Note de l'auteur : Heu…J'ai conscience que le premier chapitre était…Bon, autant le dire de suite, le deuxième et le troisième ne seront pas mieux. Mais vous me connaissez, n'est ce pas ? Il y aura un happy ending… (je sens que je viens de spoiler ceux qui voulaient pas savoir et je m'en excuse)

Merci à Ayahnna, Nad126, BiBiche et alexcmoa pour leurs rewiews.

Ps : Les commentaires font toujours plaisirs…

Did what I could for one of us,

I always thought it was for you.

Chapitre 2 :

Jack mit quelques secondes à reprendre pied avec la réalité. Il ne parvenait pas à croire qu'ils l'aient fait. Pourtant, il fallait se rendre à l'évidence, il respirait toujours…Le bon sens déferlant à nouveau en lui, il se rendit compte qu'ils devaient partir d'ici. Certes, normalement le SGC aurait dû exploser et tout danger être écarté, mais avec le temps était venu l'expérience. Et avec cette expérience, la certitude que rien –et par rien il entendait la destruction de serpents diaboliques- ne se passait jamais comme prévu.

Se jetant pratiquement sur le DHD, il suspendit son geste. Où aller ? Le site alpha, pour peu qu'il existait toujours, était plein à craquer. Et vu le nombre astronomique de possibilités qui existaient, entrer des coordonnées au hasard ne marcherait pas une deuxième fois

Sa main hésita encore un instant avant de s'abattre sur un symbole. Il venait de décider de leur destination. Tout en lui, lui hurlait d'agir, de se venger. Mais en même temps, une infime partie de lui était glacée de peur. Peur de perdre encore quelqu'un qu'il aimait…Choisissant d'écouter son instinct, il finit d'entrer les coordonnées de la base Tock'ra, fouillant dans sa mémoire à la recherche des derniers symboles.

Lorsque le vortex s'engagea, il commença à se diriger vers lui mais s'arrêta en s'apercevant que Carter ne le suivait pas. Il remarqua avec inquiétude le regard vide qu'elle posait devant elle. Perdue. C'était le meilleur qualificatif à cet instant. Troublé par son absence de réaction, il attrapa son bras et l'attira dans la flaque bleutée. Elle était très certainement en état de choc mais il ne pouvait rien faire. Il ne pouvait qu'espérer que les Tock'ra pourraient l'aider…

A peine avaient-ils posé le pied de l'autre côté qu'ils se tendirent simultanément. Ils avaient appris à reconnaître les différents types de silence…Et celui-ci était définitivement le genre qui criait : danger. Un frisson se faufila le long de son dos et il se demanda pourquoi il fallait toujours que les Tok'ra choisissent des planètes où la température dépassait les 45° à l'ombre. Ils empruntèrent les anneaux, la peur au ventre et arme aux poings, cette impression de danger refusant obstinément de quitter leurs esprits…

Le bruit de leurs pas isolés résonnait sur le sol métallique. Ce silence…Un silence assourdissant, et une odeur de sang mêlé de pourriture qui flottait dans l'air. Oh, bien sûr Jack savait. Sam et lui ne trouveraient ici que des cadavres, bien sûr, il le savait. Mais ça ne l'empêcha de continuer, obstinément. Et, bien évidemment, elle le suivit. Qu'aurait-elle pu faire d'autre ? Elle était perdue, bouleversée, incapable de penser par elle-même et elle le suivait, comme toujours. Mais Jack ne pouvait plus réfléchir à ce moment là, c'était trop, même pour lui. Surtout pour lui.

C'était à peine s'il jeta un coup d'œil aux corps en décomposition jonchant les couloirs. Il savait où il voulait aller. La salle du Conseil. C'était une mauvaise idée cependant, il s'en rendit compte à l'instant où il franchit le seuil.

Jacob.

Il n'avait pas pensé à ça, il était persuadé qu'il s'était échappé. Comment en aurait-il pu être autrement ? Et bien, comme ça apparemment. Décidemment, rien n'allait dans le sens prévu. Le sanglot derrière lui le ramena à la réalité, et il réalisa que ce n'était pas un spectacle pour sa fille. Dans un brusque moment de lucidité, il la fit reculer dans le couloir et la saisit par les épaules.

« Vous ne pouvez pas craquer maintenant, Sam. J'ai besoin que vous teniez encore un peu, d'accord ? »

Il aurait aimé que sa voix ne soit pas aussi faible, il aurait aimé pouvoir la laisser pleurer, diable, s'il avait pu, il aurait pleuré avec elle. Mais il devait être dur, pour elle, c'était nécessaire. Si la Tock'ra était détruite, ils étaient les seuls survivants au courant du plan. Ils devaient être sûr qu'il serait mené à bien. La survie de la Galaxie était entre leurs mains.

« Major Carter ! »

Le rappel de son grade sembla avoir l'effet voulu, elle se redressa et avala les larmes qui menaçaient. La fierté l'envahi un bref instant devant son courage. Au moins, il aurait réussit ça. A la former, à en faire un meilleur soldat qu'elle ne l'était déjà…

« On doit trouver les coordonnées. Quelqu'un doit bien les avoir. Cherchez dans les autres salles, je m'occupe de celle-ci. »

Elle lui jeta un regard vide et s'éloigna en direction du plus proche Tock'ra étendu sur le sol. Elle avait compris ce qu'il entendait par 'salle'. Tout comme elle avait deviné ce qu'il cherchait. C'était le Plan. Si la Terre ne parvenait pas à repousser les goa'ould, les Tock'ra auraient dû s'en charger mais…

Il retourna vers la salle ayant servie au Conseil avec un léger soupir. Il était fatigué, épuisé même, mais il devait trouver ces foutues coordonnées. Après le fiasco de la première mission pour trouver la machine recherchée par les Tock'ra, ils avaient tous abandonné l'idée de la retrouver, estimant qu'il y avait plus important, comme enrayer l'invasion par exemple…Mais très vite, il l'avait considéré comme leur dernier secours, et c'était Jacob qui avait été désigné pour découvrir cet ultime espoir. C'était leur autre solution…

Une autre solution…Jack avait trouvé ça ironique sur le coup. Une autre solution…

Chercher à échapper à la mort quand le coup final venait de quelqu'un que vous considériez comme un frère, c'était…ironique.

Et sans espoir, aussi.

Mais Jacob avait rallumé la flamme, il avait trouvé leur espoir. Une machine capable de remonter le temps.

Une fois.

Un seul essai.

Un seul essai pour vivre ou mourir.

Un seul essai pour sauver ou détruire.

Et il en avait pris la responsabilité, il avait assuré qu'il la trouverait, qu'il sauverait sa « planète préférée »…Et maintenant, il était mort…Mais ça n'avait plus grande importance, Jack prendrait le relais…Il suffisait de trouver les coordonnées et ensuite de chercher la machine…Un but, il lui fallait un but, sinon, il perdrait pied.

Il s'agenouilla à côté de l'ancien général, essayant d'oublier sans grand succès que c'était son ami qui gisait là, et entreprit de le fouiller. Il trouva assez rapidement ce qu'il cherchait. Un papier avec des chiffres et des symboles gribouillés dessus. Incompréhensible pour lui, mais pas pour Carter. Elle saurait.

Avant d'aller retrouver sa coéquipière, il posa sa veste sur le visage du Tock'ra, dans un infime signe de respect. Il aurait aimé lui offrir une sépulture décente, mais ils n'avaient pas le temps d'enterrer les morts. Ils devaient fuir avant que Daniel ne les retrouve.

De retour dans le couloir, il se dirigea mécaniquement vers Carter et lui tendit le papier sans un mot. Il n'avait plus confiance en sa voix depuis quelque temps.

« Coordonnées spatiales. »

Ce fut tout ce que les sanglots prisonniers de sa gorge l'autorisèrent à lâcher. Jack était impressionné par la façon dont elle gérait la douleur. Une seconde elle semblait sur le point de s'écrouler et l'autre, elle parvenait à donner une réponse cohérente à un problème que même en temps normal il n'aurait pas su résoudre.

« Il nous faut un vaisseau. »

Elle énonça ça comme une évidence et il décida de ne pas relever la faiblesse qu'il avait perçu dans sa voix. Sans plus d'explications, elle s'éloigna vers un couloir à leur droite et les guida à travers le labyrinthe géant jusqu'à une soute n'abritant plus qu'un vieux vaisseau…que Jack jugea comme étant en très mauvais état.

Sans échanger un mot, ils montèrent à bord. Jack observa Carter tandis qu'elle examinait superficiellement les moteurs et programmait le pilote automatique. Le vaisseau se mit à trembler violemment quand ils décollèrent vers une destination inconnue.

Il y eut une accalmie…et ce fut là que Jack réalisa véritablement. Durant la fraction de seconde où il croisa son regard emplit d'une douleur sourde. Mais elle faisait de son mieux pour retenir les larmes qu'il savait pourtant imminentes, elle attendait simplement qu'il lui en donne l'autorisation, qu'il lui dise qu'il n'avait plus besoin d'elle dans l'immédiat.

Ils restèrent longtemps les yeux dans les yeux, cherchant dans le regard de l'autre du soutient, de l'amour ou n'importe quoi qui les rattacherait à la réalité. Jack aurait voulu la prendre dans ses bras, la consoler, lui promettre qu'ils allaient trouver cette foutue machine et revenir en arrière, mais il ne fit rien. Il se contenta de la regarder s'asseoir et se mettre à pleurer doucement. Il savait exactement ce à quoi elle pensait, lui aussi était hanté par la vision de la mort de leurs amis. Et rien ne pourrait jamais effacer ça. Rien…

Au bout d'un long moment, il s'approcha d'elle et s'assis à ses côtés. Il effaça tendrement les traces de sang et de larmes de son visage puis la serra dans ses bras, presque à l'étouffer, comme si elle était la dernière chose à quoi se raccrocher. Qu'importe ce qui se passerait par la suite, à partir de cet instant là, il était responsable d'elle. Il la protégerait et rien d'autre ne compterait plus que ça…

Ensuite, il dû perdre la notion du temps parce que tout ce qu'il se rappelait par la suite fut une sensation intense de froid. Au bout d'un moment, il comprit cependant que les frissons qui le traversaient n'étaient pas imaginaires et qu'il tremblait vraiment. Il arriva tout seul à la conclusion qu'il était en état de choc. Exactement comme Carter. Enfin, elle au moins avait le réconfort du sommeil, il sentait sa respiration régulière contre son torse.

Décidant que passer la nuit par terre n'était pas forcément une bonne idée, il passa un bras sous les genoux de Carter et se releva, tentant autant que possible de ne pas la réveiller. Il se dirigea lentement vers les couchettes à l'arrière du vaisseau et la déposa sur celle de droite. Il n'y avait qu'un coffre dans la soute et sa fouille ne révéla qu'une seule couverture, un pauvre Zat mal en point, et ce qu'il pensait être une gourde pleine d'un liquide qu'il ne se risquerait pas à goûter. Ca aussi ça allait être un problème…Ils n'avaient ni nourriture, ni boisson et leur dernier repas n'était qu'un lointain souvenir…

Choisissant de ne pas se préoccuper de ça pour le moment, -la question se poserait bien assez tôt-, il attrapa la couverture et la posa avec soin sur Carter. Il s'étala sur l'autre couchette avec un soupir, se demandant comment il allait réussir à trouver le sommeil. A peine cinq minutes plus tard, il dormait à poing fermé.

Le réveil fut, pour Jack, assez surprenant. Durant la milliseconde qu'il fallu à ses souvenirs pour lui revenir en mémoire, il ne put que constater, fasciné, que non seulement il tenait quelqu'un dans ses bras mais qu'en plus de ça, il s'agissait de Samantha Carter. Il réalisa, ensuite, qu'ils étaient enveloppés dans la couverture et qu'elle était vraiment collée contre lui. Ne cherchant même pas à comprendre comment c'était possible, il se concentra sur les sensations que lui procurait le fait de l'avoir blottie contre lui.

D'abord, il se rendit compte de leur position, plus qu'ambiguë. Sur le côté, elle se servait de son bras comme d'un oreiller et avait une jambe repliée entre ses cuisses. Ce qui, en temps normal aurait été suffisant pour le perturber. Mais en plus de ça, son propre corps, dans son sommeil, avait bougé et ils se retrouvaient maintenant, face à face, si près que Jack pouvait sentir le parfum sucré de sa peau. Son bras entourait sa taille, et sa main s'était glissée sous son tee-shirt, paume contre peau. Inconsciemment, il replia son autre bras, rapprochant encore un peu plus sa tête et perdant sa main dans les cheveux dorés.

Elle avait l'air si fragile…Fasciné par le spectacle de son sommeil, il ne fit plus attention et son pouce se mit à tracer sensuellement des cercles sur sa peau. La caresse lui arracha un gémissement endormi, et elle se rapprocha encore un peu plus. Jack s'obligea à respirer lentement pour maîtriser le désir qui menaçait de prendre possession de lui. Il avait l'impression de profiter d'elle alors qu'elle était plus vulnérable que jamais, et quelque chose lui disait qu'elle n'apprécierait pas de découvrir, en se réveillant, l'effet qu'elle lui faisait.

Il avait tord. Elle ouvrit les yeux et ne mit que quelques secondes à interpréter la situation. Il plongea dans son regard, lui envoyant des excuses mentales pour être aussi pitoyable. Elle ne sembla comprendre et se rapprocha encore, franchissant le mince espace qui séparait leurs lèvres. Ce fut une explosion de sensations. Le baiser ne mit pas plus de deux secondes à devenir passionné et Jack balaya tous ses scrupules quand il sentit sa langue s'insinuer dans sa bouche. Il avait envie d'elle. Avait besoin d'elle. Et si c'était réciproque, alors, il n'allait pas s'en plaindre…

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Le regard perdu à travers la vitre, Jack semblait lui-même égaré dans ses pensées. Contempler l'espace l'apaisait toujours. C'était si calme, si…paisible. Certes, ce n'était qu'une illusion et il y avait très certainement des gens en train de s'étriper pas loin, mais il appréciait cette sensation. Un juron sonore suivit d'un bruit sourd brisa sa sérénité et avec un soupir, il se dirigea vers les moteurs, endroit où se trouvait sa coéquipière.

Ils avaient mis très longtemps à se rendre compte que le vaisseau était en rade. Ils avaient été beaucoup trop occupés pour s'en apercevoir. Beaucoup, beaucoup trop occupés. Le souvenir du réveil propulsa Jack dans un état proche de l'euphorie. Il s'en débarrassa cependant assez rapidement en entendant la série d'insultes que la jeune femme adressa aux moteurs. Il ignorait qu'elle en connaissait autant.

« Ca avance ? »

Il comprit au regard noir qu'elle lui adressa que c'était la question qu'il ne fallait pas poser. Tentant une autre approche, il s'agenouilla à côté d'elle et observa le cristal qu'elle avait entre les mains. Il semblait carbonisé et Jack n'eut pas besoin d'explications pour comprendre qu'il était grillé. Après un nouveau soupir, il lui demanda ce qu'elle pouvait faire, et eut droit en retour à un grognement évasif. Voulant la réconforter, il tendit sa main vers sa joue mais elle esquiva, évitant ouvertement son regard. Jack fronça les sourcils.

« Il y a un problème ? »

Tournant la tête à l'opposé, elle attrapa un autre cristal posé à côté d'elle et marmonna un non pratiquement inaudible. Des sentiments contradictoires déferlèrent en lui comme si elle venait littéralement de lui arracher le cœur. Pendant quelques heures, il avait réussi à oublier toutes les horreurs dont ils avaient été témoins ces deux derniers mois, et maintenant, il se sentait rejeté et tout lui revenait en mémoire. Rien ne pouvait lui faire plus mal que ça, c'était intolérable. Il avait tout perdu, la perdre elle, était non seulement au dessus de ses forces, mais c'était également la goutte d'eau. La colère, la haine, toutes les émotions qu'il avait emmagasinées ces dernières semaines lâchèrent d'un seul coup, le laissant vide. Une coquille abandonnée, c'était tout ce qu'il était si elle lui refusait son soutient.

« Carter… »

Ce n'était qu'un murmure, pourtant il avait exprimé en un souffle toute la détresse qui envahissait son esprit. Cela suffit à lui faire tourner la tête, avec une expression alarmée, l'inquiétude déformant ses traits. Il trouva son regard en une fraction de seconde, et eut honte d'y découvrir de la douleur. Si Carter avait mal, c'était sa faute. Il l'avait provoquée…et pourquoi ? Pour se satisfaire. Pour effacer cette sensation de perte et de manque. Il avait gâché leur amitié, et tout sentiment qu'elle aurait jamais pu lui porter. C'était pire que tout. Que lui restait-il à présent ?

Il se laissa tomber sur les fesses, replia ses genoux contre lui et, les entourant de ses bras, y cacha son visage. Il entendit la voix effrayée de la jeune femme lui demander ce qui n'allait pas mais il ne lui répondit pas. Elle devait certainement penser qu'il était en train de faire une attaque…Jamais il ne s'était laissé aller ainsi devant elle. Jamais.

« Jack ! »

La main fraîche qui se posa sur sa nuque le ramena à la réalité et il releva la tête, les excuses se formant déjà sur ses lèvres.

« Je suis désolé…Dieu, Sam, je suis désolé…Je ne voulais pas te faire de mal… »

Elle fronça les sourcils, cherchant visiblement à comprendre de quoi parlait Jack. Troublée, elle finit par répondre au regard implorant qui la suppliait de comprendre et de pardonner.

« Je…Tu ne m'as pas fait de mal…J'ai juste…Je… »

Les mots apaisèrent instantanément Jack. Si elle n'était pas blessée alors, tout allait bien. Reprenant le contrôle de son corps, il l'attira contre lui et enroula ses bras autour d'elle dans ce qui, en d'autres circonstances, aurait pu devenir d'une douce monotonie.

« J'ai cru que tu m'en voulais…Que tu regrettais… » Tentant de garder un minimum de dignité, il s'éclaircit la gorge. « Si ce n'est pas ça, qu'est ce qu'il y a ? »

Sam soupira et s'éloigna de ses bras, évitant à nouveau son regard pendant quelques secondes. Jack attendait. Il savait qu'elle parlerait quand elle serait prête, et uniquement à ce moment là. Au bout d'un long moment, elle se décida à l'affronter et plongea dans ses yeux.

« J'ai l'impression que…c'est mal. »

« Mal ? »

Non seulement Jack ne comprenait pas, mais en plus il était sur le point de se vexer. Etait-elle en train de dire que ce qu'ils avaient fait était…eh bien, mauvais ?

« Non ! Enfin…Ca c'était bien ! »

Jack sourit légèrement devant la teinte rouge soutenue qu'avait pris son visage.

« Qu'est ce que tu trouves…mal, alors ? »

Il buta sur les mots, ne les trouvant pas appropriés à la situation. Il ne comprenait pas ce qu'elle pouvait voir de mal là dedans. A son grand désespoir, ses yeux se remplirent à nouveau de larmes et elle chercha sa phrase avec soin.

« Tout le monde est mort, Jack ! Tout le monde ! Et nous, qu'est ce qu'on fait ? On s'envoie en l'air ! Ce n'est pas juste ! Ce n'est pas… »

Les sanglots la secouèrent avant qu'elle ait fini et Jack la repris dans ses bras ayant enfin compris son problème. La culpabilité du survivant. Mais il serait dangereux de la laisser glisser sur ce terrain là. Il ne fallait pas oublier qu'ils avaient une mission. L'interlude avait beau avoir été agréable, ça ne restait pas moins un entracte. Ils devaient trouver la machine et sauver les autres. Le problème de culpabilité serait alors réglé et ils pourraient discuter de ce qui s'était passé enter eux et en envisager toutes les conséquences. Cependant, il la connaissait assez pour savoir qu'elle n'aimait pas perdre le contrôle et que s'il lui laissait une seule porte de sortie, elle risquait fort de la saisir.

« Non, ce n'est pas juste. »

Elle se redressa, visiblement surprise qu'il aille en son sens. Effaçant les traces de larmes de son visage, il continua doucement.

« Ce n'est pas juste, mais ce n'est pas 'mal' non plus. On va les sauver. On va retrouver cette machine et les sauver. »

Sam secoua la tête, et retrouva son calme. Ou du moins en donna l'apparence. Légèrement rassuré son état mental, Jack désigna à nouveau les moteurs, ayant l'impression désagréable d'être insensible.

« Bon, tu peux réparer ça ou non ? »

Sam hésita, détaillant les différents cristaux qui s'étalaient sur le sol.

« Je crois, oui. Mais ça risque de prendre un moment. »

Jack lui sourit gentiment, se releva et entreprit de s'éloigner, sentant confusément qu'elle avait besoin d'être seule. Et puis de toute façon, il ne ferait que la gêner dans ses réparations. Lorsqu'il atteignit le seuil, la voix douce de la jeune femme retentit à nouveau.

« Ce n'était pas que ça, n'est ce pas ? »

Il comprit que la question avait une portée différente que les précédentes. Il y avait une réelle peur derrière ses mots, mais il n'était pas capable d'en comprendre le sens. Il se retourna et la dévisagea, attendant qu'elle explicite.

« Du désespoir. »

Retenant de justesse un soupir agacé, Jack secoua la tête. Il pouvait être compréhensif, mais là ça en devenait ridicule.

« Réfléchis. »

Et sur ces mots, il quitta la pièce.

Revenu dans la partie couchette, il s'allongea sur celle de droite. La couchette où il avait passé la nuit lui rappelant des souvenirs à la fois bon et mauvais vu ce qui en avait découlé. Dieu, il aimait cette femme, il l'aimait vraiment, mais ça n'empêchait pas qu'il avait mauvais caractère et qu'il n'avait aucune envie de passer sa vie à la rassurer sur chaque pas en avant qu'ils feraient dans leur relation. Peut-être que ça ne l'aurait pas réellement gêné en temps normal, mais il avait beaucoup trop de choses à gérer en ce moment pour se laisser distraire. Au besoin, il réglerait la situation quand tout serait redevenu normal. S'accrochant à cet espoir, il s'endormit.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Ce fut le bruit qui le réveilla. A peine une légère vibration, mais cela suffit à lui faire ouvrir les yeux. Le vaisseau était repartit. Jack supprima un sourire de ses lèvres, elle était vraiment un génie…Un génie qu'il ne voulait pas affronter à l'instant précis. Par lâcheté plus qu'autre chose, il était prêt à lui avouer ce qu'il ressentait si ça pouvait l'aider à avancer, mais pas à lui sacrifier sa mission. Ca lui brisait le cœur, mais il savait que si ça devenait un obstacle, il n'hésiterait pas à les sacrifier. Il serait toujours temps de rattraper le coup ensuite.

Quand les bruits de pas se rapprochèrent dangereusement de la couchette, il ferma étroitement les paupières. Il la sentit hésiter puis se glisser contre lui sur la couchette. Un soulagement bienvenu l'envahit. Il resserra ses bras autour d'elle.

« Tu as réfléchie ? »

Il la sentit, tour à tour, se tendre sous le coup de la surprise, puis se détendre au son de sa voix. Ses mains agrippèrent son Tee-shirt, comme si elle craignait sa réaction.

« Je ne sais pas… »

Jack retint son soupir et se contenta de la serrer plus fort. Que pouvait-il faire contre ça ? Pas grand-chose certainement, à part peut-être une seule…

« Je t'aime. Ce n'est pas la meilleure façon de le dire, ni la plus romantique mais, je t'aime. Et je ne suis peut-être pas très intelligent mais je sais une chose, c'est que peu importe où on est, ou ce qu'on fait, je t'aimerai toujours. »

Considérant qu'il n'avait rien de plus à ajouter, il poussa un soupir et ferma les yeux. Il était fatigué, et il présentait qu'il y avait fort peu de chance pour que récupérer cette machine soit simple.

Au bout d'un long moment de silence où il écouta son cœur battre anarchiquement, Sam répondit d'une toute petite voix. Presque un murmure…

« Je t'aime aussi… »