Bonsoir à tous ! Cette fic n'était pas dans mes priorités, mais j'ai finalement décidé d'écrire un tout dernier chapitre. Merci à tous pour vos commentaires, favs et follows, c'est toujours très encourageant.

Disclaimer : Les personnages de OUAT ne m'appartiennent pas.


Chapitre 4.

Elle était la plus jolie femme qu'il n'avait jamais vue. Milah était charmante. Cependant, sa nature était froide et désagréable. Il n'avait jamais trouvé Cora particulièrement attrayante. Mais Belle… Belle était la chose la plus magnifique. Il ne pouvait s'empêcher de se demander, en la regardant, ce qu'elle faisait avec lui. Pourquoi ? Il était mauvais, hideux, boiteux et lâche.

Mais il ne pouvait s'empêcher de sourire en voyant sa chère et tendre, recroquevillée dans le fauteuil de la librairie qu'il lui avait offerte, lisant un roman de plus. Elle ne vivait plus chez lui, et avait décidé de s'installer dans le petit appartement qui se situait juste au-dessus de la bibliothèque. Ils apprenaient maintenant tous-deux à se connaître, et Rumplestiltskin s'estimait l'homme le plus chanceux du monde.

Depuis deux jours, cependant, elle avait paru distraite. Elle avait de toute évidence quelque chose à lui annoncer. Il était presque sûr de savoir ce que c'était, et redoutait ce moment fatidique. Il finit par arriver.

Belle referma brusquement son livre, et, après avoir pris une légère inspiration, se leva.

« Rumple… je… j'ai quelque chose à te dire », avoua-t-elle d'une voix tremblante.

Eh bien, ça y était. Il savait que finalement, cela arriverait bientôt. Son Véritable Amour n'avait osé lui faire face, et fixait le plancher. Avait-elle donc peur qu'il ne se fâche ? Bien sûr que non, il comprenait tout à fait qu'elle ne veuille pas rester avec une créature telle que lui. Un sentiment de tristesse l'envahit soudain. Tout cela était donc définitivement fini, alors. Plus de sourires joviaux. Plus de baisers chastes dans la bibliothèque. Plus de « Je t'aime ». Plus rien de tout cela.

Mais comment lui en vouloir, alors que tout était de sa faute ?

Il chancela légèrement, le poids que sa canne et ses jambes portaient devint soudain trop lourd.

« Je comprends, Belle », soupira-t-il. Cela ne devait pas être facile de quitter quelqu'un. Bien qu'il n'ait jamais quitté personne, on l'avait toujours fui avant.

Elle leva ses yeux dans un regard interrogateur.

« Vraiment ? demanda-t-elle.

Il y avait une telle lueur d'espoir dans son regard, que cela lui brisa le cœur. A quoi s'était-elle attendue ? Elle avait eu peur, apparemment.

« Oui, je… je suis désolé. Il vaut mieux que ça s'arrête maintenant, c'est sûr. Je voulais te remercier car… ces-derniers mois ont été les plus heureux de ma vie, avec ceux passés auprès de Baelfire. Merci… Belle. »

Sa voix s'était brisée, et il ne voulait pas qu'elle le voit ainsi, aussi pathétique. Il avança lentement vers la sortie.

« Non ! Rumplestiltskin, attend !

Il ne pouvait pas rester ici une minute de plus. Il s'effondrerait devant elle. Il s'apprêtait à ouvrir la porte quand, soudain, il sentit deux mains le retenir par le bras. Péniblement, il se retourna pour faire face à la toute nouvelle bibliothécaire de Storybrooke, et, étonnamment, la seule chose qu'il vit dans ses grands yeux était des larmes.

Pourquoi ?

Elle devait être soulagée ! Pourquoi pleurer ?

« Belle, je ne…

-Non ! l'interrompit-elle. Tu vas m'écouter pour une fois ! Cette relation, nous l'avons construite à deux ! Alors tu vas arrêter de tirer des conclusions à tout ce que je dis ou fait, et tu vas me laisser parler. Je n'ai jamais voulu te quitter ! Rentre-toi bien ça dans le crâne : je suis ton véritable amour, je t'aime, et tu es bel et bien coincé avec moi ! Alors, voici ce que je tentais désespérément de t'expliquer : ce soir, au restaurant français, 20h00. Tu peux passer me prendre. Et non, je n'attends pas ton accord. »

Elle tourna rapidement les talons et sortit, sous le regard hébété de M. Gold.


« Non, Ruby, j'ai déjà dit 'pas trop décolleté' ! soupira Belle.

-Elle ne l'est pas ! répondit Red en fixant étrangement le tissu qu'elle tenait.

Emma se contenta de ricaner.

-Eh ! Viens nous aider toi, au lieu de rire ! s'indigna la jeune louve.

-Eh bien, commença la Sauveuse, au dernier rendez-vous que j'ai eu, qui était il y a un an, le gars m'a carrément renversé la table dessus, je ne vous serais pas d'une grande aide… »

Belle semblait plus angoissée qu'avant.

« Oh, Belle, ne t'en fais pas, M. Gold est ton Véritable Amour, après-tout, il s'en fichera pas mal de comment tu es habillée ! encouragea l'ancienne garante de caution.

-Je sais, c'est juste que… je veux que tout soit parfait. »

Red sourit à la brune :

« Bon, eh bien, de toute évidence, il n'y a rien dans ma garde-robe qui puisse te convenir ! lança-t-elle. Y aura sans doute plus de choix chez toi, Emma !

-Hein ? s'étrangla la princesse. Non, rien de plus que quelques jeans, des hauts simples, et des vestes en cuir…

-Tu vas pas me dire que tu n'as aucune robe ? s'étonna Ruby.

-Pas vraiment, non…

-Oh, les filles ! s'exclama soudain Belle. Il y a cette boutique, à l'autre bout de la rue… »

Cinq heures plus tard…

« Je crois que tu es prête, Belle ! » déclara la serveuse, fière de leur travail.

La jeune femme était vêtue d'une robe bleue marine, dont les manches lui arrivaient aux coudes. Ses petits escarpins noirs l'avaient grandie de quelques centimètres. Ses lèvres étaient d'un rouge cerise profond, deux petites perles ornaient ses oreilles, mais le changement le plus flagrant était ses cheveux. Emma et Red l'avaient convaincue de les teindre. Toujours brune, la chevelure de la bibliothécaire était cependant plus cuivrée et intense.

Il fallait avouer qu'après vingt-huit ans passés enfermée dans une cellule, ses cheveux étaient devenus ternes, bien qu'autrefois très dorés. Ce nouveau visage lui donnait l'impression de s'affirmer, d'oublier cette partie de sa vie.

Ses deux amies se tenaient derrière elle, un sourire au visage.

« Notre brave Belle est devenue une femme, soupira Ruby. Tu penses qu'il va la demander en mariage ?

-Laisse-la tranquille, Rub' ! répliqua la Sauveuse. Elle est déjà assez angoissée comme ça.

-Mais non ! Belle, c'est pas comme si tu ne l'avais jamais côtoyé !

-C'est vrai, répondit l'ancienne gouvernante. Mais les « rencards », comme vous les appelez, je n'en ai jamais eu. Je souhaite juste être bien pour lui. »

Elle avait prononcé cette dernière phrase avec un soupir. Rumplestiltskin n'était pas le seul à devoir faire face à ses insécurités. Pour Belle, il était le magicien le plus puissant de la Forêt Enchantée. Pourquoi rester avec elle, une simple humaine, qui n'avait aucun don ? Belle n'était pas de nature jalouse, pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de penser aux nombreuses femmes qu'il avait dû connaître.

Sans doute des sorcières plus belles les unes que les autres. Et qui avaient le pouvoir.

« Tu le seras », encouragea Emma.

Après une dernière accolade, les deux jeunes femmes préférèrent la laisser seule.


C'était pourtant simple. Tout ce qu'il avait à faire, c'était frapper. Il avait peur. Ridicule. Lui, le Ténébreux, avait peur de frapper à une maudite porte ! Comme un jeune adolescent boutonneux qui en pince pour la fille la plus belle du lycée ! Quel lâche pathétique il était.

Voulait-il cela ? Oui, plus que tout au monde.

Mais il ne voulait pas la faire souffrir, pas encore.

« Ce qui me fait souffrir, c'est quand tu me rejettes… » avait-elle déclaré.

Se maudissant intérieurement, il toqua, si doucement qu'il ne pensait pas qu'elle ait entendu. Pourtant, il entendit le verrou, et elle lui apparut dans toute sa splendeur.

Jamais il ne l'avait vu aussi merveilleuse. Elle lui souriait radieusement, et il se demandait s'il ne rêvait pas, encore. Mais non, elle était réelle, avec lui.

Il ne pouvait même pas parler tant il était subjugué par elle.

Il se sentit soudain très laid, en comparaison. Elle représentait la jeunesse, la beauté, le bonheur, tout. Lui était toujours aussi vieux, aussi sinistre, aussi hideux, aussi monstrueux, aussi… eh bien, aussi lui-même.

Pourtant, cette-dernière n'affichait aucun rictus moqueur, ou grimace de dégoût.

« Belle… tu es… tu es… magnifique. »

La jeune femme rit avec légèreté. Il aimait tant son rire.

« Je te remercie, Rumplestiltskin. Tu es très beau, toi aussi. »

Il écarquilla les yeux. Beau ? Lui ? Non, il avait sans doute mal entendu.

Il la conduisit ensuite au restaurant. Le serveur, Lumière, était le seul qui leur avait paru gentil. Partout autour, des chuchotements et des ricanements se faisaient entendre. Cela lui rappelait l'homme qu'il était autrefois. L'homme dont on riait à chaque passage, dont on imitait la boiterie avec cruauté. L'homme que l'on bousculait et humiliait constamment.

Personne n'avait plus osé se moquer de lui depuis qu'il était devenu le Ténébreux, mais ça recommençait ce soir.

Belle ne semblait plus à l'aise que lui.

« Qu'ont-ils donc ? gémit-elle. N'ont-ils jamais vu deux personnes dîner ?

-Ils sont simplement impressionnés car la plus belle femme dîne avec le monstre hideux de Storybrooke.

Cette phrase avait été conçue pour être une blague, bien qu'il y ait eu de la vérité en elle, mais Belle ne semblait pas l'apprécier.

-Tu n'es pas un monstre », répondit-elle rapidement.

Il ne pouvait réprimer le sourire qui lui venait. Elle voyait vraiment le bien en tout le monde, sa Belle. Même en lui.

Le reste du dîner passa rapidement. Sans vouloir se l'admettre, les deux étaient impatients de sortir de cet endroit, et d'être enfin seuls.

« Comment peut-elle-même… »

« C'est sûrement un sort qu'il lui a jeté… »

« …une Bête comme lui… »

« Elle ne veut que sa puissance… »

Les murmures devinrent soudain trop pour Rumplestiltskin. Ces gens avaient parfaitement le droit de le détester, mais sa Belle ne le méritait pas. Elle n'avait rien fait. Il sentait qu'il étouffait. Il ne pouvait même pas lui offrir une soirée digne d'elle. C'est alors qu'il réalisa : si elle restait avec lui, elle serait évitée, peut-être même détestée partout où elle irait.

Elle devait en prendre conscience ce soir. Peut-être lui annoncerait-elle que c'était fini ? Peut-être que comme Milah, comme Cora, comme son père, comme tout le monde, elle ne voulait pas de lui.

De son côté, Belle, ayant décidé d'ignorer les méchancetés, tentait désespérément de parler à son Véritable Amour, mais se rétractait toujours.

Et s'il disait non ?

Après-tout, c'était dans son droit, c'était elle qui avait décidé de partir.

Ils sortirent quelques instants plus tard. Tous deux se sentaient revivre, après la pression que l'on avait exercée sur eux dans le restaurant.

« Ce rendez-vous était désastreux… » pensa le sorcier. Cela ne l'étonnerait point si elle le fuyait, maintenant.

« Peut-on… peut-on aller chez toi ? » demanda soudain une petite voix d'un air penaud.

Elle voulait vraiment venir ? Elle ne l'abandonnait pas ?

Il acquiesça timidement et l'accompagna jusqu'à sa demeure. « Avant, notre demeure… jusqu'à ce que je ne gâche tout. » se rappela tristement l'antiquaire.

Cette maison avait manqué à Belle. Elle lui rappelait vaguement le Dark Castle. Cet endroit lui procurait de la chaleur et un sentiment de sécurité. Tout comme Rumplestiltskin.

« Je suis désolée pour ce soir, commença-t-elle. Le restaurant français n'était peut-être pas la meilleure idée que j'ai eue…

-Belle, la coupa-t-il, tu n'as pas à t'excuser. C'est de ma faute. »

Il n'avait pu cacher le tremblement dans sa voix, et la jeune femme sentit son cœur se briser. Il avait l'air tellement coupable, tellement honteux…

« Non Rumple, non, ça ne l'est pas. Ce n'est pas toujours de ta faute. Pourquoi te rabaisses-tu autant ?

Cette dernière question avait été prononcée avec douceur, et elle s'était approchée de lui, lentement.

-Parce que c'est ce que je mérite, avoua-t-il. Je t'aime Belle, je t'aime vraiment. Mais je suis un lâche j'ai peur. Peur qu'un jour tu te réveilles et que tu réalises ce que je suis vraiment… personne ne te blâmerait. Je sais que le mieux serait de te laisser partir, mais je suis trop égoïste pour cela.

-Et si je veux rester ? questionna-t-elle, la voix rauque. Si je revenais ici, avec toi ? »

Il ouvrit la bouche, sidéré par ce qu'elle venait de dire. Mais pourquoi ? Pourquoi cette femme était-elle si bonne envers lui, après tout ce qu'il avait fait ?

Elle était désormais devant lui, et tandis que leur visage se touchait, il murmura :

«Ne pars pas, Belle.

-Je reste, Rumple. »

Succombant au désire qui les accablait, ils finirent par s'embrasser. Jamais Belle ne l'avait embrassé pareillement. Jamais avec autant de passion. Il n'était pas assez fort pour résister.

Il poussa un grognement et répondit lui aussi, avec toute l'envie qu'il avait. Il espérait seulement ne pas la dégoûter… Ils finirent par monter à sa chambre.

« Es-tu sûre, Belle ? demanda-t-il alors qu'elle avait commencé à déboutonner sa chemise. Es-tu sûre de vouloir voir… cela ?

-Je n'ai jamais été plus sûre, sourit-elle. Je suis prête. »


4 ans plus tard…

« Alors, papa, ça fait six mois que tu m'en parles, vas-tu enfin te décider ?

-Neal, laisse-le tranquille ! Je te rappelle que tu as mis du temps aussi, avec moi ! réprimanda Emma Cassidy, un sourire aux lèvres.

-Je sais, Bae », soupira Rumplestiltskin.

Depuis qu'ils étaient retournés à la forêt enchantée, le Ténébreux avait acquis une belle bague, dont la pierre, d'un jaune doré, brillait intensément.

« Elle serait folle de refuser avec un diamant pareil… remarqua Red.

-Rub' ! s'exclama la Sauveuse, tu es incorrigible ! »

La jeune louve prit une mine boudeuse, mais le jeune médecin assis à côté d'elle lui sourit en murmurant :

« Moi, je t'aime comme tu es. »

Avant qu'elle n'ait le temps de répondre, elle fut coupée par Belle qui entrait, un plateau à la main.

« Voici ! déclara-t-elle, fière de son travail. Faites attention, c'est brûlant. »

En voyant le tableau qui s'offrait à lui, le sorcier sourit. Son fils était de retour, et ce, avec sa charmante épouse, Mlle Swan. Il avait réussi à le pardonner pour la lâcheté dont il avait fait preuve. Henry n'était pas ici ce soir, mais avec son autre mère et Robin. Ruby Lucas, une des amies les plus proches de Belle, s'était jointe à eux, en compagnie de son cher et tendre, le Docteur Whale. C'était drôle de se dire qu'en si peu de temps, tout pouvait changer.

Quatre ans étaient passés depuis qu'il l'avait retrouvée. Mais elle n'était que plus belle, et toujours là. Il lui arrivait encore de se demander pourquoi, bien qu'il réussissait à faire taire ses vieilles insécurités. Elle était son Véritable Amour, après-tout, elle avait brisé sa malédiction.

Leurs amis s'éclipsèrent bientôt, et ils se firent face.

« Quelque chose ne va pas, Rumple ? s'inquiéta son Ame Sœur, tu agis bizarrement ces-derniers temps. »

C'était le moment où jamais.

« Je veux te demander quelque chose, Belle, déclara-t-il.

Elle le poussa à continuer.

-Je t'aime, commença-t-il. Tu as toujours vu le bon en moi, même quand il n'y en avait pas. Tu n'as jamais été dégoûtée. Tu n'as jamais ri. Tu es la femme la plus douce, la plus drôle, la plus magnifique de toute la Forêt Enchantée. Il m'arrive encore de me demander pourquoi tu restes avec quelqu'un comme moi. Mais ta foi inébranlable ne me fait plus douter, désormais. C'est pour ça que je te le demande, Belle, accepterais-tu de m'épouser. »

Il avait sorti la bague d'une de ses poches, et l'ancienne princesse avait les larmes aux yeux.

« Oh ! Oui ! Oui, Rumple, je veux t'épouser ! »

Elle s'était jetée sur lui, et ils se serrèrent désespérément pendant de longues minutes. Les sanglots de sa fiancée retentirent plus fort.

« Belle ? Est-ce que ça va ?

-Oui, c'est juste que… j'ai appris une bonne nouvelle aujourd'hui.

Elle se recula pour lui faire face :

-Je suis enceinte, Rumple ! »

Ce n'était pas un rêve, cette fois. C'était la réalité.

Fin.


Eh bien, j'espère que vous aurez apprécié. N'hésitez surtout pas à laisser un petit commentaire de rien du tout, vous ne pouvez pas savoir à quel point c'est encourageant. :)

Un dernier mot concernant les événements abominables de mercredi : Nous sommes tous Charlie.