Merci à tous pour vos reviews et vos mises en favoris! Je sais qu'il ne se passe pas grand chose pour l'instant, ce n'est que le deuxième chapitre, alors soyez patients...

Je suis désolée pour le long délais entre chaque chapitre, mais je n'ai pas toujours le temps d'écrire.. j'espère que celui-ci vous plaira! ;)

Laissez des reviews!


Chapitre 2-

La petite clairière où se situait l'étang se trouvait à peine à une demi-lieue de la chaumière des Petrova. En ce soir d'été, l'eau claire du point d'eau était calme et les canards peu méfiants s'y laissaient flotter paisiblement.

Comme prévu, les deux sœurs se retrouvèrent sous leur arbre préféré, un grand saule pleureur planté non loin du sentier qui menait à l'étang. Katerina attendait patiemment l'arrivée d'Avy, lorsque celle-ci daigna enfin se montrer dix minutes après l'heure fixée.

- Pardonne-moi, s'excusa-t-elle, je n'ai pas vu le temps passé.

Les deux filles s'empressèrent activement de se raconter leur soirée, n'omettant pas le moindre détail insignifiant. Lorsqu'elles arrivèrent au fait que chacun de leur petit ami respectif était incroyable, fabuleux, exceptionnel, elles remarquèrent les nuages sombres qui avaient pris place dans le ciel, camouflant le soleil à peine visible à cette heure tardive. Bientôt, la pluie tomba à grosses gouttelettes sur la surface miroitée de l'étang, créant de petites vagues circulaires. Déçues, Kat et Avy se relevèrent hâtivement en se couvrant de leurs bras afin d'éviter d'être mouillées, mais finirent par laisser tomber et retournèrent au pas de course chez elles.

À leur arrivée, la petite chaumière était plongée dans l'obscurité et parfaitement silencieuse. La famille devait être endormie depuis un moment déjà, et Katerina et Aveyliana se firent donc les plus discrètes possibles. Cependant, une bourrasque de vent provenant de l'orage qui s'acharnait à l'extérieur vint claquer la lourde porte de bois, faisant échouer leur tentative.

Les deux filles s'arrêtèrent, pétrifiées, sur le pas de la porte. Elles écoutèrent attentivement afin de s'assurer qu'aucun membre n'avait été réveillé par le bruit assourdissant survenu quelques instants auparavant. Bientôt, des pas se firent entendre et les deux sœurs espérèrent fortement que ce ne soit pas leur père qui venait les réprimandées.

Un petit visage rond apparu dans la pénombre de la pièce. Katerina poussa un soupire de soulagement en apercevant leur plus jeune sœur de 4 ans, Victoria, les fixer avec un regard inquiet.

-Que se passe-t-il? Demanda la petite avec sa voix enfantine, toujours endormie.

-Ce n'est rien, ne t'en fait pas, la rassura Aveyliana en demandant gentiment à sa sœur aînée si elle voulait essayer de trouver un restant de lait à la cuisine. Il faut retourner faire dodo maintenant, il est beaucoup trop tard pour une petite fille comme toi, lui souria-t-elle en l'entraînant vers sa chambre, une simple pièce qu'elle partageait avec leur dernière soeur.

Avy et Victoria entrèrent doucement dans la chambre de la petite pour ne pas réveiller Aureyliane qui dormait paisiblement dans le lit voisin. La petite lampe à huile qui tenait lieu de lampe de chevet scintillait joyeusement dans l'obscurité. En bordant sa petite soeur, Avy aperçue, à l'aide de la faible lumière qui brillait, de gros bleus sur les jambes de Victoria. Effrayée, elle demanda à sa cadette ce que cela signifiait. Gênée, celle-ci ne répondit pas et s'empressa de camoufler ses jambes sous son unique couverture.

Katerina entra dans la pièce, n'ayant pas conscience de ce qu'elle venait d'interrompre.

-C'est tout ce que j'ai pu trouver, dit-elle en désignant le verre de lait à moitié rempli qu'elle tendit a Victoria.

Avy et Kat passèrent un long moment dans la chambre à lire des histoires et à chanter des berceuses à leur sœur, car celle-ci, qui avait souvent peur des orages, les avaient suppliées de rester jusqu'à ce qu'elle s'endorme.

( ) ( ) ( )

En sortant de la pièce, Avy retint Katerina pour lui faire part de ce qu'elle a vu un peu plus tôt.

-Peut-être qu'elle est tombée dans les bois en jouant, affirma Kat en lui lançant un regard désespéré. Sa sœur s'en faisait souvent beaucoup trop pour les autres.

-Je t'assure que ce n'était pas ce genre de blessure, enchérit Avy. C'était comme si...comme si elle avait été battue.

Une expression indéchiffrable passa sur le visage de Katerina qui parut soudainement beaucoup plus mature et responsable. Son regard se modifia.

-Je suis sure que tu te trompes. Bonne nuit, lança-t-elle sèchement à sa cadette avant de s'éloigner.

( ) ( ) ( )

À la tombée du jour, le lendemain matin, toute la maisonnée se leva à l'aube, comme à son habitude. Alors que les plus jeunes garçons de la famille, les petits frères d'Avy et Katerina, se préparèrent gaiement pour aller à l'école du village, les filles enfilèrent leur robe et débutèrent rapidement les corvées habituelles. Effectivement, la petite école qui ne comportait qu'une seule classe d'une cinquantaine d'élèves était admissible que pour les garçons, les filles devant demeurées chez elles pour aider leur mère aux tâches ménagères. Le père de la famille parti le premier et se rendit à la fromagerie où il offrait ses services en échange d'un petit montant qu'il recevait généralement à la fin de la semaine. Il avait reçu une offre, il y a peu de temps, qui lui proposait quelques heures supplémentaires au travail, ce qui aidait grandement toute la famille. Avy et Katerina iraient le rejoindre peu de temps après, une fois les garçons reconduits à l'école. Les payes des deux filles et de leur père réunies devaient suffire à satisfaire les besoins de la famille.

L'école, non loin de la chaumière des Petrova, était située au centre du village. Tous les garçons âgés de cinq à dix ans devaient obligatoirement s'y rendre, au moins trois fois par semaine. Les deux autres jours étaient facultatifs et dépendaient souvent du budget financier de la famille, et du travail qu'il y avait à accomplir à la maison. Pour leur part, les petits frères d'Avy et Katerina se présentaient aux trois jours obligatoires et passaient les autres à s'occuper du terrain familial, puisque leur père demeurait à temps plein à la fromagerie.

Les deux sœurs déposèrent Médérik et Zacharia, les deux jumeaux, et Elfrid, leur troisième petit frère, en avant de la porte principale qui menait à leur classe et les saluèrent chaleureusement. Elles partirent aussitôt d'un pas pressé en direction de la fromagerie, où elles étaient attendues pour 8h00.

( ) ( ) ( )

La journée au travail se déroula telle une journée typique à la fromagerie. C'était une minuscule boutique, près de l'échoppe, et les villageois n'ayant généralement pas le luxe de se payer le fromage coûteux qu'ils vendaient, l'endroit était peu fréquenté. Les quelques clients qui s'y aventuraient étaient bien connus des Petrova et ne manquaient pas de les saluer lorsque l'occasion se présentait.

Les heures s'écoulèrent rapidement, et en sortant de la fromagerie en fin d'après-midi ce jour là, l'automne commença à se faire sentir. L'air ambiant était glacial, et les feuilles des arbres semblaient plus colorées que lorsque les filles étaient rentrées au boulot le matin même. Avy et Katerina admirèrent le paysage teinté d'orangé et de rouge, tout en se rendant tranquillement à l'école pour récupérer leurs frères, qui les accueillirent joyeusement. Ceux-ci ne tardèrent pas à leur raconter leur journée, et les filles firent de même, heureuses de converser avec des membres de leur famille, qui différaient des clients.

Une fois tout le monde à la maison, la famille s'attabla et dégusta le savoureux plat préparé dans la journée. Rien de surprenant ne se produisit lorsque Aveyliana et Katerina s'éclipsèrent dès que leur repas fut avalé, pour retourner dans leur virée nocturne et revenir subtilement en fin de soirée.

C'est ainsi que les jours passèrent, chacun vacant à ses occupations habituelles. Lorsqu'elles n'étaient pas au travail, Avy et Katerina aidaient leurs sœurs et leur mère à la chaumière, et lorsqu'ils n'allaient pas à l'école, les garçons se chargeaient de la corvée du bois afin de chauffer l'habitation pendant l'hiver, qui approchait à grands pas. Les journées se déroulaient d'une banalité incomparable, jusqu'à ce jour. Ce jour où un événement totalement inattendu vint tout changer. À jamais.