Réécriture
Comme chacune de mes fictions, j'estimais que ce petit OS méritait une réécriture pour améliorer sa qualité. Je vous la partage maintenant, plus d'un mois après la Saint-Valentin, et j'espère qu'il vous plaira !
Salut tout le monde, me revoilà avec un court OS spécial St-Valentin
Il s'agit évidemment d'un SwanQueen, la narration est du point de vue de Regina ;)
Comme vous le savez, l'univers et les personnages de Once Upon A Time ne m'appartiennent pas
Alors, agréable lecture, mes adorables lecteur-ice-s !
Valentine's Day
Regina détestait la Saint-Valentin. C'était une fête qui n'existait pas dans la Forêt Enchantée, mais dès lors qu'elle avait lancé la malédiction, elle avait su qu'elle détesterait le quatorze février.
Tous les habitants de cette ville semblaient être fleur bleue à son plus grand désespoir. Elle qui venait tout juste – à quelques mois près – de subir la perte de son véritable amour pour ce qui devait être la troisième fois dans sa vie.
Elle n'avait plus eu de nouvelles de Robin et sa famille depuis environ trois mois et quatre jours. Oui, elle était désespérée au point de compter les jours. Néanmoins, il s'avérait que cela faisait également trois mois et quatre jours qu'Emma faisait partie de l'Opération Mangouste. Une opération qui semblait stagner à leur plus grande frustration. Impossible d'en apprendre plus sur celui qui se faisait appeler « L'Auteur ». Si elle ne partageait pas cette mission avec les deux personnes les plus déterminées et altruistes de cette ville, Regina aurait sans doute abandonné depuis longtemps. Mais Emma et Henry refusaient catégoriquement de renoncer à son bonheur.
Afin d'éviter de passer une énième soirée à déprimer seule dans sa demeure silencieuse, Regina avait décidé de se rendre au Rabbit's Hole. Au moins, elle pouvait déprimer entourée de pleins d'autres célibataires qui l'ignoraient superbement.
- Que vois-je ? intervint justement une voix que la belle brune commençait à bien connaître. Regina Mills, seule dans un bar, à deux doigts de fondre en larmes ?
Elle se tourna dans la direction d'Emma et son sourire arrogant aux lèvres. Elle portait un simple jeans foncé et un sous-pull noir. Ses belles boucles blondes étaient détachées, reposant sur ses épaules. Elle s'accouda au comptoir, près de la maire.
- Je suis supposée être ta camarade de beuverie, tu te rappelles ? Comment je fais si tu ne me préviens pas quand tu as prévu de te soûler ?
Regina soupira fatalement avant de reporter son attention sur son verre, à moitié vide.
- Tu arrives toujours à me trouver, de toute façon.
Emma s'installa sur le tabouret voisin du sien sans jamais perdre son sourire. Elle était particulièrement pétillante, ce soir.
- Alors, qu'as-tu fais d'Henry ? lui demanda-t-elle avec curiosité.
Regina grimaça. Même son fils avait décidé de l'abandonner, ce soir. Elle ne lui en voulait pas vraiment mais sa mauvaise humeur avait besoin d'un coupable à la situation.
- Il a un rendez-vous galant avec une certaine Grace.
- C'est mignon. Je ne pensais pas qu'il aurait le cran de l'inviter.
Regina retrouva enfin son sourire, amusée de l'état dans lequel leur fils s'était mis à la simple inquiétude de se prendre une veste.
- Ils sont actuellement au cinéma.
- C'est bien mon fils, ça ! Personne ne peut lui résister.
Les prétendants d'Emma Swan étaient nombreux, certes, mais jamais elle ne s'en était venté.
- Prétentieuse, Miss Swan ?
Elles échangèrent un sourire complice et la mauvaise humeur de Regina s'apaisa rien qu'un peu.
Leur relation au cours des derniers mois s'était nettement améliorée. Regina considérait à présent Emma comme sa seule véritable amie.
Tinkerbell et Kathryn discutaient chaleureusement avec elle, lorsqu'elles se croisaient mais cela n'allait pas plus loin. Les deux femmes tenaient encore une certaine rancœur à son égard et Regina le comprenait parfaitement. Elle avait fait perdre ses pouvoirs à Tink et fait passer Kathryn pour morte.
- On dirait que tu es partie loin dans tes pensées, s'exclama subitement Emma.
La brune souffla alors que la belle blonde semblait fière d'elle. Elle arborait toujours ce large sourire incongru.
- Que fais-tu ici, Emma ?
Elle était supposée passer la soirée avec son pirate alcoolique. Regina était heureuse de ne pas le trouver à son bras, bien sûr, mais elle était surtout curieuse d'en comprendre la raison.
- Je viens me détendre, j'imagine, répondit vaguement la shérif.
La maire secoua la tête pour réfuter ses paroles. Elle avait appris à connaître son amie et elle comprit bien vite qu'elle lui cachait quelque chose.
- Où est ton idiot de pirate ?
Emma ne perdit pas son sourire pour autant. Elle haussa les épaules avec une négligence qui n'avait pas lieu d'être.
- T'aurait-il abandonné ? Après tout ce qu'il a fait pour attirer ton attention ? Décidément, il est plus stupide que je ne le pensais.
La blonde se tourna vers le barman, lui commanda deux bières fruitées. Pomme pour Regina, pêche pour elle. Sa partenaire de beuverie prenait son rôle très à cœur.
- Je pensais plutôt que tu trouverais stupide qu'il soit resté avec moi si longtemps, finit-elle par répondre, son sourire commençant enfin à vaciller. Ne répètes-tu pas à longueur de journée à quel point je suis insupportable ?
Regina remercia le serveur tandis qu'il versait le contenu des bières dans deux grands verres qu'il déposa sous leurs yeux avant de s'éloigner prendre une autre commande.
- En effet, tu l'es, répondit la brune. Pourtant, Jones a prouvé à de nombreuses reprises qu'il était fou de toi. Je serais surprise qu'il te quitte.
- Et pourtant il l'a fait. J'imagine qu'il en attendait trop de moi.
La maire secoua à nouveau la tête. Ce n'était pas une excuse valable. Il ne pouvait pas lâcher Emma après s'être tant battu pour elle.
- Tu ne refuses pas un étalon sous prétexte que tu voudrais tout l'écurie, rétorqua-t-elle.
- Tu me compares à un canasson ?! s'indigna la blonde, sa voix taquine.
La brune lui rendit son sourire et en profita pour laisser son regard se perdre sur le visage d'Emma. Cela faisait bien longtemps qu'elle ne l'avait pas vu aussi détendue. Dernièrement, les doutes s'étaient installés et avaient eu raison de sa tranquillité.
- En vérité, il me semble que tu es surtout un vilain petit canard.
Emma feignit un air vexé, plaquant sa main sur sa poitrine avant lever le menton d'un air hautain.
- Vous faites erreur, très chère. Je suis un cygne.
Un éclat de rire sortit de la gorge de Regina, faisant très largement sourire sa partenaire de beuverie.
- Oh oui, rebondit-elle une fois son rire passé. La Reine des Cygnes.
Pour toute réponse, Emma prit son verre, le leva dans la direction de son amie et lui offrit un clin d'œil complice.
- Aux partenaires de beuverie.
Leurs verres s'entrechoquèrent et elles burent chacune une gorgée sans se quitter des yeux.
- Tu sais quoi, Regina ? demanda Emma en reposant son verre. Je pense qu'on est faite pour s'entendre.
La brune ne retint pas son rire moqueur, déposant son verre à quelques centimètres de celui de la blonde.
- C'est intéressant que tu t'en rendes comptes après toutes ces semaines de coopération.
- Oui mais tu sais très bien qu'au début c'était uniquement pour Henry qu'on le faisait ! Maintenant, je sais que je t'apprécie sincèrement.
Regina détourna le regard, refusant de se perdre à nouveau dans ces yeux jades déterminés et confiants. Si Emma semblait si détendue, c'était certainement parce que les doutes s'étaient estompés pour laisser place à une certitude que Regina n'était pas encore prête à affronter.
- Tu essaies seulement de dédramatiser la situation, répondit-elle.
- Quelle situation ? demanda la blonde, avec dans la voix, un brin d'espoir.
- Ta rupture. Tu es seule, assise dans un bar avec une femme qui a fait de ta vie un enfer, un soir où tous les couples se proclament leur amour. Alors tu te rassures en te disant qu'on est peut-être amies, ainsi, ce n'est pas si grave de se retrouver entre amies célibataires le soir de la Saint-Valentin.
Emma poussa une exclamation surprise, comme si elle avait une subite révélation. Regina prit une gorgée de sa boisson en attendant que son amie s'explique.
- La Saint-Valentin, répéta-t-elle avec illumination. Je n'avais pas réalisé que c'était ce soir. J'aurais dû me douter que c'était le genre d'évènement marquant à Storybrooke. Personnellement, ça fait trente ans que je passe cette journée seule, je ne vois pas pourquoi ça changerait maintenant.
C'était finalement prévisible. Regina aurait dû s'y attendre mais elle tiqua à sa dernière phrase.
- Même lorsque tu étais avec… hum Neal ?
C'était un prénom qui n'était que rarement mentionné et Regina craignit qu'il soit malvenu mais elle vit son amie lui offrit un sourire peiné.
- Non. On trouvait ça ridicule. Les soirées romantiques, ce n'était pas notre truc.
Puis, elle reprit une gorgée de sa bière, reposa son verre et laissa sa langue glisser sur ses lèvres pour effacer la mousse qui s'y était déposée. Regina la regarda faire avec beaucoup d'attention.
- Et toi ? Ta dernière Saint-Valentin ?
La brune se doutait bien que la question lui reviendrait mais elle se tendit tout de même et elle ne put empêcher son visage de prendre cette expression froide qu'il avait arboré pendant tant d'années.
- Graham, siffla-t-elle sèchement.
Emma avait les yeux plissés et elle l'observait d'un air curieux qui ne plaisait pas du tout à son amie.
- Je pensais que c'était juste une histoire de sexe entre vous.
- Oui, c'était le cas.
- Vous auriez dû m'inviter, je suis sûre que ça aurait fait un super plan à trois.
Regina s'étouffa avec sa boisson tandis qu'Emma s'esclaffait, fièrement amusée de la réaction qu'elle avait suscité.
- Je te demande pardon ?! s'écria la brune, une fois sa quinte de toux passée.
La sauveuse ne cessait de rire, apparemment très amusée par ses idioties. Elle avait dans le regard une lueur nouvelle qui intimida Regina.
- Détends-toi, un peu, je plaisantais.
La Maire de Storybrooke observa son amie un instant, s'arrêtant sur chaque détails de son visage. De son menton digne des charmants, plissés par son sourire, à son regard intense faiblement illuminé par la lumière tamisée du lieu.
- Tu sembles bien blagueuse pour une femme qui vient de se faire larguer, commenta la brune. C'est ta façon à toi d'oublier ?
- Oublier quoi ? Killian ? Quel intérêt ? S'il est parti, c'est que ça ne collait pas, tant pis.
Regina n'imaginait pas un tel détachement de la part de la blonde. Après avoir maudit ce satané Jones pendant des semaines, elle se surprit à ressentir de l'empathie pour lui. Mieux que personne, elle savait ce que cela faisait d'être rejeté par une personne qui ne nous ait pas destiné. Qui est destinée à quelqu'un d'autre.
- Si peu attristée ? demanda-t-elle dans l'espoir d'en apprendre plus sur l'état d'esprit de son amie.
- Je crois qu'il était trop attaché à moi. C'est beau, je trouve. Mais c'est triste, aussi. Parce que moi, je l'ai surtout vu comme un bon ami.
Regina prit à nouveau son verre dans ses mains pour boire une énième gorgée qui l'aiderait à supporter cette conversation qu'elle avait pourtant elle-même initié.
- Avec qui tu couchais, ajouta-t-elle, presque malgré elle.
Comme souvent dernièrement, en particulier en présence d'Emma, ses mots semblèrent être sortis sans qu'elle ne puisse les retenir.
- Oui, enfin, tu sais répondit-elle finalement, la voix teintée d'amusement. Ce n'était pas exceptionnel non plus. C'était plutôt formel.
Regina sentit son sourcil droit s'arquer si haut qu'elle se demanda s'il s'égarerait au-delà de son front.
- Formel ? s'écria-t-elle alors. Enfin, Emma ! Le sexe n'est pas formel !
Elle jeta un regard par-dessus son épaule, comme pour s'assurer que personne ne prêtait attention à leur conversation qui n'était pas du tout formelle.
- Alors il n'est pas si habile que ça de son crochet ? s'amusa-t-elle enfin.
Emma, qui s'apprêtait à reprendre son verre, interrompit son geste pour dévisager son amie, comme cherchant une faille sur son visage. Puis, elle s'esclaffa, à gorge déployée et Regina ne put retenir plus longtemps son sourire.
L'époque où haine et joute verbale rythmaient leurs conversations était bien loin, désormais.
- Attention, Majesté, vous laissez entrevoir votre perversité.
Regina se contenta de secouer la tête, un sourire amusé sur le visage. Elle laissa le silence s'installait entre elles.
Elles poursuivirent la descente de leur verre respectif tout en échangeant quelques regards et sourires silencieux.
- Si on faisait un jeu, Regina ? s'exclama finalement Emma en reposant un peu brutalement son verre sur le bar.
Regina plissa ses yeux qu'elle tourna dans la direction de la blonde, lui faisant part de toute la suspicion que lui provoquait cette proposition.
- Un jeu ? répéta-t-elle comme s'il s'agissait d'un mot étranger pour elle.
Emma hocha vivement la tête sans perdre son large sourire. Ses boucles blondes s'accrochaient à son pull et Regina les observa avant de releva le regard sur son visage lorsqu'elle répondit :
- Yep. Un jeu complètement ringard qui aurait pour objectif d'en apprendre un peu plus sur l'autre.
La brune souffla, agacée par cette idée incongrue. Décidemment, Emma Swan ne cesserait jamais de la surprendre.
- Nous n'avons plus dix ans, Emma.
La shérif plia sa lèvres inférieure dans une moue suppliante bien moins efficace que celle du Chat-Potté. Presque moins efficace. Regina se sentit céder.
- C'est une sorte de Questions-Réponses ? demanda-t-elle.
- Pas du tout ! Mon jeu est beaucoup plus amusant. Je te dis un mot, et tu dois me raconter une anecdote sur toi, à ce propos. Je peux commencer, si tu veux, donne-moi un mot !
Regina haussa les épaules, balaya le bar du regard en quête d'inspiration. Puis, ses yeux s'arrêtèrent sur les décoration, juste en face d'elle.
- Banderoles, répondit-elle d'une voix parfaitement neutre.
Elle sentit que sa réponse irrita sa partenaire de beuverie et elle lui lança un regard interrogateur.
- C'est nulle, ça ! Je n'ai aucune anecdote à te raconter avec ce mot !
Cette voix boudeuse attendrie la brune plus qu'elle ne le devrait alors elle fronça les sourcils.
- C'est ton jeu qui est stupide.
Regina n'aurait su l'expliquer mais elle ressentait dans son corps à quel point Emma était agacée.
- Ok ! Comme tu veux. Faisons un autre jeu !
- Je n'ai pas envie de jouer, Emma. Pourquoi ne pourrions-nous pas juste boire en silence ?
La blonde lâcha un bougonnement tout en tapant du poing sur la table. Le retour du sale caractère.
- Parfait, faisons-ça.
- Très bien.
- Super, ajouta-t-elle inutilement.
Refusant d'entrer dans son jeu, la brune se contenta de lui lancer un regard appuyé que la blonde n'eut aucun mal à tenir. Le duel silencieux dura une poignet de secondes avant que Regina ne détourne le regard en soupirant.
- Tu es vraiment puérile, souffla-t-elle.
- Je suis puérile ? Laquelle de nous deux s'est précipitée dans un bar pour se lamenter sur son triste sort de valentine célibataire ?
Regina sentit la pique atteindre son cœur mais elle n'en montra rien, se contenta de boire une nouvelle gorgée de son breuvage.
- Je vais très bien, déclara-t-elle tout de même, sentant le regard inquiet de la blonde sur elle.
- Menteuse.
Il y avait des soirs où elles parvenaient à discuter pendant des heures dans une légèreté imposée par leurs sujets de discussions choisis précautionneusement, évitant toute sensibilité particulière.
Et il y avait ces soirs où Emma était incapable de se tenir et où le seul objectif était de la faire sortir de ses gonds. Comme pour lui prouver qu'elle aurait toujours ce privilège de savoir ébranler Regina Mills mieux que personne.
- C'est toi qui devrais être malheureuse, rétorqua-t-elle. Tu viens de te faire plaquer par un homme avec qui tu étais en couple depuis plus de trois mois ! Sans doute un record, pour toi.
La shérif fronça ses sourcils blonds en s'accoudant au bar avec nonchalance, laissant ses doigts effleurer son verre froid.
- J'ai fréquenté Neal pendant plus d'un an, tu sais ? Et Walsh, aussi !
- Walsh était un singe volant, Emma. Et Neal est un amour de jeunesse, ça ne compte pas.
Encore une fois, elle sentit qu'elle avait vexé la blonde et elle jeta un regard prudent sur elle.
- Je me suis mal exprimée, se reprit-elle. Je sais que Neal Cassidy a beaucoup compté pour toi et qu'il occupera probablement toujours cette place particulière dans ton cœur. Je voulais seulement dire qu'il représente ta seule relation sérieuse.
La blonde arbora une expression que Regina connaissait par cœur : la sauveuse pleine de défi.
- Et qu'en sais-tu ? Tu crois tout connaître de ma vie amoureuse ?
La brune haussa les sourcils avec curiosité. Au moins, elles étaient dans le thème de la soirée.
- Je t'écoute. Quelles sont tes conquêtes depuis que tu as eu le père d'Henry ?
- Eh bien, déjà, il y a eu un type, pas longtemps après. Genre, vraiment beau-gosse, tu sais ? On s'est fréquenté pendant peut-être cinq ou six mois.
Emma Swan était un détecteur de mensonge humain mais cela ne faisait pas d'elle une bonne menteuse pour autant.
- Son nom ? demanda Regina avec distance.
- Bob.
La réponse était sortie rapidement de la bouche de la blonde et le sourcil droit de Regina s'arqua à nouveau. S'avouant vaincue, Emma soupira, passa une main dans ses cheveux blonds, but la dernière gorgée de sa bière et reporta son attention sur son amie.
- Et toi, hein ? C'est facile de te moquer. Mais tu as difficilement fait mieux, je crois.
Regina s'apprêtait à répondre lorsque les doigts de la blonde se posèrent sur ses lèvres dans le but de retenir le nom qu'elle allait prononcer.
- Graham ne compte pas, murmura-t-elle.
La brune prétendit ne pas ressentir ses fourmillements dans son ventre sous le toucher de la blonde et attendit qu'elle retire sa main pour demander :
- Pourquoi ?
- Parce que tu le manipulais.
Regina grimaça un sourire, finit son verre à son tour, avant de répondre tout en prenant soin de fuir le regard de la shérif.
- Je manipule tout le monde, Emma.
La blonde secoua négativement la tête, comme elle le faisait systématiquement chaque fois que la brune tenait ce genre de propos.
- Pas Robin.
La Maire répondit à cela par un rire amer, comme si elle souffrait encore de cette peine de cœur.
- Et il a préféré partir avec sa femme. J'imagine que jouer les héros ne me réussit pas tant que cela.
Le sourcils blonds se froncèrent et leur propriétaire tourna sur son tabouret pour lui faire entièrement face.
- Tu ne m'as jamais manipulé, moi.
- Ce n'est pas faute d'avoir essayé, se lamenta Regina.
Comme elle l'avait prémédité, un large sourire fier se posa de lui-même sur le visage d'Emma.
- Je t'ai donné du fil à retorde, hein ?
Regina se contenta de secouer la tête, faussement dépitée par l'attitude de son amie. Celle-ci lui offrit un clin d'œil, attendit quelques secondes avant de raconter :
- Quand j'avais douze ou treize ans, on fêtait l'anniversaire de l'un de mes frères. J'étais chargé de la décoration. Et devine quoi ? Alors que j'accrochais la banderole lui souhaitant une joyeuse seizième année, je suis tombée de l'escabeau. Il a fallu m'emmener aux urgences. Poignet fracturé. Michael m'en a voulu pendant des mois. Et puis, le jour où j'ai dû partir parce que Mr et Mme Grayson ne pouvaient plus s'occuper de moi, il m'a avoué qu'il ne m'en avait jamais vraiment voulu. Ça a été le seul que j'ai vraiment considéré comme un frère.
La brune l'observa avec attention. Elle aimait toujours ces moments où Emma lui partageait des anecdotes improbables sur son passé.
- Tu vois, j'ai bien fait de choisir ce mot.
Le sourire de la sauveuse la déstabilisa par son sérieux. Aucune moquerie ou taquinerie, il était plus sincère que jamais.
- On change les règles.
- Déjà ?! s'étonna Regina.
Emma hocha vivement la tête et elle comprit dans son regard qu'elle n'aimerait pas cette nouvelle règle.
- Au lieu de choisir un mot, on choisit un sentiment. Par exemple, si je te dis « amusement », tu me raconteras que la dernière fois que tu l'as ressenti était il y a quelques minutes seulement.
Elle accompagna son exemple d'un clin d'œil léger mais Regina n'était pas dupe. Elle savait parfaitement où elle comptait aller avec son jeu stupide.
- Je ne sais pas, Emma. Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée.
Son amie chercha son regard qu'elle tenta de fuir avant de finalement accepter de le rencontrer.
Elle se laissa perdre dans ses yeux couleur jade. Elle devait reconnaître qu'elle avait cette curiosité presque étouffante concernant Emma. Elle avait parfois l'envie de tout connaître d'elle sans jamais oser lui poser les questions qui lui brûlaient les lèvres.
Aucune d'entre elles n'aimait particulièrement s'épancher sur leurs sentiments. Mais ce soir-là, la volonté d'en apprendre plus sur l'autre était si forte qu'elles étaient prête à se mettre à nue.
Regina prit une profonde inspiration avant de faire signe au barman, quémandant deux scotchs.
- Je pense que ce sera nécessaire pour la conversation qui va suivre, déclara-t-elle.
Emma éclatait de fierté, la victoire frappante sur son visage. Mais son sourire s'échappa pour laisser place à une infime réflexion.
- Le dégoût, choisit-elle finalement.
Loin de s'être attendue à ce sentiment, Regina réfléchit longuement à la dernière fois qu'elle l'avait vécue.
- Je suppose que c'était lorsque j'ai croisé tes parents, tout à l'heure, se confia-t-elle. Ils sont tellement dégoulinants de romantisme, j'ai presque eu un haut-le-cœur.
La fille du célèbre couple le plus mielleux de la forêt enchantée éclata de rire fortement et le serveur lui porta un regard curieux tout en déposant les deux verres sous leurs nez.
- J'ajoute une nouvelle règle ! s'exclama Regina lorsque le serveur s'éloigna.
- Quoi ? s'étonna la blonde. Laquelle ?
La brune fit courir ses doigts sur son verre, le prit en main pour humer l'odeur de sa boisson préférée avant de répondre :
- La joueuse qui choisit le sentiment doit à son tour raconter un souvenir où elle l'a ressenti. Ce n'est pas juste sinon.
La shérif sembla peu soucieuse de l'injustice dans une pareil situation. Elle se contenta de hausser négligemment les épaules.
- Je n'y vois pas d'inconvénient. Je me souviens que le dégoût a pris le dessus sur tout autre sentiment le jour où j'ai vu Belle et Gold s'embrasser.
Elles partagèrent un rire avant de cogner leur verre l'un contre l'autre pour trinquer.
Les minutes défilèrent aussi rapidement que les sentiments proposés. Elles étaient passé de fierté à amusement en passant par joie. Arrivée à la gratitude, Emma avoua qu'elle en avait eu envers Killian lorsqu'il l'avait quitté.
- Tu trouves ça stupide, hein ? demanda-t-elle d'une petite voix.
Regina secoua négativement la tête sans quitter des yeux son verre que le barman resservait pour la troisième fois.
- Non, je suppose que tu l'appréciais trop pour le faire souffrir mais pas assez pour le rendre heureux.
- C'est exactement ça ! s'écria-t-elle avec reconnaissance.
Même si elle prétendait ne pas le remarquer, la brune avait bien vu que l'alcool prenait doucement sa place dans l'esprit de la blonde. Sa voix était différente et ses gestes plus maladroits. Elle riait plus facilement et s'ouvrait sans honte.
- Et toi ? lui demanda-t-elle. Pour qui as-tu déjà exprimé de la gratitude ?
- Toi.
Le mot était sorti naturellement de la bouche de Regina. Elle ne chercha même pas à le retenir, heureuse de lui faire part de cette confession.
- Moi ? Mais pourquoi ?!
La question surprit la brune. Comment pouvait-elle ne pas réaliser tout ce qu'elle lui avait apporté ?
- Pour tellement de choses, Emma ! Pour avoir mis Henry au monde. Pour m'avoir protégé après avoir brisé la malédiction. Pour avoir cru en moi lorsque personne d'autre, pas même Henry, ne le faisait. Pour m'avoir aidé à le sauver. Pour ne pas me haïr. Pour faire partie de l'Opération Mangouste, et que sais-je encore !
Elle porta son regard sur le visage clair de son amie et fut surprise de voir des larmes perler dans ses beaux yeux de couleur jade.
- Pour moi, ça m'a toujours semblé normal et évident de faire tous ces choses.
- Et pourtant, tu as été la seule à me protéger de la sorte.
Puis, Regina baissa tristement les yeux, un sourire amer aux lèvres. Elle prit le temps de prendre une gorgée de son scotch avant de répondre.
- Que ce soit mon père, Daniel, ma mère, Henry ou encore Robin. Aucun d'entre eux ne m'a accompagné dans ma quête du bonheur comme tu l'as fait.
Elle n'attendait pas de réponse mais elle fut tout de même surprise que le silence persiste. En relevant les yeux sur la shérif, elle trouva les yeux de celles-ci fixés sur elle avec des sourcils blonds arqués dans une sincère compassion.
- Je peux te serrer dans mes bras ? demanda-t-elle alors en approchant sa tête de celle de la brune.
Regina grimaça mais ne put se résoudre à refuser. Il y avait des jours où il était plus difficile de résister.
Alors, sans attendre, Emma l'entoura de ses bras dans une étreinte d'abord maladroite, embarrassante, timide puis rassurante, agréable. Elle se retira finalement assez rapidement, alors que Regina était encore en train d'humer les cheveux qui collaient à sa nuque.
- On devrait arrêter de boire, non ? demanda la blonde.
Regina observa leurs verres avec un sourire puis haussa les épaules avec un soupir.
- Je crois que j'en ai besoin, en ce moment. Ne me laisse pas boire toute seule.
Le sérieux avec lequel Emma l'observait la déstabilisa. Ses yeux jades parcouraient son visage dans les moindres détails.
- Tu n'as pas besoin d'alcool, Regina, répondit-elle avec douceur.
- L'alcool me rend heureuse !
Elle pensait presque l'amadouer, sachant à quel point son amie était investie dans son bonheur.
- Et bah moi, ça me déprime, rétorqua la blonde. Si je finis la soirée en sanglot, je compte sur toi pour me réconforter !
Rien sur son visage n'indiquait quelconque morosité. Ses lèvres se tordaient en un sourire à peine contrôlé et ses yeux brillaient de malice.
- Une Emma Swan fragile ? s'amusa Regina. J'aimerais bien voir cela.
La blonde détourna le regard sans perdre son sourire mais celui-ci trouva une teinte plus modérée, presque désolée.
- Tu es la mieux placée pour savoir que je ne suis pas aussi vaillante que tous les habitants de cette ville semble le croire. Ce qu'ils prennent pour du courage ou de la bravoure n'est rien d'autres que de l'insouciance pimentée de colère.
Regina l'observa avec beaucoup d'intérêt, curieuse d'entendre la sauveuse parler ainsi d'elle-même.
- Tu as raison, l'alcool te rend déprimante.
Elle ignora les chatouillements dans son estomac lorsque la blonde retrouva son large sourire.
- Ne te moque pas, Regina Mills !
- Je n'oserais pas, Emma Swan.
Elles échangèrent un nouveau sourire complice, comme elles le faisaient de plus en plus souvent. Puis, Emma reposa son verre avec une nouvelle détermination dans le regard.
- Justement ! Reprenons la partie. Je choisis la tristesse.
Regina en avait presque oublié ce jeu puéril auquel elles s'adonnaient. Elle se contenta donc d'un regard méprisant qui n'affecterait pas Emma.
- J'imagine que la dernière fois que j'ai été triste fut lorsque je t'ai vu entrer dans ce bar et que j'ai réalisé que nous passerions la soirée ensemble.
- Menteuse ! s'écria la shérif avec beaucoup d'immaturité.
Sans pouvoir le retenir, un rire s'échappa des lèvres de la brune. Fière de provoquer cette réaction, Emma qui était jusqu'alors avachie sur le bar se redressa avec un sourire extra-large.
Regina l'ignora, réfléchissant à une réponse plus sérieuse à lui donner. Elle réalisa alors qu'elle n'avait finalement pas été si déprimée qu'elle l'imaginait au cours de ces dernières semaines. Henry et Emma avaient su lui remonter le moral.
Elle hésita, le cœur battant et laissa finalement sa tête reposer dans sa main, alors que son coude se stabilisait sur le bar.
- C'était il y a deux semaines, je pense.
- Quoi ? s'indigna faussement la blonde. Tu as si longtemps sans pensées suicidaires ? Félicitations !
Regina roula des yeux à cette taquinerie prévisible. Elle jugea alors bon de préciser :
- Je n'étais pas triste au point d'en finir avec ma vie. J'ai seulement ressenti un pincement au cœur.
Emma se plaça dans la même position que la brune, reproduisant son exact reflet. Elle plissa des yeux curieux.
- Raconte !
La brune inspira fortement dans l'espoir de calmer les battements effrénés de son cœur. Elle ignorait pourquoi elle se sentait soudainement capable d'emprunter un chemin qu'elle se refusait depuis des mois.
- Nous étions tous les trois à la maison, Henry, toi et moi, comme tous les mercredis, conta-t-elle. C'est un petit rituel qui s'est installé sans qu'on le réalise. Je ne saurais même pas dire quand il a commencé.
Elle s'égarait dans le but de gagner du temps, trouver le courage qui lui faisait tant défaut. Emma déglutit avec difficulté et elle sut qu'il était trop tard pour reculer.
- Nous venions tout juste de finir le dessert et comme d'habitude, Henry était parti se coucher. Nous étions seules, toi et moi, et j'étais ravie de pouvoir poursuivre notre rituel en continuant notre discussion sur le divan.
- Regina, je-
- Laisse-moi poursuivre, l'interrompit-elle en levant la main pour la faire taire. J'avais envie de parler avec toi, de plaisanter, te raconter des souvenirs que je partage avec Henry. Cependant, ton pirate t'a appelé alors tu m'as quitté au beau milieu de la conversation. Lorsque tu es partie, je me suis sentie seule et triste.
Emma arborait une expression triste, coupable. Regina lui sourit simplement. Cet anecdote n'avait pas pour optique de faire culpabiliser son amie. Elle voulait seulement lui présenter à quel point elle comptait pour elle.
- Putain, Regina ! s'écria-t-elle finalement. Je suis tellement désolée ! Je ne voulais pas avoir l'air de fuir ou quoi que ce soit. Moi aussi j'adore le mercredi soir ! En vérité, j'ai utilisé Killian comme excuse pour partir parce que…
Elle baissa les yeux, laissa sa main retomber mollement sur le bar avant de murmurer cette vérité que Regina avait déjà compris :
- Je craignais que ça dérape.
Regina sentit le soubresaut que son cœur se plaisait à exécuter bien trop souvent lorsqu'elle était en présence de la blonde.
- En plus, reprit Emma, je n'avais pas envie de subir une nouvelle crise de jalousie de la part de Killian.
- Le pirate est jaloux ? s'amusa la brune. Pourquoi ?
La question lui avait échappé et elle la regretta presque. Elle ne voulait pas qu'Emma y réponde. Mais Emma faisait rarement ce dont Regina avait envie.
- Il dit toujours que je passe plus de toi avec toi qu'avec lui. Ce qui est faux.
Ce qui est vrai, pensa la brune. Dernièrement, la shérif passait plus de temps à la Mairie. Elle s'invitait parfois à l'improviste, chez Regina, pour discuter de l'Opération Mangouste, disait-elle alors qu'en vérité, elles passaient la soirée à discuter de toute autre chose.
- Ce qu'il peut avoir des idées stupides, parfois, grommela la blonde.
Regina Mills passait son temps à relever l'idiotie de Killian Jones mais elle devait reconnaître que sur ce point, il était plutôt clairvoyant.
Elle prit une profonde inspiration pour tenter de remettre un peu d'ordre dans ses idées. Elle repoussa son verre, refusant de boire une gorgée de plus et prendre ainsi le risque de craquer, de se laisser tenter par ce qu'elle réfrénait depuis des mois, désormais.
- Tu sais quoi ? renchérit Emma. Moi, j'ai vraiment été triste quand j'ai cru que tu avais tué Archie. Je me suis sincèrement sentie trahie. Je refusais de croire que tu sombrerais à nouveau dans les ténèbres, que tu suivrais ta mère. Je croyais en toi et j'étais plus triste que déçue. En fait, j'étais surtout blessée.
Regina resta sans voix un instant, surprise et touchée que la blonde lui fasse suffisamment confiance pour lui faire part de son ressenti.
- Ta mère a tué la mienne, Emma, déclara-t-elle finalement d'une voix faible.
- Et tu as tué son père.
- Est-ce un reproche ?
La shérif secoua négativement la tête, lui lança un sourire rassurant, crispé, fataliste.
- Non. Bien sûr que non. Je veux juste te rappeler à quel point la situation est… complexe.
- Quelle situation, Emma ?
La blonde haussa un sourcil, sourire en coin, regard moqueur, taquin, balayant définitivement les traces de tristesses qu'avaient laissé le jeu sur son visage.
- Notre… amitié ?
- Nous sommes amies, alors ?
- Je crois bien, oui.
Un silence s'installa entre elles alors que leurs yeux ne se quittaient pas, la jade se mélangeant au chocolat. Regina constata que le regard d'Emma lui semblait soudainement plus beau, plus foncé, plus proche. Leurs visages s'étaient approchés l'un de l'autre, comme attirés l'un à l'autre par une force de la nature. Une force magique. Elle sentait le souffle de la blonde venir caresser ses lèvres et elle ferma doucement les yeux, inspira pour calmer le rythme endiablé de son cœur.
- Et actuellement, murmura la sauveuse, quel est ton sentiment, Regina ?
Elle rouvrit les yeux pour les poser sur ses lèvres, fines, roses, humidifiées par l'alcool. Ce dernier constat lui donna la force de détourner la tête, se redresser, balayer cette scène d'un revers de la main.
- Tu as trop bu, Emma. Je devrais te déposer chez toi.
- Tu as bu, toi aussi.
- Appelons un taxi, dans ce cas.
Étonnement docile, Emma se contenta d'hocher la tête, de sortir un billet de sa poche et le déposer sur le bar avant d'attendre Regina pour sortir à sa suite.
- SwanQueen -
Elles attendirent le taxi dans un froid d'hiver peu appréciable. Les basses températures leur avaient au moins permis de faire baisser leur niveau d'alcoolémie. Elles se tenaient à plus d'un mètre l'une de l'autre, comme refusant le moindre contact.
Et lorsqu'Emma décida enfin de briser le silence, ce fut pour déclarer des mots tranchants de vérité :
- Ce n'était pas l'alcool.
Regina, qui s'obstinait à fuir son regard depuis qu'elles étaient sorties, décida finalement de l'observer avec intérêt. Ses mèches blondes, bouclées avec élégance encadrées son visage pâle et teinté d'une détermination digne de la sauveuse.
- Pardon ?
Par cette ridicule interjection, la Maire de Storybrooke espérait gagner du temps, la convaincre de changer de sujet, de continuer à se voiler la face.
- Tu sais bien qu'on finira par craquer.
- Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit-elle sèchement.
Emma soupira, plongea ses mains dans la ridicule veste rouge ornée d'une capuche pour marquer l'hiver, comme si cette customisation pouvait la protéger du froid.
- Ce n'est pas la première fois que ça arrive et tu le sais très bien.
C'était déjà arrivé, oui. À de trop nombreuses reprises, elles avaient manqué de déraper, de se laisser prendre par cette magie dangereuse qui les entourait.
- Je sais que tu ne veux pas en parler, Regina. Mais j'ai besoin de savoir ce qui se passe.
- Il ne se passe rien du tout.
Emma émit un rire dépourvu d'amusement, emprunt de désespoir, de reproches, d'amertume.
- Pourquoi est-ce que je fais tous ces rêves ? Pourquoi est-ce que mon instinct me pousse systématiquement vers toi, où que tu sois, chaque jour ? Pourquoi est-ce que je peux repérer ta présence par les crépitements de magie que je ressens à ton approche ? Je veux des réponses, j'en ai assez de nier les faits.
Regina sentit son regard s'ombrer de larmes et elle détourna les yeux, s'entêta à lui tourner le dos.
- Henry ne va pas tarder à renter. Il faudrait que je sois-
Elle s'interrompit en sentant la main de la blonde sur son épaule, puis descendre le long de son bras, attraper ses doigts dans les siens, la tirer vers elle pour lui faire face.
- Emma, souffla-t-elle, se perdant immédiatement dans le regard jade dans lequel elle lui donna son accord.
Alors, avec toute la délicatesse qu'elle pouvait à de rares occasions posséder, Emma encadra son visage de ses mains et posa ses lèvres sur les siennes.
Regina lui répondit sans une hésitation, l'approfondissant avec toute la passion retenue ces dernières semaines. Elle s'agrippait à cette satané veste rouge.
Longtemps après le baiser, elles restèrent enlacées, front contre front, se réchauffant par le souffle de l'autre.
- S'il te plait, Gina, murmura Emma. Arrête de fuir.
Emma Swan était l'experte en fugue et Regina le savait pertinemment, elle avait passé des nuits entières à craindre ne jamais revoir la blonde, s'imaginer qu'elle avait enfin décider de quitter la ville, de s'éloigner d'elle.
Mais la sauveuse était plus courageuse que la méchante reine. Et surtout, la sauveuse savait se battre pour son bonheur quand la méchante reine ne s'était toujours battue que pour la vengeance.
- Le chemin sera difficile, Emma.
- Il l'est déjà. Unissons nos forces et parcourons-le ensemble.
Parce que la famille des Charmants avaient toujours eu ce don effroyable de convaincre, motiver et inciter à la plus rugueuse des aventures, Regina décida de se laisser porter, d'accepter que sa seule chance d'être heureuse était de tendre les bras à Emma.
Alors, tout naturellement, elle lui répondit par un baiser de promesse, d'amour, de magie.
Voilà Voilà, j'espère que vous avez aimé.
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À bientôt et joyeuse St-Valentin à vous ;)
