La grande aventure !
chap. 43 : L'histoire passée de Subyard ! La famille avant tout !
Info : Camille à constitué un équipage de pirate avec Pierre-André, mécanicien ; Kemi, cartographe ; Antoine, archéologue ; Alexandre, tireur d'élite ; et Morgan, cuisinier. Objectif : Grand Line ! Malheureusement, ils tombent dans un trou dans la mer qui les emmène à Subyard, une ville sous-marine occupée par des sirènes et des hommes poisson. Ils font la connaissance de Linda, Hélène et Frannie, ainsi que de Cero et Élodie. Mais un adversaire fait son apparition.
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« -Qu'est-ce que tu racontes ?! Peur que ça recommence ? Ne dit pas de salades ! Réprima Stucker.
-Il y a 23 ans... Se remémora Camille. Ça n'a pas quelque chose à voir avec Élodie ?
-Exact. C'est l'année ou le Sailing Flor s'est écrasé ici. Ce bateau a eu moins de chance que le votre.
-Frannie, cette histoire doit rester entre nous. Je ne te l'ai pas racontée pour que tu la dises au premier humain qui passe !
-Je fais ce que je veux ! Tu ne vas pas m'empêcher de parler ?
-Frannie... »
La jeune poisson-requin regarda Camille droit dans les yeux. Mal à l'aise, la capitaine piétina sur place en attendant que Frannie commence son histoire. Le barracuda semblait ne pas vouloir arrêter sa fille, mais était dégouté qu'elle révèle le passé de Subyard, et le leur par la même occasion. Une veine saillait sur son front, il était prêt à sauter à tout moment.
« -Quand le Sailing Flor est descendu par le Grìs Hulot il y a 23 ans, Subyard ne connaissait pas les Umoins. Et quand les hommes-poisson qui habitaient ici les ont vus débarquer, ils n'ont pas du tout pensé qu'ils pouvaient être dangereux, et ont de suite voulu les aider. Ils avaient vaguement entendus parler de ces créatures qui vivaient à la surface et ne voulaient pas les effrayer. Mais ces Umoins n'étaient pas comme vous. Ils nous ont attaqués, avec leurs armes tranchantes et sans remords ont tué beaucoup d'hommes-poisson. Ils ont aussi détruits des habitations et une grande partie du village. »
Le regard de Frannie était illuminé par une expression imbibée de colère et de tristesse. Elle était trop jeune pour avoir assisté aux événements, mais la façon dont on lui avait raconté l'événement l'avait profondément marquée, cela était évident. Stucker, lui, marmonnait dans sa barbe.
« -Attends, je ne comprends pas... Pourquoi vous ont-ils attaqués ? Demanda Camille.
-Je ne sais pas... Ils avaient peut-être peur, ou... ?
-Ce n'est pas grave, poursuit. Souffla la pirate. »
La capitaine se demanda intérieurement comment Frannie pouvait supporter les humains après ce qu'ils avaient fait à son ile, mais se dit qu'elle avait ses raisons.
« -Tout les habitants se sont enfuis. Continua la requin-sirène. Papa était un des premiers à partir, mais il est revenu pour aider les autres. Il a vu qu'ils n'hésitaient pas à prendre en otage des sirènes et des petits.
-Frannie, ça suffit. Interrompit son père.
-C'est pour ça qu'il a la rage contre les Umoins ! Expliqua l'autre. Il croit que vous êtes tous pareils ! Mais ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai, hein ? Élodie et Cero ne sont pas comme ça...
-Ta mère ne serait pas contente de t'entendre parler de ça. »
Frannie sursauta, puis se tut. La remarque l'avait ramené à la raison. Elle retrouva son attitude timide.
« -Maman... Elle va bien ?
-Oui. »
Il croisa les bras et toisa Camille, qui ne savait pas où se placer dans cette querelle de famille. Apparemment, elle ne s'en tirerait pas à bon prix.
« -Cette guerre de territoire à au moins permis que je la rencontre. Mais elle ne veut pas revenir ici, même si je l'ai assurée que j'avais tué les derniers humains. Je lui ai mentit, mais il ne reste plus que les deux autres et vous. Je vais tous vous exterminer pour qu'elle puise revenir ici, à Subyard.
-Les derniers humains ? C'est à dire Cero, Élodie et nous ? Mais ils ne vous feraient jamais de mal ! Et nous, nous ne savions même pas que vous existiez, nous passons juste ! Si nous arrivons à renflouer le bateau, nous vous laisserons tranquille !
-Non ! Je préfère éradiquer la menace, c'est plus sûr. »
Sous les glapissements d'indignation de sa fille, il fonça vers Camille. Cette dernière glissa pour esquiver l'attaque et passa par-dessous. Elle se releva rapidement et fixa Stucker, se préparant à autre chose. Sans pause, l'homme-poisson replongea vers elle. La capitaine s'appuya sur ses mains et porta un coup de pied joint à son ennemi. Elle jubilait intérieurement de pouvoir utiliser cette attaque.
« -Spécial Sanji ! »
Stucker freina mais se reçu tout de même l'impact. Il sentit au moins une de ses cotes se casser. Il enchaina. Il saisit les jambes de la jeune fille et la balança vers le trou.
« -Ah, tu veux jouer à ça ?! Je mange tes pieds mais toi, tu manges la poussière ! »
Camille vit le sol se rapprocher et prépara son fruit du démon pour radoucir la chute. Mais au lieu de glisser par terre comme prévu, elle racla le sol et dut se cramponner à ce qu'elle put pour s'arrêter. Ses mains étaient toute ensanglantées. Qu'est-ce qu'il s'était passé ?
« -Regarde Frannie, fit soudain Stucker, voici mon groupe qui revient, je reconnait Bonta. Ils ont battus les humains. Les hommes-poissons sont les plus forts ! »
Camille regarda du coin de l'œil les trois silhouettes qui se rapprochaient. L'une d'elle ressemblait en effet au poisson-globe. Elle prit peur.
Ses amis... avaient perdus ? Quelle idiote ! Rester là à jouer les fiers-à-bras alors que son équipage avait besoin d'elle ! Pourtant elle croyait qu'ils auraient pu se débrouiller. Elle s'était trompée ? Désespérée, elle retourna à son ennemi. Elle ne voulait pas tomber sans se battre. Mais le visage du barracuda se décomposait peu à peu.
« -Quoi ? Comment ?! »
Alors qu'elle n'y comprenait plus rien, une voix l'interpella.
« -Alors capitaine, tu manges la poussière ? »
Alexandre et Pierre tenaient fermement Bonta en otage. Ils étaient mal en points, mais vainqueurs.
« -Pas du tout. Se vexa-t-elle. Je... faisais une pause. »
Elle se releva immédiatement pour couper court aux gloussements du tireur d'élite.
« -Fait-en une après avoir étalé ce type alors. Continua-t-il. On attend plus que toi.
-Ah bon ? Tu sais si les autres s'en sont sorti ? Demanda Camille, inquiète.
-Aucune idée. Mais ce sont nos nakamas. Ils vont y arriver. »
Camille fut chamboulée par la confiance d'Alexandre et se maudit intérieurement d'avoir douté. Elle était capitaine, et en tant que tel, elle devait croire en son équipage.
« -Bonta ! Rugit tout à coup Stucker. Tu as osé laisser ces humains t'attacher ?
-Je suis désolé boss, j'ai perdu.
-Si tu tiens debout c'est que tu peux encore te battre ! Montre-leur !
-Non. Dit calmement Bonta en le regardant droit dans les yeux. J'ai perdu. »
L'homme-poisson eut un rictus. Il n'arrivait pas à comprendre la situation. D'autres silhouettes apparurent.
« -Ben tiens ! Voila les autres qui reviennent. Sourit Alex. »
D'un côté, Cero, Antoine et Kemi qui semblaient fiers de leur victoire et de l'autre, Pierre-André et Morgan qui se chamaillaient. Dès qu'ils virent Camille, ils lui firent tous un grand sourire.
« -Tout les trois ? Murmura Stucker. »
La capitaine retourna vers son ennemi. Il avait baissé la tête et serrait les poings. Rien ne se lisait sur son visage dur.
« -Ils ont tous perdus ? Mais ils étaient les meilleurs de Calm Belt ! Ils n'ont pas pu... »
Il dévisagea tellement l'équipage que Kemi s'agrippa à Antoine et que Pierre se cacha derrière Alexandre.
« -Bien. Je suppose que tu vas profiter de ton avantage maintenant. Insinua-t-il en s'adressant à Camille. Allez-y, attaquez tous en même temps ! Je vous attends !
-Arrête de dire des idioties ! S'énerva la jeune fille. »
Elle se déplaça tellement vite que Stucker ne sentit que l'impact du coup de poing sur sa joue avant d'être éjecté en arrière. Le trou n'était pas bien loin, et il se rééquilibra pour ne pas tomber alors que Camille le sermonnait.
« -Ce n'est pas comme ça qu'on se bat chez les pirates du Dragon Khan.
-Pardon ? Hésita l'homme-poisson, qui avait encore mal à la mâchoire.
-S'ils m'aident, le combat ne sera pas égal. Un contre sept, ce n'est pas juste. Je refuse. S'ils voient que je risque ma vie, ils n'hésiteront pas. Mais pas avant. Toi, tu insinuais qu'on allait tricher ? Hein ? Qu'on profiterait de la situation ? Quelle bien piètre image tu as des humains. On n'est pas tous comme ceux que tu as combattus il y a longtemps. »
Avec un sourire, elle ajouta :
« -Faut sortir un peu. Donne sa chance à la nouvelle génération ! »
Un mouvement de tête de sa part amena le père à la vue de sa fille. Frannie semblait être devenue muette. Elle qui passait d'hermite colérique à un petit agneau calme au point de faire des jaloux chez les bipolaires quand son père était là, avait maintenant une retenue plus posée. Comme si elle n'avait plus peur.
Comme si le courant passait enfin.
Stucker se décrispa alors, et sous ses trais durs apparut un visage tourmenté.
« -Oh, Frannie, excuse-moi. Je m'inquiétais pour toi, mais tu savais déjà parfaitement ce que tu faisais. J'aurais dû te faire confiance. Tu avais besoin d'un père qui te suive, et j'ai fait tout le contraire. »
Il posa sa main sur son front et détourna la tête.
« -Je suis vraiment nul... »
Il recula d'un pas. Camille scruta le trou et se dit qu'il n'était pas si loin. Cela ne gêna pas Stucker qui continua :
« -Frannie, tu mérites mieux. Je suis incapable d'être ce dont tu as besoin. Je t'ai blessé et je n'ai servi à rien. Ni pour toi, ni pour Subyard, ni pour les hommes-poissons. »
Il recula d'un pas de trop et son pied ripa au bord du trou. Frannie tressaillit et se rapprocha.
« -Non, s'il te plait ! Ne fait pas ça !
-Désolé. Ce sera la dernière fois que je te déçois. »
Sous des yeux effarés de tous, il disparut. Frannie se jeta au pied du creux géant ou disparaissait la main de Stucker.
« -PAPA ! »
Camille resta figée, puis son cerveau se remit à fonctionner.
« -Oh le crétin... Jura-t-elle entre ses dents. »
Elle s'élança vivement vers le trou, attrapa son bâton au passage et plongea à la suite du barracuda, ne prêtant aucune attention aux exclamations de ses amis.
Il y avait une si nette différence entre de température entre la surface et la cavité que Camille en frissonna. L'air était beaucoup plus frais et au fur et à mesure qu'elle descendait elle pouvait voir l'humidité se former sur les parois. Mais son objectif n'était pas le panorama. Elle baissa la tête : Stucker n'était qu'à quelques mètres d'elle. Il avait fermé les yeux, et se préparait sans doute mentalement à son atterrissage. Silencieusement, elle se propulsa vers lui, le bâton plaqué contre elle pour ne pas heurter les bords, et saisit son ennemi de pleine poigne.
« -Que ? Fit Stucker, tiré de sa transe.
-Tait-toi et ne bouge pas ! »
Elle serra l'homme-poisson et de sa main libre tenta de liquéfier le mur avec son pouvoir, mais sans y arriver. La roche restait dure et râpeuse. Sa main ne s'en retrouva que dans un plus piteux état encore. Sans chercher la cause des ratés de son fruit du démon, elle réfléchit d'urgence à un plan de secours.
« -Hé, Stucker, j'ai besoin que tu coopère.
-Pourquoi ? J't'ai jamais demandé de sauter !
-Moi non plus, comme ça on est quitte. Maintenant aide moi !
-Hum... Qu'est-ce que je dois faire ? »
Camille lui expliqua la suite des opérations, et l'homme-poisson tendit les bras vers le bas sous la directive de la capitaine. Celle-ci leva sa main droite, poing serré, prête à exécuter son plan. Elle n'attendait qu'une seule chose... De voir le sol. Ce dernier arriva plus vite que prévu.
« -Ça y est ! Prêt ?
-Prêt !
-3... 2... 1... Go ! »
Dans une synchronisation parfaite, Stucker envoya un torrent d'eau en-dessous pour ralentir leur chute en opposant une force contraire, tandis que Camille mettait son arme à l'horizontale. Le bout de bois accrocha tout de suite le mur, et ses imperfections le mirent à rude épreuve. Elle pria pour que le bâton ne lâche pas avant d'être arrivés. Grâce à leurs efforts combinés, ils atterrirent tout en douceur par terre.
La capitaine laissa le barracuda et décrocha de suite son arme. Les bouts étaient vulgairement amochés. Il était en meilleur état du coté où Pierre-André avait installé la plaque de fer. Cependant il tenait. Camille pourrait toujours le retaper quand son fruit du démon déciderait d'arrêter de faire sa tête de mule.
« -On a atterrît. Souffla Stucker.
-Quelle remarque pertinente. Fit Camille avec une pointe de sarcasme. »
L'homme-poisson ne releva pas, et, très sérieux, poursuivit.
« -Merci... D'être venu m'aider.
-Ah oui tiens ! Sursauta la jeune fille. Ça me rappelle ! »
Elle avança vers Stucker et lui en colla une.
« -Eh ! C'était pour quoi ? S'énerva-t-il.
-Pas de suicide chez moi ! Tu te rends compte que tu aurais pu mourir ? Tu as pensé aux gens que tu aimais ? Tu voulais vraiment les laisser vivre cette peine ?
-Heu...
-Réfléchit à tes actes avant de faire des trucs idiots !
-Bah, ça te vas bien de dire ça ! Toi aussi t'aurais pu y rester !
-Qui, moi ? Je... AH ! J'aurais pu mourir ! AAAAAAH ! »
Stucker hésitait. Cette fille serait-elle stupide ? Bref. Il laissa la capitaine à sa lamentation et regarda aux alentours. Le sol était jonché de débris de bois provenant de la rambarde cassée mais principalement de la cabane qu'ils avaient fait tomber précédemment. L'endroit ressemblait à une petite grotte et continuait en pente vers les profondeurs. Ils avaient eu de la chance de ne pas avoir tout dévalé. Apparemment, la bulle d'air qui protégeait Subyard couvrait cet espace aussi, mais jusqu'où ?
« -Eh, l'humaine, on va continuer à pied. Viens. Ordonna Stucker en se mettant à marcher.
-Oh, ne m'appelle pas comme ça ! Je t'ai sauvé !
-J'fais c'que j'veux.
-Ah non hein ? Attends... Mais attends ! »
Camille courut vers son ennemi, une question la taraudait encore.
« -Comment on va faire pour remonter ?
-On verra. »
Les deux ex-ennemis marchèrent d'un même pas vers ce qu'ils espéraient être la sortie, gardant à l'esprit que n'importe quoi pouvait les attendre au bout de cette grotte.
