Who Let the Dogs Out?

4h à 5h

Derek et Stiles se regardaient depuis plus d'une minute, sans jamais faillir, se scrutant du regard. Stiles eut le temps de mieux voir les yeux de Derek. Ils n'étaient pas tout à fait verts, il lui semblait que tout dépendait de l'éclairage, vraiment. Parfois bleus, parfois verts, parfois noisettes.

Pour sa part, Derek remarqua des petites taches de rousseur sur le nez et le visage de Stiles. Elles étaient tellement pâles qu'il ne les avait jamais remarqué avant, pas qu'il n'ait pas porter attention à Stiles avant.

Ils n'avaient jamais passé autant de temps ensemble avant, mais bizarrement, cela ne-

Et Derek cligna des yeux.

- Ouais! Encore vainqueur! Quand vas-tu comprendre que je suis le maître? Ça fait tout de même 5 parties!

- Oh parce que tu veux rejouer à la guerre des pouces peut-être…

- Tu sais très bien que tu as la tricherie dans le sang pour ce jeu… Et je ne m'étais pas étiré!

- Pas la peine, même Fernand ne te croit pas là-dessus, sourie Derek.

- Quoi, s'outra Stiles en posant son regard vers le chien à leur côté.

En retour, la boule de poil noire se contenta de donner un gros soupir indifférent. Ses yeux étaient fatigués, mais il ne les lâchait toujours pas du regard.

- Je te le jure, tu me donne n'importe quel autre jour et tu baisses ta force à environ -2 et je te jure, je vais te lessiver!

- On verra bien ça, répondit Derek, amusé.

C'était bizarre de parler de plus tard. Le chien des enfers n'avait pas vraiment l'air de vouloir bouger et Stiles avait peur qu'ils reviennent à la normale si jamais ils sortaient de là. Jamais vraiment seul, plutôt à écouter les autres qu'à se parler.

Je pourrais arriver en avance aux rencontres de meutes…

Il aimerait ça. Beaucoup.

Stiles se rendit compte un peu trop tard qu'il fixait toujours Derek, mais que cette fois, il n'y avait aucun concours ou jeu. Il ne faisait que le regarder, prit dans ses pensées.

- Hey, hum, commença le loup-garou, les joues un peu plus rouges. J'ai… J'ai 2 billets gratuits pour le cinéma et je sais que tu aimes y aller donc en fait, c'est si ça te tente, aussi non, ça va, ce n'est vraiment pas grave, je vais juste-

Même si Derek ne parlait normalement pas beaucoup, mais lorsqu'il ne devenait rien qu'un brin anxieux, les mots commençaient à défiler de sa bouche à un rythme tellement rapide que la plupart ne pouvaient même pas le suivre dans sa pensée. Stiles pouvait, lui. Après des années de TDAH, il avait l'habitude des idées entrechoquées.

- Non, j'aimerais beaucoup ça, répondit Stiles avant que Derek ne se perde encore plus dans ses mots.

- Cool.

- Cool.

Du coin de l'œil, les deux purent voir un amas noir bouger. Ils se retournèrent pour comprendre que Fernand était en train de rouler sur son dos, sortant la langue, apparaissant plus heureux que jamais. Il n'avait plus l'air méchant, il avait simplement l'air d'un immense chien noir. Stiles l'aurait probablement flatté s'il n'y avait pas de champ de protection. Il se retourna pour voir un Derek qui souriait à pleine dent. Et pas un de ses sourires inquiétants qu'il faisait avant de sauter à la gorge de quelqu'un, non, plus un sincère et amusé sourire.

Et ce fut précisément à ce moment que Fernand disparut en s'évaporant doucement dans l'air. Le duo ne comprenait plus. Était-ce une ruse? Était-il vraiment parti? Comment et pourquoi?

Mais toutes ces questions furent tuent lorsqu'ils virent le vétérinaire, suivi de toute la meute, passer le coin du corridor. Dans ses mains, Dr. Deaton avait un grimoire ainsi qu'un mélange poudreux qu'il laissa tomber sur le sol en finissant l'incantation.

Alors que le vétérinaire finit, Stiles sentit également la barrière de la poussière se briser et une pression dans son esprit qu'il n'avait pas encore remarqué, se libérer. Pourtant, il était un peu déçu de les voir arriver. Il s'était attaché à Fernand et à être seul avec Derek, le vrai Derek, pas celui qu'il montrait aux autres.

Il donna un dernier regard triste à Derek en se relevant et partit ensuite la tête baissée jusqu'à Scott qui le prit dans ses bras. Ils s'en étaient tous fait beaucoup à propos d'eux.