La grande aventure !
chap. 45 : Repos après une journée de combat.
Info : Camille à constitué un équipage de pirate avec Pierre-André, mécanicien ; Kemi, cartographe ; Antoine, archéologue ; Alexandre, tireur d'élite ; et Morgan, cuisinier. Objectif : Grand Line ! Malheureusement, ils tombent dans un trou dans la mer qui les emmène à Subyard, une ville sous-marine occupée par des sirènes et des hommes poisson. Ils font la connaissance de Linda, Hélène et Frannie, ainsi que de Cero et Élodie. Mais un adversaire fait son apparition. Heureusement, ils arrivent à le battre et l'équipage se réunit enfin, après une matinée très mouvementée.
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« -Sugei ! S'exclama tout à coup Morgan. Où est-ce que t'as déniché ça ? »
Il pointa du doigt le collier en or de Camille. Cette dernière baissa la tête et attrapa l'objet.
« -Ça ? Ah oui ! J'ai oublié que je l'avais. »
Elle le retira et le posa entre des mains plus expertes. Le mécanicien ne mit pas longtemps pour lui affirmer que c'était du vrai et lui demander avidement ou elle l'avait eu et s'il y en avait plus.
« -Je l'ai trouvé tout en bas, dans une grotte qui faisait de la musique.
-Une quoi ?
-C'est ton passage sous l'eau qui t'as fait perdre la tête ? Se moqua Alexandre.
-Non ! J'vous jure ! Y'avais une grotte et... et des piliers... Et le bruit se transformait en musique !
-Say what ? Fit Kemi. C'est encore pire quand tu essayes d'expliquer.
-C'est pas vrai... Tu as trouvé la grotte mélodieuse ?! S'écria Antoine.
-Heu... Possible. »
Antoine se retint à Morgan, le sourire aux lèvres.
« -Oh, j'ai toujours rêvée de la voir ! Elle est classée dans les joyaux perdus de l'architecture naturelle. On dit qu'elle peut rendre heureux n'importe qui par ses mélodies, ses sculptures et son dessin intérieur. »
L'archéologue leva des yeux rêveurs.
« -Dire qu'elle est juste sous nos pieds...
-Mais, vous savez d'où proviennent tous ces Berrys ? Demanda Pierre, revenant sur le trésor. Ça ne pousse pas dans les grottes, l'or. Surtout quelque chose de raffiné comme ce collier. »
Camille se frappa dans les mains.
« -Ah oui ! Justement ! Cero ? »
Ce dernier se retourna à l'appellation de son prénom. Il était avec Élodie, qui les avaient rejoints après avoir aidé Linda à faire évacuer les habitants. D'ailleurs, Linda et Hélène étaient revenues elles aussi, mais restaient avec Frannie. Cero fit une accolade à la capitaine avant de la remercier une 30ème fois, puis souhaita savoir pourquoi elle l'avait demandé.
« -Vous deux, vous devez savoir. Supposa la capitaine en s'adressant à Élodie et Cero. Dans la grotte en bas, il y avait un énorme trésor. Stucker m'a dit qu'il provenait forcément de votre bateau le... le ?
-Le Sailing Flor. Rappela Kemi.
-C'est ça, le Sailing Flor. Continua Camille, qui pour sa défense ne l'avait jamais su.
-Mais comment un navire marchand peut-il transporter autant d'or ? »
Les concernés marquèrent une pause, puis Cero reprit :
« -Votre archéologue l'a expliqué assez clairement tout à l'heure. Mais c'est vrai que vous n'étiez pas tous là. Eh bien... Comment dire ?
-Je vais expliquer Cero, murmura presque Élodie, ne t'inquiète pas. Mais avant, si on allait manger quelque chose ? Midi est déjà passé depuis longtemps.
-Oh ouais ! Lança le mécano, qui avait entendu le mot "nourriture" résonner dans son esprit. De la bouffe !
-Attendez, qu'est-ce qu'on fait d'eux ? Demanda Morgan en pointant Stucker et son groupe. »
L'homme-poisson, pour sa part, avait partagé un moment de réconciliation avec sa fille. Ses hommes de main et les deux sirènes les avaient rejoints après coup. Sous l'ordre de ne plus attaquer les humains, Deren, Yamada et Bonta avaient acceptés d'être soignés au mieux par Pierre, assez réticent à l'idée mais poussé par sa conscience propre. Il ne pouvait pas les laisser comme ça enfin ! Maintenant, ils riaient tous ensemble, se moquant déjà de la tournure des événements. Stucker croisa le regard de la bande et s'approcha. Il devina qu'ils attendaient de connaitre la suite des événements pour lui.
« -Je vais partir. De toute manière, on ne voudra plus de moi ici et... Je pense que je vivrais mieux dans l'eau que sur terre. Je vais rejoindre sa mère, avoua-t-il en parlant de Frannie, on a un petit coin d'océan à nous. Elle non plus ne voudra pas revenir ici.
-Et Frannie ? Le questionna un peu abruptement Cero.
-Je reste là ! Confia-t-elle joyeusement.
-Yamada ne comprends pas pourquoi Stucker changer d'avis.
-On pourrait compter sur les doigts d'une main les choses que tu comprends. Ironisa Bonta. »
Ils rirent en cœur. Peu après, les quatres hommes-poissons s'en allaient, laissant derrière eux de plates excuses et des promesses de visite. L'équipage, pour sa part, suivit Élodie et Cero dans leur appartement en ville, et alors que les trois sirènes étaient allés rameutés tout le village, ils leur préparèrent un repas décent. Le reste de la journée, l'équipage le passa tantôt chez le médecin de Subyard, tantôt dehors à recevoir les remerciements de la part des habitants. Pierre avait ressenti les contre-effets de sa potion de régénération rapidement après que les villageois soient revenus : la plupart de ses blessures s'étaient rouvertes et il avait passé la fin de la journée sous la couette, dans le cabinet du médecin de la ville. Il put quand même accompagner les pirates pour la soirée que les deux adultes leur avaient préparée.
Après le repas, ils les emmenèrent un peu plus loin de la ville et allumèrent un feu. C'était assez magique, un feu sous l'océan, et les enfants apprécièrent rien que l'idée. Cero monta une bâche améliorée de sa création au-dessus du feu de camp. Elle récupérait la fumée, ce qui était indispensable pour leur cas. Élodie avait emporté des étoiles de mer caoutchouteuses qu'elle présenta comme un plat d'ici. Les enfants étaient réticents au départ, mais Morgan se lança en premier, animé par son devoir de cuisinier. À la vue de sa tête réjouie, les autres se décrispèrent et essayèrent. Ils identifièrent rapidement cela comme une sorte de marshmallow et ne se le firent pas prier pour en reprendre. L'ambiance au coin du feu était animée, un peu grisée, et chacun était certes épuisé, mais heureux d'être là.
« -Subyard ! Chantonna Antoine. Cette ville va me manquer.
-Vous savez, il ne me tarde pas du tout de partir. Rit Alexandre, que le feu de joie rendait bavard. Pourquoi ne pas rester un peu ici ? Sauf si ça dérange ou que la capitaine veut partir, bien sûr.
-Non, répondit Élodie, un peu de compagnie fera du bien.
-Surtout que c'est pas souvent qu'on a de la visite ! Continua Cero.
-Alors, nous acceptons votre invitation ! Fit la capitaine. De toute façon, le bateau n'est pas prêt de repartir. N'est-ce-pas Pierre-André ? »
Le mécano avait filé vers le Dragon Khan avec l'archéologue pendant la journée, échappant aux adulations du village. Il avait étudié de long en large son navire, et n'en avait pipé mot sur son état depuis son retour.
« -Ouais. »
Il mâchouilla son étoile de mer et en arracha un bout. Tout à sa mastication, il jeta un œil à ses nakamas. On pouvait voir un écran d'inquiétude voiler son regard.
« -Même si on le voulait, je ne pense pas qu'on pourrait repartir de sitôt. Le bois à vachement souffert de son passage sous l'eau. Il va me falloir du temps et une blinde de bois pour le remettre en état. »
Les autres restèrent silencieux à réfléchir. Seule l'étoile de mer de Pierre émit un petit crépitement et il se rendit compte qu'elle avait cramé. Kemi, qui gardait les yeux fixés sur le blond, changeât de cible et s'exclama, toute contente :
« -Enfin, c'est quand même notre premier Happy Ending ! And a real one ! Avec famille réconciliée et tout ! C'est génial !
-On peut dire ça comme ça.
-Vous avez fait un travail extraordinaire ! Les complimenta Cero. Vous êtes sûr que vous êtes des pirates ? »
Ils oublièrent bien vite la mauvaise nouvelle, et lorsque le bol d'étoiles de mer fut finit, Élodie demanda à son ami s'il pouvait aller en chercher d'autres. Lorsqu'il fut partit, elle se retourna vers la capitaine.
« -Désolé de vous avoir fait attendre tout ce temps pour vous répondre, mais Cero est plutôt... Sensible à ce sujet. Je préfère lui éviter la question.
-Attendre pour quoi ? S'étonna Camille.
-Mais voyons, pour le trésor ! »
Bien évidemment, celle-ci avait préalablement oublié le collier et toutes les mésaventures de ce matin. Ce fut le mécano qui le lui rappela en sortant l'objet de sa poche.
« -Ça.
-Ah oui ! Alors ?
-Eh bien, je vais commencer de là où je m'en rappelle. Mais c'est une assez longue histoire. »
Les enfants s'installèrent confortablement. Prêts à écouter patiemment la suite.
« -Bien. C'était il y a 23 ans.
-Whoa ! J'étais même pas née.
-J'avais 12 ans et Cero fêtait à peine ses cinq ans. Nos parents étaient bons amis et les miens dirigeaient la compagnie du Sailing Flor. On habitait sur ce bateau et on faisait des allers-retours entre les îles. Un jour, ils ont proposé à ses parents de prendre des vacances en venant se reposer sur le Sailing Flor, tout frais payé, durant le trajet de leur prochaine livraison. La cargaison qu'ils transportaient leur avait rapporté beaucoup, payé à l'avance, et ils souhaitaient en faire profiter leurs amis. Certes, le trajet était dangereux, mais qui ne risque rien n'a rien. »
Elle vérifia du coin de l'œil que Cero n'était pas sur le retour, et continua :
« -Le voyage se passait très bien passé, jusqu'à ce que, à deux jours de l'arrivée, le Sailing Flor se fasse attaquer par des pirates. Ils ont tué tout le monde. J'avais emmené Cero dans la cale et on s'y était caché, mais ils nous ont retrouvés. Ils ont décidé de ne pas nous tuer pour pouvoir faire pression sur leurs prochaines victimes. Puis ils se sont trompé de route, et, comme vous je suppose, on a été englouti par le Grìs Hulot. Le reste, vous le devinez. Le bateau s'est écrasé, les pirates ont attaqué Subyard, Stucker les a éradiqué. On a été épargné et élevé par les hommes-poissons d'ici. Voilà.
-Quelle histoire... Fit Alexandre sous le choc.
-Comment vous avez fait pour ne pas nous tomber dessus quand on a débarqué ? Après ce que les pirates vous ont fait... Pleurnicha Kemi.
-Les hommes-poissons et les sirènes d'ici nous ont accueillis alors que nous étions des humains. Qui plus est des humains qui leur voulaient du mal.
-Mais ce n'était pas votre faute ! Prit part Morgan.
-Non. Mais ils ne se sont pas basés sur cela, et nous ont élevé dans cette même optique : ne jamais se baser sur une mauvaise expérience ou un simple titre. Je trouve cela admirable de leur part. Il y a eu des réticents à l'idée de nous garder, mais ils sont partis avec Stucker et ils ont formé une ville en parallèle. Quand ils viennent rendre visite, ils nous évitent cordialement. Pour l'or, et bien, c'était tout simplement celui que les pirates avaient accumulé. Ils avaient préféré garder le Sailing Flor et y ont déversé tous leurs trésor avant d'abandonner leur ancien navire en pleine mer et de reprendre la route. »
Elle reprit son souffle, comme épuisée par ce long discours.
« -Le trésor que tu as vu dans la grotte était sans doute celui-ci.
-Et tu peux le garder. Clama une voix derrière elle. »
Cero était revenu. Il faisait nuit à présent, et à l'exeption des personnes autour du feu, on ne voyait plus grand-chose des environs. Ses traits, tirés par les mouvements du bois brulé, paraissaient plus distants que tout à l'heure. Immédiatement, Élodie se releva pour prendre le bol et faire mime de changer de conversation, mais Cero repartit sur son idée.
« -Oui, c'est même une très bonne chose. Prenez-le comme payement. Chaque bonne action mérite rétribution. Il ne nous est d'aucune utilité, et des pirates comme vous en auraient bien besoin. »
L'équipage en resta coi. Camille fut la première à réagir.
« -Hourra ! Notre premier butin !
-De l'or ! Des tonnes d'or !
-Ouiiiiiii ! On va enfin pouvoir vivre convenablement et plus sur les réserves de Pierre-André et Kemi !
-On trinque ! »
Les verres tintèrent. Les étoiles de mer caoutchouteuses furent dévorées sans vergogne, la question du bateau fut remise à plus tard, et tout le monde alla se coucher, épuisé par les événements.
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Qu'il fasse jour ou nuit, il faisait toujours aussi sombre à Subyard. La ville était trop en profondeur pour pouvoir profiter pleinement des rayons du soleil. La seule différence entre les deux horaires était que le jour, d'énormes poissons luminescents passaient en nageant au-dessus de leur tête, en flot presque continu. Il s'agissait d'ailleurs de leurs alevins que les hommes-poissons enfermaient dans des bocaux afin de servir de ce que nous appellerions des lampadaires.
Ce fut un de ces poissons qui, passant trop près de la bulle, éclaira fortement la pièce ou Pierre dormait encore quelques secondes auparavant. Il bailla, se frotta les yeux (en y allant doucement, il avait des bandages aux mains après tout), et observa ce qu'il se passait à travers sa fenêtre.
En bas, les hommes-poissons s'activaient et la bande de pirate était dispersée aux quatre coins du village. Il en revenait un, de temps en temps, transportant du matériel. Avant de repartir, il passait devant Pierre-André pour recevoir des instructions avant d'y retourner.
Tout à coup, il entendit la porte de sa chambre grincer.
« -La sieste est finie. Annonça Alexandre en s'appuyant sur le cadre du seuil. Va falloir que tu viennes nous aider si tu veux revoir la surface.
-Comment ça ?
-Il faut réparer le Dragon Khan. Tu sais ? Notre bateau. Et t'as vu, tout le monde s'y est mis ! »
Le tireur d'élite avait opté pour un look léger et laissé son arme chez Élodie et Cero, tout comme les autres. Pierre le suivit en bas. Là, c'était la folie. Il y avait beaucoup de monde, mais son guide sembla retrouver sa route facilement. Ils arrivèrent près de trois caisses empilées que le mécano appelait plan de travail et où il avait étalé des tonnes de plans. À y regarder de plus près, ils concernaient tous le navire des pirates. La cartographe trainait là en sirotant son chocolat. Alex et elle bavardèrent un moment avant de se faire interpeller par une sirène qui transportait des boissons. Pierre se pencha sur le faux bureau et farfouilla les feuilles. Elles étaient toutes ornées de gribouillis en tout genre indiquant des dimensions, des endroits fragilisés, des réparations à faire d'urgence... Et une tasse toute chaude vint s'interposer entre ses yeux et les feuilles.
« -Ne les abime pas. Lui indiqua Alexandre. Ou sinon le blond va te le faire payer. T'aime le café ? »
Pierre prit la tasse avec un merci et souffla dessus pour la refroidir.
« -Qu'est-ce qu'il se passe ici ? Pourquoi le village est-il en ébullition ?
-Tout le monde s'est regroupé pour nous aider à réparer le Dragon Khan. L'informa l'autre. Pierre-André affirme que si tout le monde s'y met, le Dragon Khan sera en état dans moins d'une semaine. Il en était plus surprit que nous ! Cero dit qu'il peut prévoir l'arrivée du Grìs Hulot 2 jours à l'avance, et aucun signe pour l'instant. Mais il vaut mieux qu'on se dépêche de réparer tout ça quand même. Pierre-André vient juste de repartir vers le chantier et Kemi est ici pour s'occuper de l'organisation. Morgan est aux fourneaux avec certains habitants pour préparer le repas commun de tout à l'heure. Camille et Antoine font un boulot extraordinaire grâce à leur fruit du démon. L'un sèche le bois, l'autre arrive à séparer le bois du sel. Les habitants s'occupent de préparer les matériaux et d'aider comme ils peuvent sur le bateau. »
Il sourit puis lui fit signe de venir. Pierre posa sa tasse sur l'établi et le rejoignit. Ils s'enfonçaient dans la forêt, vers le bateau pirate à coup sûr, à voir le nombre d'homme-poissons faisant des allers-retours.
« -Si j'ai bien compris, tout le monde fait quelque chose d'utile. Mais pas toi ?
-C'est ma pause. Mentit Alexandre.
-T'es un aussi piètre menteur que pirate, Full Gun.
-Qu'est-ce que t'entends par là ? Ce n'est pas parce que l'on est des pirates que l'on n'a pas le droit d'aider des gens. On fait c'qu'on veut !
-Je ne parle pas de ça.
-Très bien, très bien. C'était un ordre de Camille. Juste avant que l'on parte elle m'a demandé de te surveiller. Je ne voudrais pas avoir à faire à elle si jamais tu te perdais ici.
-Eh ! Je ne suis pas un gamin ! »
Évidemment, c'était un ordre. Pierre était partagé entre plusieurs émotions. Il aurait aimé que ce soit par pure gentillesse que le tireur d'élite soit venu le chercher, mais en même temps, il était clandestin sur un bateau pirate. Ils avaient accepté de l'accompagner à bon port, il n'allait pas en demander plus.
Alors pourquoi était-il si… déçu ?
« -Mais... Tu es un très bon coéquipier. Continua Alexandre sans que l'autre ne le remarque.
-Pardon ?
-Non rien. »
Il accéléra un peu. Pierre sourit, puis le rattrapa.
