquiétude, et Zayn malgré sa crise pouvait le sentir, ce qui accentuait son état.
Les scénarios catastrophes s'enchainaient dans son esprit, et la panique prenait entièrement possession de son corps. Il avait mal. Tellement mal. Son cœur le faisait souffrir, ses poumons le faisaient souffrir. Son corps entier n'était qu'une plaie béante.
Du coin de l'œil, il put voir le père de Harry s'approcher d'eux, et la panique redoubla. Il allait lui crier dessus, le frapper, lui retirer Harry. Il vit les lèvres d'Harry bouger, mais il n'entendait rien. Seuls les battements de son cœur lui répondaient.
"... Ça va passer Zayn. Ce n'est rien. N'ai pas peur, je suis là. Je ne vais nulle part, je te le promets. Je reste ici, alors reste avec moi toi aussi. Je ne te quitterai pas."
Les deux parents regardaient la scène avec stupéfaction. Leur fils tenait entre ses bras Zayn et lui parlait. Ils étaient dans leur bulle, celle que le bouclé avait instauré et maintenait d'un esprit de fer. Ses parents pouvaient voir l'inquiétude dans ses yeux, mais sa voix était calme et posée. Rassurante. Elle englobait Zayn entièrement. Anne et Robin pouvait voir la respiration de Zayn se calmer progressivement, et les yeux de Harry se remplirent de larmes en même temps qu'il ramenait son amour parmi eux. Puis le silence revint dans la cuisine. La crise était passée, et Harry tenait fermement Zayn dans ses bras. Ils étaient moralement épuisés, et les larmes coulaient sur leurs joues.
"J'ai eu si peur... murmura Harry. Si peur de te perdre... S'il te plait, ne me refais plus jamais ça."
Zayn ne pouvait qu'acquiescer. Lui aussi avait été effrayé par ce qu'il se passait, et sa frayeur n'avait fait qu'accentuer sa douleur.
Anne et son mari échangèrent un regard. Ils avaient compris que ce qu'il y avait entre ces deux garçons étaient plus fort que tout. La crise de Zayn n'avait pas été anodine. Mais Harry avait réussi à le ramener parmi eux. Robin fut assailli par les remords. Il avait violement sermonné Harry, alors qu'il n'était pas son père, à propos de leur couple. Qu'il n'était pas fort, pas durable. Mais ce qu'il venait de voir prouvait le contraire. Ce couple était fait pour durer, et les deux parents comptaient bien soutenir leurs deux garçons du mieux qu'ils pouvaient.
Zayn passa la soirée chez son copain comme il avait été initialement prévu. Malgré la surprise de savoir leur fils en couple, les parents de Harry avaient été sympas et les avaient laissé seuls, faisant comme s'ils n'étaient pas là. Malgré tout, les deux garçons, qui avaient prévu une soirée sexe se retrouvèrent à dormir passés les 22h. Les émotions de la soirée les avaient tous les deux chamboulés et ils étaient exténués.
Le lendemain, quand la mère du bouclé vint les réveiller, elle les trouva blottis l'un contre l'autre. Ils étaient légèrement recroquevillés, leurs jambes étaient emmêlées, et Harry tenait Zayn fermement dans ses bras, lui entravant tout mouvement. Anne n'eut pas le cœur à les réveiller, alors qu'ils semblaient si paisibles ainsi, alors elle fit demi-tour et ferma la porte derrière elle, ne laissant aucune trace de son passage. Seulement, le bruit de la porte se fermant réveilla Harry.
Celui-ci émergea lentement du sommeil de plomb dans lequel il était tombé la veille, et nicha sa tête dans le cou du basané, respirant son odeur au maximum. La soirée de la veille revint par bribes dans son esprit, et les larmes lui montèrent aux yeux lorsqu'il revit Zayn faire sa crise d'hyperventilation. Il serra un peu plus fort le métis dans ses bras. Il ne desserra sa prise que lorsqu'il sentit son amant remuer légèrement. Comprenant qu'il se réveillait, il commença à lui embrasser doucement la nuque.
Zayn sourit malgré sa fatigue. Il aimait ce genre de réveil. Comme s'il l'avait senti sourire, Harry chuchota :
"Bonjour, amour."
Un grognement de contentement lui répondit. Zayn se tourna vers Harry, et le regarda longuement d'un regard fatigué. Le bouclé l'embrassa délicatement, et ils se permirent un sourire dans le baiser. Ils étaient heureux d'être là tous les deux, ensembles et acceptés par les parents du bouclé.
"Il ne reste plus qu'à l'apprendre à tes parents maintenant."
Un gémissement sourd lui répondit. Zayn ne tenait vraiment pas à annoncer la nouvelle à ses parents. Il avait peur de leur réaction. Il ne voulait pas être chassé de chez lui, et pourtant, il pressentait que quelque chose de mal allait lui arriver si jamais ses parents venaient à découvrir la chose. Soudainement, son portable se mit à vibrer. Un appel de son père. Zayn déglutit difficilement, mais réussit à garder une voix calme au téléphone.
"Allô ? demanda Zayn.
- Tu rentres tout de suite à la maison ! C'est un ordre."
Son père n'attendit même pas de réponse, et raccrocha. Le basané laissa retomber sa main mollement, le teint blafard.
"Qu'est-ce qu'il se passe ? le questionna Harry, inquiet.
- Mon père veut me voir tout de suite.
- Merde, tu penses que... ?
- Non. Il ne doit pas le savoir. Ce n'est pas possible, mais... J'ai peur quand même.
- Je t'accompagne, proposa le bouclé.
- Non ! Non. Ne fais pas ça. Je ne sais pas ce qu'il va être dit. Reste ici, je te tiendrai au courant. Ok?"
Harry acquiesça, mais il était tout de même inquiet pour son amant. Les problèmes leur tombaient dessus en ce moment. Comme pour leur mise en couple, tout se déroulait rapidement. Trop rapidement pour eux. Ils n'avaient pas le temps de s'adapter que le pire survenait.
Les deux garçons s'habillèrent dans le silence. Le basané ne prit pas le petit-déjeuner avec la famille de son amant, malgré son envie.
Quelques minutes plus tard, il étai devant chez lui. Jamais il n'avait autant hésité pour franchir la porte de chez lui. Il imaginait tout de suite le pire. Le fouet, ses parents allaient le battre à mort, ils allaient l'abandonner, le bannir, le rayer des photos, de leur mémoire. Il deviendrait un fantôme. Peut-être savaient-ils déjà tout ? Ils savaient qu'il était gay, et qu'il était en couple avec Harry ? Qu'allaient-ils lui dire ?
Un nœud lui tordait l'estomac, et il avait l'impression qu'il allait vomir d'une minute à l'autre. Pourquoi avait-il refusé la présence rassurante d'Harry ? Maintenant qu'il était seul, il regrettait terriblement d'avoir refusé la proposition de son amant.
Zayn prit une grande respiration, et passa la porte. Le silence répondit à son entrée. Zayn marcha jusque dans le salon où il vit ses parents assis côte-à-côté sur le canapé. Sur la table basse était posés le martinet de sa mère, ses cravaches, ses fouets, ses menottes et autres instruments de tortures ainsi que des préservatifs et une bouteille de lubrifiant. Zayn jura intérieurement. Il était dans de beau drap, et ne savait pas comment il allait gérer ça.
Son père lui désigna le fauteuil, et Zayn s'assit dedans, une boule dans la gorge. Il évitait tout contact visuel avec ses parents, mais aussi avec les objets posés sur la table. La contemplation de ses pieds était parfaite dans son cas.
"Tu nous expliques Zayn ? demanda froidement Yaser à son fils.
- J'explique quoi ? fit Zayn d'une toute petite voix.
- Tout ça. Cette bouteille de lubrifiant, le fait que tu nous ais menti.
- Menti sur quoi?
- Tu n'étais pas chez Niall hier soir ! hurla le père de famille."
Zayn déglutit avec difficulté. Que répondre à ça ? Il avait raison, il leur avait bel et bien menti, mais comment ses parents avaient-ils su qu'il n'avait pas dormi chez Niall ?
"Tu as raison, avoua calmement Zayn. Je n'étais pas chez Niall.
- Tu étais où, bordel ?!
- Je suis gay, répondit Zayn, éludant la question de son père
- Que- QUOI ?! rugit Yaser Dégage de ma maison tout de suite ! Je ne veux pas d'un... D'un... D'une sale pédale dans ma maison !
- Très bien, conclu Zayn, sous les yeux larmoyant de sa mère. Je vais chercher mes affaires.
- Non ! J'en ai rien à battre des tes affaires à la con ! Nous te les avons acheté, nous t'avons nourri, nous t'avons logé, élevé, et c'est comme ça que tu nous remercies ?! Tu deviens un pédé ?! Et tu as l'affront de nous le dire en face ? C'est ça le genre de fils que j'ai élevé ? hurla Yaser."
Zayn accusa le coup sans broncher. Il s'était attendu à ce genre de paroles, mais jamais il n'avait pensé qu'elles pouvaient faire aussi mal. Il regarda une dernière fois la maison dans laquelle il avait grandi, mémorisant le moindre détail. Il grava les traits de sa mère dans son esprit, et retint ceux de son père, puis quitta le salon, prenant son sac au passage. Il marcha d'un pas énergique jusque dans le parc, loin de chez lui, et laissa libre court à sa tristesse. Les larmes dévalaient sur ses joues, mais son cœur pleurait plus encore. S'il avait pu, il se le serrait arraché de la poitrine et l'aurait brûlé de sorte qu'il ne reste plus rien de cette douleur qui le consumait. La pluie se joignit à sa peine, et l'entoura de ses bras glacés.
" 5 Juillet 2025
Cher Papa, cher Maman,
Je ne sais même pas si c'est ainsi que je dois vous appeler maintenant. Non, Mr et Mme Malik, c'est mieux. Plus conventionnel, et abstrait de toute forme de familiarité.
Vous n'avez jamais pris de mes nouvelles alors que vous aviez pourtant de quoi me contacter. Numéro de téléphone, adresse, amis à qui donner des lettres. Onze longues années que tout contact à été banni entre nous.
Je ne vous écris pas par plaisir, quoique j'aurais souhaité un peu plus de considération de votre part durant ces années.
Non, mon époux - ou devrais-je dire, futur époux - juge qu'il est temps que nous enterrions la hache de guerre. En effet, il pense que les parents et leurs enfants ne sont pas faits pour se haïr à cause d'une idée aussi simple que celle d'une orientation sexuelle. Certes, l'homophobie est particulièrement marquée chez vous, mais mon conjoint considère que vous pouvez faire une entorse à votre conduite, et venir à cet événement que sera notre mariage.
Je ne vous ai pas appelé car je suppose que vous m'auriez raccroché au nez. Je vais donc profiter de cette lettre pour vous dire ce que je suis devenu pendant ces années d'ignorance. J'ai poursuivit mes études, réussissant à obtenir une bourse pour une faculté de psychologie. Je suis maintenant psychologue depuis trois ans dans une entreprise de construction navale.
Je suis aussi père d'un petit garçon, nommé Erwan. Il est français de naissance mais a désormais la nationalité anglaise. Il a cinq ans, et rayonne la joie de vivre. Vous aurez l'occasion de le voir si vous venez à mon mariage. Les informations sont sur le faire part.
Votre fils, Zayn Malik"
"Erwan Malik-Styles est fier de vous convier à l'union de ses deux papas devant l'hôtel de la mairie de Londres, le 21 Août 2025.
La cérémonie aura lieu à 11h, puis un banquet pour fêter cette union tant attendue sera organisé dans le gymnase de Wandworth.
La future famille espère vous compter parmi la liste des convives."
"Yaser, tu ne penses pas que l'on devrait y aller ? demanda Trisha d'une voix triste."
Elle avait beaucoup souffert de l'absence de son fils toutes ces années. Jamais elle n'avait voulu le voir partir, et encore moins à cause de quelque chose comme ça. Mais elle ne faisait pas la loi dans cette maison. Non, le pater familias avait raison sur tous les points, et les habitants se pliaient aux règles de la maisonnée. La perte de son fils lui avait aussi fait prendre conscience de son comportement, et la vue de ses martinets lui donnait la nausée. Comment avait-elle pu faire ça à son fils ? Le battre, le voir souffrir sans rien faire. Aimer ça, même. Et surtout, comment avait-il pu lui pardonner de faire quelque chose comme ça ?
Yaser la regarda d'un regard malheureux. Les remords avaient assailli le père de famille dès qu'il avait vu son fils quitter la maison, et seule sa fierté lui avait permis de garder ses positions, mais maintenant que son fils faisait le premier pas vers eux dans une tentative de réconciliation, il sentait ses décisions faiblir. Le regard implorant de son épouse acheva de briser les murs qu'il avait bâti autour de son cœur. Les larmes perlèrent à ses yeux, puis tout son corps fût secoué de sanglots déchirants.
Le temps du pardon était arrivé.
