Selbaf, les Fables à l'envers

Fandom : Kingdom Hearts
Genre : Parodie, Poésie, Slash, Univers Alternatif
Rating : T
Bêta : zibulon01 (DevianArt)

Résumé :
Maître Renard de son piédestal juché, narguait son amie la Grenouille à en tout point l'exaspérer. Celle-ci, évitant un nouvel excès de colère, lui tint seulement mais à peu près ce vocabulaire :
« Axel. Tu nous emmerdes. »

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas. Ils sont à Square Enix et Disney. La plupart – si ce n'est pas la quasi totalité – des fables (et autres) non plus. Les références utilisées seront indiquées en fin de chapitre pour éviter le spoil.

Avertissement : Il s'agit d'une Parodie. Ici, on ridiculise à la fois le jeu, le fandom du jeu, et la poésie en elle même. Et qui dit fandom de Kh dit Yaoi. Ce qui explique en partie le rating.

Note : Yop! Plein de choses à dire.

Tout d'abord merci à Mallw pour la review, c'est très encourageant ! Et rassurant surtout. Les retours me faisaient un peu peur.

L'autre jour en regardant les stats (oui, parce que je viens seulement de découvrir leur existence) bariolés de plusieurs pays différents, quelqu'un derrière mon épaule m'a fait la réflexion comme quoi je n'étais peut être pas assez claire avec les références utilisées. Ce qui est vrai, j'aurais dû mettre d'avantage d'annotations en dessous plutôt que vous laisser galérer à chercher des infos sur google (si jamais c'est le cas). Du coup je suis allée mettre les derniers chapitres à jour, d'une part pour les rajouter, ces fameuses annotations, car même si cette fic a une visée parodique, elle a aussi pour but de vous faire (re)découvrir des textes, des chansons et tout ces choses qu'on n'irait pas lire de nous même. (Vous savez quoi ? En les parodiant, je n'ai jamais lu autant de fables de toute ma vie.) Mais d'autre part pour corriger toutes ces affreuses fautes d'orthographe qui m'ont fait saigner des yeux à la relecture. Trop tard, c'était déjà posté.
Mon profil a également été mis à jour. Vous pourrez y trouver des liens qui vous mèneront aux textes parodiés et à la playlist de la fic (pour l'instant elle ne contient que quelques versions de la musique du dernier chapitre, La Jument de Michao).

Sur toutes ces belles paroles, je sous souhaite une bonne lecture !

Note bis : « Ba-tra-cho-myo-ma-chia. C'est bon, c'est retenu ? »


Chapitre 4 : Batrachomyomachia


Roxas appuya son dos contre la souche derrière laquelle il venait de trouver refuge, essayant tant bien que mal de reprendre son souffle. Il était en nage après avoir tant couru, et ses membres tremblaient sous l'effet de l'adrénaline. Il espérait vraiment lui avoir échappé, car il ne supporterait une autre course dans la minute. Mais si jamais l'autre lui mettait la main dessus, il était fini.

Il dressa l'oreille et bloqua sa respiration devenue trop bruyante. Il n'était pas loin, Roxas le savait. Il lui faudrait bouger avant qu'il n'arrive. Enfin elle. Mais dans un cas comme celui-ci, il s'en fichait bien du sexe, de l'âge ou même du nom de son agresseur. C'était un chat bordel !

Comme si on avait voulu que ses pires craintes se réalisent, la Souris entendit remuer non loin, de l'autre côté du vieux morceau de bois. Il arrive ! Le stress remonta et il se crispa. Mais sa tête n'en resta pour figée pour autant. Au contraire, agitée de mouvements frénétiques, il cherchait une issue de tous les côtés. Et c'est à ses pieds, au coin d'une racine qu'il la vit. Sa seule chance de survie. Il plongea sous la souche à l'intérieur du trou, alors qu'à cet instant même la bête contournait l'obstacle qui les séparait à peine quelques secondes plus tôt.

Maintenant, il était à l'abri. Il pouvait se calmer en entendant le Chat s'agiter devant l'entrée de l'étroit tunnel souterrain et qui tantôt s'essayait à passer sa patte trop grosse par l'embouchure. Qu'il y reste coincé, tient !

Mais le Chat ne décolérait pas. Ni ne décollait d'ici. Il ne resta à Roxas qu'une solution. Suivre la gallérie, tout en supposant l'existence d'une autre sortie.

Les tunnels, il en avait l'habitude. Il était Souris, après tout. Et une Souris claustrophobe, ça ne vit pas longtemps. Quoi qu'il trouva celui-ci tout de même un peu étroit pour lui. Jusqu'à présent, il n'avait encore rencontré aucun autre rongeur à Selbaf. Peut-être se terraient lis tous dans l'ombre, bien à l'abri des assauts du Chat et autres psychopathes et qu'il n'y avait que lui, jeune inconscient, pour se promener ainsi à découvert à travers tout le royaume. Ou bien… Ou bien il était le dernier représentant de son espèce encore en vie à ce jour, les autres tous dévorés par cette monstrueuse créature. La vie à Selbaf ne lui était pas encore assez familière pour répondre à cette question existentielle.

La galerie s'éclaira bientôt d'une pâle lumière. La sortie ne devait plus être très loin. Cependant, il n'avait aucune idée du lieu où il reprendrait contact avec le ciel. Il devait à tout prix rester aux aguets. Notamment si le Chat l'attendait de l'autre côté. Si lui avait encore beaucoup à découvrir de cette terre inconnue, la bête qui désirait sa peau devait déjà connaitre le secret de ces souterrains par cœur !

Roxas passa la tête par l'ouverture avec méfiance. La voie semblait libre. Mais il ne connaissait pas du tout cet endroit. Enfin il ne connaissait pas plus le quartier avant de sauter dans le trou. C'est que l'autre l'avait coursé pendant un sacré bout de temps !

Il eut à peine de quoi s'extraire et faire quelques mètres qu'on l'interpellait déjà.

- Eh ! Toi ! Le Pommier !

- Moi ?

- Non, la Souris devant toi.

Et la Grenouille partie d'un grand éclat de rire. Roxas comprit de suite à quoi faisait allusion son interlocuteur. Faut dire que jusqu'à présent, aucune de ses entrées n'avait été très soignée. Il leva les yeux au ciel. D'une part parce que la boutade qui lui était adressée n'était pas d'un niveau exceptionnel, mais également – et surtout – pour cacher son embarras. Il ne put qu'attendre que le fanfaron calme son hilarité.

- Moi c'est Demyx, entonna-t-il en lui tendant la main.

- Roxas.

Il accepta la poignée de main, toutefois plus distant et moins bavard.

- On ne t'avait pas encore vu dans le coin. Tu es nouveau ?

- Oui. Je… suis un ami de Naminé, hésita-t-il.

- Bienvenu chez nous ! Selbaf, le Royaume des Fous ! C'était un petit peu le chaos l'autre jour, tout le monde est un peu à cran en ce moment. Tu as pu prendre tes repères ?

- Ben, c'est que… Je me suis un peu égaré en fait…

- Ne t'en fait pas, ça viendra ! Mais tu ne sais plus du tout d'où tu viens ?

- C'est pas tout à fait ça… J'ai fait la rencontre de Larxène, et depuis elle ne veut plus me lâcher…

- Larxène ! Ah ! Une vrai furie celle-là. Suis-moi, chez moi elle n'osera pas venir te toucher.

Sans que Roxas ne lui ait donné son accord au préalable, Demyx lui attrapa le poignet et le traîna à sa suite. S'il avait eu le choix, peut-être aurait-il longuement hésité. C'était qui, ce survolté qui apparaissait comme ça de nulle part, qui lui parler aussi familièrement et l'emmenait chez lui alors qu'ils ne se connaissaient même pas ? Mais à ses côtés, la Souris oublia bien vite ses complexes. Quoi qu'un peu étrange, ce type n'avait rien de bien méchant. Roxas lui accorda même sa confiance, tant et si bien qu'à peine quelques minutes plus tard, les voilà tous deux au bord à étang à causer bouffe.

- Pouah ! A l'eau de mer ? Mais ça doit être répugnant !

- Dis pas ça ! Tu n'as jamais goûté ! Si ça se trouve ça pourrait devenir ton parfum de glace préféré sous peu.

- Mais ça doit être… salé !

- Et sucré à la fois. Ne fais pas cette tête ! Tu verras, ce n'est pas si terrible que ça. C'est même un parfum extraordinaire ! La prochaine fois que tu passeras, je t'en mettrais une entre les mains. Malheureusement je n'en ai plus actuellement dans le congélo. Axel est venu prendre la dernière.

- Axel ? Axel le Goupil ?

- Lui-même.

- Vous êtes amis ?

- Ça t'étonne ?

- Mais… Tous ces gens qui ont des comptes à régler avec lui… Et puis tu es même venu au Cons- Oh !

- Mmh ?

- En fait… Tu es venu saboter le jugement ?!

- Chut ! Pas si fort ! Même les cailloux ont des oreilles.

Sous l'intensité des globes exorbités de Roxas, Demyx vérifia les environs d'un rapide coup d'œil.

- Cet imbécile a beau être un chieur de première, il n'en est pas moins mon meilleur ami.

Les traits de Roxas se radoucirent lorsque ceux de son camarade perdirent de leur éclat.

- Mais il n'a pas l'air de saisir l'ampleur de ce qu'il encoure. Qui sème le vent récolte la tempête. Sincèrement, je ne sais pas si je parviendrais à l'en préserver encore longtemps.

- Toi-même tu risques gros pour lui, fit remarquer la Souris.

Demyx éclata de rire.

- Moi ? Beaucoup moins que ce que tu ne penses. Ils ne sont pas très doués à la Cour suprême, tu sais. Et puis il faut bien le materner un peu cet enfant !

Jusqu'ici, Roxas avait entendu un petit peu de tout concernant le Goupil. Tout ce venin craché par le peuple de Sefbal lors du Conseil. Quoi que, tout le monde n'avait pas pris la parole en vue de descendre le Goupil. Ou pris la parole tout court. Sans compter tous ceux qui n'avaient pas réussis à se faire entendre dans tout ce bazar diplomatique. Il y avait également ce Singe – Kora ? Mora ? – qui n'était intervenu que dans le but de détourner l'attention du sujet principal. Était-il un ami du Renard, lui aussi ? Si Demyx avait été le premier à poser la clé de voûte, le Singe avait quant à lui posé le toit à l'édifice. Édifice destiné à mettre le Goupil à l'abri. Mais édifice qui selon les propres dires de son fondateur était loin d'être inébranlable. Et contrairement à ce que pouvait en dire Demyx, Roxas se doutait bien qu'ils n'étaient pas tant en sécurité eux non plus.

Le cas d'Axel l'intriguait beaucoup. Bien qu'il ne l'ait encore jamais rencontré en personne, Roxas en avait déjà entendu d'avantage sur lui que sur n'importe quel autre selbafois. Et la façon dont Demyx, son meilleur ami, parlait de lui, inspirait à la Souris de la sympathie et de la peine pour ce sale gosse jouissant sous l'emblème du carpe diem. Mais il n'eut pas le temps d'approfondir ses réflexions qu'une onde des plus négatives vint les parasiter. Se pourrait-il que…

Oui, sans aucun doute. Ça puait sa présence à trois kilomètres à la ronde. Peut-être même était-il déjà trop tard pour se trouver une planque décente. La Souris se crispa une nouvelle fois, la 8e aujourd'hui, le 27e cette semaine, sous le regard surpris de son nouvel ami.

- Roxas ?

- C'est Larxène ! Vite tirons nous !

- Attends ! Tu oublies que tu es chez moi. Plonge dans l'eau !

- Quoi ?

- Plonge je te dis ! Les chats n'aiment pas l'eau.

- Mais… Mais je ne sais pas nager !

- Putain ! Tu pouvais pas le dire plus tôt !

- J'en savais rien, moi, tu m'as juste dit qu'elle n'oserait pas venir ici !

- Merde merder merde… Monte sur mon dos !

- Quoi m-

- Non ferme la et monte !

La « conversation » était clairement montée dans les aigus au fil des répliques, nos deux confrères cédant à la panique suite à la révélation de la Souris. Et bien que cette dernière ne fût très rassurée quant au plan de la Grenouille, le manque de temps la poussa à lui sauter sur les reins les bras serrés autour de la poitrine en une position très maladroite. Mais le monté ne put corriger la prise du montant que déjà le Chat apparaissait dans son champs de vision. Il dût se jeter à l'eau.

Roxas poussa un petit cri lorsqu'il sentit son corps se faire submerger. Ce qui était une très mauvaise idée en somme, puisqu'il but la tasse immédiatement. C'est en recrachant ses poumons et cramponnée comme une étoile de mer à son rocher que la Souris refit surface au milieu de l'étang. Quand il fût sûr que son ami eut correctement allégé ses organes d'au moins cinq litres d'eau, Demyx prit la parole.

- Ça va Roxas ?

- Voici clairement la raison pour laquelle je n'aime pas l'eau...

- Tu t'y habitueras. Je pourrais même t'apprendre un jour.

- Mouai…

- Par contre je ne pourrais pas te porter bien longtemps. Tu pèses aussi lourd que moi.

- Attends, t'es pas sérieux j'espère ! Et quoi, tu vas me laisser couler après m'avoir pressé de te monter dessus ?!

- Relaxe, frangin ! On est chez moi je te signale. J'ai du mobilier, ne t'inquiètes pas.

- Oui, évidemment.

Mais il ne put masquer l'amertume dans sa voix, trop nerveux pour y prêter attention.

- Tiens, tu vois ce nénuphar ? C'est mon canapé. Prends donc un siège, l'invita l'amphibien tandis qu'il nageait en sa direction.

Roxas posa un pied d'abord peu assuré sur le rebord du dit mobilier. Et si jamais le nénuphar cédait et le précipitait au fond de l'étang ? « Tu pèses aussi lourd que moi », lui avait dit le propriétaire des lieux. Si la Grenouille sautait sur les nénuphars, il n'y avait aucune raison pour que ceux-ci s'écroulent sous son simple poids. Il posa les fesses sur la couche, heureux de retrouver un semblant de terre ferme. Alors qu'il peinait à essuyer son fin pelage et son poil capillaire jusqu'alors indompté, et la Grenouille prit place à ses côtés.

- Tu vois ? Quand je te disais qu'elle n'oserait pas venir te toucher ici. Hé ! Regarde la fulminer sur la berge. Ma demeure est impénétrable !

- Ce n'est pas peu dire…

Effectivement, au bord de l'étang, Larxène faisait les cent pas. Comme tout à l'heure devant la vieille souche. Mais encore une fois, au lieu de laisser tomber et de simplement tourner les talons, Le Chat posa lui aussi les fesses au sol. Sur la vraie terre ferme.

- Euh… Demyx ?

L'interpellé haussa les épaules.

- Bah. Elle partira de l'étang quand elle en aura marre. Puisque t'es là, je vais te montrer mes instruments ! chantonna-t-il.

Et c'est ainsi qu'ils passèrent l'après-midi. La Grenouille lui présenta tour à tour sa mandoline, son synthétiseur, son accordéon, son harmonica, sa table de mixage, son ukulélé, son tam-tam et j'en passe et des meilleures. A la fin de tout ce cirque, il resta avec son sitar entre les mains, son instrument fétiche. Il joua jusqu'à ce que le mal de crâne s'installe définitivement dans la boite pensante de la Souris. Pas que le joueur s'y prenait mal, mais Roxas n'avait jamais été un grand fan de musique. Et alors qu'il était à l'agonie, le Chat, lui, ne bougeait toujours pas. Ce qui le tout réuni le mettait de très mauvais humeur.

- Demyx… Je veux rentrer chez moi.

- On a encore un problème.

Pour illustrer ses dires, il pointa le félin du sommet de son crâne, les mains prises par le manche te les cordes.

- Je sais.

A vrai dire, Larxène se montrait en ce moment même bien plus patiente que lui.

- Mais tu ne sais pas comment on pourrait l'éloigner ?

Demyx grattait pensivement ses cordes.

- Je sais ! Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ?

Roxas se releva d'un bond alors que Demyx reposait son instrument avec toutes les précautions du monde, sous les yeux de la Souris qui le regardait comme s'il était son dernier espoir.

- Je vais faire distraction en créant une vague et l'arroser avec.

- Tu vas quoi ? demanda un Roxas éberlué. C'est quoi cette histoire de créer une vague ?

- Ben oui, créer une vague. Et l'arroser avec. Je maîtrise l'eau !

Si Demyx était tout fier de sortie sa dernière réplique, Roxas, lui, se faisait sceptique.

- Tu maîtrises l'eau.

- Bien sûr !

Bien sûr. Comme s'il s'agissait d'une évidence née.

- Allons bon. Et moi je suis un maître de la Keyblade.

- C'est vrai ?!

- Bien sûr que non. Ça n'existe même pas.

- Rien ne prouve que ça n'existe pas. T'en sais rien, si ça se trouv-

- Bon et bien vas-y ! Fais nous voir tes incroyables pouvoirs magiques !

- Eh doucement ! Ne précipite pas l'artiste.

Devant un Roxas incrédule – il le prenait surement pour un fou -, il réalisa une espèce de dance qui se voulu proche d'un enchaînement de Shaolin Kung Fu, avant de tendre finalement les bras vers l'eau tout en récitant son incantation abracadabrantesque – « Dance, eau, dance ! » - et puis…

Rien.
Bah. Fallait s'y attendre.

- M- Mais… ! Pourquoi… ?

- On dirait que ton fabuleux plan tombe à l'eau, Dem-Dem.

- C'est ça, vas-y, paie toi ma tête.

Et il s'en alla bouder à l'autre bout du nénuphar comme un gros gamin. Au moins, Roxas n'avait plus sa musique dans les oreilles. Mais à peine assis qu'il se retourna pour régler ses comptes.

- En attendant, j'ai essayé quelque chose pour la faire fuir, moi ! Essaie un peu, qu'on se marre !

Mais Roxas ne répondit rien, peu désireux de se fâcher avec cet ami encore tout frais. Non, il préféra réfléchir. Penser à un moyen de détourner son attention. Quant à la sienne, d'attention, elle se focalisa bien vite sur tout autre chose. Un mouvement suspect sur la berge, qui n'appartenait pas au Chat. Un amas de fourrure rousse – très rousse – qui venait de sortir d'un buisson quelconque.

- Salut Demy- Ah ! Mais tu as de la compagnie !

Le nouveau venu traça le parcours Chat-Souris, Souris-Chat du regard. Quand il revint sur la Souris, son sourire s'élargit jusqu'aux oreilles. En cet instant précis, Roxas ne sut s'il devait craindre d'avantage le Chat ou le Renard. Mauvais pressentiment. Et Roxas ne se trompait guère.

- Axel tu ne pouvais pas mieux tomber.

- Je vois ça.

Le Chat vint se frotter contre lui tout en ronronnant. Oubliée, la Souris. Larxène avait trouvée bien mieux. D'autant plus qu'il était rare qu'il se laisse ainsi câliner.

- A moi, tu m'en dois une.

- A toi, Demyx, oui.

- L'autre abruti ne sait pas nager.

- Quel dommage.

L'autre abruti ? Non mais il s'est vu, lui ? Et qu'en plus il disait ça en l'ignorant superbement. Ça sonnait bien, comme présentation, tient. Et l'autre là. Quel dommage. C'était quoi ce ton mielleux ?! Peine et sympathie, mon cul ! Qu'il aille crever au Conseil !

Enfin, Roxas pouvait bien vociférer intérieurement autant qu'il voulait, sa réaction fût toute autre lorsqu'il vit la Grenouille s'approcher de l'eau.

- Attend ! Tu ne vas pas me laisser ici ?

Non. Sa réaction fut presque de le supplier. Demyx se tourna vers lui tout sourire. Il souffla à son attention :

- Dance, eau, dance.

Et il piqua une tête dans la marre. Si Roxas était un abruti, alors Demyx devait bien le Roi des Salauds.

C'est ainsi que le Souris se retrouva coincée sur son nénuphar, seule et plus impuissante que jamais, face aux regards insistants des deux compères – le Chat l'avait définitivement laissé tomber.

- Demyx ! cria-t-il.

- On ne critique pas le pouvoir de l'eau, souviens t'en !

Gnagnagna et le pouvoir de l'eau et gnagnagna.

Il voulait en voir, du pouvoir de l'eau ? Pas de problème. Roxas saurait y faire. Manquait plus de réfléchir au moyen de la créer, cette fichue vague. Il regarda autour de lui. Ok, une mandoline, un harmonica, un autre instrument dont il n'avait pas réussi à retenir le nom exotique – pas le sitar, bien sûr Demyx n'était pas assez inconscient pour laissé seul avec son instrument favoris -, et puis… Oh, bien sûr, une feuille de nénuphar. Peut-être qu'avec un peu de chance, il parviendrait à faire fuir le Chat en jouant plein de fausses notes. Autant rêver. Il était franchement mal barré. Il étudia cependant la mandoline.

- Puisque tu m'as lâchement abandonné, tu ne m'en veux pas si j'abîme un peu tes cordes pour me tirer de là ?

- A ta guise, li répondit Axel.

- Eh ! Ce sont mes cordes !

- Laisse, je veux voir comment le petit se débrouille.

- C'est toi qui paieras les réparations.

- Profiteur.

- Radin.

- Trouduc.

Mais Roxas ne prêtait déjà plus attention aux chamailleries des deux amis sur la rive. Peut-être qu'en faisant comme ça… Combien ça pèse, un chat ?

Revêtissent la veste de MacGyver, il commença à démonter les cordes de la mandoline sous les lamentations de Demyx – « Non mais regarde-moi ce bourrin ! ». Bien fait. De toute façon, il ne l'aimait pas, la mandoline. A chaque corde arrachée, Demyx poussait un cri de douleur pour elle. Il en avait les larmes aux yeux quand Roxas retira la dernière – « Pourquoi tant de haine ? ». Après les avoir consciencieusement attachées les unes au bout des autres, il estima les taille du fil encore trop courte. Il s'attaque donc au deuxième instrument à corde. Demyx ne supportant plus de voir toute cette violence, toutes ces abominables tortures, enfouit son visage dans le flanc du rouquin où il se répandit en gémissements inintelligibles.

Une fois la longueur souhaitée en main, il jeta le milieu du fil dans l'eau et l'enroula autour de la tige du nénuphar. Il entama alors des mouvements de va et viens sur les deux extrémités.

- Je rêve ! Mon canapé ! Il est en train de scier mon canapé !

- Tu en as des dizaines.

Ce travail lui pris plus de temps qu'il ne l'aurait pensé. Hé ! Ce n'est pas tout fin, une tige de nénuphar ! Une fois la tâche accomplie, il se saisit de la carcasse de la mandoline et pagaya ainsi jusqu'à la rive. Il s'arrêta à une dizaine de centimètres du bord devant le Chat – et par conséquent devant les deux autres. Mais Larxène ne lui prêtait toujours pas attention. Ce qui l'agaçait un peu. Il ne pouvait pas compter que sur l'unique présence du Renard pour sortir d'ici. Roxas souffla un grand coup à s'en percer les tympans dans l'harmonica. Et puis – Ô miracle ! – le Chat redevint chasseur. Et il était manifestement de mauvais poil. Quel est l'effronté qui ose me déranger en plein ronron avec Axel ?

Larxène s'aventura sur le radeau de fortune de notre jeune ami. Et puis – Ô misère ! – le Chat glissa dans l'eau. En effet, un Chat étant nettement plus lourd qu'une souris, il était évident que le nénuphar ne tiendrait pas sous son poids. Voilà la pauvre qui, surprise, se débattait dans la marre, buvant la tasse et son pelage mouillé mouillé mouill-
Oh ! Mais en fait on s'en fout de Larxène. De toute manière les chats ont neuf vies, c'est bien connu.

Intéressons-nous plutôt à Roxas qui avait sauté juste à temps avant le naufrage de canapé' flottant pour atterrir aux pieds du Goupil qui affichait un grand sourire – moins psychopathe que le dernier, toutefois.

- Ça vous tente une glace à l'eau de mer ?

Demyx hocha tristement la tête. Sa mandoline, à laquelle on avait épilé toutes les cordes comme un sauvageon, avait servi de pagaie, son canapé dûment scié avait pris la flotte, et son étang était maintenant rempli de poil de félin. Elle avait intérêt à être bonne, la glace !

- Rappelle-moi de ne plus jamais me fâcher avec toi, grommela-t-il au responsable.

Peut-être que ce dernier commença à se sentir un peu responsable. Et désolé. Mais il ne s'en excusa pas pour autant.

En revanche, il serait grand temps pour lui de revoir ses jugements quant à Axel. Celui-ci le collait à présent d'une bien étrange façon.
Oui, il serait grand temps.


Références :

- Batrachomyomachia, traduit littéralement par "La bataille des grenouilles et des rats", écrit par Homère.

Après avoir écrit l'Iliade, Homère en a fait une parodie dans Batrachomyomachia, un récit bien plus court que le premier, en remplaçant les personnages par des animaux.
Pour résumer un peu, Psicharpax est un rat qui échappe à l'attaque d'un chat et atterri chez Physignathe la grenouille. Ils sont tous deux roi et reines de leur peuple. La grenouille offre l'hospitalité au rat et lui propose de venir visiter son étang. Et cette fois je n'invente rien, ils parlent réellement bouffe en faisant les présentations. Bref, le rat accepte à reculons de monter sur le dos de la reine - il ne sait pas nager -, mais une fois au milieu de l'étang, une hydre les attaque - ne vous approchez jamais des marres aux canards les enfants, c'est dangereux - et le rat se noie. Et c'est ainsi que, métaphoriquement, la guerre de Troie fut déclarée. Bouya !
Le texte - traduit bien sûr, j'aime le sadisme mais il y a des limites - est disponible depuis mon profil.

Note : Merci d'avoir lu ! Ce chapitre fait le double en taille des autres chapitres.
Le prochain portera sur... Un insecte. Mais vous n'en saurez pas d'avantage. Nah. :P

Rendez vous la semaine prochaine !