La grande aventure !
chap. 44 : L'or des pirates.
Info : Camille à constitué un équipage de pirate avec Pierre-André, mécanicien ; Kemi, cartographe ; Antoine, archéologue ; Alexandre, tireur d'élite ; et Morgan, cuisinier. Objectif : Grand Line ! Malheureusement, ils tombent dans un trou dans la mer qui les emmène à Subyard, une ville sous-marine occupée par des sirènes et des hommes poisson. Ils font la connaissance de Linda, Hélène et Frannie, ainsi que de Cero et Élodie. Mais un adversaire fait son apparition.
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De là où ils étaient, l'équipage n'entendait rien de la conversation entre Stucker et leur amie. Aussi furent-ils choqués lorsque le barracuda se jeta de lui-même dans la gueule du loup en sautant dans le précipice derrière lui.
« -Papa ! Pleura Frannie.
-Il a sauté ? Murmura Antoine aux autres.
-On dirait bien. Lui répondit Pierre, toujours caché derrière Alexandre.
-Qu'est-ce qui lui a pris ? Fit Kemi. Il est malade ! »
Camille se mit soudain à courir, et disparut elle aussi dans le creux béant.
« -Non, capitaine ! Lança Morgan.
-Camille ! Hurla le mécano. »
Ils rejoignirent le plus vite possible la requin-sirène qui avait beaucoup de mal à ravaler ses larmes. Elle se plaqua les mains devant la bouche et laissa les autres s'agglutiner autour d'elle. Mais on n'y voyait pas assez loin pour pouvoir avancer quoi que ce soit. Le cuistot déroula son arme dans le vague espoir que son amie pourrait la rattraper.
« -Sencho !* Sencho !
-Ouais, tu m'appelles si tu arrives à l'atteindre avec ta chaîne, hein ! Remarqua Alex en ne riant qu'à moitié. »
Antoine fut le premier à se redresser. Il se retourna vers Frannie, entourée par Cero qui la cajolait et Pierre, qui vérifiait si elle n'avait rien.
« -Qu'est-ce qu'il y a en bas ?
-On... On ne sait pas. Hoqueta la petite. On ne peut pas y aller.
-Pourquoi ? Demanda Morgan en rangeant son arme.
-À cause de la pression, expliqua Cero, la bulle d'air qui leur permet de "marcher" sur terre risquerait d'éclater, et ils tomberaient à pic, sans pouvoir remonter. Je crois que personne n'est jamais descendu. »
Pierre-André était resté soudé au bord. Il scrutait le moindre détail, rien ne lui échappait. Mais malgré ses efforts, il ne vit rien de plus que les autres. Il s'arracha à son observation pour entrer dans la conversation :
« -Il y a forcément eut quelqu'un ! Un volontaire ou une personne tombée par accident !
-Non. Je suis désolé. Je ne sais rien sur ce qu'il y a en bas. J'espère qu'ils trouveront un moyen de remonter. »
Il fronça les sourcils. Frannie s'agrippa un petit plus à lui.
« -On n'a plus qu'à attendre. Laissa échapper Kemi. »
Ils se mirent en rond. Ne sachant pas quoi dire, personne ne pipa mot. Seul un estomac gronda.
« -...Je mœurs de faim. »
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Les pas de Camille et Stucker résonnaient dans le long tunnel. La capitaine marcha dans une flaque un peu plus grosse que les autres et éclaboussa tout autour.
« -Hé ! Se plaignit l'autre. Doucement.
-Désolé. J'y vois absolument rien.
-Moi non plus, c'est pas une raison.
-Quand est-ce qu'on arrive ? Ils vont s'inquiéter là-haut...
-J'en sais rien ! Je suis jamais venu ici !
-Hein ?! Mais alors tu sais pas où on va ! S'exclama la pirate. Ni s'il y'a une sortie !
-Non, j'en sais rien. Mais c'est la seule voie et je... »
Il s'arrêta sur le coup. Immobile, il tendit l'oreille.
« -Tu quoi ? Reprit Camille.
-Chut !
-Tu entends quelque chose ? »
Elle fit de même, mais rien.
« -Allez ! Qu'est-ce que tu as entendu ?!
-Mais tais-toi ! On dirait... On dirait que quelqu'un joue de la musique. »
Camille réécouta. Cette fois elle l'entendait bien. Une sorte de flute qui jouait trois notes puis s'arrêtait. Reprenais, puis s'arrêtait à nouveau...
« -C'est quoi ce truc ? Chuchota-t-elle.
-On y va ! »
Il s'élança en avant. La capitaine le suivit avec beaucoup de mal. Le tunnel s'agrandissait peu à peu, et, malgré le noir, on pouvait voir les silhouettes des stalactites et des stalagmites les plus importantes. La pirate les évita aisément maintenant que ses yeux les voyait un peu mieux. En plus, l'endroit semblait s'éclaircir. À ne pas regarder devant elle, elle finit par se heurter à l'homme-poisson.
« -Aouch ! Hé ! Pourquoi tu t'arrêtes ?
-... »
N'obtenant aucune réponse, elle contourna le barracuda et comprit ce qui l'avait fait stopper.
C'était magnifique. La grotte qui s'ouvrait devant eux était toute en formes géométriques. Les colonnes étaient hexagonales et même les surfaces planes avaient des parallélépipèdes gravés. Camille observa cela avec curiosité alors qu'ils continuaient à avancer. Elle s'amusait à sauter de dalles en dalles et à contourner les pilons. Les plus fines colonnes étaient aussi travaillées que les grandes, mais extrêmement fragiles, et se cassaient dès qu'on tentait d'y toucher. Le doux murmure qu'ils avaient eut du mal à entendre était à présent très distinctif. Il résonnait à travers la grotte et, plus elle avançait, plus elle pouvait sentir les piliers vibrer sous son ton écrasant, toujours avec cette même régularité profonde. Au plafond, il y avait des reflets pareils à ceux que l'on pouvait voir au fond de l'eau, par une mer calme. Camille se perdit dans la contemplation de tant de beautés.
Elle était plongée dans cet autre univers, quand la réalité la rattrapa. Elle trébucha, et dévala le chemin qui s'était certes élargi, mais avait aussi prit de la pente. Elle enchaina les "Ouille ! Aie ! Ouille ! Aie !" jusqu'à s'arrêter contre un rocher, rocher qui lui souffla dessus immédiatement. Étonnée, elle se retourna et frôla la crise cardiaque.
Ce n'était pas un simple caillou qu'elle avait heurté, mais une tête gigantesque. Plus précisément, c'était la tête du dragon des mers qui protégeait Subyard et qui avait si fidèlement défendu son territoire tout au long. Sur ses gardes, elle croisa les bras à la défensive et recula à tâtons, mais il ne fit rien. Il prit juste une grande inspiration avant d'expirer tellement fort que le chapeau de Camille s'envola. La capitaine ouvrit un oeil : Il dormait. Elle soupira, puis recula jusqu'à rejoindre Stucker.
« -J'ai eu peur. Lui chuchota-t-elle en remettant son chapeau à sa place. J'ai cru qu'il était réveillé.
-Moi aussi. Mais apparemment il se repose. C'est son souffle qu'on entendait depuis là-bas.
-Ah ? Oh, mais oui ! »
Elle prit le temps de remarquer que les nuances de la respiration du monstre marin se faufilaient entre les pilonnes, et de ce fait alimentaient la douce mélodie qu'ils avaient entendue. Les formes carrées de la grotte accentuaient cette musique. Bref, c'était comme le vent entre les arbres, mais 36 pieds sous l'eau.
« -C'est beau. Souligna-t-elle.
-Oui, mais moi ça me pose un problème.
-Lequel ? Demanda-t-elle.
-Comment peut-il respirer ici ? Remarqua Stucker très justement. Il n'est pas censé pouvoir !
-Nihein ?! Fit Camille. Et comment tu fais toi ?
-Moi c'est différent ! Je suis un homme-poisson, j'ai des branchies ET des poumons. Je peux respirer en mer et sur terre. On ne vous apprend rien à la surface ?
-Alors c'est peut-être pareil pour lui ! S'exclama la capitaine sans relever la dernière remarque.
-Hé, doucement ! La gronda Stucker. C'est pas que ça m'embêterais de l'aplatir, mais je préfère éviter. C'est un habitant des mers comme moi. »
La bête montra un peu des dents mais sans plus. Il remua pour trouver une position plus confortable pour son immense tête et se rendormit aussitôt. Camille reprit un ton en-dessous.
« -Qu'il est grand ! Tu crois qu'il est tout entier dans la caverne ?
-Non, il ne pourrait plus ressortir sinon. Mais ça doit être une protection idéale contre ses ennemis. »
Soudain, le regard de Camille fut attiré par un petit quelque chose de brillant au sol. C'était à l'endroit exact ou le monstre avait posé la tête trois minutes plus tôt. Elle s'approcha et farfouilla autour de lui, le barracuda lui chuchotant expressément de s'arrêter. Elle attrapa l'objet scintillant et s'écria :
« -Mais c'est une pièce d'or !
-Chut ! »
Elle scanna l'endroit. C'était une vraie mine ! Et elle venait à peine de le remarquer !
« -C'est rempli d'or ! Il est juste couché dessus en fait ! C'est la caverne d'Aline Bwabwa !*
-Alors c'est ça... Balbutia Stucker.
-Ça ?
-C'est pour ça que je ne comprenais pas quand ils m'en parlaient. »
Sous le regard d'incompréhension de la fille, il s'expliqua.
« -Quand les humains qui ont atterris ici nous ont vu, ils nous ont accusés de leur avoir volé leur trésor. Mais nous ne l'avions pas, et leur bateau venait juste d'atterrir. On ne pouvait pas savoir qu'ils avaient quoi que ce soit de ce genre ! Et de plus, cela ne nous intéressait pas.
-Alors comment ce trésor a-t-il atterrît ici ?
-Leur bateau à suivit le même parcours que le votre. On a retrouvé des pièces près du navire, mais peu. Cela parait très difficile à croire, mais comme à l'époque la cabane n'était pas posée au-dessus du trou mais en construction, leur trésor à très bien pu tomber et suivre le même trajet que nous. Peut-être à cause d'un looping du bateau, ou autre chose.
-Mais... Un navire marchand ne peut pas avoir autant d'or ! Il y a même une couronne ! Comme dans les vrais trésors ! »
Camille se para immédiatement d'un collier assez important sur lequel elle avait posé la main, et continua sa fouille.
« -Là, ce n'est pas à moi de te répondre. Continua Stucker. Je n'en ai aucune idée... C'était peut-être des...
-GROOOOOOA !
-Des Groa ? Répéta la capitaine. Pas comprit.
-Relève-toi, je pense qu'on va avoir des ennuis. »
Camille hésita, puis leva les yeux. La bête s'était réveillée et la fixait de haut, les pupilles dilatés.
« -Et mince. Marmonna Camille.
-Génial. Plus qu'à le mettre à terre.
-Non, attends ! »
Camille retint l'homme-poisson, qui était déjà en train de se déverrouiller l'épaule.
« -Il ne nous attaque pas ? »
En effet, la bête se contentait de les renifler de loin. Finalement, elle bailla, découvrant plusieurs rangées de dents aussi grandes qu'eux, puis laissa retomber sa tête. Camille lâcha le tee-shirt de Stucker.
« -Quoi, c'est tout ? Ragea-t-il en le voyant retourner à sa sieste. Pourtant je le connais, il est toujours enragé que je m'approche de son territoire !
-C'est pour ça ! Devina tout à coup la capitaine. Il ne va rien nous faire... Parce qu'on est déjà sur son territoire ! »
Camille avança vers l'énorme tête si effrayante quelques secondes auparavant et tacha d'approcher sa main sans se la faire dévorer. L'énorme monstre se laissa faire.
« -Pardon ?
-Il ne sait pas que l'on vient de l'extérieur, tout ce qui compte pour lui c'est qu'on ne se dirige pas vers Subyard !
-Oh... Alors on va pouvoir continuer sans le déranger.
-Dommage. Je serais bien restée pour lui faire des gratouilles. »
Ils continuèrent leur marche deux minutes de plus avant d'être obligé de s'arrêter à nouveau. Ils étaient arrivés au bout de leur trajet à pied. Devant eux : le bord de la bulle. Stucker décida immédiatement de partir en éclaireur et traversa tout doucement la bulle. Camille l'attendit en fouillant le trésor, qui s'étalait à ses pieds. A 'Blop' la fit redresser le cou.
« -Alors, ça donne quoi ?
-À peine deux minutes à la nage et on peut voir Subyard.
-Deux... DEUX MINUTES ?! Mais je ne tiens pas aussi longtemps sans respirer moi ! Et... De toute façon, je ne peux pas nager !
-Ah oui, le fruit du démon. Tu es un vrai problème tu sais ?
-Hé ! C'est à cause de toi que j'ai atterrît ici !
-Groaaaaar... »
Le dragon des mers gigota, mettant fin à leur échange. Il sortit à reculons de la grotte en évitant soigneusement de toucher la moindre paroi. On aurait dit qu'il avait fait ça toute sa vie. Lorsqu'il n'eut plus que l'avant au sec, il fixa la capitaine qui se sentit mal.
« -Heu... Qu'est-ce qu'il veut ?
-J'en sais rien. Tu crois qu'il a compris qu'on avait besoin d'aide ? »
Comme en réponse, le monstre pencha sa tête du coté de Camille.
« -Pas possible, c'est extra ! »
Elle grimpa sur son cou en s'accrochant à ce qu'elle pouvait.
« -Ça va faire le deuxième dragon que je monte ! Après les dragons millénaire, le dragon des mers ! Génial ! Stucker, viens !
-Mais qu'est-ce que tu fais là-haut, toi ?! Aucun sens commun... Grommela Stucker en montant à son tour.
-Fais pas ton rabat-joie et... Attends !
-Hein ? Quoi ?
-On a oublié quelque chose de très important !
-Ah bon ?
-Il lui faut un nom !
-Pardon ?! Mais c'est débile comme idée !
-Ça y est, je sais ! Bobby !
-Bo... Bobby ?! S'étrangla l'autre. C'est ignoble !
-Mais non, il aime bien ! Allez Bobby, en route ! »
À peine eut-elle prononcé ces mots que l'énorme bête remua en sortant peu à peu. Camille prit une grande respiration et un grand bol de courage avant que le monstre ne plonge.
L'eau était gelée. Immédiatement, la capitaine sentit que ses forces s'amenuisaient. Elle fit de son mieux pour retenir sa respiration, mais sa poignée devint faible. Elle lâcha sans le vouloir l'énorme écaille à laquelle elle s'était agrippée et chuta en arrière. Heureusement pour elle, Stucker la rattrapa au passage. À la vue de Subyard, le dragon des mers dévia sa course et passa par-dessus la ville. Le barracuda sauta et nagea rapidement les quelques mètres restants, avant de franchir la bulle. Camille reprit un peu ses esprits et se permit de respirer alors que la gravité l'attirait au sol. En chute libre, elle aperçut à peine son équipage plus bas. Mais au lieu de s'écraser au sol, elle atterrît dans les bras du mécano.
« -Vous revoilà capitaine ! Sourit Pierre-André en la déposant doucement. »
Camille descendit des bras du blond pour se faire accueillir par ses amis. Elle regarda du côté de l'homme-poisson, enlacé dans les bras de sa fille, et elle capta un regard qui disait ''On est quitte maintenant''
*Si vous ne connaissez pas Aline Bwabwa, vous devriez aller réviser vos classiques.
