Il se leva et s'épousseta rapidement en observant le paysage : de la neige à perte de vue et aucune indication du lieu où pouvait se trouver Flora. Soudain, il aperçu un loup blanc assit dans la neige. Quand il s'en approcha, le loup bondit vers la clairière de glace derrière lui et attendit qu'il le rejoigne. Hook le suivit donc. Plus il avançait, plus le temps se chargeait : le ciel devint lourd de nuages, le vent commença à se lever et l'air se chargea d'électricité. Une tempête se préparait. Il commença à neiger, de plus en plus fort et le vent forcit au point que le pirate ne vit plus où il mettait les pieds.

A mesure qu'il avançait, la tempête prenait encore de l'ampleur. Il se demanda un bref instant s'il ne devrait pas s'abriter le temps qu'elle se calme. Puis il se souvint qu'il était dans l'esprit de Flora et que cette tempête n'était pas ordinaire, c'était la jeune fille qui la déclenchait, probablement pour l'empêcher de la retrouver.

– C'est tout ce que tu as ? lui lança-t-il. J'ai survécu à des tempêtes bien pires en pleine mer. Tu ne m'empêcheras pas de te retrouver !

Et il continua à avancer en bravant les éléments. Plus la tempête se déchaînait, plus il savait qu'il était sur la bonne voie.

Au bout de ce qui lui sembla des heures, alors qu'il pensait qu'il allait finir par mourir de froid, le vent tomba d'un coup. Il se débarrassa des paquets de neige accumulés sur lui et observa les alentours. Un immense château de glace se dressait devant lui, le loup blanc couché sur le seuil.

Quand Hook s'approcha, le loup se leva et lui montra les crocs en grognant, comme pour lui interdire le passage.

– Je viens de braver la pire tempête de neige qu'il m'ait été donné de voir, ce n'est pas un loup qui va m'arrêter, le menaça-t-il en dégainant son sabre.

– Je ne te laisserais pas lui faire de mal ! tonna le loup d'une voix grave et profonde.

– Ce n'est pas mon intention, bien au contraire. Mais je ne la laisserais pas non plus se couper du monde ! Je la sortirais d'ici ou je mourrais en essayant !

Le loup le jaugea quelques instants.

– Es-tu prêt à mourir pour elle ? le questionna-t-il.

– A mourir, à tuer, à n'importe quoi ! lui répondit-il d'un air grave.

– Je te tuerais si tu lui fais le moindre mal.

– Et je te laisserais faire avec plaisir si tel est le cas, répliqua le pirate, mortellement sérieux.

Le loup s'inclina et dégagea l'entrée. Hook s'y précipita tout en rengainant son sabre et déboucha dans un long couloir qu'il remonta à vive allure. Il arriva enfin devant une immense porte en glace. Il tenta de l'ouvrir puis de l'enfoncer mais elle ne bougea pas d'un centimètre. A travers ces parois de glace, il put apercevoir Flora, prostrée au sol. Il l'appela à travers la porte, encore et encore à s'en casser les cordes vocales.

– Que fais-tu ici ? entendit-il tout autour de lui.

La voix de Flora semblait flotter dans l'air.

– Je suis venue te chercher, tout le monde s'inquiète pour toi.

– Il ne faut pas, je suis en sécurité ici, répondit-elle.

– Non, tu fais l'autruche ! Tu ne peux pas rester enfermée éternellement ici ! Laisse-moi entrer ! lui ordonna-t-il.

– A quoi bon ?

– Je sais ce que tu ressens, ce que c'est que de penser ne jamais s'en sortir, d'être condamné à être malheureux, à faire toujours le mauvais choix. Mais tu peux combattre cela, tu le dois !

– Pourquoi es-tu là ?

– Pour t'aider et te ramener à la surface.

– Pourquoi ? insista-t-elle.

– Parce que je m'inquiète pour toi et que tu mérites d'être heureuse !

– Pourquoi es-tu là ? cria-t-elle.

– PARCE QUE JE T'AIME ! lui cria-t-il en retour, de désespoir.

Un silence lourd et pesant s'installa, à mesure que les échos de son cri s'éteignaient. Puis un grincement aigu se fit entendre et la porte se brisa en milles morceaux.

Hook se précipita à l'intérieur. Flora leva la tête à son approche, les joues mouillées de larmes. Il la prit dans ses bras et la serra longuement contre lui.

– Je vais te sortir de là, lui promit-il.

– Pourquoi m'aimes-tu ?

– C'est une drôle de question, ma belle, rétorqua-t-il avec un sourire narquois.

Elle le supplia du regard de prendre sa questions au sérieux.

– Très bien, je vais y répondre puisque tu y tiens. Parce qu'on se ressemble beaucoup tous les deux, parce qu'on se comprend parfaitement aussi. J'aime ta compagnie, j'aime passer du temps avec toi, je me sens bien à tes côtés. Je me sens libre d'être moi-même.

– Vraiment ? s'étonna-t-elle.

– Oui ! Quand Milah est morte, j'ai cru que mon cœur était mort avec elle. Jusqu'à ce que je te rencontres. Tu m'as fait confiance alors que tout le monde se méfiait de moi, à raison d'ailleurs ! Tu m'as forcé à voir au-delà de mon désir de vengeance. Tu m'a rappelé qui j'étais avant de devenir Hook. Avec toi, j'ai la possibilité d'être de nouveau Killian Jones, plutôt qu'un pirate alcoolique assoiffé de vengeance.

– Tu as une piètre opinion de toi-même, se moqua-t-elle.

– J'avais. Plus maintenant, grâce à toi. Tu m'as rappelé ce que cela faisait de compter pour quelqu'un et de compter sur cette personne en retour. Tu m'as rappelé que j'avais également droit au bonheur, à une seconde chance. Je t'aime pour tout cela et bien plus encore. Et ça me tue de te voir te fermer à tout cela par peur de souffrir une nouvelle fois.

– Ça fait trop mal... répliqua-t-elle en baissant la tête.

– Je ne te ferais jamais de mal, je te le promets. Je préférerais m'arracher le cœur et le broyer de mes propres mains plutôt que de te faire souffrir, lui déclara-t-il en lui relevant le menton.

– Pourquoi ?

– Parce que je tiens à toi plus qu'à ma propre vie, répondit-il en l'embrassant.

En réponse à ce baiser, l'éclat de glace que Flora avait dans le cœur fondit. Une intense lumière les engloba et le château de glace disparut.

Hook rouvrit les yeux le premier. N'écoutant pas les interrogations inquiètes des autres, il se pencha vers Flora, toujours endormie.

– Reviens-moi, je t'en prie ! l'implora-t-il en lui caressant la joue.

Les paupières de Flora frémirent puis elle ouvrit enfin les yeux.

– Je t'aime aussi, lui répondit-elle avec une infinie douceur en posant sa main sur la sienne.

FIN