Selbaf, les Fables à l'envers

Fandom : Kingdom Hearts
Genre : Parodie, Poésie, Slash, Univers Alternatif
Rating : T
Auteure : Kumaneko-san

Résumé :
Maître Renard de son piédestal juché, narguait son amie la Grenouille à en tout point l'exaspérer. Celle-ci, évitant un nouvel excès de colère, lui tint seulement mais à peu près ce vocabulaire :
« Axel. Tu nous emmerdes. »

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas. Ils sont à Square Enix et Disney. La plupart – si ce n'est pas la quasi totalité – des fables (et autres) non plus. Les références utilisées seront indiquées en fin de chapitre pour éviter le spoil.

Avertissement : Il s'agit d'une Parodie - et donc d'un ramassis de conneries. Ici, on ridiculise à la fois le jeu, le fandom du jeu, et la poésie en elle même. Et qui dit fandom de Kh dit Yaoi. Ce qui explique en partie le rating.

Note : Enjoy !


Chapitre 3 : La Jument de Michao


- Cible à quinze heures, mon colonel !

- …Concentre-toi.

- Quel rabat joie.

- Idiot. Tu vas nous faire repérer.

Le rouquin se tut. Il est vrai que claironner tel un soldat au garde à vous n'était pas d'une très grande discrétion. Et son estomac non plus ne tolérerait un nouvel échec. Du regard, Saix lui intima de changer de position. Suivant ses indications, le Renard alla se planquer d'un pas vif derrière le cyprès non loin. Il avait été décidé d'un accord tacite qu'ils le prendraient en tenaille. Alors soit. Cependant, il n'appréciait que vaguement l'idée de devoir suivre les ordres du Loup si lent. C'est donc sur un coup de tête qu'il décida de prendre en main la suite des opérations.

- Chargez ! lança-t-il joyeusement

- Qu- Axel !

°•..•°¯°•..•°¯°•.. *Poisson* ..•°¯°•..•°¯°•..•°

- Franchement, tu aurais pu attendre l'aube plutôt que de me déranger en pleine nuit.

- Tu ne dormais même pas !

Le singe croisa ses bras derrière son crâne en un geste d'insouciance.

- Certes, mais je ne vois pas ce qui t'empêchait d'attendre que le jour se lève pour lui rendre ses glands. Il fait sombre, il pourrait nous arriver n'importe quoi !

- Oh. Mais en fait… Tu as peur du noir !

- Le bois n'est pas sûr la nuit, c'est tout.

- Quel froussard !

- Sora, je ne plaisante pas ! On pourrait se faire attaquer ! Regarde. Xaldin a eu des problèmes la semaine dernière.

- C'est Lexeaus qui lui a marché dessus…

- Il n'empêche que ça ne serait pas arrivé s'il n'était pas sorti pisser en pleine nuit. Il faisait sombre et Lexaeus ne l'a pas vu.

Sora roula des yeux, heureux d'aborder le sujet si passionnant des problèmes de vessie du Porc-épic.

- C'est bon, j'ai compris. Je vais faire bien attention à ne pas mettre le pied sur la queue du Chat.

Il bailla.

- En plus, Xaldin n'attend pas la nuit pour se faire piétiner… marmonna-t-il en supplément.

Riku fit mine de ne rien entendre. Ils avancèrent en silence un court moment avant qu'il ne se plaigne à nouveau.

- On n'y voit pas à deux mètres ! Je ne sais même pas où est ce que je pose les pieds, râla le poney.

Sora sauta sur son encolure.

- Je serais ton guide !

- Tu parles. Dis plutôt que tu as encore la tête dans le gaz et que tu voudrais bien t'épargner le chemin à pied.

- N'importe quoi. Et qu'est-ce que tu insinue ? Tu penses vraiment que je t'aurais demandé de m'accompagner seulement pour me porter ?

Mais la réponse du quadrupède ne vint pas.

- Riku. Tu es mon meilleur ami, souffla le singe, indigné. Quoi de plus normal que de vouloir passer du temps avec son meilleur ami ?

Parfaitement en contradiction avec ce qui venait d'être dit, il s'étala de tout son long sur le dos de son compagnon, les yeux levé vers le ciel, rêveur.

- Ce sont les souvenirs les plus spéciaux qui se conservent le mieux. Comme la fois où on s'est retrouvé bloqués dans cette grotte près de l'étang pendant quelques heures, toi, moi et Kairi.

Le poney monta de suite sur ses grands chevaux.

- On s'est retrouvés bloqués dans cette grotte sombre et humide pendant dix-huit heures par TA faute car TU avais planqué les comptes-rendus de Vexen pour voir combien de temps tu pouvais le tenir éloigné de son labo.

- Ah ! Tu vois que tu t'en souviens !

- ON a choppé la crève parce que TU avais fait le con.

- Rooh, ça va… Je me suis déjà excusé. Et puis je pouvais pas savoir, moi, qu'il viendrait faire pression sur vous deux également pour les retrouver, ses fichus rapports. En plus c'était pas si terrible que ça ! On était tous les trois ensembles, on a quand même passé un bon moment !

L'équidé fut pris d'une terrible envie de ruer pour faire descendre le culotté. Mais Sora reprit la parole.

- Cette nuit, je veux la passer avec toi, Riku.

Vénus à Saturne, vous me recevez ? Ici Mustang 7. Nous allons nous scratcher, je répète, nous allons nous scratcher ! Y a-t-il quelqu'un sur la ligne ?

Riku manqua de s'étrangler avec sa prochaine réplique. Il écouta dubitatif les appels au secours et l'explosion du Mustang 7 sans la moindre répartie. Mais il lui fallut bientôt revenir sur Terre. Il avala sa salive avec difficulté, essayant de trouver une interprétation plus saine aux propos ambigus de son ami jockey. Car oui, Sora le chevauchait toujours. Et bien heureusement pour sa noble monture, il était à la bonne place, c'est-à-dire sur son dos et non en bas. D'en dessous il aurait pu voir sa réaction faciale d'une part, et puis… ma foie, on pouvait dire que notre jeune poney en manque de rationalité était en cet instant monté comme un grand.

- Tu me promets qu'on restera amis pour toujours ? demanda le naïf en se redressant.

Amis. La lumière s'alluma chez Riku. Il comprit d'abord qu'il avait tout compris de travers. Ensuite il se trouva idiot d'avoir compris autrement. Il s'éclaircira la gorge avant de donner une quelconque réponse.

- O- Oui !

- Génial ! s'écria le Singe en se laissant retomber sur le dos, aux anges et rassuré.

Son fier destrier, lui, subissait toujours le contre coup de la désillusion, un goût amer quelque part derrière son dentier. Un autre silence s'étira, agréable pour l'un, inconfortable pour l'autre.

C'est alors que des hurlements leur parvinrent. Faibles au début, montant ensuite en crescendo.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda le Singe.

Il se redressa sur ses pattes arrières, posant les autres sur la crinière de son compère.

- C'est… J- J'entends…

Les cris se firent plus distincts. Riku compléta sa phrase.

- J'entends le Loup, le Renard et la Belette…

- Hein ?

- J'entends le Loup, le Renard et la Belette chanter.

- Chanter ? Crier comme des tarés tu veux dire !

- On devrait filer avant de se faire repérer.

- Attend ! Je veux voir ce qu'ils font.

- Tu viens de le dire. Ils crient comme des tarés. Partons.

- Toi tu cries comme un taré sans raison ?

- Non. Mais des fois il vaut mieux rester dans l'ignorance.

Sora fit la moue.

- Ils ont l'air de s'amuser.

- Tu te souviens de ce qu'on vient faire ici, n'est-ce pas ?

- Oh. C'est vrai. Rendre les glands à Kairi avant qu'elle ne s'aperçoive de leur absence.

- Bien. Alors en route.

Riku continua sa marche. Malheureusement pour lui, le squatte improvisé se trouvait en plein sur son chemin. Il se crispa. Le bois était trop dense par ici pour leur permettre de contourner un chantier pareil. Sora, quant à lui, se fit plutôt intrigué.

- On va passer discrètement. Ne te fais pas remarquer.

- Oui Papa, soupira l'équilibriste.

Ils sortirent des bosquets.

Au centre de la clairière brûlait un immense bûcher. Autour se trémoussaient les trois animaux énoncés plus tôt, à savoir le Loup, le Renard et la Belette, hurlant à plein poumons des airs de musiques assez aléatoires.

- J'ai vu le Loup, le Renard et la Belette danser… lâcha Sora, les yeux ouverts grands comme des merdes à bousiers.

- Mais qui est la Belette ?

Le Renard se tourna vers les deux nouveaux venus.

Aïe.

- Hey ! Soit le bienvenu ! Approche, on ne va pas te manger.

Il éclata d'un rire tonitruant, bientôt suivit par Saix qui pourtant n'avait rien écouté de ce que disait son voisin. Quelque chose clochait. Saix ? Rire ? Et de surcroît pour un rien ?

- Euh… On ne fait que passer… répondit Riku évasivement.

- Non, reste. On peut partager, on n'est pas radin ! Pas vrai Cid ?

La Belette se stoppa net dans son déchaînement enfiévré, avant de se retourna vers eux le tout sur un seul pied.

- Pas de problème mon frère, sers-toi. C'est offert par la maison.

- Mais… Vous êtes complètement pétés !? s'écria Riku, scandalisé.

- Naaaaaaaaan… Ah si, fut la réponse d'Axel.

Sora observait en silence, toujours juché sur son perchoir.

- C'est... le truc de Cid… Avec Saix on avait faim… Puis il nous a proposé son truc…

- Pour résumer, vous chassiez de la Belette, vous l'avez attrapé et au moment de le faire cuire sur ce grand barbecue, il vous a proposé son pétard pour sauver sa peau.

Saix sembla fournir un effort incommensurable pour se concentrer. Le résultat de sa profonde méditation fut :

- Hé ! Mais… il a raison le gamin… Il nous a couillonnés…

Axel se mit à réfléchir à son tour… puis s'en lassa. Il éclata d'un rire bête.

- Ouais !

- Mais quel crétin… Il a toujours rien compris.

Mais le Renard était déjà repartie sur la piste de danse improvisée. Puis tout d'un coup, il réalisa :

- Cid ! Il s'est fait la malle… Mais il nous a laissé tout son stock, regarde ! s'écria-t-il triomphant.

Le Loup grogna. La Belette n'avait manifestement attendu que le moment opportun pour se carapater. Diversion qu'apportèrent bien évidemment nos deux compères.

- Tu as de la chance qu'on ne soit pas en état. On se serait bien fait de la belette ce soir. Mais du poney aurait pu tout à fait dédommager l'affaire.

- Ah. Une prochaine fois peut être, ricana-t-il nerveusement On est un peu pressés, Sora et m-

- Sora ! Je t'avais pas vu vieille peau. Tu veux pas descendre un peu de là-haut et goûter au truc de Cid ? s'émerveilla le Goupil.

- On s'en passera, répondit froidement Riku à sa place.

- C'est pas à toi qu'je cause. C'est à Sora.

- Euh... C'est-à-dire que-

- On a autre chose à faire. Pas vrai Sora ?

- Oui, mais-

- T'es pas sa mère, Riku. Sora est un grand garçon. S'il veut venir s'amuser avec nous, il a le droit.

- Sora, le prévint Riku.

- 'Me regarde pas comme ça ! J'ai rien dit, moi ! se défendit le concerné.

- Si tu prends ce pli, ça m'étonnerait que dans dix ans on soit encore amis.

- Mais Riku- !

- Sora, l'implora Axel.

Tiraillé entre son meilleur ami qui lui défendait de goûter à ce « truc » tout nouveau et Axel le prédateur qui cherchait à le pervertir en lui faisant franchir un interdit ô combien tentant, il fit la première chose qui lui parut sensée. C'est-à-dire péter un câble.

- Mais vous allez la fermer, oui ?!

Il sauta sur les pétards avant de se sauver dans les bois à la suite du premier fuyard, sous le regard médusé des deux autres. C'est ce moment que choisi Saix pour enfin en placer une.

- Ah. Ben… Ton petit poulain vient de nous siffler tout le foin.

Riku fixait encore le point par où était parti son ami d'un œil blasé.

- Désolé.

Silence.

- Toujours pas en état ?

- Non.

- Bien.

Il tourna finalement la tête.

- J'ai des glands, si vous voulez…


Références :
- La Jument de Michao et quelques unes des nombreuses versions et reprises qui en découlent.
La version du groupe Tri Yann est l'une des interprétations les plus célèbres. Saviez vous que cette musique bretonne était elle même une parodie d'un chant de messe bourguignon ? Quoi, comment ça vous vous en fichez ?

Note : Merci d'avoir lu ! On se retrouve bientôt pour le chapitre 4. Un seul indice : il porte un nom grec impossible à retenir.

Edit : Maintenant vous pouvez trouver sur mon profil un lien qui vous dirigera vers la playlist de la fanfic et les autres textes utilisés. Ce chapitre ne sera pas le seul à faire référence à une musique. Mais vous verrez cela en temps voulu. U.U

See you soon !:D